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Le glanage : entre équité, éducation et solidarité

Les légumes déclassés (rutabagas, carottes et panais) sont sûrement moins attrayants, mais tout aussi nutritifs et à moindre coût. photo: Sophie Marais

Le glanage est une pratique qui consiste à récupérer les aliments laissés dans les champs, les serres ou les vergers après les récoltes. C’est une pratique très ancienne qui permettait aux agriculteurs de venir en aide aux plus démunis.
Aujourd’hui encore, le glanage demeure associé à cette valeur d’entraide, mais à celle-ci s’ajoute toute la dimension d’accessibilité à des aliments sains, de lutte contre le gaspillage alimentaire et de sensibilisation à la consommation locale et écoresponsable.

Équité parce que…
Le partage des denrées glanées après les récoltes se fait de façon équitable. Habituellement, un tiers de ces récoltes est destiné aux producteurs, un tiers revient aux bénévoles glaneurs et le tiers restant est distribué à divers organismes communautaires.

Éducation parce que…
Les fruits et légumes récoltés de cette façon sont habituellement moins « beaux », ont de drôles de forme et sont parfois aussi un peu trop mûrs. Ceux que l’on appelle les déclassées ou les « numéro 2 » sont tout aussi consommables que ceux achetés en épicerie et qui viennent souvent de l’étranger. Il suffit d’enlever les parties moins belles, de les transformer en sauce, en purée, en jus, de les blanchir, les congeler, les déshydrater, etc.


Cette éducation peut facilement se faire en organisant des ateliers de transformation pour une clientèle ciblée. Partir à la découverte de légumes racines qui se conservent tout l’hiver, faire découvrir ce qui pousse dans les champs de la région, apprendre à conserver, transformer, ne pas gaspiller, tout cela en tissant des liens avec les producteurs. C’est aussi ce que le glanage offre à toute la population.

Solidarité parce que…
Le glanage permet de lutter contre le gaspillage alimentaire. Il accroît la sécurité alimentaire, tout en soutenant les producteurs locaux, en mettant de l’avant l’inclusion sociale et en favorisant une économie circulaire. Les denrées ne pourrissent plus aux champs ; elles sont redistribuées dans la communauté. Les producteurs limitent leurs pertes. Comme les glaneurs proviennent de tous les milieux, cet échange crée des liens durables au sein d’une même communauté.


Émilie Turcotte-Côté des Jardins d’etc a déjà fait don de courges spaghettis « numéro 2 ». « C’est vraiment dommage qu’il n’y ait plus de financement pour cette belle solution, dit-elle. Les producteurs manquent souvent de main-d’œuvre, surtout pendant les récoltes. Alors c’était une belle solution pour éviter le gaspillage et utiliser ces produits qui auraient été jetés sinon. »


Le seul bémol qui pourrait être émis concernant le glanage, c’est la difficulté à trouver des endroits pour stocker tous ces surplus, ainsi que des lieux pour les transformer. Les organismes communautaires font souvent face à un manque d’espace et de main-d’œuvre, bénévole ou non, pour recevoir et transformer toutes ces denrées qui arrivent, rappelons-le, pratiquement toutes en même temps. Mais il existe assurément des solutions pour poursuivre ce « mouvement » qui profite à tous.

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