par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
À la fin mai, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie Bernard Drainville a annoncé la fin des investissements supplémentaires du gouvernement du Québec dans Flying Whales, la firme française de dirigeables-cargos qui projette de construire une usine de 300 employés près de l’aéroport de Sherbrooke, à Cookshire-Eaton.
Plus de 75 millions de dollars de fonds publics ont déjà été offerts au constructeur français depuis 2019 dans l’espoir de l’attirer au Québec et de faire décoller le projet.
« Nous avons choisi de ne pas réinvestir l’argent des Québécois dans Flying Whales, alors que les retombées d’un nouvel investissement se feraient principalement à l’extérieur du Québec », a indiqué Bernard Drainville, dans une déclaration citée par La Presse. « Notre responsabilité, c’est d’investir l’argent des Québécois là où les retombées sont directes pour le Québec. »
Fondée en 2012, l’entreprise développe des ballons dirigeables capables de transporter jusqu’à 60 tonnes de marchandises dans des zones isolées dépourvues de pistes d’atterrissage ou de décollage. Ces dirigeables serviraient par exemple à transporter des charges surdimensionnées comme des pales d’éoliennes, des turbines hydrauliques ou de l’équipement minier dans des endroits peu accessibles, tel le Grand Nord québécois.
Comme le rapporte Radio-Canada, Flying Whales confirme que l’usine prévue à l’aéroport de Sherbrooke serait compromise advenant l’abandon définitif du financement par Québec.
Pour sa part, la mairesse de Sherbrooke, Marie-Claude Bibeau, croit que l’on peut espérer que lorsque Flying Whales créera des emplois ici, le gouvernement du Québec pourrait ouvrir certains programmes à de nouveaux investissements, selon Radio-Canada.
En entrevue à la radio du 107.7 Estrie, le préfet de la MRC, Robert G. Roy, admet que le projet s’essouffle mais estime qu’il faut faire preuve de patience dans un dossier de cette envergure.
Selon lui, le contexte des échecs comme North Volt influence les décisions actuelles du gouvernement.
« Il faut juste ne pas lâcher, a indiqué M. Roy, en ajoutant que la région allait « continuer de travailler avec Flying Whales ».
« On dit souvent qu’on est une région dévitalisée, a-t-il affirmé. Moi je dis qu’on est une région qui se prend en main. »
Rappelons que le début de la construction de l’usine, d’une superficie de 70 terrains de soccer, était prévue pour 2027 avec un lancement des opérations en 2029.


