Notre territoire : une éponge naturelle essentielle

Plus de 19% de la superficie du territoire de notre MRC est composée de milieux humides. Il s’agit de la plus haute proportion parmi les MRC de l’Estrie. Ces milieux jouent un rôle écologique crucial : ils absorbent les excès d’eau comme une éponge, filtrent les polluants, abritent une biodiversité exceptionnelle, etc. Sur notre territoire, les milieux humides prennent différentes formes, toutes aussi importantes les unes que les autres :

🐸 Marécages
🌲 Tourbières
🌾 Prairies humides
💧 Eau peu profonde
🐢 Marais

Les milieux humides que l’on retrouve en plus grande superficie sur notre territoire sont les marécages (21 974 ha) et les tourbières boisées (15 892 ha).

Ces écosystèmes discrets, mais puissants, sont de véritables alliés pour la santé de notre environnement et de nos collectivités.

Envie d’en savoir plus? Visitez le site web de la MRC, suivez-nous sur Facebook ou lisez nos prochaines chroniques environnement!

L’avenir de notre santé

Dans le Haut-Saint-François, les changements climatiques ne sont plus une menace lointaine : ils influencent déjà notre quotidien, et leurs impacts sur notre santé sont bien réels.

Selon une récente analyse de la Direction de santé publique, les risques liés à la chaleur extrême et aux inondations sont particulièrement préoccupants pour notre région. Le nombre de journées à plus de 30°C pourrait doubler dici 2041-2070 et notre territoire est déjà celui qui a connu le plus dinondations en Estrie au cours des 25 dernières années. Il est aussi prévu que plus de personnes soient affectées par les maladies transmises par les tiques.

Certaines réalités rendent notre population plus vulnérable face aux impacts des changements climatiques : des logements en mauvais état ou situés dans des îlots de chaleur, fortes proportions de personnes âgées ou à faible revenu vivant seules, etc.

La bonne nouvelle : des efforts concrets sont en cours. Les municipalités, en partenariat avec plusieurs organismes, professionnels et ministères travaillent pour mieux préparer notre territoire et réduire les impacts sur notre santé.

Vous avez aussi un rôle à jouer : restez informé des démarches en cours et prenez part à la réflexion collective. Vos idées comptent.

La Direction de santé publique a rédigé une fiche-résumé des vulnérabilités en lien avec la santé. Vous pouvez la consulter via le site Web de la MRC.

Le nerprun dans la mire d’une expertise de Cookshire-Eaton

Le Groupement forestier des Cantons tente l’arrachage de nerprun sur un site à Cookshire-Eaton.

Alors qu’un arbuste envahissant, le nerprun bourdaine, progresse dans le Haut-Saint-François, la région bénéficie d’une expertise de plus en plus avancée. Des sites d’études à Ascot Corner et Cookshire offriront des résultats cet été et un nouveau projet tente de cartographier la présence du nerprun en Estrie par image satellite et drone combinée à l’intelligence artificielle.

L’ingénieure forestière Marie-Josée Martel est possiblement la spécialiste dans le domaine. Avec l’Agence de mise en valeur de la forêt privée de l’Estrie, basée à Cookshire, elle a publié en 2021 le Guide de gestion du nerprun bourdaine pour les propriétaires forestiers.

« Le nerprun est une véritable menace pour la forêt. Les propriétaires forestiers, en tant que gestionnaires de leurs boisés, ont un rôle important à jouer pour contrer l’envahissement », selon le Guide. Le nerprun peut changer une forêt de façon extrême. Il se propage si intensément que les autres espèces n’ont pas la chance de se regénérer dans un écosystème normalement riche et diversifié.

Le nerprun bourdaine aurait été introduit en Amérique du Nord à des fins ornementales à la fin du 19e siècle. Selon l’herbier Louis-Marie de l’Université Laval, la première occurrence du nerprun bourdaine connue et recensée en Estrie date de 1963 à Sherbrooke, selon le Guide. Aujourd’hui, il envahit plusieurs forêts dans la région de Sherbrooke, et dans le Haut-Saint-François à Ascot Corner, Bury, Cookshire-Eaton et East Angus particulièrement, selon Mme Martel.

Comme propriétaire forestier, j’en ai aussi identifié à Newport, près de Island Brook. L’arbuste se propage largement par sa grande quantité de fruits, transportés principalement par les oiseaux, mais aussi par la machinerie.

L’Agence de la forêt privée et ses partenaires cherchent des solutions pour contrôler l’envahissement. Plusieurs projets ont été initiés au cours des 15 dernières années. Depuis 2021, ils essaient une double coupe en hauteur de l’arbuste sous couvert forestier; les résultats de cette étude sont attendus cet été.

Aussi, le Groupement forestier des Cantons, de Cookshire et Coaticook, essaie l’arrachage par pelle-peigne mécanique sur des sites dédiés au reboisement. Le nerprun bourdaine se regénère plus rapidement par sa souche coupée près du sol que par la propagation de ses graines, alors une coupe traditionnelle est déconseillée.

Tout vient de la terre et tout y retourne

Tout vient de la terre et tout y retourne.

Ménandre

Saviez-vous que l’herbe coupée laissée au sol est le meilleur engrais qui soit pour votre pelouse? Saviez-vous que cette technique qui consiste à vous simplifier la vie en ne ramassant pas l’herbe coupée après la tonte porte même un nom?

Apprenons-en plus sur l’herbicyclage!

C’est la façon la plus simple et la plus efficace de retourner une matière organique au sol et de redonner à la terre ce qu’elle nous a offert.

Les avantages de l’herbicyclage :

L’herbe coupée se décompose en seulement 48 heures et représente une source précieuse de minéraux et d’engrais naturels.

Elle maintient aussi l’humidité de la pelouse, ce qui améliore sa résistance à la sécheresse ainsi qu’aux maladies.

Les tonnes d’herbe coupée mises au compost chaque année représentent des coûts de transport et de traitement importants sans compter les GES produits par tous ces camions! Herbicycler, c’est un choix écologique!

En résumé, profitez de votre été en économisant temps et argent et admirez votre belle pelouse en santé!

Suivez la page Facebook du Mouvement j’y participe! pour ne rien manquer!

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Un plan d’ensemble à Cookshire-Eaton pour ses parcs et espaces verts

Après avoir sondé ses citoyens et organismes l’hiver dernier, la Ville de Cookshire-Eaton prévoit adopter un premier plan directeur pour ses parcs et espaces verts ce printemps.

Il sera axé sur l’accessibilité aux familles, la préservation de la nature, le développement durable et les activités physiques, entre autres, selon les demandes faites lors de la consultation publique. Environ 200 résidants ont répondu au sondage de la municipalité, en plus des rencontres avec les organismes locaux. Le sondage a été effectué aux mois de février et mars, en ligne et aux points stratégiques pour ceux moins aptes à utiliser l’Internet.

On prévoit l’adoption du plan par le conseil municipal à sa réunion du mois de juin, selon la responsable des communications de la Ville, Sacha Le Néa. Il sera ensuite présenté aux citoyens.

Cookshire-Eaton compte trois parcs principaux sur son territoire : le Parc Castonguay près de la Salle Guy-Veilleux à Cookshire, ainsi que les parcs de Johnville et Sawyerville. Elle a aussi trois plus petits parcs, dits « de voisinage » : le Parc des Trois Mousquetaires, le Parc du Boisé et le Parc de Birchton. Les espaces verts reconnus sont l’Étang Cloutier, le Parc du Barrage de Sawyerville, la piste cyclable entre Sawyerville et Saint-Isidore-de-Clifton et le Parc des Braves, entre autres.

Une équipe des Travaux publics sera dédiée au développement de ces parcs cet été alors que la municipalité commence l’application de son plan directeur en phases pendant une période de cinq ans.
Cookshire-Eaton a le plus grand territoire de la MRC du Haut-Saint-François, avec 298 kilomètres carrés, comparé à sa voisine, Newport, avec 270 kilomètres carrés.

11 000 piscines olympiques… et des kilomètres de rivière

Saviez-vous que la MRC du Haut-Saint-François est un véritable joyau bleu?

Notre territoire est traversé par plus de 3478 kilomètres de cours d’eau, soit environ la distance entre Cookshire-Eaton et le Mexique!

Ce n’est pas tout! On compte aussi plus de 1412 hectares de lacs, ce qui représente plus de 11 000 piscines olympiques en superficie! 🏊

Notre important réseau hydrique représente bien plus que des chiffres impressionnants. Nos milieux hydriques, comme les lacs, les cours d’eau, les rives et les plaines inondables, ont plusieurs fonctions écologiques, comme :

🐸 Le support à la biodiversité

🚿 L’approvisionnement en eau

🔄 Le contrôle naturel des niveaux d’eau

💧 La régulation des polluants et bien plus encore!

C’est pourquoi il est important de mettre en place des mesures de conservation de nos milieux hydriques.

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nerprum bourdaine

Une forêt ravagée par le nerprun

Je suis parfaitement d’accord avec M. Robert qui, lors de la parution en mars dernier de ce journal, commentait le peu d’information fait par différents organismes sur les problèmes causés par le nerprun.

Si j’avais su, il y a une trentaine d’années ce que je sais aujourd’hui, ma petite forêt ne serait pas ravagée à ce point. Ce que je sais, je l’ai appris par moi-même. La façon dont cette plante anti-biodiversité se reproduit et les méthodes pour la combattre sont bien documentées sur l’internet, mais demeurent peu connues de la population en général.

Étant créatif, j’ai conçu et je vends régulièrement des outils d’extraction de cette plante. Malheureusement, à moins de disposer d’une équipe, l’extraction n’est viable que sur une superficie limitée. Je suis condamné à en faire la coupe, ce qui est aussi rapide qu’inefficace.

Heureusement, il y a la Semaine d’action contre les espèces envahissantes en mai qui sera je l’espère, soulignée par ce journal, ainsi que par toutes les instances gouvernementales, car ce n’est qu’ensemble que nous pourrons réussir à protéger ce que nous avons le plus cher dans le Haut-Saint-François.

Pierre Ménard
Cookshire-Eaton

NDLR : Merci pour tous les commentaires sur le nerprun, incluant quelques appels téléphoniques, que nous avons reçus. Nous avons aussi appris, la semaine dernière, que Marie-Josée Martel, de l’Agence de mise en valeur de la forêt privée de l’Estrie, travaille de près sur ce problème. Nous publierons un article avec son expertise dans un prochain numéro.

Votre avis peut changer l’avenir du Haut-Saint-François!

Nous savons que les changements climatiques ont déjà des impacts concrets sur notre territoire. Face à ces défis, nous avons une opportunité unique de nous adapter et de bâtir un avenir plus résilient ensemble.

Les 14 municipalités du Haut-Saint-François travaillent sur un plan d’adaptation aux changements climatiques et on veut entendre vos idées. Quels sont les défis que vous observez? Quelles solutions seraient adaptées à notre réalité locale? Vos expériences sont précieuses pour bâtir un territoire plus résilient.

Pourquoi participer? Parce que chacun a un rôle à jouer! Vos préoccupations et vos idées permettront de guider les réflexions et mettre en place des actions concrètes pour protéger notre milieu de vie. Des choix réfléchis aujourd’hui éviteront des coûts élevés et des impacts plus graves demain.

Comment s’impliquer? Plusieurs occasions s’offrent à vous :

✅ Remplissez notre questionnaire en ligne avant le 30 mai.

✅ Participez aux consultations publiques à venir dans les deux prochaines années.

✅ Discutez avec vos élus et partagez vos préoccupations.

Partagez votre opinion en répondant à notre première consultation citoyenne sur les changements climatiques.

Ensemble, faisons du Haut-Saint-François un territoire fort et prêt pour l’avenir!

Un hiver de veille et de gestion de la météo à Cookshire-Eaton

Photo : Bruno Bergeron

Alors que les neiges de la mi-février fondaient un mois plus tard, Cookshire a poussé un soupir de soulagement collectif lorsque la rivière Eaton a commencé à se retirer, comme si la Saint-Patrick et la chance des Irlandais ornaient la ville.  

Les pompiers étaient en veille de minuit à 8 h dimanche matin, le 16 mars, avant que ce répit météorologique ne se produise sur les vents néanmoins forts. La rivière n’est jamais sortie de son lit, bien qu’à un moment donné, elle ait été proche. 

Des inondations se sont produites ailleurs dans la région, par exemple à la rivière au Saumon à Weedon, mais sans incident majeur. 

Ce sont les vents hivernaux, plus que les chutes de neige et les inondations, qui ont marqué le calendrier 2025 à Cookshire-Eaton.  

« Tout le monde en avait par-dessus de la tête », a déclaré l’ancien directeur des travaux publics de la municipalité, aujourd’hui directeur du bureau de projets, René Lavigne. « Le pire a été dans la nuit de lundi à mardi [17-18 février] » en raison du vent. « Sur certains chemins, il y avait quatre pieds de neige de bord en bord. » 

Des sous-traitants privés ont dû être amenés avec des souffleuses à neige et des chargeuses pour aider à l’effort de déblaiement. 

Dans un cas, deux voitures ont été trouvées une à côté de l’autre et abandonnées, bloquant la route pour le déneigement. Les employés municipaux ont dû trouver les propriétaires et les faire venir déplacer leurs voitures afin que la route puisse être dégagée avant le trajet du matin. 

Cookshire-Eaton couvre le plus grand territoire dans la municipalité régionale de comté (MRC) du Haut-Saint-François. La municipalité a plus de 260 kilomètres de routes à déblayer et à déglacer en cas d’intempéries.  

M. Lavigne a dit que le plus grand défi est lorsque les tempêtes ou les pluies verglaçantes commencent vers 4 heures du matin, laissant à la municipalité à peine quelques heures pour rendre les routes passables pour les gens qui commencent leur journée ou pour l’accès par les véhicules d’urgence. 

Au cours des tempêtes consécutives de cet hiver à la mi-février, tous les employés du déneigement de la ville et ses 10 camions étaient en service sans interruption, avec environ 12 autres renforts ajoutés. 

Mais à 7 h le mardi 18 février, les routes étaient praticables, a déclaré M. Lavigne. « C’était une bonne, mais j’ai vu pire », a-t-il ajouté. 

Ni les tempêtes de neige ni les inondations imminentes n’ont brisé le budget de la municipalité, a déclaré le directeur général Martin Tremblay lors d’une entrevue la semaine dernière, au lendemain de la Saint-Patrick. « Jusqu’à présent, tout va bien. » À partir de ce moment-là, les prévisions semblaient bonnes, mais ces jours-ci, on ne sait jamais. Les vents, en particulier ceux qui soufflent du sud, semblent changer sur un coup de tête. 

M. Tremblay a déclaré que la municipalité était particulièrement reconnaissante envers ses employés après qu’ils avaient affronté les deux tempêtes hivernales. Des messages de remerciement ont été exprimés par la suite, en personne, sur les médias sociaux, et se poursuivront pendant les deux occasions annuelles de reconnaissance des employés de Cookshire-Eaton.  

Aussi, « on veut que la population constate que les gars pis les filles ont fait une bonne job. C’était du hors du commun, celle-là. » 

Milieux humides et hydriques : conservons-les


Le Plan régional des milieux humides et hydriques (PRMHH) sert à identifier nos écosystèmes essentiels comme les rivières, les lacs, les marais et les tourbières.

Ces milieux sont précieux : ils filtrent l’eau, réduisent les risques d’inondation et abritent une faune et une flore diversifiées. Le PRMHH est un plan d’action qui nous permet de mieux les conserver, tout en tenant compte des réalités locales.

La MRC du Haut-Saint-François travaille main dans la main avec les municipalités, les citoyens et les organismes du territoire pour trouver un équilibre entre développement et protection de l’environnement, en respectant trois principes clés :

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Le gaspillage alimentaire : une lutte dont on ressort gagnants!

Pour le mois de la nutrition, le Mouvement j’y participe! a choisi de s’attaquer de plein front à une réalité qui nous touche tous : le gaspillage alimentaire. Selon Recyc-Québec, c’est 16 % de la nourriture qui est perdue ou gaspillée au Québec et les ménages sont responsables de 30 % de ce gaspillage. Cela peut se traduire par une perte moyenne de 1300 $ par année pour une famille. Nous avons donc réellement le pouvoir de faire une différence au point de vue individuel.

C’est économiquement à notre avantage de travailler ensemble pour réduire le gaspillage alimentaire et ça, c’est sans parler des enjeux environnementaux et sociaux qui y sont associés : gaspillage de ressources et d’énergie, émissions de GES, émissions de biogaz associés à l’enfouissement des matières organiques, sécurité alimentaire, etc.

Des solutions? On ne fera pas de magie. La réduction du gaspillage alimentaire demande planification et organisation. Suivez la page Facebook du Mouvement j’y participe! pour connaitre nos meilleurs astuces antigaspi!

Source : RECYC-QUÉBEC (2022). Étude de quantification des pertes et gaspillage alimentaires.

Aurons-nous des éoliennes dans le Haut-Saint-François?

Une des 40 éoliennes du parc Saint-Robert-Bellarmin, dans la MRC du Granit, mise en service en octobre 2012. Photo fournie par EDF Renouvelables.

La municipalité de Dudswell a accepté une demande d’implantation d’un mât de mesure du vent en décembre dernier. Autour de nous, la MRC du Granit en est à son troisième projet éolien avec une vingtaine de turbines supplémentaires prévues d’ici décembre 2026. Au sud, la MRC de Coaticook prévoit entre 10 et 40 éoliennes le long d’un corridor entre Saint-Malo et Coaticook. Qu’en est-il dans le Haut-Saint-François? 

Le 30 mai dernier, Hydro-Québec et le gouvernement ont annoncé la Stratégie de développement éolien. Celle-ci prévoit « intégrer plus de 10 000 mégawatts de nouvelles capacités éoliennes d’ici 2035 ». « Selon cette trajectoire, la puissance installée éolienne du Québec quadruplerait d’ici 2040 », indique le Plan d’action 2035 d’Hydro-Québec. 

Malgré toute cette bonne volonté, peu de cette puissance éolienne risque de provenir du Haut-Saint-François. Comme l’indique le directeur général de la MRC, Dominic Provost, les endroits potentiels « ne rassemblent pas les conditions minimales permettant la viabilité de parcs éoliens ». 

Selon Hydro-Québec, les régions les plus favorisées en termes de brise sont la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay–Lac-Saint-Jean et le Nord-du-Québec. Cela n’empêche toutefois pas les promoteurs privés d’investiguer le sud du Québec afin d’implanter des projets potentiels. 

Près de chez nous 

Au printemps 2023, la MRC du Haut-Saint-François rencontrait Développement EDF Renouvelables inc. pour identifier des secteurs propices au développement éolien, dont Chartierville. EDF est derrière deux récentes demandes d’implantation de mâts de mesure éoliens à Dudswell.  

En décembre dernier, son conseil municipal a recommandé à la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) d’autoriser EDF à utiliser une partie d’un lot du chemin Poulin, dans le secteur Marbleton, pour implanter un mât temporaire de mesure de vent. Sa durée est estimée à un maximum de 24 mois.

En février, une dérogation mineure a été demandée à la municipalité de Dudswell afin d’implanter un second mât de mesure sur un lot boisé situé du 51, 10e Rang. Celle-ci a été rejetée comme le mât se serait trouvé à 1905 mètres du secteur du chemin de la Tête du lac d’Argent, qui comprend la Forêt habitée.  

Ailleurs en Estrie, le troisième parc éolien du Granit est présentement en consultation ciblée du BAPE jusqu’au 3 mai. S’il est accepté, il comporterait une vingtaine d’éoliennes à Frontenac et à Audet, qui se rattacheraient au poste de raccordement de Lac-Mégantic. Les deux premiers parcs existants sont situés à Saint-Robert-Bellarmin, totalisent 52 turbines et ont été inaugurés en 2012 et 2014 par Développement EDF Renouvelables inc. 

Le projet de parc éolien dans la MRC de Coaticook a suscité la grogne ces derniers mois au sein de la population. Un rapport qui fait suite à trois rencontres d’information et à une consultation en ligne toutes tenues en 2024 démontre que « les gens ne font pas confiance au processus ». Les 10 à 40 éoliennes projetées par le promoteur, l’entreprise québécoise Innergex, seraient éparpillées dans six municipalités allant de Saint-Malo jusqu’à Dixville. Pour ce projet, « la distance minimale entre les bâtiments habités et les éoliennes sera de 800 m. » 

Notre région face aux changements climatiques

Comme partout au Québec, le Haut-Saint-François ressent déjà les effets des changements climatiques :

  • Des inondations plus fréquentes affectent nos routes et nos maisons;
  • Les tiques porteuses de la maladie de Lyme sont plus nombreuses;
  • Les vagues de chaleur deviennent plus fortes et plus longues…

Ces phénomènes ont des conséquences sur notre santé, nos infrastructures et nos milieux naturels, mais nous ne sommes pas impuissants.

Ensemble, nous pouvons faire une différence!

Nos municipalités préparent un plan climat qui nous aidera à :

  • Se préparer aux changements climatiques pour mieux nous protéger;
  • Réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES) pour limiter ces changements.

Et vous?

Durant les deux prochaines années, citoyens, élus, entreprises et professionnels seront invités à bâtir ce plan ensemble. Des consultations publiques auront bientôt lieu et vos idées comptent.

Restez informés et participez! Cette chronique vous tiendra au courant des prochaines étapes. Toute l’information sur les consultations publiques sera aussi disponible sur notre page Facebook.

La réduction des déchets : poser les bases

Il peut parfois être difficile de savoir par où commencer lorsqu’on parle de réduction des déchets. Une réflexion en amont s’impose : quand on fait l’acquisition d’un bien, il faut tout de suite penser à son élimination.

La clé 3RV-E propose une hiérarchie pour orienter nos réflexions quand vient le temps d’acheter quelque chose de nouveau ou de s’en départir.

L’objectif est d’utiliser les ressources de manière efficace afin de réduire les impacts sociaux, économiques et environnementaux liés à la consommation.

L’enfouissement des déchets coûte cher et a de lourdes conséquences sur l’environnement. C’est le dernier recours après les 3RV.

LES 3RV-E EN ACTION

Prenons l’exemple d’un vieux livre.

Réduire à la source : En ai-je vraiment besoin? Non. Je peux l’emprunter à la bibliothèque ou l’écouter en version audio.

Réutiliser : Puis-je lui donner une deuxième vie? Oui! Je peux le donner ou le vendre sur un marché d’occasion.

Recycler : Puis-je le mettre au bac de récupération? Oui! C’est un imprimé et il pourra être recyclé.

Valoriser : Puis-je valoriser ce déchet? Oui! Je peux m’en servir pour allumer un feu de camp.

Éliminer : Quelle est la meilleure façon de l’éliminer? Normalement, on ne se rend pas là dans cet exemple.

Suivez la page Facebook du Mouvement j’y participe! pour ne pas manquer notre semaine zéro déchet du 17 au 21 février.

Le projet Je composte à l’école aussi à la Cookshire Elementary

À gauche, Bianca Boulet, conceptrice du projet Je composte… à l’école aussi!, avec les élèves de la classe de troisième année et leur enseignante, Jessica Stacey, à la Cookshire Elementary School. Crédit : Page Facebook Mouvement j’y participe – MRC HSF.

« C’est la classe de troisième année de l’école [que fréquentent mes enfants] qui a été sélectionnée pour le projet pilote Je composte… à l’école aussi!, qui est chapeauté par le Mouvement j’y participe!  Ma fille est dans cette classe, alors c’est comme avoir une espèce de patrouille verte à la maison », de dire Anick Fredette, agente aux travaux publics à Cookshire-Eaton et lauréate du prix Relève du Mérite municipal 2024. 

Comme l’explique Anick, « on travaille beaucoup avec les quatre écoles primaires sur notre territoire, en collaboration avec la MRC du HSF et le Mouvement j’y participe! » 

Si le projet pilote est concluant, « il va être utilisé dans toutes les écoles du HSF. Je vois l’influence [positive] que le Mouvement j’y participe! a sur mes enfants, à la maison », de conclure Anick. 

C’est Bianca Boulet, la responsable du Mouvement j’y participe!, technicienne en environnement et soutien technique à la MRC du HSF, qui a eu « cette idée de projet pilote, mais au départ c’était beaucoup plus petit. Finalement, plusieurs s’y intéressent et contribuent à faire grandir mon projet qui, je l’espère, aura encore plus d’impacts positifs que prévu. » 

« Je composte… à l’école aussi! a débuté le 7 octobre 2024 et se poursuivra toute l’année scolaire. Il inclut une sortie éducative chez Valoris et Biogénie, des mesures ajoutées dans toute l’école telles que l’ajout d’un bac à compostage à la cafétéria et la pose d’affiches pour rappeler aux élèves de mettre le papier à main dans le bac à compostage. À la fin du projet, on fera une capsule vidéo pour sensibiliser et pour motiver toutes les autres écoles du HSF et même celles de toute l’Estrie à faire de même », d’expliquer Bianca. 

Selon cette dernière, « la classe a accepté de participer au projet afin de démontrer que le compostage, ce n’est pas compliqué et que c’est aussi important [d’en faire] à l’école qu’à la maison. Trois fois par semaine, un élève est responsable de vider le bac, de peser la quantité amassée de matières organiques et de sortir le sac à l’extérieur. » 

« À la fin de l’année, les élèves pourront fièrement annoncer quelle quantité de matières organiques a été détournée du site d’enfouissement grâce à leurs efforts. Une belle expérience qui servira d’exemple à plusieurs autres classes et écoles, nous l’espérons », de dire Bianca. 

Une pesée et un chiffrier indiquant le poids total des matières organiques qui vont au compostage. Crédit : Page Facebook Mouvement j’y participe – MRC HSF

Le Mouvement j’y participe! est un projet conjoint entre les municipalités et la MRC du HSF. Il a été créé pour aider les citoyens, les industries, les commerces et les institutions du HSF à faire un meilleur tri à la source pour réduire la quantité de déchets destinés à l’enfouissement. 

La station 24 h de l’écocentre d’Ascot Corner se démarque

De gauche à droite :  Stéphane Roy, directeur de l’urbanisme et de l’environnement à la municipalité d’Ascot Corner; Nathalie Bresse, mairesse; et Stéphane Baillargeon, conseiller municipal. Crédit : Gen Studio Design

Un an après son ouverture, l’écocentre d’Ascot Corner s’est mérité un Prix Distinction lors du 30e gala de la Fondation Estrienne en Environnement (FEE). Plus précisément, c’est sa station libre-service 24 h qui s’est vue récompensée dans le cadre de l’événement qui a réuni 230 participants, le 7 novembre, à Magog.  

« On a dix stations, mais la première est ouverte 24 h sur 24, 365 jours par année. C’est pour cette partie-là qu’on a gagné le prix », explique la mairesse d’Ascot Corner, Nathalie Bresse.  

Cette station libre-service reçoit une vaste gamme de produits tels que les résidus domestiques dangereux (RDD), la peinture, l’électronique et même les vêtements. Les neuf autres stations de l’écocentre récupèrent les matériaux traditionnels comme le bois, le métal et le béton. 

La localisation du site – en plein cœur du village, derrière le garage municipal – en fait un lieu accessible pour les citoyens.  

Enfants

Un premier Festival de la biodiversité

L’université Bishop’s offrait des ateliers de découverte durant le Festival.

Plus de 400 personnes sont passées par le Parc écoforestier de Johnville dans le cadre du premier Festival de la biodiversité estrienne. L’événement proposait parmi ses activités des ateliers de découverte faunique et floristique.

« Au départ, on voulait célébrer le 35e » de Nature Cantons-de-l’Est, explique son directeur Stéphane Tanguay. « Finalement, on a décidé de juste célébrer la biodiversité puis les gens avec qui on travaille. »

L’organisme a débuté ses activités en 1989 sous l’appellation de Corporation de conservation du boisé de Johnville. « Ça fait une trentaine d’années que je suis dans ce monde-là et ça jamais été aussi propice à faire de la conservation qu’en ce moment », s’enthousiasme M. Tanguay. « Il y a une conscience environnementale qui est en hausse. »

Employée
Marie-Hélène Caron est technicienne en biologie pour Nature Cantons-de-l’Est.

À preuve, le Parc écoforestier a accueilli 35 000 visiteurs en 2023. Parmi eux, on retrouve beaucoup d’habitués. « Peut-être que le festival va amener des gens qui n’étaient jamais venus au parc », poursuit le biologiste de formation.

Pavillon à venir

Le Parc écoforestier est toutefois un secret de moins en moins bien gardé. Ces vingt dernières années, il est devenu un endroit prisé avec une affluence plus importante que jamais. Les installations rudimentaires accessibles aux visiteurs sont limitées et ne suffisent plus à la demande. C’est pour cette raison que la construction d’un pavillon d’accueil, alimenté en eau et en électricité, a été proposée.
Une campagne de financement avec un objectif de 500 000 $ est d’ailleurs organisée par l’Université de Sherbrooke dans ce but. Le cout total du projet devrait s’élever autour de 2 M$.

On est sur « des terrains qui sont prêtés par les universités de Sherbrooke et Bishop’s, mais qui sont gérés par Nature Cantons-de-l’Est », rappelle Stéphane Tanguay.

Sols

Un été pour nourrir humains, bêtes et sols

En descendant : Géneviève Régimbald, Marie-Antoine Roy et Chloé Boucher-Ravenhorst démontrant une belle santé de sol.

Il y a de la joie sur beaucoup de fermes cette année, non seulement pour la bonté d’un été idéal pour la culture, mais aussi pour la santé de certains sols bien nourris. « Cette année, c’est une année de pas vu » selon l’agriculteur Marie-Antoine Roy, 71 ans, lors d’un atelier sur les sols organisé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. (MAPAQ) à la Bergerie du Maple Leaf, situé près de Sawyerville, le 13 septembre dernier. « Ça a été exceptionnel. On a fait des foins de la première coupe du 29 de mai au 4 juin », a-t-il dit à une quinzaine de personnes venues présenter et apprendre sur la productivité de nos terres.

M. Roy venait de sortir quelques minutes auparavant d’un trou d’environ cinq pieds de profond au bord d’un de ses 1000 acres de champs. En présence de deux expertes du MAPAQ, il me montrait la qualité développée depuis quelques décennies de son sol, nommé scientifiquement un loam Greensboro par Chloé Boucher-Ravenhorst, qui se trouvait avec M. Roy et moi dans le trou, et Géneviève Régimbald, qui nous surveillait par en haut.

Pour ceux qui sont intéressés à creuser encore plus loin, une recherche Google sur le « Greensboro loam » vous amène en premier lieu à une étude intéressante du Département de l’Agriculture fédéral de novembre 1942 sur les sols des Cantons de l’Est, publiée par le Service canadien d’information sur les sols.

« Garde, ça, ça vaut de l’or », a exclamé M. Roy lorsque Mme Boucher-Ravenhorst a exposé une petite bête à environ 18 pouces de profond, au bord du trou. « Parce que, un ver de terre, c’est eux autres qui creusent », a ajouté M. Roy.

« Ça vaut de l’or parce qu’après c’est une autoroute pour les racines, pour l’eau qui descend… », a ajouté Mme Boucher-Ravenhorst.

« Il peut aller jusqu’à trois mètres dans le sol », selon Mme Régimbald.
Mais le premier point exprimé par les experts sur la qualité des sols était concernant les racines. « Il faut avoir des racines vivantes le plus longtemps que possibles dans le sol », a expliqué Mme Boucher-Ravenhorst.

M. Roy n’a alors pas labouré le champ qu’on étudiait depuis 15 ans. Il travaille plutôt une surface de quatre pouces et nourrit son sol avec des cultures pérennes comme la luzerne et l’alpiste roseau.
« Quand je suis arrivé ici, c’était une terre de pauvre. Personne ne voulait s’y installer », a dit M. Roy. Maintenant, « on a une très belle qualité de sol parce qu’on l’a travaillé. On l’a nourri.
« Papa a toujours dit; “ce que tu prends du sol, il faut redonner” ».

Valoris

Portes ouvertes chez Valoris

« Si les déchets étaient gérés publiquement partout au Québec, la discussion serait extrêmement différente » selon Louis Longchamps de Valoris, ici avec sa collègue Céline Martel avant leurs Portes ouvertes du 22 septembre.

Pour démystifier la gestion des déchets, sujet souvent très chaud pour des raisons non seulement chimiques, mais aussi économiques et environnementales, Valoris vient de clôturer ses Portes ouvertes annuelles pour la quatrième fois. Encore, le public s’intéresse.

« Les gens [ont pu voir] qu’est-ce qui arrive une fois que leurs déchets ont quitté la maison et s’en viennent ici », a décrit Louis Longchamps, directeur de développement durable et des relations externes et responsable de l’accès à l’information chez Valoris, qui est une régie intermunicipale de la ville de Sherbrooke et la municipalité régionale de comté (MRC) du Haut-Saint-François.

Valoris a entamé son évènement des portes ouvertes après des critiques de la communauté du fait que l’organisme ne communiquait pas assez avec le public. « On se l’a s’est fait dire par la communauté » lors des audiences publiques sur l’agrandissement du site d’enfouissement en février 2019, a dit M. Longchamps lors d’une entrevue le 5 septembre avec ce journal et sa collègue Céline Martel, coordonnatrice aux communications chez Valoris.

L’intérêt pour les Portes ouvertes de Valoris augmente d’année en année. En 2022, 75 personnes ont assisté; 130 en 2023; et au moment où ce journal allait sous presse, l’intérêt était encore fort pour l’évènement de cette année, qui a eu lieu dimanche passé, le 22 septembre.

L’activité est ouverte au grand public, mais les gens de Bury et de Westbury, de tout près du site d’enfouissement géré par Valoris, sont invités à un déjeuner avant l’évènement. Les participants cette année ont aussi eu la chance de quitter avec un échantillon de miel extrait de ruches sur place par la compagnie Miel l’été doré de Woburn.

« On prend ce moment privilégié là avec eux pour prendre de leurs nouvelles et pour faire le suivi sur différents dossiers qui peuvent les préoccuper », a expliqué M. Longchamps.

« Les gens avec qui on a discuté sont très, très heureux d’avoir cette invitation », a ajouté Mme Martel.
Elle et Olivier Sylvestre de Biogénie, une compagnie privée avoisinante et mandatée par Valoris de traiter les matières compostables, sont allés porte à porte pour inviter les résidents autour du site de venir au déjeuner gratuit.

« Même s’il y en a qui parfois peuvent arriver et avoir des choses qui eux considèrent plus rough à dire, moi, ça ne me dérange pas; on travaille sur le site tous les jours, fait qu’il y a des désagréments qu’eux peuvent dire qu’ils ont vécus, alors on les comprend parce qu’on sait que c’est vrai. C’est un endroit libre pour s’exprimer », a dit M. Longchamps.

Il a offert cette même ouverture envers les journalistes aussi.
« Moi, je suis public. Donc je n’ai rien à cacher. Je vous rends l’information disponible. Puis si je ne peux pas la rendre disponible, je vais expliquer pourquoi je ne peux pas la rendre disponible. En fait, les seuls documents, les choses qui sont plus problématiques sont en lien avec le fait que Valoris est une entreprise, une régie publique, mais qui œuvre dans un milieu privé. Fait que, les petits joueurs comme nous autres là-dedans, on vient comme déranger. Puis ça joue dur… C’est très, très dur. On est dans deux poids, deux mesures. Moi, je pense que si les déchets étaient gérés publiquement partout au Québec, la discussion serait extrêmement différente », de dire Louis Longchamps.

Coût des déchets

Les résidents du Haut-Saint-François vivent aussi parfois les désagréments financiers reliés à leurs comptes de taxes municipales. M. Longchamps a clarifié que Valoris ne détermine pas le coût des déchets chargé par chaque municipalité; la régie intermunicipale est responsable pour la gestion des déchets et non le collecte qui fait aussi partie de la facture municipale.


« Le budget de Valoris [dans les coûts municipaux] pendant les trois dernières années n’a pas augmenté. On est resté exactement pareil », a dit M. Longchamps.

St-Isidore

Terre libre de Saint-Isidore reçoit 114 000 $ de financement

Des membres de la famille Pouliot et de Terre libre en présence des élus municipal et fédéral : de g. à d., Germaine Pouliot, Émile Pouliot, le maire André Perron, la députée Marie-Claude Bibeau, Claire-Marie Laplante, Marc-Sylvain Pouliot, Patrick Brodeur et Diane Pouliot.

L’organisme Terre libre, membre de la Coopérative les Jardins de Victoria à Saint-Isidore-de-Clifton, a reçu ce mois-ci une importante aide financière du gouvernement fédéral dans la poursuite de leur sauvegarde des terres agricoles et de l’ancienne ferme Bégin-Pouliot.

Le financement de 113 941 $ du Fonds des infrastructures alimentaires locales, annoncé par la députée Marie-Claude Bibeau, aux Jardins de Victoria sur le rang 9 au début août, permet dans l’immédiat la production d’aliments pour Moisson Haut-Saint-François.

Déjà, plus de 300 livres de concombres et d’autres légumes avaient été livrés à la banque alimentaire à East Angus lors de la conférence de presse. Environ 450 plants de tomates, 100 plants de tomates cerises et 100 plants de poivrons poussaient à bon rythme dans la serre de 3000 pieds carrés, financé par le Fonds fédéral.

Le financement contribue aussi aux investissements dans une chambre froide, un puits artésien, un tracteur et ses attaches et l’agrandissement des parcelles de terre en production. Terre libre loue ses terres de la Coopérative les Jardins de Victoria, elle-même l’évolution de la ferme originale sur le 9e rang, défrichée par Victoria Bégin et Louis Pouliot à partir de 1910.

« Les descendants de Victoria et Louis se sont succédé pour cultiver et entretenir la terre familiale. Ce sont trois générations qui ont vécu de la terre et qui lui ont donné différentes vocations » selon le site Internet des Jardins de Victoria.

Mais vivre de la terre sur une petite ferme familiale n’est plus ce qu’il était. « On était tanné de perdre de l’argent », dit le descendant Marc-Sylvain Pouliot en entrevue lors de l’annonce du financement le 9 août. Marc-Sylvain et sa famille opéraient un jardin maraîcher avant de créer la Coopérative en 2011.

« Tout le noyau familial a embarqué dans ce projet », a dit Diane Pouliot, soeur de Marc-Sylvain. Justement, plusieurs membres louent maintenant des parcelles de terre de la Coopérative. « Mais il y a de l’ouverture pour de nouveaux membres… et pour beaucoup de projets. »

Terre libre est aussi membre de la Coopérative. L’organisme à but non lucratif a été créé en 2007 pour « préserver la terre pour les générations futures », de dire Mme Pouliot en entrevue; et « à la suite du constat de la dégradation du domaine agricole au Québec et de la nécessité de rapprocher les gens de la nature et de l’abondance qu’elle nous offre » selon le site Internet de Terre libre.

L’organisme se définit comme un projet de Fiducie d’utilité sociale agricole (FUSA) « visant à faciliter l’accès à la terre pour des projets d’agriculture à l’échelle humaine ». Au terme des démarches, la ferme originale de 200 acres de Victoria et Louis appartiendra alors à une fiducie établie par Terre libre en collaboration avec l’organisme québécois Protec-Terre.

« En établissant une FUSA, la propriété de la terre n’est plus détenue par une personne, mais par une entité à but non lucratif qui doit apporter des avantages à la communauté. Les FUSA contribuent à prévenir la spéculation foncière en garantissant que les terres demeurent réservées à l’agriculture, en préservant les écosystèmes et en générant des bénéfices à long terme pour la société » selon le site Internet de Protec-Terre.

Plusieurs petites fermes du Haut-Saint-François cherchent leurs propres solutions pour la viabilité et la pérennité. Aux Jardins de Victoria et Terre libre, les démarches, complexes qu’elles soient, portent fruit.

Réduction de l’enfouissement : « chacun a sa part à faire »

Un nouveau plan de gestion des déchets de la MRC propose encore plus de mesures visant à détourner de l’enfouissement davantage de matières résiduelles que d’habitude. Ce qui a eu pour effet que le plan est entré derechef en application.

Le département de l’environnement de la MRC du Haut-Saint-François (HSF) a réussi à impressionner les intervenants du ministère de l’Environnement du Québec qui, dès la première lecture, ont entériné d’emblée le projet de révision du Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) 2024-2031.

« Il contient 30 mesures encourageant de différentes façons le détournement des déchets de l’enfouissement, la réduction des coûts de l’enfouissement, l’augmentation des redevances gouvernementales et la protection de l’environnement », a écrit la MRC du HSF dans son communiqué pour transmettre la nouvelle à la population.

Citons quelques nouveautés que préconise le PGMR en question :

  • Il encourage les municipalités et les industries, commerces et institutions (ICI) à obtenir la certification ICI on recycle proposée par Recyc-Québec. Il s’agit d’un programme de reconnaissance pour les ICI proactifs et engagés à améliorer leur performance en gestion des matières résiduelles;
  • Il bonifie les services d’écocentres en améliorant les services de proximité (écocentres mobiles et satellites) et ajoute de nouvelles matières acceptées dans ces installations;
  • Il procède à l’interdiction graduelle de produits à usage unique, comme les sacs, pailles, gobelets, etc.;
  • Il crée une certification maison pour promouvoir les restaurants écoresponsables ;
  • Il incite les chantiers de construction à la gestion des déchets dans ce domaine, incluant la rénovation et la démolition (CRD);
  • Il étudie différentes options d’écofiscalité telles que la facturation au citoyen calculée au poids de matières envoyées à l’enfouissement ou lors de demandes de bacs supplémentaires.

Les différentes mesures seront déployées graduellement et feront l’objet d’une analyse approfondie avant chaque décision finale, afin que les objectifs soient atteints avec efficacité et au moindre coût.

« Les efforts de sensibilisation du PGMR confirment le rôle du Mouvement J’y participe !, voué à la réduction des déchets. Chacun de nous, dans le HSF, avons notre part à faire. Ce n’est qu’ainsi que nous réussirons à préserver notre environnement, réduire nos coûts de gestion des matières résiduelles et augmenter les revenus de redevances que reçoivent nos municipalités. Voilà qui ne peut qu’être à notre avantage en tant que citoyens », a affirmé le président du comité environnement et préfet de la MRC, Robert G. Roy.

Ce comité, composé de représentants des 14 municipalités du HSF, a été mandaté pour faire le suivi du PGMR, en collaboration avec l’équipe du département de l’environnement.

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