La travailleuse de proximité Camille Marquis (à gauche), et la directrice de La Relève, Sabrina Denault Lapointe (à droite.) Photo: Carolyne Weldon .
La seule travailleuse de proximité de la MRC du Haut Saint-François desservant une clientèle de tout âge doit perdre son poste et cesser ses fonctions fin mars 2026, faute de financement.
Rattaché à La Relève, à Cookshire, ce poste d’accompagnement de milieu est une passerelle qui fait le lien entre les personnes en situation de vulnérabilité et les services offerts au sein de la MRC. Il s’agira d’une première interruption de service pour ce poste depuis sa création, en 2014.
L’ombre de cette coupure planait sur l’organisme depuis l’automne dernier. La dernière possibilité de financement, au niveau de la MRC via le comité Solidarité HSF, s’est finalement soldée par un refus avant le congé des Fêtes.
Selon la directrice de La Relève, Sabrina Denault Lapointe, il est désolant que la MRC n’ait pas jugé bon de maintenir cette ressource pour l’année financière à venir. Elle s’explique mal ce qui a pu causer ce refus, alors que la demande est bel et bien présente et que selon elle la personne en poste, Camille Marquis, est devenue très connue, efficace et appréciée dans la région au fil des ans.
« C’est une grosse perte », dit-elle. « Les impacts c’est que les gens les plus vulnérables, les plus éloignés des services, vont devoir trouver les ressources par eux-mêmes. C’est une porte qui se ferme. »
Le travail de proximité est un mode d’intervention qui rejoint les gens directement dans leur milieu de vie. C’est un peu l’équivalent du travail de rue, mais en contexte rural, explique la directrice. « Au lieu d’aller vers les gens dans des parcs comme en ville, ici ça se fait autrement, par le biais des réseaux sociaux, d’affiches, d’activités ou du bouche-à-oreille », dit Mme Denault Lapointe.
En poste depuis six ans, Camille Marquis connait les ressources de la MRC sur le bout des doigts. Qu’il s’agisse d’enjeux liés à la pauvreté, à la précarité alimentaire, à l’itinérance ou de défis à remplir un formulaire, son rôle est d’accompagner, d’orienter et de référer les gens vers les bons services. Les solutions mises de l’avant visent la mobilisation et la mise en mouvement, c’est-à-dire le renforcement de la capacité d’agir de chacun.
Combien de temps l’interruption du service durera-t-elle? « Un an, deux ans? Un mois? Impossible à dire pour le moment, mais nous redoutons beaucoup de devoir interrompre le service », affirme Mme Denault Lapointe.
La directrice de La Relève souhaite qu’un financement récurrent puisse être trouvé pour pérenniser la ressource sur le territoire. « Une personne pour toute la MRC, c’est un minimum », dit-elle.

