PUBLICITÉ

Corps et esprit : peut-on les dissocier ?

L’équipe des Anciens Canadiens a confronté l’équipe de BMR Gilles Doyon à East Angus en mars 2025, une activité de levée de fonds pour Virage Santé mentale. Photo : Scott Stevenson.

Les anciens co-équipiers de Claude Lemieux ont joué à East Angus en mars 2025 pour soutenir la cause de la santé mentale. Un an plus tard, nous perdons cet homme à cause d’un suicide présumé.


Le Haut-Saint-François connaît son lot de problèmes de santé mentale et de suicides. Notre région a un taux de suicide plus élevé que l’ensemble de l’Estrie, et l’Estrie a un taux plus élevé que l’ensemble du Québec.


Les hommes représentent les trois-quarts des décès par suicide, et c’est la deuxième cause de décès parmi les jeunes de 18 à 39 ans, selon un reportage de la Radio 107,7 Estrie de février dernier citant l’autorité provinciale en santé (CIUSSS) pour la région de l’Estrie.


Dans nos communautés du Haut-Saint-François, des cas spécifiques ont récemment fait réagir, tout comme celui de Claude Lemieux. Par respect pour les proches, une certaine réserve est de mise dans la diffusion et le partage de telles informations entre membres de la communauté.


Surtout, une grande prudence est observée par les journalistes professionnels quant à la publication d’informations concernant les suicides. Un code plutôt non-écrit ― qui n’apparaît pas dans les guides de déontologie du Conseil de presse ni de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec ― dicte aux journalistes de ne pas faire de reportage sur les suicides afin de ne pas encourager d’autres actes semblables, le comportement mimétique.


L’importance pour le public est plutôt l’enjeu : les causes, les problématiques, les solutions.


Dans le cas de Claude Lemieux, sa famille a donné son cerveau à la science, en partie pour comprendre s’il était atteint d’encéphalopathie traumatique chronique, résultat de ses nombreuses commotions cérébrales. Les athlètes de sports de contact comme le hockey, la boxe et le football sont plus à risque de ce type d’encéphalopathie, qui peut entraîner des enjeux de santé mentale.


Comme la santé physique, la santé mentale est affectée par d’innombrables facteurs. Elle est aussi importante que la santé physique. Les deux sont en fait inséparables.


Pourtant, il y a 10 ans à peine, on n’entendait presque jamais parler de la santé mentale dans le dialogue public. Dans nos hôpitaux, l’importance accordé à la santé mentale est beaucoup moindre que ses effets réels sur le corps. Jusqu’à récemment, on séparait même la santé mentale de la santé physique. Le reflexe demeure de penser que la santé mentale est autre chose et non pas reliée à notre état physique, ce qui cause d’importants manquements dans le traitement des maladies et l’amélioration de la santé.


Il y a une quinzaine d’années, j’ai consulté un gastroentérologue exceptionnel. Lors de traitements, pour des problèmes digestifs, ce médecin avant-gardiste m’a demandé si je vivais de grands changements ou chocs dans ma vie, ce qui était justement le cas. «Consultez-vous un psychologue pour en parler?» m’a-t-il demandé, ce que je faisais déjà. «Continuez,» m’a-t-il avisé.


Le jour où la santé mentale sera considérée au même titre que la santé physique, et que les deux seront perçus comme intimement liés, nous verrons de vraies améliorations dans le bien-être individuel et collectif.

Scott Stevenson

Article précédentArticle suivant
Scott Stevenson
Scott est le directeur du Journal depuis 2024. Originaire du Canton de Hatley, il demeure sur sa ferme à Island Brook depuis 2012.

 

PUBLICITÉ

©2026 Journal Le Haut-Saint-François