FAUNE | Du coyote au coyloup

par Josée Boily
Si le superpif de votre chien déniche des ossements de chevreuil durant votre promenade matinale, cela pourrait être l’œuvre d’un coyote. Cet hiver, j’ai d’ailleurs découvert sur les sentiers d’East Angus plusieurs carcasses éviscérées ou coupées en deux (sans pattes) de jeunes « bambis ». Mon chien a même fièrement rapporté une peau d’animal scalpée que n’ai pas pu ni voulu identifier!


Cousin du loup et du chien, le coyote fait partie de la famille des canidés. Originaire de la côte ouest de l’Amérique du Nord, ce grand prédateur est présent au Québec depuis une cinquantaine d’années seulement. Intelligent et plus rusé que le renard, le coyote est surtout actif au lever et au coucher du soleil. Comme il a très peu de prédateurs naturels, il a tendance à demeurer sur un même territoire.
Stanley Gerht, biologiste à l’Université d’État de l’Ohio, croit qu’ils se sont multipliés au début des années 1990 après la dégringolade des ventes de fourrures qui a entraîné une diminution des activités de chasse. Certaines personnes avancent qu’il y a une surpopulation de coyotes et qu’on doit en éliminer un maximum.

Or, selon Martin-Hugues St-Laurent, professeur en écologie animale à l’Université du Québec à Rimouski, le milieu peut tout à fait s’adapter à l’augmentation du nombre de coyotes. Ce sont plutôt les populations urbaines comme rurales qui redoutent de les cotoyer, malgré la rareté des comportements agressifs envers des humains.

Le coyloup : mythe ou réalité
 
Suivant la chute du marché des fourrures, les coyotes ont agrandi leur territoire et se sont retrouvés à des endroits inusités. Se dirigeant vers l’est, ils ont fait la rencontre du loup de l’est; leur accouplement a donné naissance à une espèce hybride, soit le coyloup.

Loin d’être une version « diminuée » de ses parents, le coyloup a su magnifier la sociabilité, l’adaptabilité et les techniques de chasse de ses géniteurs.

Contrairement à de nombreux hybrides stériles, le coyloup peut se reproduire, permettant une hybridation continue.

Selon Anne-Marie Demers, propriétaire du refuge Lobadanaki à Saint-Étienne de Bolton, les coyloups seraient observés de plus en plus fréquemment. « Nous recevons beaucoup de photos, de vidéos et de traces de pas qui pointent vers le coyloup. En raison de l’extermination croissante du loup, les spécimens restants s’accouplent avec avec des coyloups avec lesquels ils ont des affinités. »
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