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Kiosques libre-service : quand la confiance a bon goût

Le kiosque libre-service des Maraîchers de l’or vert, à Sawyerville. PHOTO : CAROLYNE WELDON

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
Dans la région, de nombreux producteurs maraîchers osent parier sur une qualité humaine que l’on pourrait croire en voie de disparition : l’honnêteté. À Cookshire-Eaton, les Maraîchers de l’or vert, le Jardinier déchainé, Les hôtes épinettes et la Ferme les 4 piments ont tous emboîté le pas à ce modèle qui semble tout droit sorti d’une utopie : le kiosque libre-service où le client vient faire ses emplettes et règle avec intégrité sa facture – sans supervision ni contrainte.

Système basé sur la confiance
L’idée de se fier sur des inconnus pour mettre en marché de précieuses récoltes ou produits de la ferme pourrait sembler saugrenue, voire insensée. Des échanges avec ces maraîchers locaux confirment cependant que la méthode fonctionne à merveille et que les mauvaises surprises sont rares.

Souvenir de voyage
C’est en Islande en 2016 que Sammuel Tanguay et Jason Lessard, des Maraîchers de l’or vert, ont rencontré le concept du libre-service pour la première fois. « Il y avait des serres sur un site de sources thermales et un tout petit kiosque qui vendait des sacs de tomates, raconte Sammuel Tanguay. On a trouvé ça inspirant que les gens fassent confiance au monde. Ça nous a donné le goût d’essayer. » Leur premier kiosque libre-service a vu le jour quelques années plus tard, à Sawyerville.


Pour ce dernier, l’un des principaux atouts de son kiosque est de diversifier l’offre d’aliments frais et sains au village. « Ici, il y a le dépanneur, qui peut dépanner, mais les légumes sont chers. Pour une personne qui n’a pas de voiture, on est à six minutes à pied du centre du village. L’idée avec ça, c’est de servir notre communauté. »

Vols anecdotiques
Yannick Côté, du Jardinier Déchaîné, à Eaton Corner, opère un kiosque libre-service depuis 2023. Pour lui, les avantages de ce type de vente sont évidents. « C’est facile d’utilisation et ne requiert pas plus de travail, explique-t-il. Ça me permet de focuser sur autre chose, comme les cultures. Et je n’ai pas besoin de payer un employé pour être sur place. » Il affirme qu’au fil des ans, un seul vol aurait été constaté.

PHOTO : CAROLYNE WELDON


Même son de cloche aux Maraîchers de l’or vert. Une seule situation « louche » aurait été déplorée depuis l’ouverture du premier kiosque libre-service, en 2019. « On offre toujours le bénéfice du doute, mais il y deux ans, il y avait de l’argent et des légumes qui manquaient, deux semaines de suite, se souvient Sammuel Tanguay.


Du côté de la Ferme l’Étincelle, à Johnville, Sarah Morin songe à ajouter cette forme de mise en marché à celles déjà mises en place par l’entreprise, comme les marchés fermiers et les paniers bio sur abonnement.


« Nous avons un espace dédié ; il nous reste à l’aménager », affirme cette dernière en entretien téléphonique. Ce futur kiosque, ouvert à l’année, offrira des légumes de saison, de la viande d’agneau et de poulet, des produits transformés ainsi que les produits d’autres producteurs « comme l’idée de ce genre d’espace est de travailler ensemble », selon l’agricultrice.


« Les gens ont besoin d’avoir accès à des aliments frais plus facilement, poursuit Sarah Morin. Mais c’est plus simple pour nous, aussi. Ça nous permet de pouvoir dire aux gens de passer n’importe quand, de laisser des commandes. » En tant que petit producteur, attendre le client à un lieu fixe durant des heures fixes peut représenter un défi. « On ne peut pas faire autre chose en même temps ! », illustre-t-elle.


Un autre avantage, inquantifiable celui-là, est de s’inscrire dans une mouvance dans laquelle on croit. « Le principe basé sur la confiance, c’est dans nos valeurs », conclut-elle.

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