Le texte de John Mackley (page 10, numéro du 17 juin 2026) précise bien la menace du nerprun. Les recherches pour trouver la concurrence efficace est une bonne chose, à long terme.
Mais pour plusieurs propriétaires, le problème est actuel, avec un potentiel accablant. Il faut donc agir au plus tôt. Quelques détails importants ne sont pas traités dans ce texte.
On peut lire sur certains sites que les graines du nerprun ont un taux de germination très élevé, autour de
90 %, et une longue survie. J’en conclus qu’il faut empêcher les fruits de murir, sinon, les oiseaux les propagent ou ils tombent autour, multipliant le problème dans les deux cas. Le fruit ressemble à une petite cerise, mais ne se déploie pas en grappes, comme fait le cerisier.
Mes 2 ans d’expérience à lutter contre son envahissement m’ont appris que c’est relativement facile (selon la superficie affectée) de faire la tournée avec un petit et un plus gros sécateur. La question est : que faire avec ces fruits et le feuillage ? Je ne les mets pas au compost, par crainte que les graines survivent. Vaut mieux ne pas les laisser sur le sol non plus…
Autre méthode : les racines étant en surface, on arrache de façon radicale, avec un bon outil. Le mien est fabriqué à Cookshire! Mais les troncs plus gros sont trop bien ancrés pour être arrachés. Ceux-là devront être coupés. Contrairement à ce qu’on a lu en tête du texte de M. Mackley, la coupe à la hauteur de la ceinture est parfois utile, sinon nécessaire.
Bien sûr, le tronc restant essayera de survivre en produisant de nouvelles tiges et feuilles, mais une nouvelle tournée avec la machette ou une hachette en viendra à bout en limitant sa capacité à se nourrir du soleil. Sur mon terrain, plusieurs n’ont pas survécu à l’hiver. Les racines faiblissent et il devient possible de les déraciner en les balançant de gauche à droite : un bon exercice.
J’ai aussi testé une autre méthode. Après avoir coupé la talle au ras du sol, j’ai recouvert la souche avec un double plastique retenu par quelques briques ou des cailloux. Jusqu’à maintenant, les résultats sont positifs.
Évidemment, le propriétaire forestier peut être confronté à une vaste superficie et a besoin de toutes les solutions. Certains ont utilisé le Round-Up (de mauvaise réputation) d’une façon très précise, avec succès. Mais si tous les petits terrains sont nettoyés, on a déjà un bon travail de fait.
Je conclus avec ces deux citations de l’ingénieure forestière Marie-Josée Martel: « le nerprun menace l’ensemble des écosystèmes forestiers d’Amérique du Nord », et « nous devons tous faire notre part. »
Donc, surveillez le terrain de vos voisins aussi et parlez-en!
Alain Robert, Bury



