par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
C’est au cœur de Newport, là où un petit pont enjambe la jolie rivière Eaton sur le chemin French, que les frères Pierre-Marc et Louis-Philippe Blais élèvent des brebis et fabriquent à partir de leur lait du yogourt et des fromages qui font le bonheur des amateurs d’ici jusqu’à Montréal.
Localement, les produits de leur fromagerie, Les bergers fromagers, sont en vente au IGA de Cookshire et à la Coop d’Alentour, à Sherbrooke. L’été, leurs fromages sont régulièrement offerts sur les étals des marchés fermiers de Sawyerville et de La Patrie, revendus par des tiers.
Mais leur retentissement ne s’arrête pas là. Dans la métropole, ces trésors de notre terroir – un fromage feta et un fromage à pâte ferme affiné 6 mois dénommé La meule du Haut-Saint-François – sont disponibles via l’épicerie en ligne des Fermes Lufa ainsi que dans une dizaine de boutiques gourmandes montréalaises tels la fromagerie Hamel, le Marché des saveurs du Québec (Marché Jean-Talon) et la fromagerie de quartier Brebis, située dans le Mile-End.
Dans certains points de vente, sont également disponibles trois saveurs de yogourt 5% : nature, érable et vanille boréale (aromatisé au mélilot blanc, une fleur de nos fossés à l’arôme vanillé). Tous sont faits exclusivement du lait de leur troupeau, et certifiés bio.

Les frères Louis-Philippe et Pierre-Marc Blais. PHOTO : Carolyne Weldon.
Si la fromagerie n’est que dans sa troisième année d’opération, les frères Blais élèvent des brebis depuis 10 ans. Ils en ont actuellement une centaine en lactation qui coulent un bonheur paisible dans la bergerie où flottent des airs de musique classique, gracieuseté de la chaîne ICI Musique de Radio Canada. « Elles aiment ça, affirme le plus sérieusement du monde Louis-Philippe Blais, lors d’une récente visite. Elles donnent plus de lait si on leur met la radio. »
Sous peu, ces demoiselles retrouveront leurs vastes pâturages vallonnés. Une trentaine d’acres leur sont attitrés pour brouter en paix toute la belle saison, sous l’œil attentif des nombreux chiens border collie de la ferme.
Les deux frères s’y connaissent en production laitière. Enfants, la ferme laitière du grand-père maternel, à Johnville, leur faisait office de « garderie » et de terrain de jeu. C’est là qu’ils ont appris à « chauffer un tracteur » avant même leur entrée au primaire.
Mais pourquoi s’être alors lancé dans l’élevage de brebis ?
« Parce qu’il n’y a pas de quotas [contrairement au lait de vache], et que ça ne goûte pas la chèvre! », s’exclame Louis-Philippe Blais.
Contrairement aux idées reçues, le goût du lait de brebis n’est pas tellement prononcé. Il est plutôt doux et souvent perçu comme plus savoureux et plus onctueux que le lait de vache, avec une petite touche plus sucrée qui peut rappeler l’amande.
Il serait également plus digeste à cause de sa composition en protéines laitières (béta-caséine) de type A2, que l’on retrouve également dans le lait de chèvre et de bufflonne, ainsi que de certains types de vaches (Jersey, Guernesey et Suisse brune).
Si le soin des brebis, les traites quotidiennes et la transformation du lait les tient bien occupés, les bergers Blais ont encore des projets. Ils envisagent d’ouvrir une boutique de type libre-service, directement à la ferme du chemin French, où il serait possible de se procurer ce bon lait, fromages et yogourts.



