« Le communautaire à boutte » : lancement d’une grève concertée de deux semaines

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
Le mouvement « Le communautaire à boutte » a réuni une quarantaine de personnes dans la matinée du lundi 23 mars à Cookshire pour réclamer un meilleur financement des organismes communautaires et faire reconnaître le caractère essentiel des services qu’ils offrent à la population.


La mobilisation citoyenne lançait une grève générale de deux semaines à laquelle participent 1600 organismes à travers le Québec pour sensibiliser le gouvernement à cet enjeu. Les banques alimentaires, le soutien aux victimes de violence sexuelle ou conjugale, le maintien à domicile des aînés, l’intervention en santé mentale et l’aide aux familles font partie des services qui seront suspendus jusqu’au 2 avril prochain.

Le député François Jacques, invité à entendre le témoignage de divers acteurs communautaires qui portent ces services « à bout de bras », ne s’est pas présenté.


Malgré les encouragements des automobilistes et les klaxons retentissants des camions, l’émotion était vive chez plusieurs des manifestants, touchés par les divers témoignages émis par des représentants de La Maison Jaune du Haut-St-François, du Centre de développement communautaire, de La Relève et des Cuisines collectives. Les yeux se sont embués pour certains; la gorge était trop serrée pour prendre la parole pour d’autres.

Au micro, Marilyn Ouellet, de La Maison Jaune, a avoué que les conditions de travail du milieu et les « incohérences du système » l’avait poussé à l’épuisement professionnel.


« C’est simple, je ne suis juste plus capable, a-t-elle affirmé. Après plus de 20 ans dans le milieu communautaire, les décisions prises par les gouvernements successifs me poussent à prendre un deuxième congé maladie d’une durée indéterminée. »


Par ailleurs, La Maison Jaune fait l’annonce officielle que Camille Marquis, travailleuse de proximité bilingue « 0-100 ans » rattachée à La Relève, dont le poste a été aboli faute de financement (voir l’article de l’édition du 28 janvier de ce journal), assurerait le remplacement de Mme Ouellet à la Maison Jaune pour une durée d’un an, lui permettant de pouvoir effectuer certains suivis.


Cependant, les personnes de genre masculin ne pourront être suivis à La Maison Jaune, dont la mission est de venir en aide aux femmes. « Ça demeure catastrophique, a dit Mme Ouellet. Il y a quand même un bris de service, clairement. »


Pour les intéressés, une « marche funèbre » pour le travail de proximité « 0-100 ans » bilingue se tiendra au 50, rue Craig Sud à Cookshire le 31 mars à 14h pour dénoncer collectivement cette situation. Les participants sont invités à porter du noir.

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