Félix-Antoine Lagacé est copropriétaire du Marché Tradition à Weedon. PHOTO: Sylvain Dodier
Une quatrième Zone Consignaction devrait voir le jour dans le Haut-Saint-François d’ici la fin de l’année. Ce point de retour pour les contenants de boisson consignés sera installé à l’IGA de Cookshire-Eaton. Il s’ajoutera aux trois Zones déjà en opération, soit celles d’East Angus, de La Patrie et de Weedon. « On espère l’avoir installé avant l’arrivée de l’hiver », indique le copropriétaire de l’IGA, Pierre Genest-Denis.
Au Marché Boni Choix de La Patrie, où un kiosque est installé depuis septembre 2025, les réactions du public sont plutôt positives. Selon l’employée Ange-Marie Binette : « Beaucoup de gens aiment! Ça va beaucoup mieux que les gros sacs à canettes et en plus, plusieurs personnes gagnent plus d’argent en utilisant ce système… »
Même son de cloche du côté d’East Angus, où le service est offert par la famille Couture, propriétaire de l’IGA. « Je trouve que ça va bien, y’a jamais de problèmes. Je passe rapidement. C’est plus simple que l’ancienne machine », nous indique Marjolaine Breton, cliente, qui utilise ce service aux deux semaines. Elle ajoute que l’application Consignaction lui permet de déposer rapidement l’argent dans son compte bancaire.
Des propos généralement confirmés par Félix-Antoine Lagacé, copropriétaire du Marché Tradition à Weedon, qui a vu le nombre de contenants recyclés à son commerce doubler, passant d’un à deux millions de contenants en une année.
Un réseau en plein déploiement
L’implantation d’une Zone ne se fait pas au hasard. Consignaction cible les commerces notamment selon le bassin de population à desservir et leur volume de consignation. Le commerçant peut refuser; un autre emplacement est alors recherché dans le secteur. Cette concentration des lieux de retour oblige toutefois certains consommateurs à se déplacer. « On attire les villages d’à côté qui sont obligés de venir par chez nous pour faire le recyclage de leurs contenants », constate Félix-Antoine Lagacé.
Une fois l’entente conclue, l’emplacement est déterminé avec le détaillant et les intervenants locaux. Les trois Zones actuellement en opération dans le Haut-Saint-François sont des lieux de retour à l’unité. Seuls les centres Consignaction et Consignaction+, situés dans les grands centres, offrent des options de retour de sacs de contenants non triés. Comme l’indique Ange-Marie Binette : « Avec le temps, le monde s’est habitué à mettre leurs canettes une par une ».
Une dernière phase d’élargissement de la consigne est prévue le 1er mars 2027, avec l’ajout de tous les contenants de boisson prête-à-boire en verre et en carton multicouche de 100 ml à 2 L.
Le kiosque, bien qu’opéré par un commerçant, appartient à Consignaction, marque officielle de l’Association québécoise de récupération des contenants de boissons (AQRCB). En vertu du principe de responsabilité élargie des producteurs (REP), le gouvernement du Québec (par l’entremise de RECYC-QUÉBEC) a confié à l’industrie la responsabilité de la récupération et de la valorisation des contenants de boisson consignés. Ces acteurs de l’industrie ont donc créé l’AQRCB pour l’élaboration, la mise en œuvre, le financement et la gestion du système qui se met en place au Québec depuis 2023.
Un envers du décor exigeant
Félix-Antoine Lagacé reconnaît les avantages du système : le kiosque augmente l’achalandage de son commerce, qui reçoit également un loyer d’environ 1 000 $ par mois ainsi qu’une petite ristourne sur chaque contenant récupéré. Son enthousiasme demeure toutefois réservé. Selon lui, l’implantation s’est faite si rapidement que personne n’était réellement prêt. La structure d’accueil du kiosque, pourtant réalisée selon les normes fournies, a dû être refaite puisqu’elle ne correspondait pas à la réalité sur place, ce qui a doublé ses frais d’installation. Les taxes municipales du commerce ont également augmenté en raison de l’ajout du kiosque sur la propriété, dont la valeur est estimée par Consignaction à 250 000 $.
L’entretien et le bon fonctionnement de l’espace relèvent du détaillant. « Ça demande de la structure, c’est beaucoup d’entretien, plus qu’on ne l’avait prévu », constate Félix-Antoine Lagacé. Le copropriétaire souligne notamment le temps nécessaire pour vider et nettoyer les équipements. La chaleur, les odeurs et les insectes compliquent également l’entretien lorsque des résidus de boissons se retrouvent au sol. « Que les clients nettoient bien leurs canettes, ça a une immense importance pour nous », insiste-t-il.
S’ajoutent une ventilation déficiente, des problèmes de chauffage et l’accumulation de verre brisé et de résidus sous les équipements à des endroits difficiles d’accès pour le nettoyage. Les kiosques ne disposent par ailleurs d’aucune arrivée d’eau. « Imaginez simplement le nécessaire transport de bacs d’eau chaude l’hiver », lance le commerçant.
« Je suis mitigé (…) ça pourrait être bien (…) mais beaucoup, beaucoup d’ajustements doivent avoir lieu », ajoute Félix-Antoine Lagacé.



