Croyez-vous ce qu’on publie ?

Il y a quatre ans, j’ai perdu une amitié chère à cause d’une affirmation selon laquelle les journalistes mentent. Je suis journaliste ; ma mère est journaliste ; ma fille est journaliste. Cet ami aime aussi décrier CBC/Radio-Canada, qui fait partie des rares médias professionnels et fiables au Canada.


Ah oui, ma fille y travaille. Moi aussi, j’y ai travaillé, brièvement, il y a plusieurs années. Plus important, je sais qu’en matière de professionnalisme, je peux faire confiance à Radio-Canada.


Est-ce que nous nous souvenons de la leçon qui dit de ne pas tirer sur le messager ?


Les sentiments antigouvernementaux et anti-journalistes ont été bien diffusés en ligne ces dernières années, surtout depuis l’avènement des médias sociaux non filtrés, avec tous leurs robots et autres affaires qui nous divisent et nous conquièrent. Lorsque les gens ont peur ou sont fâchés, on peut s’attendre à ce qu’ils cherchent des boucs émissaires. Aussi, nous n’avons pas toujours conscience de ce qui motive nos croyances et nos actions. On peut prétendre que les politiciens sont mauvais, ou que les journalistes mentent, sans vraiment y réfléchir.


Il est important de pouvoir se fier sur des sources de nouvelles crédibles – de pouvoir se fier sur le messager. L’intelligence artificielle permet à des personnes de fabriquer de fausses nouvelles, voire de se faire passer pour des journalistes. Il est difficille de savoir à qui ou à quoi nous pouvons faire confiance.


Un lecteur nous a récemment envoyé deux images pour une éventuelle publication. Cependant, la seconde version avait été considérablement modifiée artificiellement, entre autres laissant l’inscription sur une casquette en mots absurdes. Nous n’avons pas publié cette version de la photo – nous avons choisi l’originale – parce que nous voulons que vous sachiez que vous pouvez avoir confiance en l’authenticité de ce que nous publions. Nous voulons publier ce qui est vrai. Un journaliste professionnel ne devrait jamais tromper ses lecteurs ou auditeurs. Par définition, les journalistes ne sont pas des menteurs.


Aussi, comme journalistes et médias professionnels, nous visons l’excellence dans la couverture de ce qui est pertinent, important, intéressant et vrai. La perfection dans cette poursuite demeurera par contre un idéal : un point sur le spectre du bien et du mal. L’excellence, plutôt, est un but atteignable, mais sa poursuite inclut des manques-pied, des chutes et des leçons apprises.


Par exemple, en août, Radio-Canada Estrie a publié notre article sur le nouveau centre de tir qui s’installera à Cookshire, sur son site Internet, mais sous son propre nom, sans créditer notre journaliste, Carolyne Weldon, notre journal ou l’Initiative de journalisme local qui nous finance. Lorsque nous avons soulevé l’erreur à Radio-Canada, leurs responsables ont supprimé l’article de leurs plateformes, mais n’ont pas offert de publier une correction ; nous avons dû l’exiger. Aussi, Radio-Canada publie dans une section spéciale difficile à trouver des corrections et des excuses, incluant la nôtre.


Tout manque de transparence, comme la modification de photo sans indication claire à cet effet, diminue la crédibilité du journalisme et des journalistes. Cela prête le flanc à ceux qui disent ne pas nous croire. À ceux qui veulent tirer sur le messager et qui le font.


Le journalisme est un pilier d’une société libre. Une société libre n’est pas une dans laquelle on peut dire et faire n’importe quoi. Une société libre est celle où ceux qui détiennent un pouvoir injuste en raison de leurs avoirs ou de menaces, entre autres, ont le moins d’influence possible sur nos vies. Une société sans journalistes professionnels et sans élus démocratiques est trop contrôlée par un excès de pouvoir ou la violence.


Nous éprouvons trop de ces excès aujourd’hui, surtout parce que trop de gens dénigrent publiquement les journalistes et les gouvernements, et convainquent les gens comme mon ami à faire de même.

Scott Stevenson

Rachel Garber - en-tête chroniques

Getting a grip: How to be rid of knotweed

For the past 30 years, Japanese knotweed has steadily tightened its choke hold on our land.


We used to feed its young leaves to our rabbits; they loved it. In the spring, we put leaves in our salads. Delish! Agronomist Isabelle Martineau in Abercorn makes a lemonade from young shoots; she boils it, adds lemon juice and sugar, and calls it ‘‘Renouée.’’ Tastes like rhubarb, she told CBC.


But all these uses, and even a law against its propagation, have not stopped its steady spread.

I know what doesn’t work, as I explained in my last column. Chemicals don’t work. Mowing, rototilling, and composting all spread it. Don’t be tempted to dig out the roots; they can extend more than three meters deep and seven meters away from the plant’s stem.


Now we have embarked on the long, hard war to reclaim our land for indigenous species.


Here’s what to do: First, exhaust the energy the Japanese knotweed plant stores in its rhizomes by cutting the stems close to the ground … repeatedly, every two or three weeks during the growing season.


Next, you need to cover the whole area with a heavy-duty, opaque black geotextile membrane, also known as a tarp. Make sure the tarp extends at least two meters beyond the edges of the thicket, and weigh the edges down with rocks or logs. Leave the whole area covered for at least five years.


You’re not done yet. Clean your tools. Make sure all the dirt and debris is cleaned off your shovels, pruners, boots, and tires so you do not inadvertently transport a growth bud to another location.


What to do with the cuttings? Put all the stems, pulled-out roots, and surrounding soil into thick, sealed, black garbage bags. Dehydrate the branches by letting them sit, open, under the sun, in as much heat as possible, before closing the bags securely.
Never put Japanese knotweed in your green bin, brown bin, or home compost. It must go into an engineered technical landfill, such as that created by Valoris. Or, if you dig up soil containing roots, you can try burying it on-site at a depth of at least two meters. Yikes.


For details, see quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/flore/fiches-especes-floristiques/renouee-japon. Also, identify Japanese knotweed and other invasive species, and report them, at the Sentinel catalogue, pub.enviroweb.gouv.qc.ca/scc/Catalogue. Like I said, it’s a long, hard war.

La danse de la distribution

Si nous continuions d’imprimer le journal, mais qu’il restait seulement disponible à nos bureaux, viendriez-vous vous en chercher un exemplaire ? Pour bien des lecteurs, la réponse serait probablement non.


Parallèlement, si nous publiions nos articles seulement sur notre site Internet (www.journalhsf.com), nos lecteurs iraient-ils directement sur le site pour les lire ? Probablement pas, pour la plupart.


À une autre époque, les lecteurs intéressés achetaient un abonnement payant pour couvrir le coût postal de l’envoi du journal directement chez eux. Comme ils savaient que les clients publicitaires souhaitaient rejoindre le plus grand nombre de personnes possible, de nombreux éditeurs ont alors choisi d’offrir gratuitement leurs journaux à chaque adresse. L’éditeur absorbait les coûts, essentiellement de main-d’œuvre, d’impression et de distribution, pour augmenter leurs revenus publicitaires.


Comme notre paysage a changé ! Au début de 2024, le Publisac a cessé ses opérations porte-à-porte, donnant à Postes Canada le monopole sur cette forme de distribution. Nos coûts de distribution ont alors plus que doublé, sans parler des grèves.


En ligne, les médias sociaux captivent l’attention du public depuis leur arrivée, au détriment des médias professionnels de l’information et de l’actualité. Votre journal communautaire s’est néanmoins jeté dans la mêlée, avec son propre site Internet et la diffusion de ses contenus par les médias sociaux, principalement Facebook, en raison de sa grande popularité dans le Haut-Saint-François et ailleurs.


En 2023, le gouvernement fédéral a adopté la Loi sur les nouvelles en ligne, obligeant les grandes plateformes à contribuer financièrement aux médias canadiens desquels elles tiraient leurs contenus. Google a accepté, mais Facebook (Meta) a pour sa part refusé, décidant même d’interdire la diffusion de toute nouvelle émanant des médias canadiens.


Le Haut-Saint-François avait évité ce blocage en 2023, possiblement grâce à son statut d’organisme communautaire . Mais, le 11 août dernier, le couperet est tombé : tous les liens vers notre site Web partagés sur notre page Facebook ont subitement été désactivés et il ne nous est plus possible d’en publier de nouveaux.


Nous nous adapterons.
Nous utiliserons Facebook dans les manières permises. Nous développerons aussi nos propres moyens de diffusion. Nous prévoyons, par exemple, l’envoi de notifications et d’une infolettre pour vous aviser lorsque nos articles seront publiés en ligne. Cela impliquera le retour des abonnements, dans ce cas de façon numérique.
Le coût de la distribution par Postes Canada demeure aussi un obstacle majeur. La plupart des journaux imprimés offerts gratuitement aujourd’hui effectuent leur distribution à des points de chute, où vous devez aller récupérer votre journal, comme au dépanneur.


Peut-être que Le Haut-Saint-François devra bientôt adopter ce modèle, avec l’option d’acheter un abonnement pour recevoir le journal directement chez vous.


Postes Canada risque alors de nous perdre, comme tellement d’autres journaux, comme client important.


Vos commentaires et idées à ce sujet sont les bienvenus. L’équipe du Journal, membres du conseil d’administration et employés, se penchera sur le sujet le 14 septembre prochain. N’hésitez pas à nous communiquer vos suggestions.

Scott Stevenson

Lingwick fière de sa résidente oscarisée

Photo : David Fournier.

Un évènement très spécial s’est tenu vendredi le 7 août 2026 à Lingwick. Dans le cadre d’une activité mise de l’avant par le comité Loisirs, Culture et Patrimoine de la municipalité, les citoyens et visiteurs présents à la rencontre hebdomadaire du P’tit pub ont eu la chance de visionner, dans l’enceinte de l’église Sainte-Marguerite, le court métrage La jeune fille qui pleurait des perles.
Ce court métrage, produit avec le soutien de l’Office national du film du Canada a gagné l’Oscar du meilleur court métrage d’animation en 2025.


L’événement revêtait un caractère particulier assurée par la présence d’Isabelle Mandalian, résidente de Lingwick et récipiendaire dudit Oscar, à titre de co-scénariste de l’œuvre émérite.


Mme Mandalian, d’une humilité déconcertante, a eu l’occasion de jaser avec ses concitoyens et y est allée d’une brève allocution devant les spectateurs présents, dans l’église, avant la projection.

Le conseil municipal à l’écoute
L’événement s’inscrit dans une suite d’actions mises en œuvre par la municipalité pour valoriser la culture et le patrimoine du Canton. L’église Sainte-Marguerite, bien que n’étant plus un lieu de culte religieux, demeure, dans le cœur des Lingwickois, un symbole d’unicité et de fierté. Plusieurs citoyens relient ce bâtiment patrimonial à un ou plusieurs souvenirs précieux (mariage, funérailles, rencontres du dimanche…).


C’est dans cette optique que le conseil municipal a formé un comité qui a pour mandat, entre autres, de mettre en œuvre des actions pour valoriser la richesse patrimoniale du Canton, dont les églises Sainte-Marguerite et Chalmers font partie.

Un court-métrage exceptionnel
Le court-métrage La jeune fille qui pleurait des perles n’a pas gagné un Oscar pour rien. Il est d’une qualité exceptionnelle. Les amateurs d’œuvres cinématographiques utilisant la technique d’animation image par image (stop motion) apprécieront grandement cette dernière.


De plus, le récit en question est une fable dont nous pouvons tirer notre propre morale.


Pour ceux qui s’intéressent au « making of » et aux défis relevés pour produire ce court-métrage, je vous conseille de lire l’article de Manon Duhaime Morissette sur le site blogue.onf.ca.

Marc Leduc est ingénieur à la retraite et résident de Lingwick.

World’s worst: Law now in effect against knotweed

Autoportrait : Le photographe a coupé la renouée japonaise aux deux semaines pendant sept ans avant de l’éradiquer d’une partie du terrain d’un client. Les racines ont pourtant trouvé des coins plus sécures, cachées en dessous des arbres à côté, et survivent encore aujourd’hui. photo : Scott Stevenson.

They’re blossoming these days, our healthy stand of the World’s Worst Plant. They sport graceful racemes of small creamy flowers, supported by sturdy stalks 10 to 12 feet tall.


You may have already guessed I’m speaking of Japanese knotweed, aka false bamboo. Theweathernetwork.com and theknotweedlab.com both call it «the world’s worst plant.» It’s a good candidate for the plant most likely to survive the apocalypse, alongside the cockroach. It’s practically indestructible.

The previous owner of our house advised us to get rid of the small patch next to the foundation. It was trying to send shoots through the stone wall. But how to kill it?


We cut it down and heaped the branches on a compost pile. They sprouted new plants, quickly developing into a new thicket. What happened? A small fragment, just 0.02 ounces, of Japanese knotweed stem is capable of growing into a new plant, explained earth.com. It just needs a growth bud to do so, and the stems are covered with them, wherever it has a joint. Digging, mowing, or dumping soil can scatter these little pieces. In short, our earnest and well-meaning cleanup job did the opposite.

We tried—shudder—Round-up. We cut down the plants and then poured glyphosate, full strength, into the hollow stems left behind, to no effect. Neither cutting nor chemical control, nor even digging up the roots, to a depth of three feet, can eradicate it. In fact, mowing, rototilling, or composting are good ways to spread it.


Japanese knotweed has an extensive underground system of rhizomes, strong enough to rip through concrete, siding, pipes, and asphalt. It’s extremely hardy, and out-competes native plants. Dense stands of it reduce animals’ natural habitats.


In 1842 a doctor at the Dutch trading settlement in Japan brought the first live samples back to Europe, and in 1847 it won a gold medal for being the most interesting ornamental plant. By 1868 it was in North America. Today it has conquered most of Canada, including Quebec.


What to do? Will passing a law help? Let’s try, someone must have said. So now we have a regulation effective June 4 that forbids selling or cultivating Japanese knotweed and 33 other invasive exotic species across Quebec. A good, small step! But last I looked, the law has done nothing to rid our acreage of the World’s Worst.

Vidange des fosses : double facturation

Concernant la réforme du système de gestion des fosses septiques par la MRC, plusieurs changements ne respectent pas certains contribuables.


L’ancien système permettait une vidange des fosses aux trois ans après avoir acquitté les frais pendant cette période.
Depuis trois ans, j’ai payé 223 $. Si je dois vidanger cette année, il faut ajouter 252$ pour un total de 475$! Si je dois vidanger l’an prochain, ce sera un total de 498 $


Le nouveau système de taxation n’est pas du tout équitable envers certains payeurs qui ont déjà acquitté leurs frais.
J’ai communiqué avec la MRC (2026-05-21, avec Mme Bianca) qui dit que c’est une nouvelle politique et règlement… et ça été adopté par les maires… maintenant c’est comme ça… veuillez vous référer à votre municipalité.


La MRC gère, taxe, modifie, etc. et nous devons nous référer à la municipalité pour toutes questions … ?


Dans la lettre publiée en juin de la MRC concernant la réforme du système, il est mentionné en caractère « gras » : un modèle plus équitable : l’utilisateur-payer. Pour ma part, et pour plusieurs autres gens de notre MRC, il est faux de prétendre que c’est un modèle plus équitable.


Que la MRC retourne faire ses devoirs afin de rendre ces modifications justes et équitables pour tous. Je ne vais pas aux médias sociaux, mais ça mériterait d’y être!

Monique Gamache, Weedonaise doublement taxée

Remonter l’échafaudage après les vacances

Plusieurs sont revenus des vacances annuelles de la construction la semaine passée pour poursuivre le labeur de bâtir et de rebâtir — non seulement nos maisons, granges, garages et autres, mais aussi les piliers de la société.


Alain Coulombe de Cookshire est passé nous voir le 3 août dernier pour partager la bonne nouvelle que le gouvernement fédéral a accepté son projet de la Radio communautaire du Haut-Saint-François, qui reçoit les initiales CHSF et le numéro FM 103,3.
On parle de travail d’envergure! M. Coulombe travaille à monter son projet depuis des années maintenant, et il y a encore beaucoup à faire, m’a-t-il dit, surtout pour lever l’argent nécessaire pour lancer la station de radio. Le projet a toujours besoin de certaines approbations de radios avoisinantes et du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).
Le CHSF sera peut-être plus chanceux que votre journal communautaire, le Journal régional Le Haut-Saint-François. Selon CPS Média, une agence publicitaire québécoise qui représente les journaux à but non lucratif à travers la province, 75 % de la publicité gouvernementale québécoise dans les médias communautaires est placée sur les ondes radio, 24 % dans la télévision et seulement 1 % dans les journaux comme le nôtre.


Un courriel de CPS Média au ministre de la Culture et des Communications du Québec, Mathieu Lacombe, m’a été transmis pendant les vacances de la construction. Il réclamait au gouvernement une meilleure politique de publicité.


« Il ne suffit plus de mesurer le pourcentage global des investissements dans les médias communautaires », a écrit Maxime Caouette, gestionnaire de compte chez CPS. « Il faut également s’assurer que ces investissements soient augmentés et répartis de manière équitable […]. Nous croyons qu’une révision rapide de cette politique s’impose. […]


CPS Média représente la plupart des membres de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ). La plupart des hebdomadaires francophones à profit sont représentés par Hebdos Québec, et les journaux anglophones par la Quebec Community Newspapers Association (QCNA).


Le Haut-Saint-François est membre de l’AMECQ et d’Hebdos Québec.


Cette dernière fait aussi l’effort de bâtir et rebâtir les médias québécois. Sa missive pendant les vacances de la construction était dirigée vers le gouvernement fédéral et Postes Canada concernant un autre cas de traitement inégal des journaux locaux.
« Postes Canada a récemment consolidé son emprise sur le marché de la distribution de circulaires en offrant au principal imprimeur de circulaires du pays des tarifs inférieurs à ceux offerts aux éditeurs de journaux hebdomadaires. Les éditeurs ont constaté une baisse soudaine et importante des revenus provenant des circulaires, qui couvraient traditionnellement les coûts de livraison porte-à-porte de la majorité des 9 millions de journaux hebdomadaires distribués chaque semaine partout au Canada », selon le communiqué émis par Sylvain Poisson, directeur général d’Hebdos Québec.


« Postes Canada jouit d’un monopole légal, mais abuse de ce privilège depuis des années pour étouffer la concurrence dans le marché de la distribution de circulaires », a dit Paul Deegan, chef de la direction de Médias d’Info Canada, à Hebdos Québec. « Elle ne devrait pas agir à contre-courant du ministère du Patrimoine canadien, qui a été reconnu par WAN-IFRA (World Association of News Publishers) comme un chef de file mondial respecté en matière de politiques médiatiques intelligentes. »
Justement, Patrimoine canadien offre aux journaux locaux des subventions à travers plusieurs programmes, incluant l’Initiative du journalisme local et le Fonds des périodiques Canada; tous les deux appuient notre journal.


Le ministère de la Culture et des Communications du Québec subventionne Le Haut-Saint-François aussi, à travers son Programme d’aide aux médias écrits communautaires.


Nous sommes reconnaissants de tous ces appuis, sans lesquels notre journal ne pourrait pas être une source de journalisme professionnel. Nous croyons aussi, par contre, que c’est plus efficace et utile pour les gouvernements, entre autres, de communiquer au moyen des journaux en achetant de l’espace, autrement dit de la publicité, pour s’assurer que leurs messages soient crédibles et vus et que leurs communautés ne perdent pas les sources locales d’informations et de nouvelles professionnelles.


Ce sont des sources essentielles au bien-être individuel et collectif.

Scott Stevenson

Rachel Garber - en-tête chroniques

30 Years

It’s been 30 years since I arrived in the Haut-Saint-François. Hot and tired, we led the moving van up the hill. Beside our home-to-be, the stand of black locust trees (aka false acacia) was in glorious bloom. It was Montreal’s moving day, July 1st.
For years, this fine, fragrant happening returned July 1st on the dot, until it came gradually earlier and earlier. Now it comes mid-June.


One morning in those early years, a small tornado whipped up our hill. It twisted the tops off some of our black locust trees, yet the wood was so tough the branches would not relinquish their grasp. They are too high to cut off, so still hang to this day, anchored forever to the trunk. The tornado ripped up another tree by the roots. The roots fought back, sending up hundreds of shoots.


They’re trash trees, the previous owner said about our black locust trees. The wood is good for nothing. The grain is too twisted and doesn’t burn well. They have thorns. But the blossoms smell nice.


I’m sorry it took me so long to fact-check him.


Yes, the blossoms smell sweet. I can easily believe their honey is highly prized, by both bees and humans. But I found out more about this Robinia pseudoacacia from various sources; a personable one is Ryan Davis in «Tree Talk: Black Locust» on YouTube.
The trash talk or «weedy» label likely stems from how quickly it grows, how sharp are its thorns, and how opportunistically it grows in areas after a fire or other disturbance has cleared the forest cover. It likes light. Yet it is not invasive; it is native to eastern North America.


As I saw in action, the wood is superbly strong and rot-resistant, so prized for fence posts. Like iron. It’s also gnarled. «I love turning bowls with this wood,» wrote a woodworker.


Two mysteries: those sharp things are spines, not thorns (wnps.org). Also, shine a UV (black) light on the cut wood, and it fluoresces yellow green.


Another surprise: In a wood stove, it makes some of the hottest fires of any kind of wood, 26.7 million BTUs per cord. Good for those cold, harsh days in January and February, says wood-heating-solutions.com.


In my 30th winter here, I’ll think of that, should our heat pumps fail us. I’ll dream fluorescent yellow-green fires.

L’arrivée de Jean Coutu et Super C : Nos choix vont se diversifier…

PHOTO: SCOTT STEVENSON.

Une nouvelle grande épicerie ainsi qu’une pharmacie ouvriront chez nous en septembre. À voir la vitesse de leur construction à East Angus cette année, on constate comment des accomplissements remarquables sont possibles en peu de temps. On voit aussi comme le Haut-Saint-François est un marché important. Vous, consommateurs, êtes importants.


Ces magasins augmenteront le choix dans l’offre de produits essentiels. Fait encourageant, ces deux bannières sont des compagnies québécoises.


L’arrivée d’une épicerie de grande surface est désirée par notre population si elle offre de bons prix, selon les échos entendus au Journal. Dans tous les cas, on mérite de ne pas avoir à conduire à l’autre bout de Sherbrooke pour trouver des prix plus abordables.
Le coût de l’alimentation est un enjeu important dans une époque où les dépenses liées à la plupart des essentiels de la vie – nourriture, logement, transport et communications – sont devenues de plus en plus lourdes.


Avec une diversification de l’offre, il est normal que certains joueurs affichent des prix plus élevés. Peut-être qu’ils sont situés au cœur de la ville, qu’ils desservent un bassin de population plus petit, ou qu’ils offrent un bon service à la clientèle et des produits locaux.


Les entreprises qui font preuve d’un engagement envers leur communauté sont aussi appréciées. Nous sommes reconnaissants pour les emplois qu’ils créent localement, leurs contributions financières et leur implication dans les causes de la région.
Gilles Denis, propriétaire du IGA de Cookshire, en est un bon exemple, avec son appui envers les arts, la culture et le patrimoine d’ici.


À La Patrie, Scotstown et Weedon, les épiceries locales sont des pierres angulaires des villages; de même pour les dépanneurs dans d’autres communautés du Haut-Saint-François. À Bury, c’est le maire, Denis Savage, qui est propriétaire du Magasin Général.
L’arrivée d’un nouveau joueur brassera inévitablement la vie de ces entreprises locales, d’où l’importance de faire nos choix économiques de façon réfléchie et selon nos valeurs et nos besoins. Chacun de nos achats est une décision économique qui influence le trajet et l’avenir de notre société.


Nous souhaitons alors bon succès aux nouveaux arrivants commerciaux, le Super C et la pharmacie Jean Coutu, et aussi longue vie aux entreprises existantes qui nous desservent bien.


Nous souhaitons aussi une solution rapide à l’enjeu de congestion automobile à l’intersection devant ces nouveaux magasins à East Angus !

Scott Stevenson, directeur

Une fête familiale parfaitement réussie à Lingwick

PHOTO : MARC LEDUC

Le 3 juillet dernier, Lingwick soulignait l’arrivée de ses nouveaux jeunes citoyens lors de la Fête de la famille 2026. À cette occasion, la municipalité a eu le plaisir d’accueillir les nouveaux petits Lingwickois et les nouvelles petites Lingwickoises nés en 2023, 2024 et 2025.


Au total, 13 nouveaux-nés provenant de 10 familles ont été inscrits à cette activité chaleureuse et rassembleuse.


Pour souligner ces belles arrivées au sein de sa communauté, l’administration municipale a remis à chaque nouveau-né un montant de 200 $ en certificats-cadeaux échangeables auprès des entreprises locales.


Cette activité avait lieu au centre-villageois, sur les lieux et en même temps que le rassemblement hebdomadaire de la population chaque vendredi soir d’été, au P’tit Pub.


De courtes allocutions par le directeur général David Fournier et la mairesse Caroline Poirier ont lancé la fête.


Madame Poirier a souligné que la municipalité a à cœur de faire connaître les nouvelles familles et de faciliter leur intégration au sein de la communauté, ce qui s’inscrit dans la culture d’accueil du Canton de Lingwick et en fait sa richesse collective.


Par la suite, chacune des familles ayant des bambins nés dans les années mentionnées a été présentée et les enfants ont reçu leurs présents.


Lors de la fête, les petits et les grands ont pu profiter de jeux extérieurs et les enfants ont laissé leur talent s’exprimer lors de la célèbre activité de peinture de poulettes en bois.


Plus tard en soirée, la gente citoyenne fut invitée à assister à la projection du film familial Coco ferme à l’intérieur de l’église Sainte-Marguerite.

Marc Leduc est résident de Lingwick et ingénieur à la retraite.

Remembering Janis Graham

Janis Graham at the piano in 2012. PHOTO: R.A. Garber.

An exceptional person left us last week, with piano music playing softly in the distance. Janis Graham and her famous musical talent left so many good memories with us. Our sympathies to her family.


I met Jan long ago. In 1996, my family was “house poor,” and began frequenting estate auctions to find good bargains. (There were so many auctions in those days!) That’s how we got to appreciate the silver tongues of her auctioneer husband, Harry Graham, Jr., and then her son, Scott.


But I always felt the power behind the throne was Jan. She seemed to be everywhere, making sure things ran smoothly. And when a piano came up for sale, she would sit down with a flourish and play, showing off the instrument to extravagant advantage.
Then when I began writing this column, I learned how vital her music was for community gatherings. So many of them depended on Jan Graham playing piano, whether old-time music for Old Fashioned Day at the Eaton Corner Museum, intermission music for a community play, or dance tunes at the Sawyerville Hotel.


A musical revue on October 24, 2014, at the Bulwer Community Centre honouring “our veterans and war brides” featured Jan Graham on piano along with Peter Mackey of Waterville and David McBurney of Sawyerville on guitars, and singers Paulette Haseltine of Moe’s River, Marlene Lowry of Sawyerville, and World War II Veteran Grant Taylor singing “White Cliffs of Dover.”
At the 150th anniversary of the Sawyerville Hotel in September 2014, I reported in the Journal, “Graham played an 1894 Wentworth piano from Boston.”


Those were the days! Her playing was fluent, by ear. Atop the piano was usually a small stack of her CDs for sale. The community, her community, rode high on her notes.


In 2014, I had occasion to consult her about a mystery photo discovered in the Sawyerville Hotel. “That’s Uncle Frank!” she said, “the ox driver”; actually, her great-uncle Frank Greenlay, in-law – her husband’s mother’s father’s brother. He owned the Greenlay Block in downtown Sawyerville, where the post office now stands.


Thank you for your generous gift, Jan, your gift of community.

R.A. Garber

Rachel Garber - en-tête chroniques

Exceptional municipalities

by R.A. Garber

Exceptional people walk among us.


I’m referring to the citizens of the 91 municipalities (or boroughs within cities) in Quebec which have bilingual status. Among these are 16 in the Eastern Townships, including two in the Haut-Saint-François. They are Bury and Newport.


The Office de la langue française website (oqlf.gouv.qc.ca) lists these exceptional municipalities. It’s legal.
In 2022, the Quebec government’s Bill 96 proposed to revoke this status for municipalities where fewer than 50 percent of the citizens had English as a mother tongue, unless the municipal council passed a resolution to the contrary. Very quickly, all the municipalities in question passed resolutions to conserve their right to provide services in both French and English.


My hat is off to those councils and the citizens who supported them in this decision. I appreciate their willingness to serve their mostly aging English-speaking population in English. Could it be that these municipal governments felt capable of deciding how to best serve their citizens, and wished to continue doing so?


So a few weeks ago, many Lennoxville citizens were puzzled about the borough’s new directive to carry out a verbal verification of their eligibility before serving someone in English. Within the City of Sherbrooke, the Borough of Lennoxville has bilingual status.


Now we have clarification: The Bill 14 language directive stipulating who may be served in a language other than French does not apply to municipalities with legal bilingual status. The City of Sherbrooke told news media that, because of its bilingual status, the Borough of Lennoxville will not be required to conduct verbal verification of citizens to be served in English. (The City is to table a corrected directive for Lennoxville at its council meeting on July 7.)


This also applies to our two municipalities with bilingual status, Bury and Newport.


But not to the 12 municipalities in our MRC without bilingual status: Ascot Corner, Cookshire-Eaton, Chartierville, Dudswell, East Angus, Hampton, La Patrie, Lingwick, Saint-Isidore-de-Clifton, Scotstown, Weedon, and Westbury. There, under the new law, English speakers can expect to be asked – scout’s honour – if they meet one of the eligibility criteria to receive services in a language other than French. (The June 17th Rachel Writes lists these criteria).


Truth be told, there’s nowhere on earth I am not a minority, an exception. So I fit nicely, I think, in the exceptional municipality of Newport.

Nerprun : pourquoi il faut parfois couper quand même

Le texte de John Mackley (page 10, numéro du 17 juin 2026) précise bien la menace du nerprun. Les recherches pour trouver la concurrence efficace est une bonne chose, à long terme. 


Mais pour plusieurs propriétaires, le problème est actuel, avec un potentiel accablant. Il faut donc agir au plus tôt. Quelques détails importants ne sont pas traités dans ce texte.


On peut lire sur certains sites que les graines du nerprun ont un taux de germination très élevé, autour de
90 %, et une longue survie. J’en conclus qu’il faut empêcher les fruits de murir, sinon, les oiseaux les propagent ou ils tombent autour, multipliant le problème dans les deux cas. Le fruit ressemble à une petite cerise, mais ne se déploie pas en grappes, comme fait le cerisier.


Mes 2 ans d’expérience à lutter contre son envahissement m’ont appris que c’est relativement facile (selon la superficie affectée) de faire la tournée avec un petit et un plus gros sécateur. La question est : que faire avec ces fruits et le feuillage ? Je ne les mets pas au compost, par crainte que les graines survivent. Vaut mieux ne pas les laisser sur le sol non plus…


Autre méthode : les racines étant en surface, on arrache de façon radicale, avec un bon outil. Le mien est fabriqué à Cookshire! Mais les troncs plus gros sont trop bien ancrés pour être arrachés. Ceux-là devront être coupés. Contrairement à ce qu’on a lu en tête du texte de M. Mackley, la coupe à la hauteur de la ceinture est parfois utile, sinon nécessaire.


Bien sûr, le tronc restant essayera de survivre en produisant de nouvelles tiges et feuilles, mais une nouvelle tournée avec la machette ou une hachette en viendra à bout en limitant sa capacité à se nourrir du soleil. Sur mon terrain, plusieurs n’ont pas survécu à l’hiver. Les racines faiblissent et il devient possible de les déraciner en les balançant de gauche à droite : un bon exercice. 


J’ai aussi testé une autre méthode. Après avoir coupé la talle au ras du sol, j’ai recouvert la souche avec un double plastique retenu par quelques briques ou des cailloux. Jusqu’à maintenant, les résultats sont positifs. 


Évidemment, le propriétaire forestier peut être confronté à une vaste superficie et a besoin de toutes les solutions. Certains ont utilisé le Round-Up (de mauvaise réputation) d’une façon très précise, avec succès. Mais si tous les petits terrains sont nettoyés, on a déjà un bon travail de fait. 


Je conclus avec ces deux citations de l’ingénieure forestière Marie-Josée Martel: « le nerprun menace l’ensemble des écosystèmes forestiers d’Amérique du Nord », et « nous devons tous faire notre part. » 


Donc, surveillez le terrain de vos voisins aussi et parlez-en!

Alain Robert, Bury

La place de l’anglais, et les « anglophones », dans le Journal

Depuis mon arrivée comme directeur, deux lectrices nous ont reproché la présence des « anglophones » dans le Journal.
Selon la première, « j’ai remarqué qu’il suffit d’avoir une personne de souche anglophone dans un CA, et voilà qu’ils reprennent les guides et s’obstinent […] ».


Selon la deuxième, un article au sujet de l’honneur fait à « la contribution d’un bénévole (anglophone…) […] m’a déçue et laissée perplexe quant à la place que [le] journal laisse aux faits francophones régionaux. »
Ce sont des exemples de discrimination.


Pour que ces deux personnes comprennent mieux, faisons l’exercice de remplacer « anglophone » par « femme » ou « noir ».


Ce serait de la discrimination. Dans le cas de la première lectrice, elle a publié ses critiques sur les réseaux sociaux avant même de nous communiquer ses insatisfactions. Elle l’a fait quatre fois, publiquement, dans la dernière année.


Il y a un an, notre présidente était une personne bien impliquée dans sa communauté, qui porte un nom d’origine anglophone, Lisa Irving. Elle était déjà présidente du Journal depuis de nombreuses années avant les critiques de cette lectrice.


Je ne suis pas membre du conseil d’administration, mais cette lectrice me nomme dans une de ses critiques. Le Journal m’a embauché comme directeur en juillet 2024. Je porte aussi un nom d’origine anglophone.


Mais, imaginez ! Je suis aussi francophone : je communique en français au travail et la plupart du temps en public au Québec, souvent même en privé. Comme la plupart des Québécois et Québécoises, je ne me résume pas à une simple étiquette.


Dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, « Toute personne a droit à la reconnaissance et à l’exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe […], la langue, l’origine ethnique ou nationale […]. Il y a discrimination lorsqu’une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire ou de compromettre ce droit. » Aussi, « [nul] ne doit harceler une personne en raison de l’un [de ces] motifs. »

Demandes légitimes
Au Journal régional Le Haut-Saint-François, nous sommes ouverts aux critiques légitimes. Les deux lectrices citées ci-dessus ont aussi exprimé leur préférence pour plus de contenu en français dans le Journal. Cette critique est fondée. D’autres personnes m’ont téléphoné pour demander plus de contenu en anglais. Cette demande est tout aussi valable.


Avec une population majoritairement francophone dans la région du Haut-Saint-François, la politique de notre organisme communautaire, qui appartient à tous les citoyens, est de publier le contenu du Journal majoritairement en français.
Le Journal fonctionne ainsi depuis plusieurs dizaines d’années, notamment sous la direction de mon prédécesseur, Pierre Hébert, qui en a été le directeur général pendant 30 ans. La chronique en anglais de Rachel Garber, publiée ici dans le Journal depuis 2010, était auparavant écrite par Colin Grimson.


Selon Mme Garber, le Journal publie moins de contenu en anglais sous ma direction qu’avant.
Le côté positif de notre débat local sur le contenu du Journal est qu’il démontre à quel point votre journal communautaire est important pour vous. Il montre aussi que nous avons nos propres langues à cœur. C’est normal – en français et en anglais, entre autres.

Scott Stevenson

Corps et esprit : peut-on les dissocier ?

L’équipe des Anciens Canadiens a confronté l’équipe de BMR Gilles Doyon à East Angus en mars 2025, une activité de levée de fonds pour Virage Santé mentale. Photo : Scott Stevenson.

Les anciens co-équipiers de Claude Lemieux ont joué à East Angus en mars 2025 pour soutenir la cause de la santé mentale. Un an plus tard, nous perdons cet homme à cause d’un suicide présumé.


Le Haut-Saint-François connaît son lot de problèmes de santé mentale et de suicides. Notre région a un taux de suicide plus élevé que l’ensemble de l’Estrie, et l’Estrie a un taux plus élevé que l’ensemble du Québec.


Les hommes représentent les trois-quarts des décès par suicide, et c’est la deuxième cause de décès parmi les jeunes de 18 à 39 ans, selon un reportage de la Radio 107,7 Estrie de février dernier citant l’autorité provinciale en santé (CIUSSS) pour la région de l’Estrie.


Dans nos communautés du Haut-Saint-François, des cas spécifiques ont récemment fait réagir, tout comme celui de Claude Lemieux. Par respect pour les proches, une certaine réserve est de mise dans la diffusion et le partage de telles informations entre membres de la communauté.


Surtout, une grande prudence est observée par les journalistes professionnels quant à la publication d’informations concernant les suicides. Un code plutôt non-écrit ― qui n’apparaît pas dans les guides de déontologie du Conseil de presse ni de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec ― dicte aux journalistes de ne pas faire de reportage sur les suicides afin de ne pas encourager d’autres actes semblables, le comportement mimétique.


L’importance pour le public est plutôt l’enjeu : les causes, les problématiques, les solutions.


Dans le cas de Claude Lemieux, sa famille a donné son cerveau à la science, en partie pour comprendre s’il était atteint d’encéphalopathie traumatique chronique, résultat de ses nombreuses commotions cérébrales. Les athlètes de sports de contact comme le hockey, la boxe et le football sont plus à risque de ce type d’encéphalopathie, qui peut entraîner des enjeux de santé mentale.


Comme la santé physique, la santé mentale est affectée par d’innombrables facteurs. Elle est aussi importante que la santé physique. Les deux sont en fait inséparables.


Pourtant, il y a 10 ans à peine, on n’entendait presque jamais parler de la santé mentale dans le dialogue public. Dans nos hôpitaux, l’importance accordé à la santé mentale est beaucoup moindre que ses effets réels sur le corps. Jusqu’à récemment, on séparait même la santé mentale de la santé physique. Le reflexe demeure de penser que la santé mentale est autre chose et non pas reliée à notre état physique, ce qui cause d’importants manquements dans le traitement des maladies et l’amélioration de la santé.


Il y a une quinzaine d’années, j’ai consulté un gastroentérologue exceptionnel. Lors de traitements, pour des problèmes digestifs, ce médecin avant-gardiste m’a demandé si je vivais de grands changements ou chocs dans ma vie, ce qui était justement le cas. «Consultez-vous un psychologue pour en parler?» m’a-t-il demandé, ce que je faisais déjà. «Continuez,» m’a-t-il avisé.


Le jour où la santé mentale sera considérée au même titre que la santé physique, et que les deux seront perçus comme intimement liés, nous verrons de vraies améliorations dans le bien-être individuel et collectif.

Scott Stevenson

Rachel Garber - en-tête chroniques

CHRONIQUE | A dance we know

It’s been in the news lately, the recent update to Bill 101, the French Language Charter. I wondered how it will affect services offered by our two municipalities with legal bilingual status, so I questioned the mayors of Bury and Newport.


“Has your municipality formulated directives about communicating with citizens in French? Do you plan to ask citizens to attest that they are eligible for services in English, per Bill 14?”


The new law says all services must be in French, with a few exceptions. First, you attest you always received services in English before May 13, 2021. Or you have an eligibility certificate to attend school in English. You can also receive services in English if you immigrated to Quebec within the last six months, or you are an Indigenous person.


This directive has caused a kerfuffle in the news recently regarding Lennoxville, the only borough of Sherbrooke to have bilingual status.


Putting it politely, Mayor Denis Savage of Bury and Mayor Robert Asselin of Newport both received my questions with consternation. I’d say both are proud of the official bilingual status of their small municipalities.


When this status was under threat three years ago, the councils of both municipalities voted unanimously to retain it. I interviewed the mayors then. I recall their expressions of community, historical awareness, and respect.


The law is an ass, it’s been said. That sounds rude, but in fact it simply points out that laws, in general, express an ideal or ideology that cannot account for the multitude of exceptions to the rule one encounters in real life. Blindly and strictly following the letter of the law may well lead to an unfair or absurd outcome rather than true justice.


So how does Bill 14 work in the context of a municipality with legal bilingual status? Which law has primacy?
What happens in real life? It’s a dance we all know, where French and English speakers negotiate their limits of expression and understanding in both languages, sometimes congenially expanding those limits.


As Mayor Asselin noted, French-speaking employees cannot legally be required to speak English. But both mayors remarked that French-speaking municipal personnel and English-speaking citizens manage to communicate together. Both municipalities publish bilingual newsletters. Neither has a plan to quiz citizens about their eligibility to receive services in English.


That just seems like common sense.

Rachel writes from Newport.

Lettre du directeur : Des fleurs et de l’espoir

La jeune journaliste débutante Rose Lespérance a remporté le seul prix journalistique pour Le Haut-Saint-François cette année lors du congrès annuel de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) au début mai. Elle a eu la troisième place dans la catégorie Relève pour son article « Presque 3000 élèves du secondaire s’affrontent » en janvier 2025, lorsqu’elle était en 5e secondaire à East Angus.


Nous avons néanmoins été nommés dans trois autres catégories : Bénévole de l’année, Critique et Meilleure nouvelle.


Surtout, nous recevons des fleurs de nos lecteurs. « N’est-ce pas là, le parfait exemple d’un journal régional où collaborent les aspects professionnalisme et communautarisme », nous a écrit le journaliste retraité Jean-Claude Vézina au sujet de notre numéro du 6 mai dernier. « Je ne suis pas Oracle, mais j’estime que cette édition du JHSF lui vaudra un prix d’excellence au prochain congrès de l’AMECQ. […] Un journal régional comme je l’aime (passionnément) », écrit-il.


Aussi, ce printemps, une lectrice est venue au bureau pour nous faire un don anonyme… de 1000 $ ! Nous sommes restés sans voix !


Un autre lecteur est venu au bureau la semaine dernière pour nous dire en personne à quel point il a aimé notre dernier numéro, du 20 mai, et l’article sur la Légumerie Dionne.


Il nous est difficile de dire à quel point nous sommes touchés, reconnaissants et encouragés par de tels gestes, qu’il s’agisse d’un commentaire, d’un prix, d’une lettre ou d’un don.


La production d’un journal imprimé toutes les deux semaines, comme c’est le cas du Journal régional du Haut-Saint-François depuis près de 40 ans, avec des ressources aussi limitées, exige des engagements exceptionnels de la part des personnes qui y travaillent, des bénévoles du conseil d’administration et des autres collaborateurs.


Un journal communautaire est, comme son nom l’indique, une mémoire collective, active et actuelle de la communauté, par la communauté.


L’équilibre entre nos revenus et nos dépenses demeure un enjeu majeur pour le Journal. Nos revenus proviennent principalement du service publicitaire qu’on offre aux entreprises, organismes, gouvernements et individus, pour les aider à rejoindre les quelque 23 000 personnes de notre région.
Nous sommes aussi appuyés par trois niveaux de gouvernement, en partie par des subventions.


Dans l’espoir d’aider à équilibrer notre budget, nous avons aussi récemment fait la demande à l’Agence du revenu du Canada d’être reconnu comme une organisation journalistique canadienne qualifiée. Cette reconnaissance, déterminée par notre approche journalistique professionnelle, nous permettra de remettre des reçus fiscaux pour les dons, entre autres avantages financiers offerts par cette qualification.
Plusieurs hebdos québécois et quelques journaux communautaires ont déjà ce statut.


Lors du congrès de l’AMECQ cette année, il y avait un peu plus d’espoir dans l’air parmi ces médias traditionnels. L’Association a perdu un membre en 2025, mais a aussi gagné un membre, comparé à quatre ou cinq membres perdus en 2024.


Aussi, au moins trois membres parlaient de l’idée d’élargir leur territoire, des projets ambitieux, mais prometteurs et pleins d’espoir.


Nous voyons aussi une certaine fatigue qui s’installe autour des médias sociaux, qui nuisent tant aux journaux qui appartiennent aux Québécois et Québécoises. Les citoyens cherchent des informations importantes, intéressantes et crédibles sur ce qui se passe chez eux.


Nous nous réjouissons surtout de l’espoir et des fleurs offerts dernièrement. Merci pour votre intérêt, votre appui, vos dons et vos bouquets !

Scott Stevenson

Rachel Garber - en-tête chroniques

CHRONIQUE | Tiny things

Beside the woodpile, I sat down on a log for a little break. Yes, I was wearing pants and boots.


But when I undressed later, imagine my shock to discover a tick clinging to my thigh.


Sometimes the tiniest things deliver the biggest wallop.


When that blacklegged tick bites you or an animal you love, for example, it can transmit a bacteria named borrelia burgdorferi. That delivers Lyme disease, the most common among five different tick-borne diseases identified in Quebec. Read all about it at quebec.ca/health/health-issues or canada.ca/en/public-health.

Our Estrie region is one of the riskiest in Canada, no doubt because of our rural environment. And we’re smack-dab against the U.S., whence the tick hails, transmitting Lyme disease along its way. That disease was first identified in 1977 in Lyme, Connecticut, after an outbreak of arthritis in children.


Forget the YouTube conspiracies about ticks being deliberately implanted in our region (‘‘ an empty box was discovered…’’). It’s a simple fact that as our climate has been warming over the past decades, our environment has been inviting them northward.


Online platforms that track the presence of ticks (etick.ca or exterminatek.ca) tell us we have a massive spike in ticks this year. Early-season tick reports are up by almost 70%. (I am shocked to see three tick-sightings by people in my very own neighbourhood.)


Where to look for them? In wooded areas, but also in tall grass, brush, woodpiles, piles of leaves, and gardens.
If you have blood, they will be looking for you. But you may not notice their bite because they are so tiny, and their bite is usually painless. In early summer, in their nymph stage, they are the size of a poppy seed; in the fall, adults are the size of a sesame seed. After feeding, they balloon up with your blood.

What to do? Remove them as soon as possible, but do it the smart way: With clean fine-pointed tweezers, grasp the head as close to the skin as possible and pull straight out. Canada.ca/en/public-health/services offers blow-by-blow instructions. But first, keep those tweezers handy. The sooner you extract the tick, the better your chances to escape Lyme disease.


So check your skin for them. Speaking of small things, don’t forget to check your belly button and other sheltered spots on your body. That’s where a tick could be hanging out.

Rachel writes from Newport.

OPINION | Recensement 2026 : perdu dans le chaos de nos communications

Le recensement 2026 arrive au moment où les Canadiens et Canadiennes partagent déjà des informations personnelles chaque minute de chaque jour à travers les technologies cellulaires et les médias sociaux.


Statistique Canada nous y encourage même, en suggérant que l’on écoute de la musique à travers l’application Spotify en remplissant notre recensement.


Ce paradoxe du recensement actuel illustre bien la transformation fondamentale que nous vivons tant au niveau social qu’économique. Il s’articule dans un paysage chaotique saturé d’informations et de communications.


Si nous avons l’obligation légale de compléter le recensement, il n’est pas illégal pour des mégacorporations étrangères de récolter nos informations si facilement et de nous influencer si fortement.


Tout cela circule comme des courants d’air invisibles tout autour de nous, par les clics et par le virtuel.
Heureusement, Statistique Canada offre aussi l’option de compléter le sondage en version papier. Dans le Haut-Saint-François, comme dans plusieurs autres régions à travers le Canada, l’accès à la technologie est limité.


Malgré toute l’information qui transige à travers ces courants d’air invisibles, le recensement demeure un outil important de communication entre la population et ceux qui prennent des décisions concernant les services qui seront offerts au public.


Comme nos autres moyens de communication traditionnels, il offre une fiabilité et une crédibilité qui font défaut dans les nouveaux médias.


Mais tout d’un coup, il ressemble pas mal à une antiquité, non ? Comme un vieux qui essaie de danser, dans une foule de jeunes branchés, sur des rythmes qui ne sont peut-être même pas connus de Statistique Canada.


Sa suggestion que l’on écoute de la musique sur Spotify plutôt que sur OHdio de Radio-Canada ou son équivalent en anglais, Listen de la CBC, est triste.


Pire encore, Statistique Canada fait la publicité de son recensement sur des plateformes comme Amazon, au détriment des médias canadiens.


Ceux dans le gouvernement fédéral qui font ces choix publicitaires contribuent dès lors au chaos dans lequel nous devons tous naviguer aujourd’hui.


Dans ce nouveau « Far West », le Canada a désespérément besoin de renforcer sa Politique sur les communications et l’image de marque fédérale. La clause 4.1.3.3 exige aux fonctionnaires d’« utiliser les outils et les canaux de communication les plus appropriés pour atteindre efficacement le public et les objectifs ». Depuis mars dernier, ils doivent aussi « veiller à ce que leur ministère établisse une stratégie pour gérer la mésinformation et la désinformation en lien avec son mandat ».


La plateforme d’Amazon, est-elle vraiment la plus appropriée ? Est-ce qu’on a confiance en ce qu’on lit sur les médias sociaux ? Notre objectif est-il de renforcer les outils de communication étrangers ? Qu’arrivera-t-il quand Postes Canada ne sera plus que l’ombre d’elle-même ; quand nos journaux et nos chaînes de radio et télévision canadiens seront décimés ; quand les algorithmes nous auront retournés les uns contre les autres ?


Déjà, le recensement de 2026 est devenu diviseur. On assiste à un mouvement dans les médias sociaux contre ce qui demeure un rituel quinquennal essentiel de collecte de données démographiques.
Plus nos gouvernements encouragent des médias à la fiabilité questionnable, et abandonnent les médias traditionnels canadiens, plus l’on peut s’attendre à la désintégration interne de notre société.


Entre-temps, nous pouvons tous aider un peu : remplissons notre recensement et encourageons nos fonctionnaires provinciaux et fédéraux à communiquer avec nous par les médias de chez nous !

Scott Stevenson

valoris

OPINION | Tendre vers le zéro déchet : utopique ou réaliste ?

Lors d’une visite à l’écocentre/site d’enfouissement de Bury, je suis témoin d’une scène que je savais exister, mais qui m’apparaît surréaliste. Des béliers mécaniques poussent les déchets accumulés sur le site d’enfouissement, comme s’il s’agissait de niveler les matériaux d’une route en construction.
Depuis ce temps, je me sens mal à chaque fois que je jette quelque chose qui ne se recycle pas ou ne composte pas.

Les sept R
De plus en plus de gens tentent d’adopter le mode de vie zéro déchet. Utopique ou réaliste ?
Tendre vers le Zéro Déchet s’appuie sur sept mots qui commencent par R :

Refuser
« En ai-je vraiment besoin ? »
L’effort de se refuser à soi-même, se refuser ce dont nous n’avons pas besoin.

Réduire
Réduire notre consommation : l’eau (est-ce vraiment important que ma pelouse soit plus verte que le voisin ?), l’essence (mon coupe-herbe ou ma scie à chaîne sont beaucoup plus performants à l’essence, mais recharger une batterie, est-ce la fin du monde ?).

Réparer
Combien de fois nous sommes-nous fait dire : « Achètes-en donc un neuf ? » ou « Oui, mais ça coûte aussi cher de réparer que d’acheter neuf ». Mais savez-vous ce que ça coûte à la société d’opérer un site d’enfouissement ?

Réutiliser
De nombreux trucs et idées pour réutiliser des objets existent. Vous pouvez vous abreuver de YouTube ou de magazines pour en trouver.

Recycler (composter/valoriser)
La MRC du Haut Saint-François a son Plan de gestion des matières résiduelles.
Une régie dont la mission est de détourner le plus de matières possible de l’enfouissement.
Pensons-y lorsque l’on sera tenté de jeter au lieu de recycler ou composter.
Cette gestion commence avec nous-mêmes.

Réinventer
Réinventer notre façon de vivre pour la rendre plus écoresponsable. Un défi constant.

Revendiquer
Revendiquer un changement. Exemple : demander à notre épicerie d’offrir plus de produits en vrac.
En conclusion, le dilemme et l’espoir Je vous avoue, j’ai développé une aversion à jeter des objets qui, s’ils ne sont pas recyclés, se retrouveront au dépotoir.


Je fais cependant face à un dilemme. Je n’ose pas jeter, mais j’ai peur de verser dans le « Conserver au cas où ».


Tendre vers le zéro déchet m’apparaît alors utopique.


Mais lorsque je réfléchis à la source de mon dilemme, je reprends espoir et je me dis que c’est réaliste à partir du moment où je consomme moins.

Marc Leduc est résident de Lingwick et ingénieur à la retraite.

Rachel Garber - en-tête chroniques

CHRONIQUE | My bin of plastics

My recycling bin is filling up fast these days. With plastic. No matter what I buy, it seems to come swathed in plastic. Broccoli. Carrots. Lettuce. Bottles of dishwashing liquid, too, are bundled into a plastic bag that I’m not really sure is recyclable.


More than ever, I feel as if plastic wrappings are being thrust on me. Despite using fabric reusable shopping bags, way too much one-use-only plastic comes home with me.


Plastic manufacturers say they’re responding to customer demand, but really, when I demand fresh fruit and vegetables, I am not asking for the plastic bags they come in. I just want the contents. I’d be happy to supply my own containers.


So when I heard Beth Gardiner interviewed on CBC the other week, I listened up. She’s the author of a new book, Plastic Inc., that lays out what’s behind the plastic pandemic. She pointed out that plastics are a product of the oil industry. Leaders of these giant corporations have been very open about feeling under threat by a reduced demand for fossil fuels.


Our reliance on oil has grown expensive, and risky. People are opting for renewable energy and electric vehicles, especially in the context of the US-Iran war and the Strait of Hormuz bottleneck. So, say leaders of the oil industries, their strategy is to, instead, push plastics on consumers. Indeed, plastic, too, is a petroleum product.


That’s the context for the grand effort to recycle plastic. Gardiner noted that it’s hard for recycled plastic to compete economically with virgin plastic. Also, for the recycling process to be viable, the plastic has to be well sorted. If different kinds of plastics are thrown in together, it makes recycling harder. Too much goes into the landfill.


And who’s laughing their way to the bank? Who but the companies who have created the problem. While local municipalities and citizens foot the bill for recycling.


Here Gardiner proposed a strategy I could go for: The world needs to shift the burden for disposing of used plastic back onto the producers of plastic. It’s called «extended producers’ responsibilities,» a law to force plastic producers to deal with recycling.


Plastic Inc. has been compared to Rachel Carson’s The Silent Spring (1962), which rang alarm bells about how pesticides such as DDT damage nature. Many say it launched the modern environmental movement.


May Gardiner’s book do the same, about plastics!

Rachel writes from Newport.

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