Économie

Les Becs-Scies : redonner vie au mobilier

Jocelyne Giroux dans son atelier de Bury. PHOTO : Carolyne Weldon

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local

Au cœur de Bury, une petite entreprise d’ébénisterie et de rembourrage participe à allonger la vie utile de nos meubles et autres surfaces coussinées, trop souvent relégués aux gros rebuts lorsqu’un peu abîmés ou défraîchis.

Jocelyne Giroux, résidente de Bury depuis plus 25 ans, est copropriétaire des Becs-Scies. Après une carrière en éducation, qui l’a emmenée jusque dans le Grand Nord québécois, elle s’offre un nouveau départ avec une formation en finition de meubles à l’École nationale du meuble, à Victoriaville.

« Je me suis dit, ‘’il faut aller chercher des expertises’’ », se souvient-elle. 

Son conjoint Serge Lemay, l’autre moitié des Becs-Scies, est pour sa part détenteur d’une technique en ébénisterie architecturale et passé maître dans la fabrication des canots de cèdre entoilé (voir notre article de 2019 sur les canots de M. Lemay).

Tout s’enchaîne à la suite de cette prise de contact avec le monde du meuble et du bois : Jocelyne Giroux poursuit avec la formation de 2 ans en ébénisterie, puis « termine en beauté » avec la formation en rembourrage.

« Je voyais des gens [qui étudiaient] en rembourrage. Je trouvais ça merveilleux. C’est capoté ! C’est si silencieux, le rembourrage, comparé à l’usine de fabrication ! », se remémore-t-elle.

Ce qui à l’origine était supposé être une formation en rembourrage industriel sera éventuellement adapté en formation en rembourrage artisanal, comme la moitié des inscrits souhaitaient à terme démarrer leur propre entreprise à petite échelle.

« On a appris, à coudre : droit, les passe-poils, à faire des coussins, des bras de chaise, le pouf capitonné, le pouf rond, la chaise bergère, la causeuse… »

Au terme de sa formation, elle effectue un stage dans une entreprise de Thetford Mines spécialisée dans la réparation des toiles de recouvrement et coussins de bateaux.

Celle qui dit avoir une affection particulière pour les chaises a retiré de ce parcours une grande polyvalence. Elle peut aussi bien retaper et rembourrer une antiquité que redonner forme à une surface coussinée moderne.

« Comme récemment, on est venu me voir pour refaire le siège d’un quatre-roues, raconte Mme Giroux. Un ours avait mangé la rembourrure en mousse jusqu’au plastique ! »

Que ce soit pouvoir profiter plus longtemps d’un meuble à valeur sentimentale, le personnaliser à 100%, ou contribuer à préserver l’environnement, redonner vie à nos meubles en les réparant ou les faisant rembourrer est un geste qui fait du sens.

« Réutiliser, récupérer, recycler… c’est notre pensée à mon conjoint et moi », explique Jocelyne Giroux en pointant tous les éléments recyclés intégrés à son atelier de travail.

« Je m’amuse, s’exclame-t-elle les yeux brillants. C’est ça que je voulais ! »

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