Si nous continuions d’imprimer le journal, mais qu’il restait seulement disponible à nos bureaux, viendriez-vous vous en chercher un exemplaire ? Pour bien des lecteurs, la réponse serait probablement non.
Parallèlement, si nous publiions nos articles seulement sur notre site Internet (www.journalhsf.com), nos lecteurs iraient-ils directement sur le site pour les lire ? Probablement pas, pour la plupart.
À une autre époque, les lecteurs intéressés achetaient un abonnement payant pour couvrir le coût postal de l’envoi du journal directement chez eux. Comme ils savaient que les clients publicitaires souhaitaient rejoindre le plus grand nombre de personnes possible, de nombreux éditeurs ont alors choisi d’offrir gratuitement leurs journaux à chaque adresse. L’éditeur absorbait les coûts, essentiellement de main-d’œuvre, d’impression et de distribution, pour augmenter leurs revenus publicitaires.
Comme notre paysage a changé ! Au début de 2024, le Publisac a cessé ses opérations porte-à-porte, donnant à Postes Canada le monopole sur cette forme de distribution. Nos coûts de distribution ont alors plus que doublé, sans parler des grèves.
En ligne, les médias sociaux captivent l’attention du public depuis leur arrivée, au détriment des médias professionnels de l’information et de l’actualité. Votre journal communautaire s’est néanmoins jeté dans la mêlée, avec son propre site Internet et la diffusion de ses contenus par les médias sociaux, principalement Facebook, en raison de sa grande popularité dans le Haut-Saint-François et ailleurs.
En 2023, le gouvernement fédéral a adopté la Loi sur les nouvelles en ligne, obligeant les grandes plateformes à contribuer financièrement aux médias canadiens desquels elles tiraient leurs contenus. Google a accepté, mais Facebook (Meta) a pour sa part refusé, décidant même d’interdire la diffusion de toute nouvelle émanant des médias canadiens.
Le Haut-Saint-François avait évité ce blocage en 2023, possiblement grâce à son statut d’organisme communautaire . Mais, le 11 août dernier, le couperet est tombé : tous les liens vers notre site Web partagés sur notre page Facebook ont subitement été désactivés et il ne nous est plus possible d’en publier de nouveaux.
Nous nous adapterons.
Nous utiliserons Facebook dans les manières permises. Nous développerons aussi nos propres moyens de diffusion. Nous prévoyons, par exemple, l’envoi de notifications et d’une infolettre pour vous aviser lorsque nos articles seront publiés en ligne. Cela impliquera le retour des abonnements, dans ce cas de façon numérique.
Le coût de la distribution par Postes Canada demeure aussi un obstacle majeur. La plupart des journaux imprimés offerts gratuitement aujourd’hui effectuent leur distribution à des points de chute, où vous devez aller récupérer votre journal, comme au dépanneur.
Peut-être que Le Haut-Saint-François devra bientôt adopter ce modèle, avec l’option d’acheter un abonnement pour recevoir le journal directement chez vous.
Postes Canada risque alors de nous perdre, comme tellement d’autres journaux, comme client important.
Vos commentaires et idées à ce sujet sont les bienvenus. L’équipe du Journal, membres du conseil d’administration et employés, se penchera sur le sujet le 14 septembre prochain. N’hésitez pas à nous communiquer vos suggestions.
Scott Stevenson



