Le chien errant à Fontainebleau (Weedon), le samedi 22 août 2026. PHOTO: Méghan Aubé
par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
Le cas d’un chien errant grièvement blessé qui n’a pas pu être pris en charge et qui est disparu dans la nature est à l’origine d’une plainte adressée à la municipalité de Weedon par une résidente qui a été témoin de la situation.
Cet épisode malheureux ravive la question de la prise en charge des animaux à la fois errants et blessés dans les municipalités qui n’ont pas d’entente de service avec la Société protectrice des animaux (SPA) de l’Estrie. Parmi les 14 municipalités de la MRC du Haut-Saint-François, seules trois ne sont pas couvertes par la SPA : Dudswell, Lingwick et Weedon.
Le samedi 22 août, Méghan Aubé, propriétaire de la pension et salon de toilettage au Poil d’argent, a reçu un appel concernant un chien errant en bien piteux état sur le chemin de la Mine à Weedon, secteur Fontainebleau. Le chien, qui semblait être sans maître ni foyer et avoir été nourri par la communauté depuis un certain temps, selon les dires des voisins, montrait d’importantes blessures au flanc, probablement causées par un animal sauvage, comme un coyote. Les plaies, profondes, étaient infestées de vers blancs.
Selon Mme Aubé, c’est le Sergent Dubreuil, de la Sûreté du Québec, qui l’a rejointe sur place. Il aurait ensuite cherché à rejoindre la municipalité, puis différents refuges — sans succès. Rappelons que le tout se déroulait un samedi. À bout de ressources, l’agent de la paix a offert d’abattre l’animal s’il était agonisant. Comme le pouls de l’animal était stable, Mme Dubé n’a pas été à l’aise de prendre cette décision. Le chien a donc été forcé de continuer à errer dans le secteur avec ses blessures.
Le lendemain, Méghan Aubé contacte le Refuge de la Faune de l’Estrie, à Sherbrooke, qui accepte de prendre l’animal le mardi suivant pour lui fournir les soins nécessaires. Mais depuis, plus aucune trace du chien, ni de son cadavre. Malgré de nombreuses patrouilles à travers le secteur, il serait disparu sans laisser de traces.
« J’ai trouvé ça comme de la maltraitance, dit Mme Aubé, qui a décidé de porter plainte à la municipalité. Un animal, c’est un être à part entière. Ce n’est pas un bien! Même les animaux sauvages sont mieux soutenus. Si ça avait été un porc-épic, la Faune serait venue le chercher », déclare-t-elle.
Selon elle, il devrait y avoir un partenariat transparent avec un individu ou un refuge qui prend en charge ces cas et une modification du règlement municipal pour identifier qui contacter en cas d’urgence, surtout en dehors des heures ouvrables.
Du côté de la municipalité de Weedon, l’inspecteur municipal Nicolas Blouin affirme avoir bien reçu la plainte de Mme Aubé. Il a également confirmé que Weedon a une « entente officielle » avec le Refuge La fille des bois, localisé à Stornoway. Selon lui, Jessica Fréchette, qui gère ce Refuge, se serait déplacée le lendemain de l’appel ainsi que les jours suivants et n’aurait pas été en mesure de retrouver le chien en question. « On a fait quelques démarches, mais l’animal n’a pas été retrouvé », a dit M. Blouin.
Pour sa part, Jessica Fréchette du Refuge La Fille des Bois atteste qu’elle est « à contrat » avec la municipalité de Weedon en tant que fournisseur de services, dans une situation qui s’apparente au « cas par cas ». Pour chaque situation signalée, elle doit obtenir l’approbation de la municipalité avant d’intervenir.
Elle regrette que les démarches pour signaler l’état du chien ait autant tardé. « Les voisins que j’ai rencontrés quand je suis allée voir pour localiser le chien le dimanche m’ont dit que ça devait faire 3 ans qu’il était errant, et que tout le monde le nourrissait. Je leur ai demandé s’ils l’avaient déclaré comme chien errant et ils m’ont dit, non, non! S’il avait été signalé avant, il aurait peut-être survécu. Ça m’a beaucoup attristée », a-t-elle dit.
Pour elle, la sensibilisation du public demeure essentielle. « On peut se renvoyer la balle comme on veut, mais la responsabilité incombe aussi au public de s’occuper des animaux qu’ils nourrissent, errants ou non », estime-t-elle.
Comme dans le cas de chien errant à Fontainebleau. « Finalement, tout le monde le nourrissait, a déploré Mme Fréchette, mais quand il était malade, c’était le chien de personne. »



