Photo : Marie-Claire-Deland.
par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
Les restrictions strictes concernant le déplacement et la relocalisation de certains animaux sauvages vivants a été prolongée jusqu’au 6 octobre 2026 dans le but de freiner la progression de la rage du raton laveur.
Ces restrictions, émises par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatique, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), visent les ratons laveurs, les mouffettes rayées, les renards roux et gris ainsi que les coyotes et leurs hybrides (coyloups).
Elles s’appliquent à de nombreuses municipalités de l’Estrie, de la Montérégie et du Centre du Québec et sont passibles d’amendes de 1000 à 5 000 $ pour les contrevenants. L’interdiction s’applique même pour un animal blessé, malade ou orphelin, et l’acheminement vers un refuge ou un centre de réhabilitation est interdit.
En août, neuf municipalités ont été ajoutées au secteur visé pour l’Estrie. Parmi celles-ci, on recense trois municipalités du Haut-Saint-François : East Angus, Westbury et Newport. (Les autres municipalités nouvellement ciblées sont Kingsbury, Melbourne, Richmond, Ulverton, Val-Joli et Windsor.)
Selon Louis Potvin, relationniste et porte-parole au MELCCFP, les particuliers, agriculteurs ou non, qui déplacent les animaux en question en dehors des limites de leur propriété seraient « la cause la plus probable de la propagation du virus de la rage » au Québec.
En effet, déplacer un animal importun, blessé ou en apparence orphelin peut contribuer à propager la rage dans des secteurs actuellement exempts de cas.
« Si une personne déplace un animal à un kilomètre de chez lui, cet animal peut par la suite parcourir de 10 à 12 kilomètres par jour à la recherche d’un nouveau milieu de vie qui lui convient, libre de prédateurs », explique M. Potvin.
Le relationniste ajoute cependant que le public fait également partie de la solution. « Les gens collaborent, dit M. Potvin. Les derniers cas recensés sont des cas qui ont été signalés par des particuliers. »
À ce chapitre, un site web du ministère fait état de plusieurs cas confirmés en Estrie en 2026. Les municipalités suivantes sont touchées : Granby, Bedford, Farnham, Brigham, Stanbridge East, Stanstead, Dunham et Cowansville. À proximité du Haut-Saint-François, deux cas de rage du raton laveur ont été confirmés à Coaticook les 3 et 12 juillet dernier.
Le MELCCFP recommande donc de vérifier les propriétés pour bloquer de possibles accès à de la nourriture (poubelles, compost ou autre) et évidemment de ne jamais nourrir les animaux sauvages de manière intentionnelle. Il est également recommandé de ne toucher à aucun animal sauvage « même s’il paraît en parfaite santé » car il est possible qu’il soit en train d’incuber le virus de la rage. Un animal peut effectivement être atteint du virus pendant plusieurs mois sans présenter de symptômes visibles.
Les citoyens des secteurs concernés et avoisinants sont donc invités à signaler tout animal trouvé mort ou présentant un comportement inhabituel, comme de la désorientation, de l’agressivité anormale ou de la paralysie en appelant au 1 877 346-6763 (du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 16 h 30).

Ces nouvelles directives arrivent dans le contexte où deux cas de rage ont été confirmés chez des chats (l’un domestique et l’autre errant) dans la région de la Montérégie.



