PUBLICITÉ

Flambée des prix de l’essence : ce n’est pas la faute des détaillants

Véronique Morin aux côtés des pompes à essence rétro du Magasin général Morin, à Lingwick. Photo : SCOTT STEVENSON.

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
La hausse galopante des prix mondiaux du pétrole fait mal à tout le monde en région, y compris à nos petites stations-service, qui ne sont ni responsables de la situation, ni celles qui en profitent.


À la Station-service YPG de la bannière Irving, également connue sous le nom de Dépanneur Birchton, à Cookshire-Eaton, une automobiliste à la pompe écarquille les yeux en voyant les chiffres s’envoler à l’afficheur. «Je suis à veille de m’acheter un cheval!» lance-t-elle à la blague.


À l’intérieur, la co-propriétaire Annie Dussault constate que les mécanismes de fixation des prix de l’essence demeurent méconnus des clients. «Quand le gaz monte, ils me disent: tu vas faire un beau voyage! Ils pensent que je me mets ça dans les poches.»

À la défense des automobilistes exaspérés, comprendre le coût de l’essence au Québec n’est pas si simple. En effet, le prix payé à la pompe pour un litre d’essence se base sur de nombreuses composantes qui peuvent sembler bien éloignées de leur réalité, tels le prix du baril de brut, la marge de raffinage, le coût de transport et les nombreuses taxes. Sans compter les taxes de vente (TPS et TVQ).

C’est donc à tout cela que s’ajoute la marge du détaillant, qui est forcé de trouver un équilibre entre réaliser un certain profit et attirer la clientèle.

«En général, on suit la région, explique Annie Dussault. On regarde Cookshire, Ascot, East Angus, Johnville. Parce que sinon, les clients vont ailleurs. »


Peu importe le prix à la pompe, elle affirme faire toujours sensiblement la même marge de profit, soit environ 3 à 4 cents du litre. (Moins de 3 $ par plein pour une voiture de taille moyenne.) La hausse des prix est même plutôt un enjeu pour son commerce parce que lorsque les prix grimpent, «le monde passe tout droit pour aller faire la file au Costco», à Sherbrooke, dit-elle.

Les pompes à essence de l’Épicerie Johnville en avril dernier. Photo : CAROLYNE WELDON.


À l’Épicerie Johnville, la propriétaire, Amanda Clément, jouit d’une certaine latitude quant au prix de l’essence qu’elle vend. Compton, Coaticook, Lennoxville, Waterville: elle regarde le prix de ses compétiteurs et se place «dans le milieu». Des habitués du coin remarqueront qu’elle est souvent un peu moins chère qu’ailleurs. «J’aime demeurer compétitive», dit-elle.


Véronique Ferland, co-propriétaire du Magasin général Morin, à Lingwick, vend de l’essence sous la bannière Miraco. Ses improbables pompes rétro, maintes fois photographiées, datent des années 1950. Elle aussi regarde les prix aux alentours, à Scotstown ou La Patrie «pour comparer avec la compétition».
«Déjà, on ne fait pas beaucoup avec ça. Qu’on le vende 2,50 $ ou 0,50 $ on fait le même profit, illustre-t-elle. Toujours aux alentours de 3 ou 4 sous du litre.»


«Rendu là, c’est plus un service à la population, ajoute-t-elle. On souhaite que les gens entrent et achètent un petit quelque chose à l’intérieur.»

Article précédentArticle suivant

 

PUBLICITÉ

©2026 Journal Le Haut-Saint-François