par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
Une quarantaine de terrains ont déjà été vendus, et la construction résidentielle débutera en cours d’année au Domaine du Lac Moffatt, un immense domaine encore pratiquement vierge de 1350 acres dans le Canton de Lingwick.
Situé sur la route 257 qui relie Lingwick à Scotstown, ce terrain exceptionnel qui borde le lac Moffat a été acheté l’an dernier par Dany Morency, promoteur immobilier de la région de Québec, pour la somme de 15 millions.
Pour encore quelque temps, M. Morency, 54 ans, vit seul dans le manoir presque bicentenaire du domaine parmi les chevreuils, les renards et les pygargues à tête blanche. Mais sa quiétude – et la leur – sera bientôt suspendue : 11 km de chemins doivent se tracer cette année et la machinerie lourde pour ce faire débarque le 20 avril.
Ses centaines de nouveaux voisins ne tarderont pas à arriver, selon lui. « On est à presque 50 lots de vendus, facilement. Et on a fait zéro publicité à date, » se réjouit-il lors d’une entrevue accordée sur place au Journal à la fin mars.

En tout, c’est 440 lots qui sont en vente, allant de 5000 m2 jusqu’à 20 acres de superficie.
M. Morency se dit conscient du joyau qu’il a entre les mains. Il s’engage à conserver le tiers ou environ 400 acres de la superficie totale du domaine et à intégrer, dans les actes de ventes notariés, une panoplie de règlements spécifiant ce qu’un acheteur peut et ne peut pas faire sur son terrain. (À titre d’exemple, seulement 20% de ceux-ci pourront être déboisés.) Il entend également effectuer une étroite surveillance post-chantier. « On va être là, épaulés par la Ville de Lingwick », assure-t-il.
Au chapitre de l’environnement, la protection du lac Moffat est selon lui « l’absolue priorité ».
À ce propos, M. Morency a fait appel à la firme de génie conseil EXP pour procéder à l’analyse complète du domaine. Il affirme que seuls 8% se qualifient comme zone humide, et que sur les terrains où ces zones se trouvent, les espaces de construction sont déjà préétablis, « donc tu n’as pas le droit de te bâtir là », dit-il.
Il mentionne également qu’il a choisi de suivre les ruisseaux pour tracer la limite entre deux terrains, ce qui a pour effet de créer une bande de protection de 7,5 mètres de chaque côté de ceux-ci. « L’eau coule d’une manière depuis des milliers d’année, si elle continue de couler de la même manière, sans qu’on modifie sa trajectoire, ou son débit, techniquement, le lac va rester beau. »
Il affirme également rencontrer chacun des acheteurs potentiels personnellement et les trier sur le volet. « J’ai besoin de gens conscients qui savent dans quoi ils s’embarquent », dit-il.
De son côté, la mairesse Caroline Poirier voit d’un bon œil l’arrivée du Domaine dans sa municipalité. À terme, le projet a le potentiel de doubler la population du Canton.
De la relève
« C’est une opportunité de développement pour la communauté de Lingwick, où il y a très peu d’options pour construire de nouvelles habitations. Tout est zoné vert », indique-t-elle. Elle ajoute que le projet offre l’occasion de renouveler la population locale, de la rajeunir, et d’assurer une relève pour les organismes communautaires.
« On voit ça positif que le développeur se soucie de l’environnement, ajoute-t-elle. On souhaite s’assurer que ce qui est dans les discours soit aussi dans les faits. »
Fait intéressant pour les résidents, le projet de M. Morency leur offrira bientôt un accès au lac Moffatt, autrefois entièrement privé. « C’est notre démonstration de bonne foi et de bon voisinage, avance-t-il. On a pris une entente avec la Ville pour céder un terrain au bord de l’eau.
Sur ce terrain-là il y a une petite plage, donc ça va être aux gens de Lingwick. »
Les Lingwickois pourront donc découvrir ce site enchanteur dès l’été 2027, une fois les chemins ouverts et la poussière retombée. « Je sais qu’ils sont impatients de venir me rencontrer, dit M. Morency, mais on est ici pour le reste de la vie. »

