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OPINION | Recensement 2026 : perdu dans le chaos de nos communications

Le recensement 2026 arrive au moment où les Canadiens et Canadiennes partagent déjà des informations personnelles chaque minute de chaque jour à travers les technologies cellulaires et les médias sociaux.


Statistique Canada nous y encourage même, en suggérant que l’on écoute de la musique à travers l’application Spotify en remplissant notre recensement.


Ce paradoxe du recensement actuel illustre bien la transformation fondamentale que nous vivons tant au niveau social qu’économique. Il s’articule dans un paysage chaotique saturé d’informations et de communications.


Si nous avons l’obligation légale de compléter le recensement, il n’est pas illégal pour des mégacorporations étrangères de récolter nos informations si facilement et de nous influencer si fortement.


Tout cela circule comme des courants d’air invisibles tout autour de nous, par les clics et par le virtuel.
Heureusement, Statistique Canada offre aussi l’option de compléter le sondage en version papier. Dans le Haut-Saint-François, comme dans plusieurs autres régions à travers le Canada, l’accès à la technologie est limité.


Malgré toute l’information qui transige à travers ces courants d’air invisibles, le recensement demeure un outil important de communication entre la population et ceux qui prennent des décisions concernant les services qui seront offerts au public.


Comme nos autres moyens de communication traditionnels, il offre une fiabilité et une crédibilité qui font défaut dans les nouveaux médias.


Mais tout d’un coup, il ressemble pas mal à une antiquité, non ? Comme un vieux qui essaie de danser, dans une foule de jeunes branchés, sur des rythmes qui ne sont peut-être même pas connus de Statistique Canada.


Sa suggestion que l’on écoute de la musique sur Spotify plutôt que sur OHdio de Radio-Canada ou son équivalent en anglais, Listen de la CBC, est triste.


Pire encore, Statistique Canada fait la publicité de son recensement sur des plateformes comme Amazon, au détriment des médias canadiens.


Ceux dans le gouvernement fédéral qui font ces choix publicitaires contribuent dès lors au chaos dans lequel nous devons tous naviguer aujourd’hui.


Dans ce nouveau « Far West », le Canada a désespérément besoin de renforcer sa Politique sur les communications et l’image de marque fédérale. La clause 4.1.3.3 exige aux fonctionnaires d’« utiliser les outils et les canaux de communication les plus appropriés pour atteindre efficacement le public et les objectifs ». Depuis mars dernier, ils doivent aussi « veiller à ce que leur ministère établisse une stratégie pour gérer la mésinformation et la désinformation en lien avec son mandat ».


La plateforme d’Amazon, est-elle vraiment la plus appropriée ? Est-ce qu’on a confiance en ce qu’on lit sur les médias sociaux ? Notre objectif est-il de renforcer les outils de communication étrangers ? Qu’arrivera-t-il quand Postes Canada ne sera plus que l’ombre d’elle-même ; quand nos journaux et nos chaînes de radio et télévision canadiens seront décimés ; quand les algorithmes nous auront retournés les uns contre les autres ?


Déjà, le recensement de 2026 est devenu diviseur. On assiste à un mouvement dans les médias sociaux contre ce qui demeure un rituel quinquennal essentiel de collecte de données démographiques.
Plus nos gouvernements encouragent des médias à la fiabilité questionnable, et abandonnent les médias traditionnels canadiens, plus l’on peut s’attendre à la désintégration interne de notre société.


Entre-temps, nous pouvons tous aider un peu : remplissons notre recensement et encourageons nos fonctionnaires provinciaux et fédéraux à communiquer avec nous par les médias de chez nous !

Scott Stevenson

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Scott Stevenson
Scott est le directeur du Journal depuis 2024. Originaire du Canton de Hatley, il demeure sur sa ferme à Island Brook depuis 2012.

 

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