L’animatrice paroissiale Lucie Leblanc devant les cierges dans l’Église Saint-Louis-de-France, à East Angus. PHOTO : Carolyne Weldon.
Alors que sévit une vague de vols à East Angus, une adresse improbable s’ajoute à la liste des lieux victimes d’entrée par effraction et de vol : l’Église Saint-Louis-de-France.
Au mois d’août dernier, des individus ont forcé des portes extérieures et se sont introduits à deux reprises dans la grande église patrimoniale située au 166, avenue Saint-Jean Est.
La première fois, ils ont causé des dommages considérables dans la sacristie et dévalisé les coffrets renfermant les dons offerts pour l’allumage de cierges dans l’église. Il s’y trouvait 800 $.
À la deuxième entrée par effraction, une semaine plus tard, les intrus n’ont rien trouvé dans les petits coffres, ceux-ci ayant été vidés tous les soirs depuis le premier cambriolage. Ils ont alors défoncé un tabernacle consacré à St-Joseph et une fois de plus saccagé l’intérieur de la sacristie, forçant les verrous de toutes les armoires et vidant l’entièreté de leur contenu sur le plancher.
L’animatrice paroissiale Lucie Leblanc, bénévole à l’Église depuis de nombreuses années, se désole qu’un tel événement ait pu se produire. « Je trouve ça dommage pour un lieu religieux, rentrer pour briser. Ce n’est plus respectueux ! », laisse-t-elle tomber, encore choquée par les événements.
Elle peine à s’imaginer comment l’Église fera pour composer avec ce manque à gagner de 800$.
« C’est un trou pour l’Église ! Déjà qu’on se suffit à peine avec nos quêtes et ce que les gens donnent », dit-elle.
Elle affirme que tous les objets de valeurs de l’institution sont désormais à l’abri dans une voûte. « Je ne sais pas s’ils reviendront, mais ils n’auront plus rien à leur main, relate Mme Leblanc. Ils ne pourront pas ouvrir ça, à moins de la dynamite ! »
Le Sergent Stéphane Dubreuil, responsable du poste de la Sûreté du Québec (SQ) à Cookshire-Eaton, déplore lui aussi la situation. « Il ne faut pas penser qu’on est indifférents, dit-il. On sait que ça affecte les gens, la population. Mais on doit quand même travailler avec les pouvoirs qu’on a pour procéder à l’arrestation de quelqu’un. On ne peut pas divulguer nos techniques d’enquête, mais on travaille de concert avec la ville là-dessus pour résoudre cette situation. »
Il confirme que la sirène du système d’alarme a bel et bien été déclenchée et que la SQ est intervenue en pleine nuit à l’église lors des incidents.
« Oui, c’est une vague de vols. On incite les gens à se protéger de la meilleure façon possible. On incite les gens à communiquer avec nous. Ce n’est pas évident de procéder à l’arrestation de ces gens-là. On doit avoir de l’information concrète pour accumuler de la preuve. La moindre petite information peut nous aider. »
Il invite les personnes qui détiennent des renseignements et hésitent à les communiquer à passer par une centrale d’information criminelle [comme Échec au crime], qui est anonyme. « On n’a pas de boule de cristal, soutient le Sergent. Si les gens ne nous appellent pas, on ne peut pas deviner qu’ils se sont fait voler. »
Si de son côté, le maire d’East Angus, Guillaume Landry, affirme avoir rencontré la SQ dernièrement pour faire le point sur la vague de vols qui sévit dans sa municipalité, il n’était pas au courant du vol perpétré à l’Église.
« On a une super bonne relation avec les policiers », dit le maire. Il répète que « chacun doit collaborer » et que les policiers seuls ne peuvent pas « faire de miracles ».
« Les gens qui ont des infos, il faut qu’ils nous le disent. Les policiers ne peuvent pas toujours arriver sur le fait », estime Guillaume Landry. Il ajoute que les crimes commis à East Angus ne semblent pas provenir « du gros crime organisé » mais plutôt de « petits bandits » qui tentent de survivre.
Quoi qu’il en soit, l’Église sollicite la générosité de la communauté pour faire face à cette nouvelle épreuve, qui en plus du vol constaté, entraînera d’importantes dépenses, en matière de réparations patrimoniales, notamment. « On en arrache pour trouver des sous, conclut Lucie Leblanc. On travaille fort pour garder l’église ouverte. »

