60 ans de l’AFEAS : deux pionnières d’ici au cœur des célébrations

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De gauche à droite : Diane Mathieu, présidente de l’AFEAS Cookshire; Jeannine Bolduc, Rose-Hélène Lessard et Christiane Lessard, présidente de l’AFEAS Sawyerville. Photo : Carolyne Weldon

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
Deux pionnières et anciennes présidentes de l’AFEAS, Mesdames Jeannine Bolduc et Rose-Hélène Lessard, ont été honorées ce printemps dans le cadre du 60e anniversaire de cette association.
Le Journal s’est récemment entretenu avec ces deux bénévoles d’exception dans les locaux de l’AFEAS de Cookshire en compagnie de Diane Mathieu, présidente de l’AFEAS Cookshire et Christiane Lessard, fille de Mme Lessard et actuelle présidente de l’AFEAS Sawyerville.


Jeannine Bolduc cumule plus de six décennies de bénévolat. Elle s’est jointe à l’AFEAS en 1966, l’année de sa fondation, et y « a occupé tous les postes qu’il y avait », se souvient-elle. « On apprend beaucoup dans les cercles. C’est grâce à l’AFEAS que les femmes ont avancé et sont rendues où elles sont maintenant – jusque dans le gouvernement », dit-elle.


Sa consœur de Sawyerville, Rose-Hélène Lessard, abonde dans le même sens : l’Association a selon elle ouvert bien des portes. « La liberté de la femme, c’est ça qu’on voulait, affirme-t-elle. Que ce que la femme dit puisse être entendu. »


Membre de l’AFEAS de Saint-Isidore depuis le début des années 1970, elle a activement relancé l’AFEAS Sawyerville qui battait de l’aile et menaçait de fermer à son arrivée dans le village, en 1989. « J’ai dit, il n’en est pas question, se remémore-t-elle. J’arrive pas ici pour que ça ferme. Donc on a fait des appels et on a reparti l’AFEAS. »


Symbole de la vision et de la persévérance de ces deux membres de la première heure, ces deux chapitres de Cookshire et Sawyerville sont toujours en activité, alors que tous les autres de la région, dont Dudswell, East Angus, Ascot Corner, Lennoxville et Coaticook ont désormais mis la clé sous la porte.


Comme le rappelle Diane Mathieu, la majorité des femmes étaient des femmes au foyer à l’époque. Les rencontres mensuelles de l’AFEAS leur offraient une « sortie de femmes » sans maris ni enfants où elles pouvaient s’exprimer librement. « Ça leur faisait un lieu de rencontre et d’échange. Ça brisait l’isolement. »


Autres temps, autre mœurs, Mme Mathieu avoue avoir du mal à recruter de nouveaux membres. « Les jeunes femmes n’ont pas le temps, dit-elle. Donc il reste nous-autres pour monter la garde… tant qu’on va pouvoir ! »


Pour Christiane Lessard, qui a été très impliquée ces dernières années dans la reconnaissance du travail invisible, l’essentiel est de redonner à la communauté. « La mission c’est l’égalité, dans tous les aspects de la vie », indique-t-elle. « Plus ça change plus c’est pareil. Il va toujours y avoir des choses à revendiquer pour les femmes. On n’a jamais fini. »

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