PUBLICITÉ

Arts et culture

Daniel Roy : « Rêver de bonheur le matin »

Le poète estrien Daniel Roy, originaire d’East Angus. Photo : Christiaan Schiepers.

Pour souligner le cinquantième anniversaire de son premier recueil, le poète estrien Daniel Roy, natif d’East Angus, fait paraître une réédition, revue et augmentée, de Bodedandoeil. Un ouvrage qui fait dialoguer le jeune poète de 1976 avec celui du XXIe siècle, nourri tout particulièrement des écrits accumulés entre 2000 et 2026.

« Un livre ouvert sur le monde »
Cette nouvelle édition, bonifiée d’une deuxième section, plonge encore avec joie les lecteurs dans une poésie souvent ludique, empreinte de jeux de mots : calembours, déformations lexicales, détournements d’expressions et jeux sur la polysémie. « Tes mains, tes cheveux si blonds / Se posent sur ma peauésie. » De plus, pour M. Roy, l’humour permet d’aborder des sujets plus sérieux ou difficiles. L’absurde devient un déclencheur qui désarme d’abord, puis laisse passer la tristesse, la joie, l’émerveillement et la lucidité.


L’écriture de Daniel Roy se construit par accumulation dans ses cahiers de notes qui l’accompagnent au fil de ses voyages et de ses rencontres. Sa pratique se nourrit d’une passion fulgurante pour les rencontres. « C’est mon métier de découvrir l’autre, de découvrir son parcours », nous lance en entrevue Daniel Roy, avec la fougue généreuse qui le caractérise.


« Je suis une rebelle personne »
Le 31 décembre 2000, un tragique incendie détruit la maison que Daniel a construite et qu’il habite depuis vingt ans à Westbury. Manuscrits, brouillons, cahiers partent en fumée. Il « se rebâtit » une vie et recommence à accumuler ses mots dans de nouveaux cahiers.


Mais après avoir autoédité 17 titres depuis le début de sa carrière, désabusé du milieu de l’édition et de la difficile diffusion de la poésie au Québec, il ne veut plus publier. Il n’écrit plus que pour lui-même. Puis un événement le pique au vif : M. Roy découvre que Bodedandoeil et plusieurs de ses titres figurent dans les collections de la New York Public Library, alors que ses livres avaient été retirés des rayons de la bibliothèque municipale de Sherbrooke et soldés à 25 cents.


« Là, c’en était trop, le vase a débordé », se souvient-il. Sa fibre « POÉlitik » se réveille. Dans la foulée, il réactive également son site Internet, « Un livre ouvert sur le monde », et décide de rééditer son premier recueil.


Une « POÉlitik » dont l’objectif, valide-t-il, est de « mordre les silences accordéonneux pour se retrouver dans l’Amour ». Tous ensemble, unis. Mais comment concrétiser un tel projet collectif? « Le partage », répond-il sans hésiter. Partager, mais aussi rêver. Dans les nouvelles pages de Bodedandoeil, Roy lance alors ce défi à son lecteur et à sa lectrice : « Rêve que tes précieux rêves te réalisent.

Article précédentArticle suivant

©2026 Journal Le Haut-Saint-François