La bâtisse en 2021. Photo: MARIO HAINS.
par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
L’emblématique bâtisse patrimoniale verte et blanche ayant abrité l’ancien magasin général Crawford, sur la route 212, à Island Brook, sera vraisemblablement remise en vente sous peu.
La municipalité de Newport, propriétaire des lieux depuis l’automne dernier, souhaite conserver le terrain pour l’agrandissement de son stationnement, situé sur le lot adjacent, et l’implantation d’un parc, mais estime que restaurer la bâtisse pour y transférer son bureau municipal serait trop coûteux.
C’est ce qu’ont appris la quarantaine de citoyens réunis à l’occasion d’une rencontre d’information à ce sujet le lundi 21 avril dernier.
Rappelons qu’à l’automne 2025, le conseil avait unanimement voté en faveur de l’achat de cette propriété voisine du bureau municipal et longtemps convoitée pour divers projets d’agrandissement. C’est la succession de Keith Crawford, décédé en août 2024, qui a contacté la municipalité pour lui offrir de se procurer l’ancien magasin général, ses dépendances et son terrain d’environ cinq acres au coût de 160 000 $.
Toutefois, aucune consultation des citoyens n’avait alors eu lieu, ce qui avait occasionné craintes et grogne chez certains résidents.
Lors de la récente rencontre citoyenne, le maire Robert Asselin a présenté les pours et les contres de trois différents scénarios envisageables dans ce dossier. D’entrée de jeu, il a fait valoir que ces scénarios auraient une incidence sur l’avenir du bureau municipal de Newport, qui date de 1872 et n’est actuellement plus aux normes. L’espace alloué aux bureaux y est trop restreint, a-t-il expliqué, et il ne dispose ni d’un système d’archives résistant au feu, ni d’accès pour les personnes à mobilité réduite.
Le premier scénario, qui « coûterait plus cher » selon M. Asselin, consiste à revitaliser la bâtisse pour la conserver et y transférer les services administratifs du bureau municipal.

Le deuxième, serait de vendre la maison, plus 3000 m2 de terrain, en conservant la majeure partie du terrain pour y déménager le parc municipal, actuellement localisé juste en face, de l’autre côté de la route 112. Les profits de la vente serviraient alors à rénover l’actuel bâtiment du bureau municipal, en construisant une sorte de « rallonge » sur le côté ou à l’arrière.
Le troisième scénario serait identique au deuxième, mais impliquerait également la vente des terrains du parc actuel.
Lors de la période de questions, l’enjeu de la contamination des sols a été soulevé, comme le magasin général disposait à l’époque de pompes à essence. Le maire Asselin a dit que la contamination était peu probable (le site n’est pas inscrit au Répertoire des terrains contaminés, géré par Québec) et que, de toute façon, la zone en question servirait uniquement de stationnement.

D’autres ont évoqué le risque de voir l’ancien magasin général défiguré, voire démoli s’il était vendu à un tiers. Le maire a écarté de la main ces deux possibilités, affirmant que le statut patrimonial du bâtiment empêchait d’emblée toute démolition et dictait que son extérieur devait être préservé.
Il a ajouté que, grâce à son zonage, le lieu pourrait accueillir un petit commerce, ce qui bénéficierait à tous. (Avis aux intéressés.)
En fin de rencontre, le deuxième scénario, consistant à garder la majorité du terrain et vendre la maison, paraissait de loin le plus susceptible d’être retenu par le maire et son conseil. Une décision finale sera rendue sous peu.



