Scott Stevenson

Scott Stevenson

Scott est le directeur du Journal depuis 2024. Originaire du Canton de Hatley, il demeure sur sa ferme à Island Brook depuis 2012.

Croyez-vous ce qu’on publie ?

Il y a quatre ans, j’ai perdu une amitié chère à cause d’une affirmation selon laquelle les journalistes mentent. Je suis journaliste ; ma mère est journaliste ; ma fille est journaliste. Cet ami aime aussi décrier CBC/Radio-Canada, qui fait partie des rares médias professionnels et fiables au Canada.


Ah oui, ma fille y travaille. Moi aussi, j’y ai travaillé, brièvement, il y a plusieurs années. Plus important, je sais qu’en matière de professionnalisme, je peux faire confiance à Radio-Canada.


Est-ce que nous nous souvenons de la leçon qui dit de ne pas tirer sur le messager ?


Les sentiments antigouvernementaux et anti-journalistes ont été bien diffusés en ligne ces dernières années, surtout depuis l’avènement des médias sociaux non filtrés, avec tous leurs robots et autres affaires qui nous divisent et nous conquièrent. Lorsque les gens ont peur ou sont fâchés, on peut s’attendre à ce qu’ils cherchent des boucs émissaires. Aussi, nous n’avons pas toujours conscience de ce qui motive nos croyances et nos actions. On peut prétendre que les politiciens sont mauvais, ou que les journalistes mentent, sans vraiment y réfléchir.


Il est important de pouvoir se fier sur des sources de nouvelles crédibles – de pouvoir se fier sur le messager. L’intelligence artificielle permet à des personnes de fabriquer de fausses nouvelles, voire de se faire passer pour des journalistes. Il est difficille de savoir à qui ou à quoi nous pouvons faire confiance.


Un lecteur nous a récemment envoyé deux images pour une éventuelle publication. Cependant, la seconde version avait été considérablement modifiée artificiellement, entre autres laissant l’inscription sur une casquette en mots absurdes. Nous n’avons pas publié cette version de la photo – nous avons choisi l’originale – parce que nous voulons que vous sachiez que vous pouvez avoir confiance en l’authenticité de ce que nous publions. Nous voulons publier ce qui est vrai. Un journaliste professionnel ne devrait jamais tromper ses lecteurs ou auditeurs. Par définition, les journalistes ne sont pas des menteurs.


Aussi, comme journalistes et médias professionnels, nous visons l’excellence dans la couverture de ce qui est pertinent, important, intéressant et vrai. La perfection dans cette poursuite demeurera par contre un idéal : un point sur le spectre du bien et du mal. L’excellence, plutôt, est un but atteignable, mais sa poursuite inclut des manques-pied, des chutes et des leçons apprises.


Par exemple, en août, Radio-Canada Estrie a publié notre article sur le nouveau centre de tir qui s’installera à Cookshire, sur son site Internet, mais sous son propre nom, sans créditer notre journaliste, Carolyne Weldon, notre journal ou l’Initiative de journalisme local qui nous finance. Lorsque nous avons soulevé l’erreur à Radio-Canada, leurs responsables ont supprimé l’article de leurs plateformes, mais n’ont pas offert de publier une correction ; nous avons dû l’exiger. Aussi, Radio-Canada publie dans une section spéciale difficile à trouver des corrections et des excuses, incluant la nôtre.


Tout manque de transparence, comme la modification de photo sans indication claire à cet effet, diminue la crédibilité du journalisme et des journalistes. Cela prête le flanc à ceux qui disent ne pas nous croire. À ceux qui veulent tirer sur le messager et qui le font.


Le journalisme est un pilier d’une société libre. Une société libre n’est pas une dans laquelle on peut dire et faire n’importe quoi. Une société libre est celle où ceux qui détiennent un pouvoir injuste en raison de leurs avoirs ou de menaces, entre autres, ont le moins d’influence possible sur nos vies. Une société sans journalistes professionnels et sans élus démocratiques est trop contrôlée par un excès de pouvoir ou la violence.


Nous éprouvons trop de ces excès aujourd’hui, surtout parce que trop de gens dénigrent publiquement les journalistes et les gouvernements, et convainquent les gens comme mon ami à faire de même.

Scott Stevenson

La danse de la distribution

Si nous continuions d’imprimer le journal, mais qu’il restait seulement disponible à nos bureaux, viendriez-vous vous en chercher un exemplaire ? Pour bien des lecteurs, la réponse serait probablement non.


Parallèlement, si nous publiions nos articles seulement sur notre site Internet (www.journalhsf.com), nos lecteurs iraient-ils directement sur le site pour les lire ? Probablement pas, pour la plupart.


À une autre époque, les lecteurs intéressés achetaient un abonnement payant pour couvrir le coût postal de l’envoi du journal directement chez eux. Comme ils savaient que les clients publicitaires souhaitaient rejoindre le plus grand nombre de personnes possible, de nombreux éditeurs ont alors choisi d’offrir gratuitement leurs journaux à chaque adresse. L’éditeur absorbait les coûts, essentiellement de main-d’œuvre, d’impression et de distribution, pour augmenter leurs revenus publicitaires.


Comme notre paysage a changé ! Au début de 2024, le Publisac a cessé ses opérations porte-à-porte, donnant à Postes Canada le monopole sur cette forme de distribution. Nos coûts de distribution ont alors plus que doublé, sans parler des grèves.


En ligne, les médias sociaux captivent l’attention du public depuis leur arrivée, au détriment des médias professionnels de l’information et de l’actualité. Votre journal communautaire s’est néanmoins jeté dans la mêlée, avec son propre site Internet et la diffusion de ses contenus par les médias sociaux, principalement Facebook, en raison de sa grande popularité dans le Haut-Saint-François et ailleurs.


En 2023, le gouvernement fédéral a adopté la Loi sur les nouvelles en ligne, obligeant les grandes plateformes à contribuer financièrement aux médias canadiens desquels elles tiraient leurs contenus. Google a accepté, mais Facebook (Meta) a pour sa part refusé, décidant même d’interdire la diffusion de toute nouvelle émanant des médias canadiens.


Le Haut-Saint-François avait évité ce blocage en 2023, possiblement grâce à son statut d’organisme communautaire . Mais, le 11 août dernier, le couperet est tombé : tous les liens vers notre site Web partagés sur notre page Facebook ont subitement été désactivés et il ne nous est plus possible d’en publier de nouveaux.


Nous nous adapterons.
Nous utiliserons Facebook dans les manières permises. Nous développerons aussi nos propres moyens de diffusion. Nous prévoyons, par exemple, l’envoi de notifications et d’une infolettre pour vous aviser lorsque nos articles seront publiés en ligne. Cela impliquera le retour des abonnements, dans ce cas de façon numérique.
Le coût de la distribution par Postes Canada demeure aussi un obstacle majeur. La plupart des journaux imprimés offerts gratuitement aujourd’hui effectuent leur distribution à des points de chute, où vous devez aller récupérer votre journal, comme au dépanneur.


Peut-être que Le Haut-Saint-François devra bientôt adopter ce modèle, avec l’option d’acheter un abonnement pour recevoir le journal directement chez vous.


Postes Canada risque alors de nous perdre, comme tellement d’autres journaux, comme client important.


Vos commentaires et idées à ce sujet sont les bienvenus. L’équipe du Journal, membres du conseil d’administration et employés, se penchera sur le sujet le 14 septembre prochain. N’hésitez pas à nous communiquer vos suggestions.

Scott Stevenson

Remonter l’échafaudage après les vacances

Plusieurs sont revenus des vacances annuelles de la construction la semaine passée pour poursuivre le labeur de bâtir et de rebâtir — non seulement nos maisons, granges, garages et autres, mais aussi les piliers de la société.


Alain Coulombe de Cookshire est passé nous voir le 3 août dernier pour partager la bonne nouvelle que le gouvernement fédéral a accepté son projet de la Radio communautaire du Haut-Saint-François, qui reçoit les initiales CHSF et le numéro FM 103,3.
On parle de travail d’envergure! M. Coulombe travaille à monter son projet depuis des années maintenant, et il y a encore beaucoup à faire, m’a-t-il dit, surtout pour lever l’argent nécessaire pour lancer la station de radio. Le projet a toujours besoin de certaines approbations de radios avoisinantes et du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).
Le CHSF sera peut-être plus chanceux que votre journal communautaire, le Journal régional Le Haut-Saint-François. Selon CPS Média, une agence publicitaire québécoise qui représente les journaux à but non lucratif à travers la province, 75 % de la publicité gouvernementale québécoise dans les médias communautaires est placée sur les ondes radio, 24 % dans la télévision et seulement 1 % dans les journaux comme le nôtre.


Un courriel de CPS Média au ministre de la Culture et des Communications du Québec, Mathieu Lacombe, m’a été transmis pendant les vacances de la construction. Il réclamait au gouvernement une meilleure politique de publicité.


« Il ne suffit plus de mesurer le pourcentage global des investissements dans les médias communautaires », a écrit Maxime Caouette, gestionnaire de compte chez CPS. « Il faut également s’assurer que ces investissements soient augmentés et répartis de manière équitable […]. Nous croyons qu’une révision rapide de cette politique s’impose. […]


CPS Média représente la plupart des membres de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ). La plupart des hebdomadaires francophones à profit sont représentés par Hebdos Québec, et les journaux anglophones par la Quebec Community Newspapers Association (QCNA).


Le Haut-Saint-François est membre de l’AMECQ et d’Hebdos Québec.


Cette dernière fait aussi l’effort de bâtir et rebâtir les médias québécois. Sa missive pendant les vacances de la construction était dirigée vers le gouvernement fédéral et Postes Canada concernant un autre cas de traitement inégal des journaux locaux.
« Postes Canada a récemment consolidé son emprise sur le marché de la distribution de circulaires en offrant au principal imprimeur de circulaires du pays des tarifs inférieurs à ceux offerts aux éditeurs de journaux hebdomadaires. Les éditeurs ont constaté une baisse soudaine et importante des revenus provenant des circulaires, qui couvraient traditionnellement les coûts de livraison porte-à-porte de la majorité des 9 millions de journaux hebdomadaires distribués chaque semaine partout au Canada », selon le communiqué émis par Sylvain Poisson, directeur général d’Hebdos Québec.


« Postes Canada jouit d’un monopole légal, mais abuse de ce privilège depuis des années pour étouffer la concurrence dans le marché de la distribution de circulaires », a dit Paul Deegan, chef de la direction de Médias d’Info Canada, à Hebdos Québec. « Elle ne devrait pas agir à contre-courant du ministère du Patrimoine canadien, qui a été reconnu par WAN-IFRA (World Association of News Publishers) comme un chef de file mondial respecté en matière de politiques médiatiques intelligentes. »
Justement, Patrimoine canadien offre aux journaux locaux des subventions à travers plusieurs programmes, incluant l’Initiative du journalisme local et le Fonds des périodiques Canada; tous les deux appuient notre journal.


Le ministère de la Culture et des Communications du Québec subventionne Le Haut-Saint-François aussi, à travers son Programme d’aide aux médias écrits communautaires.


Nous sommes reconnaissants de tous ces appuis, sans lesquels notre journal ne pourrait pas être une source de journalisme professionnel. Nous croyons aussi, par contre, que c’est plus efficace et utile pour les gouvernements, entre autres, de communiquer au moyen des journaux en achetant de l’espace, autrement dit de la publicité, pour s’assurer que leurs messages soient crédibles et vus et que leurs communautés ne perdent pas les sources locales d’informations et de nouvelles professionnelles.


Ce sont des sources essentielles au bien-être individuel et collectif.

Scott Stevenson

Good eats, great families, a grand tradition

Three generations of the Lowry-Hartwell-Aubin family at the Cookshire Fair’s Bulwer QFA canteen: Janice Lowry, Caitlin Aubin, Adam Hartwell, and Abigail Hartwell. Photo: Scott Stevenson.

It’s not just the burgers that make a visit so appealing to the canteen of the Bulwer Quebec Farmers’ Association (QFA) at the Cookshire Fair. It’s the people serving them.


Janice Lowry’s family of volunteers spans three generations, and Theda Lowry’s four.


Theda’s daughter, Christine Robinson, 66, said she’s been helping at the booth for as long as she can remember. That would make the fundraiser canteen an institution of the Fair with likely a 70-year history or more.


Robinson said the booth does well financially, with its offering of not only cheeseburgers and other lunch items, but also breakfast, drinks, and its popular strawberry shortcake with Coaticook ice cream.


Funds raised go toward various organizations and needs in the farming community, including bursaries for students in Agriculture programs at many local and other cegeps and universities.


“It’s money that we put back into the agricultural community,” Robinson said in an interview during last year’s 2025 Cookshire Fair.


Family members are all ready to get cooking and welcoming visitors again this year to their canteen August 20 to 23 at the north end of the grandstand.

Quatre générations à la cantine

La famille de Theda Lowry en compte quatre : Nora and Raya Gerard, Jody Robinson, Christine Robinson, Garth Lowry et Alexandria Lowry. Photo : Scott Stevenson.

Ce n’est pas que de la bonne bouffe qui nous attire à la cantine de la Quebec Farmers’ Association (QFA) de Bulwer à l’Expo Cookshire chaque année, ce sont les gens qui nous l’offrent.


La famille de bénévoles de Janice Lowry compte trois générations. Celle de Theda Lowry en compte quatre.


La fille de Theda, Christine Robinson, 66 ans, raconte qu’elle travaille à la cantine depuis aussi longtemps qu’elle se rappelle. La cantine est une institution de l’Expo depuis probablement plus de 70 ans. Elle est exploitée pour amasser des fonds communautaires.


En entrevue, Mme Robinson dit que la cantine réussit bien financièrement avec son offre de cheeseburgers et autres pour le dîner, de déjeuners, de boissons, et du très populaire shortcake aux fraises avec la crème glacée Coaticook.


Les fonds amassés bénéficient à plusieurs besoins et organismes dans la communauté agricole, incluant des bourses pour les élèves qui étudient l’agriculture dans les cégeps et universités de la région et ailleurs.


« C’est de l’argent qu’on remet dans la communauté agricole », nous a dit Mme Robinson lors de l’Expo Cookshire 2025.
Les multiples générations de la famille sont toutes prêtes encore cette année pour servir le public à leur cantine à l’extrémité nord de la grande estrade, du 20 au 23 août.

Horses, dogs, and hoping for Fair weather

Photo : Scott stevenson

The horses just might steal the show at this year’s Cookshire Fair.


President Brandon Ward and his team of volunteers are working to bring fairgoers all the joy of watching light and heavy horses at the grandstand and in the equestrian ring.


“This year will be an extremely good show,” Ward told the Journal during a pre-Fair interview. Four new teams and up to 60 draught horses are expected.


The Fair’s Beef Show, featuring some of the best cattle from near and far, is also expected to draw more interest this year. “Our Beef Show is becoming one of the biggest in Quebec,” Ward said.


Like all the agricultural fairs with a long history in the Eastern Townships, the Cookshire Fair offers visitors and participants more than horses and beef cattle, of course. Fairgoers and participants will watch and show their sheep, dairy cows, goats, rabbits, and more. Even a dog show is scheduled this year—while non-participating dogs are not allowed on the fairgrounds.


The Cookshire Fair is also an important place for local youth to cut their teeth in the agricultural world. Many are showing their animals at an early age.


That’s how Brandon Ward got his start, showing horses from his father Ricky’s farm in Johnville. Like other Fair volunteers, he started out at such an early age he doesn’t remember how long he’s been involved.

All volunteer
The non-profit Compton County Agricultural Society, which runs the Fair, is led by a 16-member board of directors. Another 20 or more volunteers help make the Fair possible, Ward said.


‘‘Without volunteers, the Fair doesn’t exist. Everybody tries their best to make it for next year.’’
In fact, very few events the size of the Cookshire Fair—and with a 180-year history—operate without employees.
Don’t say rain!


But volunteers aren’t enough to guarantee its success. ‘‘It’s Cookshire Fair, so it has to rain, right?!’’ Ward commented, as he likes to each year. During the three-day 2025 event, Sunday was a rain day.


‘‘Last year, it was a very good Fair,’’ he said. ‘‘It would have been excellent without rain on Sunday. We’re always hoping to have three full days of participation.’’


All monies made by the event are reinvested in activities and the grounds, Ward added. The Main Building, for example, is patiently waiting for an extra fundraising event to give it a new coat of paint.


Or, maybe this year the sun will shine—not too hot—for three days!

Des chevaux, des chiens et de l’espoir pour la Foire

Brandon Ward, président de la Société agricole du Comté de Compton. Photo: Scott Stevenson.

Les chevaux pourraient bien être les vedettes à l’Expo de Cookshire cette année.


Le président Brandon Ward et son équipe travaillent sans arrêt ces jours-ci pour que les visiteurs puissent apprécier les chevaux légers et de traits, entre autres, devant la grande estrade et ailleurs.


« Ce sera un très beau spectacle, » a-t-il dit au Journal dans une entrevue la semaine dernière. Quatre nouvelles équipes et jusqu’à soixante chevaux de trait sont attendus.


Aussi, l’exposition des bovins de boucherie est devenue l’une des plus importantes au Québec, selon M. Ward.


Comme toutes les expositions agricoles avec une longue histoire aux Cantons de l’Est, l’Expo Cookshire offre aux participants et visiteurs bien plus que les chevaux et bovins. Les moutons, les vaches laitières, les chèvres et les lapins, entre autres, sont également mis en vedette. Il y aura aussi une compétition canine cette année, malgré le fait que les autres chiens ne sont pas permis sur le site de l’Expo.


L’évènement est une occasion clé pour former les jeunes dans le milieu agricole. Plusieurs exposent leurs animaux dès un très jeune âge.


Brandon Ward en était un, lorsqu’il présentait les chevaux de la ferme de son père Ricky à Johnville, dans le temps. M. Ward a commencé si jeune qu’il ne se rappelle pas le moment où il n’était pas impliqué dans l’Expo agricole.

Entièrement bénévole
La Société agricole du Comté de Compton est l’organisme à but non lucratif, géré par un conseil d’administration de 16 membres, organise l’Expo de Cookshire. Une vingtaine d’autres bénévoles s’ajoute pour rendre l’Expo possible, selon M. Ward.


« Sans les bénévoles, il n’y aurait pas d’Expo. Tout le monde travaille pour qu’on puisse poursuivre d’année en année. »
En fait, très peu d’évènements de l’importance de l’Expo Cookshire — avec ses 180 ans d’histoire — opèrent sans employés.

Pas de pluie, svp !
Mais le bénévolat n’est pas assez pour assurer le succès de l’évènement. « C’est l’Expo Cookshire, alors il faut qu’il pleuve, n’est-ce pas ?! » commente M. Ward, comme il aime faire chaque année. Lors de l’évènement 2025, le dimanche était pluvieux.


« L’année dernière était une très bonne année », a-t-il dit. « Il aurait été excellent sans la pluie le dimanche. Nous espérons toujours pour trois jours de pleine participation. »


Tous les revenus générés par l’Expo sont réinvestis dans les activités et le lieu, a ajouté M. Ward. L’Édifice principal, par exemple, attend patiemment pour une nouvelle couche de peinture — après une levée de fonds spéciale en 2027.
Ou peut-être cette année, il y aura trois jours de soleil du 20 au 23 août !

L’arrivée de Jean Coutu et Super C : Nos choix vont se diversifier…

PHOTO: SCOTT STEVENSON.

Une nouvelle grande épicerie ainsi qu’une pharmacie ouvriront chez nous en septembre. À voir la vitesse de leur construction à East Angus cette année, on constate comment des accomplissements remarquables sont possibles en peu de temps. On voit aussi comme le Haut-Saint-François est un marché important. Vous, consommateurs, êtes importants.


Ces magasins augmenteront le choix dans l’offre de produits essentiels. Fait encourageant, ces deux bannières sont des compagnies québécoises.


L’arrivée d’une épicerie de grande surface est désirée par notre population si elle offre de bons prix, selon les échos entendus au Journal. Dans tous les cas, on mérite de ne pas avoir à conduire à l’autre bout de Sherbrooke pour trouver des prix plus abordables.
Le coût de l’alimentation est un enjeu important dans une époque où les dépenses liées à la plupart des essentiels de la vie – nourriture, logement, transport et communications – sont devenues de plus en plus lourdes.


Avec une diversification de l’offre, il est normal que certains joueurs affichent des prix plus élevés. Peut-être qu’ils sont situés au cœur de la ville, qu’ils desservent un bassin de population plus petit, ou qu’ils offrent un bon service à la clientèle et des produits locaux.


Les entreprises qui font preuve d’un engagement envers leur communauté sont aussi appréciées. Nous sommes reconnaissants pour les emplois qu’ils créent localement, leurs contributions financières et leur implication dans les causes de la région.
Gilles Denis, propriétaire du IGA de Cookshire, en est un bon exemple, avec son appui envers les arts, la culture et le patrimoine d’ici.


À La Patrie, Scotstown et Weedon, les épiceries locales sont des pierres angulaires des villages; de même pour les dépanneurs dans d’autres communautés du Haut-Saint-François. À Bury, c’est le maire, Denis Savage, qui est propriétaire du Magasin Général.
L’arrivée d’un nouveau joueur brassera inévitablement la vie de ces entreprises locales, d’où l’importance de faire nos choix économiques de façon réfléchie et selon nos valeurs et nos besoins. Chacun de nos achats est une décision économique qui influence le trajet et l’avenir de notre société.


Nous souhaitons alors bon succès aux nouveaux arrivants commerciaux, le Super C et la pharmacie Jean Coutu, et aussi longue vie aux entreprises existantes qui nous desservent bien.


Nous souhaitons aussi une solution rapide à l’enjeu de congestion automobile à l’intersection devant ces nouveaux magasins à East Angus !

Scott Stevenson, directeur

La place de l’anglais, et les « anglophones », dans le Journal

Depuis mon arrivée comme directeur, deux lectrices nous ont reproché la présence des « anglophones » dans le Journal.
Selon la première, « j’ai remarqué qu’il suffit d’avoir une personne de souche anglophone dans un CA, et voilà qu’ils reprennent les guides et s’obstinent […] ».


Selon la deuxième, un article au sujet de l’honneur fait à « la contribution d’un bénévole (anglophone…) […] m’a déçue et laissée perplexe quant à la place que [le] journal laisse aux faits francophones régionaux. »
Ce sont des exemples de discrimination.


Pour que ces deux personnes comprennent mieux, faisons l’exercice de remplacer « anglophone » par « femme » ou « noir ».


Ce serait de la discrimination. Dans le cas de la première lectrice, elle a publié ses critiques sur les réseaux sociaux avant même de nous communiquer ses insatisfactions. Elle l’a fait quatre fois, publiquement, dans la dernière année.


Il y a un an, notre présidente était une personne bien impliquée dans sa communauté, qui porte un nom d’origine anglophone, Lisa Irving. Elle était déjà présidente du Journal depuis de nombreuses années avant les critiques de cette lectrice.


Je ne suis pas membre du conseil d’administration, mais cette lectrice me nomme dans une de ses critiques. Le Journal m’a embauché comme directeur en juillet 2024. Je porte aussi un nom d’origine anglophone.


Mais, imaginez ! Je suis aussi francophone : je communique en français au travail et la plupart du temps en public au Québec, souvent même en privé. Comme la plupart des Québécois et Québécoises, je ne me résume pas à une simple étiquette.


Dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, « Toute personne a droit à la reconnaissance et à l’exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe […], la langue, l’origine ethnique ou nationale […]. Il y a discrimination lorsqu’une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire ou de compromettre ce droit. » Aussi, « [nul] ne doit harceler une personne en raison de l’un [de ces] motifs. »

Demandes légitimes
Au Journal régional Le Haut-Saint-François, nous sommes ouverts aux critiques légitimes. Les deux lectrices citées ci-dessus ont aussi exprimé leur préférence pour plus de contenu en français dans le Journal. Cette critique est fondée. D’autres personnes m’ont téléphoné pour demander plus de contenu en anglais. Cette demande est tout aussi valable.


Avec une population majoritairement francophone dans la région du Haut-Saint-François, la politique de notre organisme communautaire, qui appartient à tous les citoyens, est de publier le contenu du Journal majoritairement en français.
Le Journal fonctionne ainsi depuis plusieurs dizaines d’années, notamment sous la direction de mon prédécesseur, Pierre Hébert, qui en a été le directeur général pendant 30 ans. La chronique en anglais de Rachel Garber, publiée ici dans le Journal depuis 2010, était auparavant écrite par Colin Grimson.


Selon Mme Garber, le Journal publie moins de contenu en anglais sous ma direction qu’avant.
Le côté positif de notre débat local sur le contenu du Journal est qu’il démontre à quel point votre journal communautaire est important pour vous. Il montre aussi que nous avons nos propres langues à cœur. C’est normal – en français et en anglais, entre autres.

Scott Stevenson

Tourisme : la saison démarre en beauté

Simon Daigle et Serge Roy du nouvel Hôtel W des Cantons de Weedon, qui s’ajoute à l’offre touristique de la région. PHOTO CAROLYNE WELDON.

La circulation était dense sur les routes menant vers le Haut-Saint-François samedi matin dernier. Notre nouvelle saison touristique est bel et bien ouverte.


Le jeudi 11 juin en soirée, Tourisme Haut-Saint-François a officiellement lancé sa saison estivale à Cookshire-Eaton en présence d’une quinzaine de personnes et a dévoilé sa nouvelle image de marque, qui met en vedette nos montagnes et notre ciel étoilé.
« Le lancement de saison est un moment important pour rassembler les entreprises touristiques du Haut-Saint-François. En se connaissant mieux, nous pouvons mieux travailler ensemble, mieux référer les visiteurs et faire rayonner l’ensemble du territoire », a souligné Isabelle Couture, responsable de la promotion touristique du Haut-Saint-François.


Comme si les intéressés à l’extérieur de la région avaient capté le message, les routes 108 et 112 circulaient à la queue leu leu au début de la fin de semaine, ce qui a stimulé l’achalandage de nos stations d’essence, épiceries et restaurants.

La vue du rang 2 à Weedon. PHOTO CAROLYNE WELDON.


Le lancement de jeudi soir a eu lieu sur la nouvelle terrasse de la Cidrerie Pomme Sauvage, qui a récemment été couronnée Lauréat National du prix OsEntreprendre.


« Avec ses paysages de campagne, ses attraits culturels, ses marchés publics, ses circuits vélo, ses producteurs locaux, ses hébergements et ses nombreuses expériences de plein air, le Haut-Saint-François invite les visiteurs à prendre le temps de découvrir un territoire vrai, généreux et profondément ancré dans les Cantons-de-l’Est », selon Tourisme Haut-Saint-François.

Corps et esprit : peut-on les dissocier ?

L’équipe des Anciens Canadiens a confronté l’équipe de BMR Gilles Doyon à East Angus en mars 2025, une activité de levée de fonds pour Virage Santé mentale. Photo : Scott Stevenson.

Les anciens co-équipiers de Claude Lemieux ont joué à East Angus en mars 2025 pour soutenir la cause de la santé mentale. Un an plus tard, nous perdons cet homme à cause d’un suicide présumé.


Le Haut-Saint-François connaît son lot de problèmes de santé mentale et de suicides. Notre région a un taux de suicide plus élevé que l’ensemble de l’Estrie, et l’Estrie a un taux plus élevé que l’ensemble du Québec.


Les hommes représentent les trois-quarts des décès par suicide, et c’est la deuxième cause de décès parmi les jeunes de 18 à 39 ans, selon un reportage de la Radio 107,7 Estrie de février dernier citant l’autorité provinciale en santé (CIUSSS) pour la région de l’Estrie.


Dans nos communautés du Haut-Saint-François, des cas spécifiques ont récemment fait réagir, tout comme celui de Claude Lemieux. Par respect pour les proches, une certaine réserve est de mise dans la diffusion et le partage de telles informations entre membres de la communauté.


Surtout, une grande prudence est observée par les journalistes professionnels quant à la publication d’informations concernant les suicides. Un code plutôt non-écrit ― qui n’apparaît pas dans les guides de déontologie du Conseil de presse ni de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec ― dicte aux journalistes de ne pas faire de reportage sur les suicides afin de ne pas encourager d’autres actes semblables, le comportement mimétique.


L’importance pour le public est plutôt l’enjeu : les causes, les problématiques, les solutions.


Dans le cas de Claude Lemieux, sa famille a donné son cerveau à la science, en partie pour comprendre s’il était atteint d’encéphalopathie traumatique chronique, résultat de ses nombreuses commotions cérébrales. Les athlètes de sports de contact comme le hockey, la boxe et le football sont plus à risque de ce type d’encéphalopathie, qui peut entraîner des enjeux de santé mentale.


Comme la santé physique, la santé mentale est affectée par d’innombrables facteurs. Elle est aussi importante que la santé physique. Les deux sont en fait inséparables.


Pourtant, il y a 10 ans à peine, on n’entendait presque jamais parler de la santé mentale dans le dialogue public. Dans nos hôpitaux, l’importance accordé à la santé mentale est beaucoup moindre que ses effets réels sur le corps. Jusqu’à récemment, on séparait même la santé mentale de la santé physique. Le reflexe demeure de penser que la santé mentale est autre chose et non pas reliée à notre état physique, ce qui cause d’importants manquements dans le traitement des maladies et l’amélioration de la santé.


Il y a une quinzaine d’années, j’ai consulté un gastroentérologue exceptionnel. Lors de traitements, pour des problèmes digestifs, ce médecin avant-gardiste m’a demandé si je vivais de grands changements ou chocs dans ma vie, ce qui était justement le cas. «Consultez-vous un psychologue pour en parler?» m’a-t-il demandé, ce que je faisais déjà. «Continuez,» m’a-t-il avisé.


Le jour où la santé mentale sera considérée au même titre que la santé physique, et que les deux seront perçus comme intimement liés, nous verrons de vraies améliorations dans le bien-être individuel et collectif.

Scott Stevenson

Lettre du directeur : Des fleurs et de l’espoir

La jeune journaliste débutante Rose Lespérance a remporté le seul prix journalistique pour Le Haut-Saint-François cette année lors du congrès annuel de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) au début mai. Elle a eu la troisième place dans la catégorie Relève pour son article « Presque 3000 élèves du secondaire s’affrontent » en janvier 2025, lorsqu’elle était en 5e secondaire à East Angus.


Nous avons néanmoins été nommés dans trois autres catégories : Bénévole de l’année, Critique et Meilleure nouvelle.


Surtout, nous recevons des fleurs de nos lecteurs. « N’est-ce pas là, le parfait exemple d’un journal régional où collaborent les aspects professionnalisme et communautarisme », nous a écrit le journaliste retraité Jean-Claude Vézina au sujet de notre numéro du 6 mai dernier. « Je ne suis pas Oracle, mais j’estime que cette édition du JHSF lui vaudra un prix d’excellence au prochain congrès de l’AMECQ. […] Un journal régional comme je l’aime (passionnément) », écrit-il.


Aussi, ce printemps, une lectrice est venue au bureau pour nous faire un don anonyme… de 1000 $ ! Nous sommes restés sans voix !


Un autre lecteur est venu au bureau la semaine dernière pour nous dire en personne à quel point il a aimé notre dernier numéro, du 20 mai, et l’article sur la Légumerie Dionne.


Il nous est difficile de dire à quel point nous sommes touchés, reconnaissants et encouragés par de tels gestes, qu’il s’agisse d’un commentaire, d’un prix, d’une lettre ou d’un don.


La production d’un journal imprimé toutes les deux semaines, comme c’est le cas du Journal régional du Haut-Saint-François depuis près de 40 ans, avec des ressources aussi limitées, exige des engagements exceptionnels de la part des personnes qui y travaillent, des bénévoles du conseil d’administration et des autres collaborateurs.


Un journal communautaire est, comme son nom l’indique, une mémoire collective, active et actuelle de la communauté, par la communauté.


L’équilibre entre nos revenus et nos dépenses demeure un enjeu majeur pour le Journal. Nos revenus proviennent principalement du service publicitaire qu’on offre aux entreprises, organismes, gouvernements et individus, pour les aider à rejoindre les quelque 23 000 personnes de notre région.
Nous sommes aussi appuyés par trois niveaux de gouvernement, en partie par des subventions.


Dans l’espoir d’aider à équilibrer notre budget, nous avons aussi récemment fait la demande à l’Agence du revenu du Canada d’être reconnu comme une organisation journalistique canadienne qualifiée. Cette reconnaissance, déterminée par notre approche journalistique professionnelle, nous permettra de remettre des reçus fiscaux pour les dons, entre autres avantages financiers offerts par cette qualification.
Plusieurs hebdos québécois et quelques journaux communautaires ont déjà ce statut.


Lors du congrès de l’AMECQ cette année, il y avait un peu plus d’espoir dans l’air parmi ces médias traditionnels. L’Association a perdu un membre en 2025, mais a aussi gagné un membre, comparé à quatre ou cinq membres perdus en 2024.


Aussi, au moins trois membres parlaient de l’idée d’élargir leur territoire, des projets ambitieux, mais prometteurs et pleins d’espoir.


Nous voyons aussi une certaine fatigue qui s’installe autour des médias sociaux, qui nuisent tant aux journaux qui appartiennent aux Québécois et Québécoises. Les citoyens cherchent des informations importantes, intéressantes et crédibles sur ce qui se passe chez eux.


Nous nous réjouissons surtout de l’espoir et des fleurs offerts dernièrement. Merci pour votre intérêt, votre appui, vos dons et vos bouquets !

Scott Stevenson

Le Garage Nielsen : L’humour pour franchir les cahots de la vie

Fils et père échangent au garage: Selon Brandon, son père n’aime pas être photographié. Gary nous montre une photo de Brandon à 13 ans dans le premier camion-remorque du garage, acheté par le grand-père de Brandon, Orla, en 1971. Leur chien, Chili, ne semble pas aimer être photographié non plus.

Brandon Nielsen, 32 ans, n’hésite pas à dire qu’il peut être difficile de travailler avec son père, Gary, 68 ans, mais les deux en rient de bon cœur. Ça fait 15 ans que ça dure, et ni l’un ni l’autre n’a l’intention de s’arrêter.


« Ouf, parfois ça va, parfois non », de dire Brandon. « Je veux dire, c’est la famille. Tu sais, y a des prises de tête. Mais ça va bien. »

L’industrie automobile est en pleine transformation, mais comme tant d’autres entreprises multigénérationnelles du Haut-Saint-François, la tradition familiale des Nielsens demeure stable dans le temps.


Le Garage Nielsen, également appelé Nielsen & Son, a été fondé à Eaton Corner dans les années 1950 par le père de Gary, Orla Nielsen. Auparavant, ce dernier travaillait pour le garage Mackie à Sawyerville. L’industrie de la voiture était en pleine croissance, tout comme la population. Gary a lâché l’école à l’âge de 13 ans pour travailler dans le garage de son père et n’a jamais fait marche arrière depuis.


« Il adore la mécanique ; c’est son truc », dit Brandon lors d’une entrevue père-fils à l’arrière du garage, parmi les outils, l’équipement et une voiture au capot ouvert. « C’est pour ça qu’il n’a pas encore pris sa retraite », ajoute-t-il en riant.


« Je vais mourir bientôt », répond Gary à la blague.


Cela aide à répondre à la question que beaucoup d’entre nous se posent au sujet de Gary, dont le caractère semble en surface plutôt bougon.


« Comment ça va, Gary ? », lui demande-t-on. « Terrible ! », répond-il, sèchement.
Sous ses airs bourrus, le mécanicien est un blagueur incurable.


Mais Gary reconnaît que le travail est dur sur le corps, particulièrement à cause du plancher en béton. « Je suis assez raide », a-t-il confié. « Une cheville est correcte, un genou est magané ; ma tête est maganée. Que reste-t-il ? » demande-t-il avec son humour typiquement grinçant.


Comme son père, Brandon ne se voit pas arrêter non plus. « On ne sait jamais ; ça dépend des enfants. Mais j’aime ça. »


Brandon a lui aussi commencé jeune. Il a travaillé au garage pendant ses études, a fini l’école secondaire et a fait deux ans d’études de mécanique à Coaticook. Une photo le montre jeune adolescent dans le camion remorque de son grand-père, un Chevy C-30 1971, qu’Orla avait acheté neuf pour 3300 $.
Aujourd’hui, avec 600 000 miles au compteur, il fait partie de la collection de 5 camions-remorques des Nielsens, que Brandon aime réparer et restaurer.


Selon Brandon, le passe-temps de son père est de collectionner ces camions ainsi que les outils et l’équipement. « Quand il trouve de bonnes occasions, il les achète », de dire Brandon. « Il ne boit pas et ne fume pas, alors il achète de l’équipement et des camions-remorques. »


« Une demi-bière de toute ma vie », renchéris Gary. « C’était chaud. J’ai dit “beurk’’ et c’était tout. »
La réception du Garage Nielsen a l’apparence d’un musée, avec d’anciens bidons d’huile datant des années 1920 et même avant. Un client bien connu, le défunt Aubrey French, a fait don du bidon orange Tydol et lui a dit, « pense à moi lorsque tu la vois ! » Gary ne l’a jamais oublié.


Si chacun lègue son propre héritage dans la vie, les Nielsens continuent de le faire avec leur garage familial.

Nielsen’s Garage : Laughing their way over the bumps

Brandon and Gary at the front counter, which is part museum, including the Tydol oil can given to Gary by Aubrey French. Photo : Scott Stevenson.

Brandon Nielsen, 32, isn’t shy about saying how difficult it can be working with his father, Gary, 68. They laugh about it, too, though, and they’ve been at it for years—about 15 years—with no plans to stop any time soon.


“Uh, it’s on and off. I mean, it’s like family. You know, you butt heads,” said Brandon. “But it’s going good.”

The automobile industry may be changing, but like so many other multi-generational businesses in the Haut-Saint-François, the Nielsens’ family tradition isn’t.


Nielsen’s Garage, once known as Nielsen & Son, started in the late 1950s in Eaton Corner, when Gary’s father, Orla Nielsen, opened his first shop after working for Mackie’s garage in Sawyerville. The car business was booming, as was the population. Gary quit school at age 13 to work in his father’s new garage and never looked back.


“He just loves mechanics; that’s his thing,” Brandon said as the three of us met for an interview in the back of the Sawyerville garage next to the tools, equipment, and a car with its hood open and headlights on. “That’s why he’s not retired,” he added with a laugh.


“I’ll die soon,” Gary offered, jokingly, as an alternative.


That helps answer the question many of us have about Gary, whose outer character often seems rather cranky.


“How are you doing?” a customer will ask him, and from time to time the answer comes back “Terrible!”


Inside the grumpy mechanic, in fact, is an incurable joker.


Gary acknowledged the work can be hard on the body, though, particularly the cement floor. “I’m pretty stiff, eh,” he said. “One ankle’s good, one knee’s screwed; my head’s screwed. What else is left?” he said, again adding humour to the sometimes hard reality.


Like his father, Brandon doesn’t see himself stopping the work, either. “You never know; it depends on the kids. But I like it.”


He also started young, finishing high school and starting in the garage before later completing a two-year diploma at mechanic school in Coaticook. A photo shows Brandon driving his grandfather’s 1971 C-30 Chevy tow truck some years before he was eligible for a license.


The antique truck is one of five the Nielsens still keep, which Brandon enjoys fixing and restoring. It has close to 600,000 miles on it and originally cost Orla $3300.


Brandon says his father’s hobby is collecting not only those trucks but tools and equipment too. “When he finds deals, he buys them,” Brandon said. “It’s his hobby. He doesn’t drink or smoke, so he buys equipment and tow trucks.”


“Half a beer in my life,” Gary piped in. “It was hot. I said, ‘Ew,’ and that was it.”
The front of the Nielsens’ garage is like a museum, with oil cans from the 1920s and earlier. Aubrey French gave Gary the orange “Tydol” one and told him, “Think of me when you see it,” and Gary said he’s never forgotten.


If it can be said that we each have our own ways of leaving a legacy, the Nielsens continue to do so in their family business.

La Radio du HSF a le vent dans les voiles

Le papier en appui à la radio : Maryse Lemay et Alain Coulombe démontrent la planification récente de la Radio communautaire du Haut-Saint-François lors de son assemblée générale annuelle le 27 mai dernier. Photo : Scott Stevenson

Pas moins de 13 personnes — soit la moitié de la salle — ont été nommées aux cinq postes ouverts au conseil d’administration (CA) de la future radio du Haut-Saint-François lors de son assemblée générale annuelle le 27 mai dernier.


En présence de 26 personnes, même pendant un match du Canadien, Alain Coulombe, Estelle Boisvert, Maryse Lemay, Jacques Boulerice et Stéphane Bouchard ont tous été élus au conseil d’administration sans opposition des huit autres candidats, qui ont tous retiré leur candidature.

Une semaine plus tôt à peine, le fondateur et président de la Radio communautaire du Haut-Saint-François (HSF), Alain Coulombe, avait dit qu’il laisserait tomber le projet s’il n’y avait pas de nouvel intérêt pour la participation bénévole à l’administration de l’organisme.


La Radio du HSF n’est pas encore en ondes, malgré maintenant plus de deux ans de démarches, en partie à cause d’un moratoire du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) sur de nouvelles stations.


Ce moratoire a été levé cette année, et l’équipe de la Radio du HSF espère faire de grands pas dans leur projet prochainement.


« On est à minuit moins cinq » de la diffusion, a déclaré M. Coulombe lors de l’assemblée générale.
Il voit la radio comme « un outil qu’on a besoin » dans la région, et qu’il considère comme un complément au journal régional Le Haut-Saint-François dans le paysage médiatique local.


Financièrement, M. Coulombe et Mme Lemay ont dû verser une contribution personnelle de 1561 $ et 1653 $ respectivement à la Radio dans la dernière année pour aider à défrayer les coûts du projet. M. Coulombe prévoit aussi un emprunt privé de 30 000 $ pour le lancement de la diffusion si le CRTC accepte d’émettre une licence à la Radio du HSF.


Il s’attend à avoir une réponse à sa demande dans les prochains 6 à 18 mois.

OPINION | Recensement 2026 : perdu dans le chaos de nos communications

Le recensement 2026 arrive au moment où les Canadiens et Canadiennes partagent déjà des informations personnelles chaque minute de chaque jour à travers les technologies cellulaires et les médias sociaux.


Statistique Canada nous y encourage même, en suggérant que l’on écoute de la musique à travers l’application Spotify en remplissant notre recensement.


Ce paradoxe du recensement actuel illustre bien la transformation fondamentale que nous vivons tant au niveau social qu’économique. Il s’articule dans un paysage chaotique saturé d’informations et de communications.


Si nous avons l’obligation légale de compléter le recensement, il n’est pas illégal pour des mégacorporations étrangères de récolter nos informations si facilement et de nous influencer si fortement.


Tout cela circule comme des courants d’air invisibles tout autour de nous, par les clics et par le virtuel.
Heureusement, Statistique Canada offre aussi l’option de compléter le sondage en version papier. Dans le Haut-Saint-François, comme dans plusieurs autres régions à travers le Canada, l’accès à la technologie est limité.


Malgré toute l’information qui transige à travers ces courants d’air invisibles, le recensement demeure un outil important de communication entre la population et ceux qui prennent des décisions concernant les services qui seront offerts au public.


Comme nos autres moyens de communication traditionnels, il offre une fiabilité et une crédibilité qui font défaut dans les nouveaux médias.


Mais tout d’un coup, il ressemble pas mal à une antiquité, non ? Comme un vieux qui essaie de danser, dans une foule de jeunes branchés, sur des rythmes qui ne sont peut-être même pas connus de Statistique Canada.


Sa suggestion que l’on écoute de la musique sur Spotify plutôt que sur OHdio de Radio-Canada ou son équivalent en anglais, Listen de la CBC, est triste.


Pire encore, Statistique Canada fait la publicité de son recensement sur des plateformes comme Amazon, au détriment des médias canadiens.


Ceux dans le gouvernement fédéral qui font ces choix publicitaires contribuent dès lors au chaos dans lequel nous devons tous naviguer aujourd’hui.


Dans ce nouveau « Far West », le Canada a désespérément besoin de renforcer sa Politique sur les communications et l’image de marque fédérale. La clause 4.1.3.3 exige aux fonctionnaires d’« utiliser les outils et les canaux de communication les plus appropriés pour atteindre efficacement le public et les objectifs ». Depuis mars dernier, ils doivent aussi « veiller à ce que leur ministère établisse une stratégie pour gérer la mésinformation et la désinformation en lien avec son mandat ».


La plateforme d’Amazon, est-elle vraiment la plus appropriée ? Est-ce qu’on a confiance en ce qu’on lit sur les médias sociaux ? Notre objectif est-il de renforcer les outils de communication étrangers ? Qu’arrivera-t-il quand Postes Canada ne sera plus que l’ombre d’elle-même ; quand nos journaux et nos chaînes de radio et télévision canadiens seront décimés ; quand les algorithmes nous auront retournés les uns contre les autres ?


Déjà, le recensement de 2026 est devenu diviseur. On assiste à un mouvement dans les médias sociaux contre ce qui demeure un rituel quinquennal essentiel de collecte de données démographiques.
Plus nos gouvernements encouragent des médias à la fiabilité questionnable, et abandonnent les médias traditionnels canadiens, plus l’on peut s’attendre à la désintégration interne de notre société.


Entre-temps, nous pouvons tous aider un peu : remplissons notre recensement et encourageons nos fonctionnaires provinciaux et fédéraux à communiquer avec nous par les médias de chez nous !

Scott Stevenson

La Salle Parsons Hall inaugurée à l’église Trinity

Une cérémonie touchante a eu lieu le 15 mai dernier en honneur de Donald et Gladys Parsons pour leurs 60 ans de service à l’église Trinity United de Cookshire. Le centre communautaire de l’église est maintenant baptisé la Salle Parsons Hall, à la grande surprise des Parsons. Une soixantaine de personnes étaient présentes.


« Vous êtes des filous ! » s’est exclamé M. Parsons après avoir entendu plusieurs hommages. « Mais c’est très, très gentil », a-t-il poursuivi, ému. « Nous sommes tous les deux très reconnaissants de tout le travail pour lequel nous avons eu de l’aide ici, et nous continuons d’en faire autant que nous pouvons. »
« Don voulait venir plus tôt cet après-midi parce qu’il y aurait peut-être quelque chose à faire », a ajouté Mme Parsons. Il ignorait la vraie raison de l’évènement, et Mme Parsons ne savait pas qu’elle aussi serait honorée.


L’animateur Bob Halsall a noté que les Parsons ont investi leur propre argent dans l’église lors d’une période difficile de son histoire.


« Il fut un temps où ce bâtiment était fermé », a dit la révérende Tami Spires, avant de bénir l’évènement et la salle. « Il fut un temps où il n’y avait pas de congrégation dans ce bâtiment. C’est dû aux efforts incessants de Don et Glad et d’autres que l’église est revenue ici. »


« Ne vous inquiétez-vous pas, cet espace est toujours votre espace », a ajouté Gilles Denis, qui représentait l’Espace culturel Cookshire-Eaton, qui a acquis le bâtiment l’année dernière. « Si vous avez besoin de cet espace, demandez à Bob, et on fera un horaire », a-t-il continué.


Des applaudissements chaleureux s’en sont ensuivis.

An emotional tribute to theParsons at Trinity

A moving—and surprising—ceremony was held on May 15 in honour of Don and Gladys Parsons for 60 years of service to the Trinity United Church in Cookshire. Its community centre is now named Salle Parsons Hall, with a special plaque presented—much to the Parsons’ surprise Friday afternoon as over 60 family members, friends, and supporters honoured them.


“You guys are sneaks!” Don said after all the unexpected tributes. “But it’s very, very nice,” he continued, with emotion. “We both really appreciate all the work we’ve had help with here, and we continue to do as much as we can.”


“Don wanted to come earlier this afternoon because there might be something he had to do,” Gladys added. He did not know the true purpose of the event, and Gladys didn’t know she would be honoured too.


Emcee Bob Halsall noted that the Parsons invested personal money in the church to help restore it at a crucial moment in its history.


“There was a time when this building was closed,” said the Reverend Tami Spires, before blessing the event and hall. “There was a time when there was no congregation in this building. It was because of the tireless efforts of Don and Glad and others that church came back here.”


“Don’t worry, the place is still your place,” said Gilles Denis, whose community group, Espace culturel Cookshire-Eaton acquired the building last year. “If you need the place, ask Bob, and we will make a [schedule],” he continued, in English.


Warm applause and appreciation followed.

Fête de la pêche 2026 : une première à Ascot Corner et plusieurs autres lieux dans le Haut-Saint-François

Rosanne Patry St-Laurent montre fièrement sa prise à la fête de la pêche 2025 à Scotstown. PHOTO : SCOTT STEVENSON.

À l’occasion de son 125e anniversaire, Ascot Corner célébrera une première édition de la Fête de la pêche ce samedi 6 juin, en compagnie de plusieurs autres activités à travers la région, incluant à Cookshire-Eaton, Dudswell, Scotstown et Weedon.

Organisée depuis 26 ans par le gouvernement du Québec, en collaboration avec nos municipalités, la Fête a l’objectif, entre autres, d’initier le public à la pêche. À Ascot Corner cette année, ce sera aussi la pêche à la mouche sur la rivière Saint-François.

« Comme plusieurs autres municipalités du HSF, nous profiterons du samedi 6 juin 2026, ‘sans permis provinciaux’, pour initier les citoyens à la pêche à la mouche », nous a écrit Alain Rondeau, secrétaire du comité Plaisirs de la rivière St-François d’Ascot Corner.

« En association avec le Regroupement des Pêcheurs à la Mouche de Sherbrooke (RPMS), nous aurons des initiations au lancer à la mouche, des démonstrations et montage de mouches ainsi que des essais de kayak de pêche. C’est une fête familiale où enfants et adultes pourront s’amuser à la pêche de leur choix. »

Cinq autres activités locales s’annoncent chez nous : à l’étang Cloutier à Cookshire-Eaton, à la plage municipale à Dudswell, au lac Lindsay à Saint-Malo, à la rivière au Saumon à Scotstown et au lac Vaseux à Weedon.

Élizabeth Gauthier taquine le poisson à la fête de la pêche 2025 à Scotstown. PHOTO: SCOTT STEVENSON.

Ascot Corner
Le 6 juin de 9h à 15h

Au Parc Pomerleau :
5688, rue Principale
(Organisée par le comité Plaisirs de la rivière St-François d’Ascot Corner)
Activité gratuite.
Aucun permis requis.
Cantine sur place.

Cookshire-Eaton
Le 6 juin de 8h à 14h

Étang Cloutier :
675, chemin Grenier
(Organisée par la ville de Cookshire-Eaton)
Inscription obligatoire.
Activité gratuite.
Aucun permis requis.
Cantine sur place (argent comptant).
Jeux gonflables.
Prix de présences.

Dudswell
Le 6 juin dès 9h

Plage municipale : 927a, rue du Lac
(Organisée par la municipalité de Dudswell)
Pêche à la truite.
Jeux et animation.
Hot-dogs et boissons.
Prix de présence.


Scotstown
Le 6 juin dès 8h30

(Organisée par le comité des Loisirs Hampden-Scotstown)
Rivière au Saumon:
11, rue du Parc
Pêche en herbe gratuite.
Deux groupes de formation: 8h30 et 9h30.
Animateur et musique.
Prix de présence.
Cantine et bar (argent comptant).

Weedon
Le 6 juin dès 8h30

Lac Vaseux: 3208,
chemin Magnan
Sans permis et gratuit.
Pêche à la truite.
Formation.
Prix de participation.

Ne manquez pas ces belles occasions de pêche et de plaisir !

Un nouveau conseil, nouvelle présidente au Journal

Une vingtaine de membres du Journal régional du Haut-Saint-François a assisté à son assemblée annuelle générale (AGA) à Lingwick le 15 avril dernier pour procéder à l’élection de son nouveau conseil d’administration, faire le bilan de l’année 2025 et discuter des orientations et prévisions pour l’année à venir.


Un nouveau comité exécutif a été élu, avec Pauline Beaudry à la présidence, Suzanne Jutras à la vice-présidence, Nathalie Hivert à la trésorerie et Alexandra Jacquet au secrétariat.


Les autres membres du conseil d’administration sont Esthelle Larouche d’East Angus et Francine Rouleau de Newport.


Entre autres, les membres présents à l’AGA ont adopté le rapport d’activités de cet organisme à but non lucratif dont tous les résidents du Haut-Saint-François et de Saint-Malo sont membres.


Dans son rapport, le directeur général (qui, comme employé, n’est pas membre du conseil d’administration) a mentionné que, « Les eaux dans lesquelles navigue la presse écrite locale n’ont pas cessé leurs turbulences en 2025, mais l’orientation du Journal Le Haut-Saint-François a été bien fixée par le conseil d’administration et l’effectif […] Les objectifs principaux étaient d’augmenter l’intérêt et la participation au Journal et d’augmenter les revenus.»


Un résumé des activités de 2025 a ensuite été présenté.

Des contenus pertinents
Malgré les défis, incluant plusieurs semaines de grève chez Postes Canada, nous avons publié et fidèlement distribué 24 numéros du journal en 2025 — pour un total de 468 pages.

Deux nouveaux cahiers spéciaux
Après avoir sauté une année pour le Cahier d’automne, nous avons repris la production de cahiers spéciaux en 2025 avec un cahier spécial pour l’Expo de Cookshire et un autre pour le projet Ose le Haut.

Distribution lors des grèves
L’année a été particulièrement turbulente au niveau de la distribution du journal, qui est normalement livré à 12 467 adresses par Postes Canada. Ses facteurs étaient en grève pour la publication de cinq de nos numéros. La grande équipe du Journal, incluant employés, bénévoles et sous-traitants, a assuré le relais, en distribuant des exemplaires à une soixantaine de points de dépôt à travers nos 15 municipalités durant cette période.

Défense de nos droits
L’enjeu de la distribution a affecté les journaux à travers le Canada et a suscité l’intérêt d’autres médias, qui ont mis en lumière le Journal du Haut-Saint-François à trois reprises en 2025, surtout sur les ondes de TVA Sherbrooke.


Nous avons aussi demandé l’aide de notre nouvelle députée fédérale, Marianne Dandurand, qui nous a rencontrés en début d’année et nous a ensuite invités à une rencontre privée avec le ministre de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement, Joël Lightbound.
En 2024, nous avons reçu une mise en demeure de l’ancienne directrice générale, Stéphanie Paquet, et, en 2025, nous avons été convoqués à la Cour du Québec, division des petites créances, à ce sujet. La juge a rejeté complètement les réclamations de Mme Paquet et l’a condamnée à payer nos frais de Cour.

Participation professionnelle
En 2025, nous sommes devenus membres d’Hebdos Québec, adhésion qui s’ajoute à notre participation de longue date à l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ). Nous avons également contribué au montage de deux numéros du journal de nos collègues à Disraeli, Le Cantonnier.

Sources de financement
En plus de notre financement gouvernemental de base par l’entremise du Programme d’aide aux médias communautaires du Québec (PAMECQ) du ministère de la Culture et des Communications, nous avons soumis trois demandes de subvention en 2025. Nos projets proposés pour les ventes régionales (Patrimoine canadien) et pour la formation de la jeunesse (ministère de la Culture et des Communications du Québec) n’ont pas été retenus, mais une demande d’aide générale de Patrimoine canadien a donné lieu à un financement de 9700 $. Le PAMECQ nous finance toujours au montant annuel d’environ 45 000 $.


La vente de publicité dans notre journal imprimé demeure de loin notre financement le plus important, et représente 80 % de nos revenus.

Organisation de l’effectif
L’un des changements les plus importants vécus par le Journal en 2025 était la retraite de notre ancienne adjointe administrative, Francine Prévost, après 28 ans en poste. Elle a beaucoup aidé l’intégration de notre nouvelle employée clé, Marie-Anne Bélisle.


L’année a commencé avec l’ajout de Bianka Gelé Dupuis à notre équipe de vente, qui est devenue directrice des ventes et maintenant directrice adjointe.


Grâce à une subvention de l’Initiative de journalisme local de la Presse canadienne, nous avons pu ajouter une nouvelle journaliste à l’équipe, Carolyne Weldon.


Notre infatigable infographiste Maxime Robert, en poste depuis presque 15 ans, est maintenant le doyen de l’équipe.

Scott Stevenson

ANALYSE | Le cauchemar des coccinelles « bénéfiques »

Le comptage de 1000 coccinelles (dans l’assiette à tarte) plus environ 400 autres dans le bol. Photos: Scott Stevenson

Selon Santé Canada, « les coccinelles sont au nombre des insectes les plus bénéfiques ». Pourtant, une étude publiée dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology en 2007 démontre que l’espèce de coccinelle qui envahit nos maisons chaque automne peut déclencher des allergies et de l’asthme.
Dans le Haut-Saint-François l’hiver dernier et ce printemps, l’invasion est devenue tout sauf « bénéfique » pour nombreux de nos citoyens. Les médias sociaux témoignent en fait d’un grand malheur.


« Le printemps est là et depuis des semaines je les ramasse encore à coup de centaines à l’heure », témoigne l’administrateur du groupe Babillard Weedon.


« Quelqu’un de plus obstiné que moi intenterait un recours collectif au gouvernement pour avoir introduit cette espèce envahissante au Canada au détriment de notre belle coccinelle indigène. »
« Débile ici aussi », a répondu la membre du groupe Vicky Chabot, parmi une soixantaine d’autres. « On est sur le bord du burnout !!! On en a eu tout le cr*** d’hiver et là c’est pire que pire !!! »
En toute transparence, je fais partie de ces citoyens affectés, et comment! J’ai passé mon hiver avec des symptômes de rhume quand j’étais à la maison ; j’ai développé un asthme important et j’ai dû passer l’aspirateur pour me débarrasser des coccinelles deux fois par jour, au rythme d’environ 500 coccinelles à la fois, sinon plus.


Pour le vérifier, j’en ai aspiré trois fois le samedi 11 avril dernier, toujours environ la même quantité. La troisième fois, je les ai laissés dans la balayeuse (portative, avec une valve qui les empêche de sortir) dehors pour les faire geler, du moins un peu. Le lendemain, je les ai comptées, une quantité un peu supérieure à la moyenne de ce que j’aspirais quotidiennement cet hiver. Dans le comptage, je me suis arrêté à 1000 coccinelles (voir la photo). J’estime qu’il en restait encore 400 autres.
Le résultat : j’ai aspiré environ 4000 coccinelles le samedi 11 avril dernier.


En tout cet hiver et début de printemps, ça fait un total estimé de 100 000 coccinelles déjà aspirées (et brûlées dans mon poêle à bois). Il y en a encore comme si je ne les avais pas touchées.


Les recommandations des autorités comme Santé Canada pour la prévention et le traitement seraient drôles si elles n’étaient pas aussi insensibles. Aspirer les coccinelles avec une balayeuse empire les allergies et l’asthme. Les jeter dans un sac hermétique envoie le problème ailleurs, lorsque les sacs sont brisés dans le camion de déchets ou au site d’enfouissement. Et sceller toutes les fentes dans les vieilles maisons comme nous avons dans le Haut-Saint-François est presque impossible.
Plusieurs personnes, en ligne et en personne, recommandent l’extermination, un traitement qui est fait normalement au printemps et à l’automne, lorsque les coccinelles cherchent à entrer dans nos maisons pour passer l’hiver à la chaleur.


Mais selon le site de Santé Canada, « Aucun pesticide n’est homologué pour lutter contre les coccinelles », ce qui ne veut pas dire que nos exterminateurs n’utilisent pas des produits efficaces.
Les coccinelles sont considérées bénéfiques par Santé Canada et des acteurs du secteur agricole parce que “Ce sont des prédateurs voraces et efficaces contre les insectes ravageurs” qui nuisent à la culture de légumes, entre autres. Mais elles causent aussi des problèmes dans les vergers et les vignobles.


Des reportages dans plusieurs médias démontrent aussi l’envergure du problème : le Journal de Montréal en 2017 et 2025, CBC News en 2017, Radio-Canada en 2021, TVA Nouvelles en 2017, 24 Heures en 2025, le Val-Ouest en 2024 et les Nouvelles d’Ici en 2020, entre beaucoup d’autres.
« Véronique Dubois habite une maison centenaire dans le Canton de Valcourt depuis plus de 20 ans, » selon le Val-Ouest. « Depuis une quinzaine d’années, cette femme vit un
véritable « calvaire », selon ses dires ».


« Une résidente de Bonsecours … doit passer l’aspirateur une à trois fois par jour. S’ajoute à cela un nettoyage fréquent des fenêtres, murs et plafonds. « C’est une énorme perte d’heures brutes dans une année, que je pourrais passer à faire autre chose », exprime-t-elle », encore au Val-Ouest dans son reportage en profondeur sur le sujet.


Plusieurs des reportages font l’erreur, par contre, de suggérer, comme Santé Canada, que la coccinelle n’est pas un problème pour la santé. « La coccinelle asiatique n’est pas dangereuse pour les humains » selon les Nouvelles d’Ici, à Montréal.


Depuis quand l’asthme n’est pas un danger pour la santé?
Aussi, il faut le dire, être envahi par des centaines de milliers d’insectes qui nous vole au visage ou dans les cheveux lorsqu’on essaie de lire au lit le soir; devoir les aspirer deux ou trois fois par jour pendant tout l’hiver… ce n’est pas ce qui contribue à la santé mentale. « Bénéfique » devient alors plutôt « nocive ».

©2026 Journal Le Haut-Saint-François