C’est devant une salle plus que comble que le maire d’East Angus, Guillaume Landry, a annoncé un moratoire de 90 jours sur tout nouveau projet de construction résidentielle multifamiliale dans sa municipalité.
Plus de 60 personnes s’étaient rassemblées à la séance ordinaire du conseil municipal du 2 mars dernier pour avoir l’heure juste sur les impacts de nombreux projets de développement résidentiels déjà approuvés et qui seront bientôt en chantier à East Angus.

La municipalité connait actuellement un boom résidentiel sans précédent. Aux 1000 unités construites dans des dernières années s’ajouteront bientôt des centaines de nouvelles adresses, dont celles des rues Rousseau et Kinnear, ayant récemment fait l’objet d’une pétition, et celles du lotissement résidentiel derrière la future épicerie Super C, entre plusieurs autres.
Le maire Landry s’est dit très heureux de cette mobilisation citoyenne, conséquence selon lui de la transparence que cultive son administration, en poste depuis novembre dernier. « Si on n’avait pas mis sur Facebook tout ce qui s’est passé au dernier conseil, on n’aurait pas tout le monde ici ce soir, a-t-il estimé. C’était ça le plan. On veut que les gens sachent ce qui se passe et que s’ils ont des questions, qu’ils puissent venir les poser. »

Les citoyens ne se sont pas fait prier : la séance a duré près de trois heures. Les questions, critiques et commentaires ont porté sur la sécurité des marcheurs, la fluidité du trafic automobile, l’harmonisation des nouvelles constructions avec les résidences déjà existantes, ainsi que l’accès aux services comme l’eau potable, les parcs ou les écoles.
Moment fort de la soirée : Jade Reid, une femme de 27 ans résidant au Logement HAN, un immeuble adapté aux personnes ayant des besoins particuliers, a pris parole pour dire qu’elle ne reconnaissait plus sa ville.
« Avant East Angus c’était Ma ville, ma vie, a-t-elle dit, évoquant le slogan de la municipalité. Maintenant c’est Ma ville, ma vie, mes blocs. East Angus, ce n’est plus East Angus. » Visiblement émue, la jeune femme a terminé son témoignage en larmes, saluée par une salve d’applaudissements.
Les règlements municipaux censés encadrer ces projets de construction sont « désuets », a admis le maire, datant d’une époque révolue où il n’y avait peu ou pas de développements résidentiels à East Angus. Ces derniers devront donc être revus en profondeur, à la lumière d’un nouveau plan d’urbanisme, d’où l’importance d’un moratoire.
Cela dit, les élus ont répété qu’ils ne pouvaient malheureusement rien faire pour empêcher la construction de projets déjà approuvés, ni même les influencer « sans prêter flanc à des poursuites judiciaires », selon le maire.
« Ça fait quatre mois qu’on est en poste, a dit la conseillère municipale Sabrina Denault-Lapointe. On ne peut rien faire pour ce qui a été approuvé avant nous. »
Une grande consultation citoyenne sera tenue au printemps. Le maire a dit souhaiter qu’autant de personnes y participent
par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local

