LETTRE OUVERTE | Favoriser l’investissement régional en appuyant les médias régionaux

Maxime Robert et Pierre Couture

Pierre Couture et Maxime Robert portent main fort à la distribution du Journal. Photo : Scott Stevenson

Extrait d’une lettre de la Fédération des chambres de commerce du Québec
Le secteur des médias traverse une crise existentielle, alimentée notamment par la montée en puissance des grandes plateformes numériques et la perte de revenus publicitaires. Quant au secteur des télécommunications, des actions concertées s’imposent pour permettre à nos entreprises régionales de combler la fracture numérique et d’assurer ainsi leur pleine compétitivité économique.

Une crise sans précédent pour les médias régionaux
Au cours des dernières années, nombre de médias régionaux ont aboli des centaines de postes, et d’autres ont simplement fermé. La couverture journalistique s’en trouve fragilisée et les impacts démocratiques et culturels de cette « désertification médiatique » sont majeurs.
Des communautés entières se voient retirer le droit essentiel à une information et à une offre culturelle qui les représentent. C’est une préoccupation pour les chambres de commerce de partout au Québec, qui voient la couverture médiatique s’effriter dans leurs différentes régions.
Les entreprises médiatiques québécoises et canadiennes demeurent confrontées à un dédale de formalités coûteuses qui les désavantagent face à leur vraie concurrence : les géants numériques étrangers qui échappent à de grands pans de cette réglementation.
Le Conseil du Trésor fédéral a commandé en juillet dernier une vaste révision du fardeau administratif et réglementaire à l’échelle gouvernementale. […]
Dans le cadre des négociations commerciales en cours avec les États-Unis, le gouvernement fédéral a par ailleurs aboli la Taxe sur les services numériques, qui aurait eu le mérite de générer des revenus substantiels et de contribuer au soutien financier des médias canadiens, pour autant que ces derniers soient exclus de son champ d’application. Faute de solution alternative, nos médias régionaux continueront d’en payer le prix fort.
Nous exprimons donc nos inquiétudes et invitons les deux paliers de gouvernement à agir rapidement pour préserver l’investissement dans nos médias locaux, notamment :

  • en abrogeant l’allégement fiscal pour les achats publicitaires auprès de plateformes étrangères ;
  • en instaurant un seuil minimal d’achats publicitaires gouvernementaux provinciaux et fédéraux auprès des plateformes canadiennes ;
  • en étendant le crédit d’impôt pour la main-d’œuvre journalistique à toutes les plateformes au-delà de la presse écrite, […].
    Les infrastructures de télécommunication sont un levier essentiel permettant aux entreprises régionales de croître et d’investir dans leurs communautés. Nos médias régionaux, partout à travers le Québec, le sont tout autant pour la vitalité culturelle et démocratique de ces dernières.
    Il faut agir sans tarder, pour éviter de perdre nos entreprises médiatiques d’ici.
    Signé par 41 représentants de chambres de commerce et de municipalités à travers le Québec, incluant :
    Véronique Proulx, Présidente-directrice générale, Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ)
    Cynthia Corbeil, Directrice générale, Chambre de commerce et d’industrie de la région de Coaticook
    Simon Madore, Maire de Coaticook et Préfet de la MRC de Coaticook
    Mélanie Côté, Directrice générale, Chambre de commerce et d’industrie de Sherbrooke
    Alexandra Jacquet, Directrice générale, Chambre de commerce du Haut-Saint-François
Article précédentArticle suivant
©2026 Journal Le Haut-Saint-François