Où sont passés les paniers bio de nos maraîchers?

Camille Lussier de la ferme maraîchère des Hôtes Épinettes. Photo : caROLYNE WELDON

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
Il y avait 13 fermes maraîchères qui offraient des paniers de légumes dans la région en 2018. Aujourd’hui, 8 ans plus tard, il n’y en a que 4 : la ferme Croque-Saisons, à Lingwick; le Domaine du Coq à l’Âne à Bury; les Hôtes Épinettes, à Cookshire-Eaton et la ferme l’Étincelle, à Johnville.


De plus, la plupart des fermes listées en 2018, dans un article paru dans ce même journal, ont désormais cessé leurs activités commerciales. Celles qui subsistent à ce jour (Le jardinier déchaîné, Les maraîchers de l’or vert et Les légumes Korzina) ont délaissé les paniers pour se tourner vers d’autres formes de mise en marché plus « clé en main », comme les cartes prépayées ou les kiosques libre-service, où le client peut choisir d’acheter ce qu’il veut, quand il veut.

Mais que s’est-il donc passé ?
Selon Sarah Morin, de l’Étincelle, la réponse va de soi : l’engagement n’est tout simplement « plus à la mode. »


Les paniers de légumes bio requièrent, il est vrai, un plus grand engagement de la part du consommateur. Mais la somme déboursée, au début de la saison, lui assure non seulement des légumes frais et de saison tout l’été, ou tout l’hiver selon le type de panier, mais aussi la certitude que son maraîcher n’aura pas à s’endetter pour débuter sa production, ce qui aura tendance à solidifier sa présence au sein de la communauté.

« Ça prend une certaine ouverture, les paniers », affirme Mme Morin en entrevue téléphonique. Celle qui souhaite tisser des liens avec sa communauté et « voir les enfants grandir » remarque qu’actuellement, les relations de réciprocité, et de partage des risques, ont tendance à s’effriter au profit d’un consumérisme plus sommaire.


Sammuel Tanguay, des Maraîchers de l’or vert, abonde dans son sens. Il ne fera pas de paniers d’été cette saison, préférant se tourner vers un nouveau système de cartes prépayées.


Selon lui, la demande de paniers bio, qui avait bondi entre 2020 et 2022, s’est beaucoup essoufflée après la pandémie. « Avec le retour à la normale, malgré l’inflation post-Covid, il y a ce désir du petit confort, des petites affaires prévisibles, constate-t-il. Tu compétitionnes avec l’épicerie. »

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