La redéfinition ainsi que la perte des petites entreprises locales à laquelle notre article en page une fait allusion demande que l’on s’y attarde. Pourquoi nos producteurs maraîchers sont-ils autant contraints de devoir se réinventer ou au contraire, d’accepter de disparaître?
La Covid a amené un fort engouement pour l’achat des produits agricoles directement de nos fermiers et transformateurs locaux. Mais après la pandémie, l’intérêt pour l’achat local a chuté, ce qui est au moins l’une des raisons pour la grande pression que subit nos maraîchers.
Pourtant, toutes les raisons pour une saine économie locale demeurent et sont même encore plus importantes aujourd’hui. Voulons-nous vraiment payer les frais de transport pour des fruits et légumes venant de l’autre bout du monde, avec des prix affectés par des guerres qui ne sont pas les nôtres? Voulons-nous vraiment dépendre de pouvoirs étatiques et corporatifs sur lesquels nous exerçons effectivement aucune influence?
Il semble que oui – du moins selon les habitudes de nombreux consommateurs et citoyens au niveau de l’utilisation des médias américains et de l’achat de denrées alimentaires.
On peut comprendre que de s’abonner à un panier de légumes, et ensuite devoir se déplacer pour aller le chercher hebdomadairement ou aux deux semaines n’est pas dans les habitudes. Ça prend de l’effort pour changer nos habitudes économiques développées par la facilité. Mais le prix de cette facilité finit à la longue par coûter cher. On le voit par l’envolée des prix de l’essence aujourd’hui — et notre manque presque total d’influence sur ces prix.
Lors de la pandémie, on a choisi, trop brièvement, de faire l’effort d’acheter localement. La Covid est derrière nous, pour la plupart, mais nous vivons maintenant d’autres crises internationales, et d’autres encore s’ensuivront.
Les acteurs de l’économie locale peuvent aussi faire leur part à la renforcer et la développer en encourageant et en construisant une chaîne de distribution locale, comme les lieux de rencontres, les marchés publics tels le Marché fermier de Sawyerville et le Marché de Dudswell, entre autres, ainsi que les marchés privés comme le Marché de la Ferme Patry, à Weedon. Nous en avons aussi besoin dans les autres coins de la région.
Les petits producteurs ont aussi besoin de mesures règlementaires qui leur permettent de développer des entreprises viables, comme l’agrotourisme sans grandes contraintes légales ainsi que des niveaux de production hors quota raisonnables pour la vente locale.
Sinon, on continuera notre grande marche vers les mégafermes industrielles à l’américaine, ce qui risque de créer des déserts humains ruraux pour des régions comme le Haut-Saint-François.
Scott Stevenson

