Denis Fortier et Pierre Dominique Savard de La Veille Cabane Érablière. PHOTO : John Mackley.
Un hiver exceptionnellement froid a considérablement retardé le début de la saison de l’érable. Cependant, des acériculteurs ingénieux comme Praxède Lévesque Lapointe de la Ferme Delapointe à Bury ont su tirer profit de ce retard.
« Cette année comme c’était froid, nous avons réussi à entailler tous les érables avant que la premiere coulée commence. De plus, l’eau était sucrée alors bonne nouvelle », explique-t-elle.
D’autres producteurs ont indiqué que lorsque l’eau d’érable coulait, elle coulait « en masse », ne laissant que peu de temps pour dormir.

Denis Fortier et Pierre Dominique Savard de l’érablière La Vieille Cabane à Saint-Isidore-de-Clifton, ainsi que Jamie Coates de l’Érablière Coates à Bury, ont confirmé que l’eau d’érable contenait un pourcentage de sucre élevé cette année. Cela leur a permis de produire plus de sirop et d’autres produits avec moins d’eau, en moins de temps et avec moins de combustible. De l’avis général des personnes que j’ai rencontrées, malgré les difficultés, 2026 s’annonce comme une année acéricole supérieure à la moyenne.
Parcourir le Haut-Saint-François pour visiter ne serait-ce que quelques-uns des nombreux producteurs d’érable et cabanes à sucre s’est révélé être l’un des défis les plus doux que je n’aie jamais relevés.
Le nombre et la variété des établissements m’ont stupéfié. Le site web de la MRC recense plus de 100 producteurs «agroalimentaires » sur le territoire du Haut-Saint-François. On ne dispose pas d’un décompte précis du nombre d’entre eux impliqués dans la production acéricole, mais bon nombre d’entre eux le sont, sans compter les cabanes à sucre privées.
Il existe de nombreuses méthodes de production de sirop d’érable. J’ai visité de petites exploitations familiales avec une petite érablière et des méthodes traditionnelles de récolte, d’entaille et de transport de l’eau d’érable. Souvent, un évaporateur artisanal est installé dans une cabane à sucre centenaire en pleine forêt. À l’opposé, on trouve de nouvelles exploitations industrielles avec des milliers d’érables, des kilomètres de canalisations modernes d’entaille et des méthodes industrielles de production et d’emballage. Il est illogique de les mettre tous dans le même panier.

J’ai beaucoup apprécié rencontrer les producteurs à Marbleton, Scotstown, Chartierville, Saint-Isidore-de-Clifton et dans de nombreux autres endroits. J’avoue avoir particulièrement apprécié de me replonger dans l’atmosphère d’une authentique cabane à sucre québécoise traditionnelle du siècle dernier, avec ses odeurs et ses sensations caractéristiques.
Le Haut-Saint-François s’étend sur environ 2 300 km² et son altitude varie de 147 mètres près de l’école secondaire régionale Alexander Galt jusqu’à 1 110 mètres au sommet du mont Mégantic. Cette grande amplitude altitudinale, combinée à une géographie variée, engendre d’importantes variations climatiques locales, ce qui représente un défi pour les producteurs acéricoles. Certaines parties de leurs érablières seront enneigées plus longtemps, tandis que d’autres recevront un ensoleillement plus direct, ce qui influe sur les arbres et la circulation de l’eau d’érable.


