L’Intelligence artificielle : menace pour notre cerveau ?

IA et cerveau

Lorsque j’étais étudiant, lors de sorties hebdomadaires à la discothèque, j’étais celui sur qui on comptait pour mémoriser les numéros de téléphone des filles avec qui mes chums flirtaient. N’étant pas moi-même tellement doté d’atouts de séduction, je valorisais ma mémoire phénoménale pour les numéros de téléphone. Maintenant, je commence à stresser lorsque Google maps ne trouve pas l’adresse de l’endroit où je veux aller !

Que s’est-il passé avec mon cerveau ?
Cet exemple banal peut être dédramatisé en se disant que c’est une évolution normale de passer d’une carte géographique papier à une version électronique. Mais le stress causé par la dépendance à la technologie est-il normal ?


De nos jours, les outils technologiques d’aide à la recherche, à la rédaction, à la dissertation, les outils d’intelligence artificielle (IA) sont utilisés sur une base quotidienne par des millions de gens. Leur utilité est débattue par plusieurs car il y a un coût à leur mise en œuvre.


Et ici, je ne parle pas des moyens financiers astronomiques pour l’implantation. Je parle du coût pour notre cerveau.


Un groupe de chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) a réalisé une étude exhaustive sur le sujet. Le but était de déterminer le coût cognitif par l’utilisation de l’IA.
La portée de la recherche était la rédaction d’un essai littéraire. À l’aide de l’encéphalographie, l’activité cérébrale du cerveau fut mesurée en relation avec l’utilisation ou non de l’IA. Pas de surprise là, l’activité cérébrale était moindre avec l’utilisation de l’IA.


Mais là où ça devient intéressant, c’est qu’après avoir utilisé l’IA pour rédiger leur essai, on a demandé aux participants de rédiger un essai similaire sans l’aide de l’IA, et la majorité ont eu beaucoup de difficultés. Je vous épargne les détails des 206 pages de l’étude mais la conclusion était claire : les risques de pertes cognitives, en termes de capacité d’apprentissage, sont élevés avec l’utilisation de l’IA.

Le futur de nos capacités cognitives
Sommes-nous en train de désapprendre à réfléchir par nous-même ?
L’étude du MIT a également révélé que ceux qui utilisent l’IA avaient souvent exactement les mêmes arguments et les mêmes réponses. L’uniformité a étouffé l’individualité.
Est-ce qu’être organisé et mémoriser est dépassé ? « Google it » est devenue une phrase célèbre. Plus besoin de mémoriser. Plus besoin de raisonner. Et là, j’ai peur de l’écrire, plus besoin d’apprendre !
La réponse est au bout du clic. Il m’apparaît évident que l’utilisation de l’IA est en train de devenir une béquille pour éviter l’effort intellectuel.

D’aucuns me diront :
« l’IA a commencé à sauver des vies en accélérant la détection de cancers. Les analyses de prédictibilité des systèmes manufacturiers contribuent à l’augmentation de la productivité ».
Oui j’en conviens, l’IA a ses avantages.
Mais pouvons-nous continuer de permettre à nos enfants d’apprendre à penser ?

Pour conclure cet article, j’ai posé la question suivante à ChatGPT :
« Quels sont les dangers de recourir à l’intelligence artificielle dans le domaine de l’éducation? »
Voici quelques réponses de notre ami Chat :
-Diminution de l’apprentissage réel.
-Perte d’esprit critique.
-Baisse des compétences en écriture, recherche, résolution de problèmes.
-Travaux « parfaits » mais sans compréhension réelle.
-Baisse du développement des compétences.
-Perte d’habiletés en écriture.
-Moins de créativité.
-Diminution de la capacité à analyser et critiquer.
WOW ! Pas besoin du MIT. Il s’agissait juste de demander à Chat.

Marc Leduc est résident de Lingwick et ingénieur à la retraite. Il collabore aussi avec le journal Le Reflet de Lingwick.

Article précédentArticle suivant
©2026 Journal Le Haut-Saint-François