Lingwick

Un nouvel intérêt pour les élections

Rangée du haut, à partir de la gauche: Catherine Bouffard, Stéphanie Bureau, Caroline Poirier, Elizabeth Bernatchez, Suzanne Jutras. Rangée du bas: Sylvio Bourque et Guy Lapointe.

Tous les matins de semaine, je m’installe au Café Collectif pour y prendre un café et jaser avec des amis et les clients qui passent. On parle de tout et de rien, dépendamment de la température, de la journée de la semaine ou encore de ce qui se passe dans nos municipalités.

Dernièrement ont eu lieu les élections, et nous avons profité de ces moments pour approfondir le sujet.
C’est la première fois que je m’y intéresse vraiment. Pourtant, c’est la deuxième fois, compte tenu de mon jeune âge, que j’ai l’occasion de voter. Pourquoi cet intérêt soudain ? Sans doute parce que je sens qu’un vent de changement souffle sur nos municipalités du Haut-Saint-François. On remarque la présence grandissante de jeunes et de femmes parmi les élus. Aussi, plusieurs postes n’étaient pas réellement en élection — plusieurs candidats ont été élus sans opposition — mais derrière cette apparente stabilité, on observe un profond renouveau au sein des conseils municipaux de la MRC du Haut-Saint-François.

Les conseils municipaux sont formés à près de 45 % de femmes. Que ce soit dans des postes de mairesses comme Nathalie Bresse (Ascot Corner), Daphné Raymond (Cookshire-Eaton), le retour de Johanne Delage (La Patrie), ou encore plusieurs conseillères comme Nancy Laliberté, Annie Guillemette, Josée Pérusse (Cookshire-Eaton), Elizabeth Bernatchez, Suzanne Jutras, Stéphanie Bureau et Catherine Bouffard (Lingwick).

La jeunesse s’est elle aussi levée et a décidé de prendre sa place. On peut penser à Mathieu Skelling, Demmi Dolbec (East Angus) ou Cédérick Ménard (Westbury).
Comme Sabrine Denault Lapointe, conseillère pour la Ville d’East Angus m’a mentionné « 42 nouveaux visages ont fait leur entrée sur les conseils municipaux, soit près de la moitié (42 sur 98 postes). C’est un signe fort que la population locale souhaite s’impliquer et apporter de nouvelles idées pour le développement de nos communautés. »

Et c’est peut-être ça, finalement, qui me rejoint le plus. Voir ces femmes et ces jeunes s’impliquer, faire entendre leur voix et contribuer activement à la vie municipale, ça rend la politique locale plus vivante, plus inspirante — et surtout plus près de moi. C’est ce qui me donne envie, à mon tour, de m’y intéresser davantage et de croire que chacun de nous peut avoir un impact, peu importe notre âge ou notre parcours.

Parce que la jeunesse, c’est elle qui porte l’avenir. Mais pour bâtir solidement, il faut aussi s’appuyer sur celles et ceux qui étaient là avant eux. Prenons l’exemple d’East Angus, où plusieurs jeunes font maintenant partie du conseil municipal. L’équilibre se crée grâce à la présence de figures d’expérience comme Antoni Dumont et Nicole Bernier (réélue), ainsi que Normand Graillon, ancien directeur général de la municipalité. Ces personnes d’expérience apportent une mémoire collective, une sagesse et un recul qu’on ne peut acquérir qu’avec le temps. Ensemble, jeunes et moins jeunes, ils traceront la voie d’un avenir solide pour nos municipalités.

J’espère que d’autres, comme moi, auront envie de s’y intéresser davantage, parce que chaque voix compte et que notre implication peut réellement faire une différence.

Bianka Gelé Dupuis
Directrice des ventes

Élections municipales: Un grand intérêt pour le vote par anticipation

L’équipe du bureau de scrutin d’Island Brook lors du vote par anticipation le 26 octobre dernier: Darquise Langevin et France Dumont, assise; Jocelyne Courtois, Josée Groulx, Lise Houle, et Carolyn Yeates, en arrière.

À Newport, on était une quarantaine à voter tôt, le dimanche 26 octobre dernier, sans ligne d’attente vers 18h le soir, mais à East Angus et ailleurs au Québec, les lignes d’attente étaient souvent de 60 à 90 minutes.

Le taux de participation au vote par anticipation était de 17% cette année à travers le Québec, comparé à 13% lors des dernières élections municipales en 2021.

Trente-six postes de préfecture, mairie, ou conseiller sont en élection ce dimanche 2 novembre pour la Municipalité régionale de comté (MRC) du Haut-Saint-François ainsi que ses 14 municipalités, plus la Municipalité de Saint-Malo, qui fait partie du territoire couvert par le Journal régional Le Haut-Saint-François.

Près de 70% des poste de conseillers à travers la région sont déjà élus sans opposition.

Le Haut-Saint-François publiera les résultats dès le lundi prochain sur sont site Internet et dans son édition papier le mercredi prochain.

Les maires derrière Robert G. Roy à la préfecture

Le conseil de MRC du 15 octobre était la dernière réunion de certains maires qui ont annoncé leur départ de la vie politique, dont Mario Gendron à Cookshire-Eaton, Lyne Boulanger à East Angus, Marcel Langlois à Lingwick et Gray Forster à Westbury. Photo : Jean-Marc Brais

Les maires du Haut-Saint-François ont témoigné leur appui à Robert G. Roy en vue des élections lors de la séance du conseil de la MRC du 15 octobre dernier. « On appuie Robert sans conditions. On sait qu’on veut continuer avec lui, puis qu’il est après amener la MRC ailleurs », a témoigné le maire de Weedon, Eugène Gagné.

Parmi les réalisations de Robert G. Roy, les maires citent l’administration du Centre local de développement (CLD) dans le contexte de guerre tarifaire avec les États-Unis. Valoris, qui est sous sa vice-présidence, a également renoué avec la rentabilité ces dernières années.

Celui qui est préfet depuis 2017 a toujours réussi à maintenir l’harmonie au sein de la MRC, malgré les dossiers difficiles, comme celui de la piscine à la Polyvalente, rappelle le groupe de maires. M. Roy s’est également impliqué sur le conseil d’administration de Transport HSF, après l’annonce des déboires de l’organisme.  

En entrevue, Robert G. Roy disait convoiter un dernier mandat en tant que préfet.

Élections municipales : entre continuité et sang neuf

De gauche à droite et de haut en bas : les candidats à la mairie Daphné Raymond et Marc Turcotte à Cookshire-Eaton; Guillaume Landry à East Angus; Jean-François Lapointe à la préfecture de la MRC; Mario Dolbec et Pierre Reid à Westbury. Photos fournies

À la suite de la fin du dépôt des candidatures le 3 octobre, six municipalités du Haut-Saint-François ont eu un maire élu sans opposition, soit Ascot Corner, Hampden, Lingwick, Newport, Saint-Isidore-de-Clifton et Weedon. Les huit autres municipalités de la MRC connaitront leur maire lors des élections du 2 novembre. Il en va de même pour le poste de préfet. Autrement, 57 postes de conseillers municipaux sur 84 ont été comblés par acclamation, soit 68 %.

Préfecture MRC

Au poste de préfet, Robert G. Roy a laissé savoir qu’il visait un dernier mandat. Jean-François Lapointe, résident d’East Angus, se présente contre lui.

Ascot Corner

Aucune élection à venir du côté d’Ascot Corner. Tout le monde a été élu par acclamation. Notons un retour de la mairesse Nathalie Bresse et de quatre conseillers municipaux : Sylvie Boucher, Stéphane Baillargeon, Lisa Cadorette et Hélène Bédard. Deux nouveaux conseillers font leur entrée, soit Stéphane Rioux et John St-Cyr.

Bury

Bury aura six postes en élections, soit celui de maire et de cinq conseillers. Seul le siège de conseiller # 4 occupé par Russell Perkins est resté identique, lui qui avait fait son entrée au conseil en août 2024 lors d’une élection partielle. Autrement, le maire sortant, Denis Savage, affrontera Yves Payette. Onze candidats ont soumis leur candidature pour les cinq postes de conseillers restants.

Chartierville

Deux sièges sont en élections : celui de maire et de conseiller # 1. Les cinq autres sièges de conseiller ont été comblés par acclamation par trois conseillers actuels (Jean Bellehumeur, Frédéric Landry, Claude Sévigny) et deux nouveaux (Pierre Boucard, Jean-François Lachance). Le maire sortant Denis Dion affrontera Daniel Lauzon. Au siège de conseiller # 1, Lise Bellehumeur, conseillère sortante au poste 6, se frottera à Daniel Bessette Leblanc.

Cookshire-Eaton

Cookshire-Eaton est la seule municipalité du Haut-Saint-François à voir tous ses sièges être en élections. À la mairie, la conseillère Daphné Raymond se présente aux côtés de Marc Turcotte, qui avait présenté sa candidature à la préfecture de la MRC en 2021. Ceux-ci tentent de succéder à Mario Gendron, qui a annoncé son départ. Parmi les conseillers, mentionnons la candidature de Sylvain Vallée dans le district 3, qui a fait parler de lui pour son affiliation au club de motards des Gitans de Sherbrooke, associés aux Hells Angels.

Dudswell

Dudswell aura deux sièges en élections, soit celui de maire et de conseiller # 2. Les cinq autres sièges de conseillers ont été comblés par acclamation par quatre nouveaux venus (Louise St-Cyr, Claude Lortie, Jean-Yves Blaquière, Chantal Fortier) et Matthew Dubé, qui était entré au siège 6 lors de l’élection partielle de septembre 2024. La mairesse sortante, Marianne Paré, affrontera Jean-Pierre Briand.

East Angus

East Angus aura deux sièges en élections, soit celui de maire et de conseillère # 3. À la tête de la Ville, Stephen (Steve) Gauley, maire d’East Angus pendant huit ans, affrontera Guillaume Landry, ancien conseiller au poste 2. Ceux-ci tentent de succéder à Lyne Boulanger, qui a annoncé son départ il y a un an. Trois nouveaux conseillers font leur entrée en poste, soit Sabrina Denault Lapointe, Mathieu Skelling et l’ancien directeur général de la Ville, Normand Graillon. Les conseillers Antoni Dumont et Nicole Bernier seront de retour à leur siège respectif. Deux femmes s’affrontent pour le poste de conseillère # 3, soit Demmi Dolbec et Esthelle Larouche.

Hampden

Le Canton de Hampden n’aura aucune élection le 2 novembre prochain. Bertrand Prévost est de retour au poste de maire. Quatre conseillers poursuivront leur implication, soit Lisa Irving, Monique Scholz, Chantal Langlois et Martin Turcotte. Deux nouvelles conseillères font leur entrée au sein du conseil municipal, soit Danielle Bourque et Mylène Guillette.

La Patrie

La Patrie aura six postes sur sept en élections. La mairie connaitra une lutte à trois, fait unique dans le Haut-Saint-François dans le cadre de ces élections municipales. La mairesse sortante Johanne Delage affrontera l’ancien conseiller Richard Blais de même que Lydia Laquerre. Le poste de conseiller # 1, occupé jusqu’à tout récemment par Richard Blais, a été comblé par acclamation par Luc Bibeau. Autrement, onze candidats se disputent les cinq sièges de conseillers restants.

Lingwick

Caroline Poirier, de la Ferme Croque-Saisons, a été élue par acclamation au poste de mairesse. Elle succède à Marcel Langlois, qui avait pris le relais par intérim lors de l’élection partielle de janvier dernier. Le reste du conseil municipal demeure le même que celui des derniers mois, avec cinq conseillers réélus par acclamation. Le siège de conseiller # 5 est le seul en élection dans le canton, avec Martin Jolicoeur qui présente sa candidature contre Stéphanie Bureau, entrée en poste lors de la partielle de janvier dernier.

Newport

Le maire Robert Asselin a été réélu par acclamation. Trois conseillers qui se sont représentés ont aussi été élus sans opposition, soit Allan Stanley, Anne Marie Yeates-Dubeau et Timothy Morrison. Les trois sièges restants sont tous disputés par de nouveaux candidats.

Saint-Isidore-de-Clifton

Le maire André Perron a été réélu sans opposition. Cinq postes de conseillers demeurent les mêmes, sauf le siège 2 où s’affrontent Gabrielle Letarte-Dupré et Didier Marchione, après le départ d’Yves Bond.

Scotstown

Deux femmes s’affrontent pour le poste de mairesse, soit Sylvie Dubé et Sonia Cloutier. Mme Dubé avait assuré l’intérim de la mairie en 2020-2021, à la suite du décès du maire Iain MacAulay. Mme Cloutier a été élue conseillère # 6 lors d’une élection partielle en mars 2024. Elles tentent de succéder à Marc-Olivier Désilets, qui se retire après un mandat. Cinq sièges de conseillers ont été comblés par acclamation. Le siège 3 verra s’affronter la conseillère sortante Nadine Pesant et Christophe Morassut.

Weedon

Le maire Eugène Gagné a été réélu sans opposition. Quatre conseillers sont de retour dans leurs fonctions, soit Olivier Paiement, Daniel Groleau, Renée Montgrain et Denis Groleau. Les seules élections à Weedon concerneront les sièges de conseillers 1 et 2.

Westbury

La seule élection du Canton de Westbury concerne le poste de maire, pour lequel s’affrontent les conseillers Mario Dolbec et Pierre Reid. Ils souhaitent succéder à Gray Forster qui se retire, après avoir siégé depuis 2009. Les six postes de conseillers ont tous été comblés par acclamation. On y retrouve trois anciens (Mélanie Cyr, Claudia Gilbert, et Rock Lamontagne). Parmi les nouveaux, mentionnons l’arrivée de Cédrick Ménard, qui n’a pas eu accès à de l’eau pendant un an, avant que la situation ne soit résorbée.

Robert Roy vise un dernier mandat comme préfet

Robert Roy lors de l’inauguration de la piste de vélo de montagne Zone Nature à Dudswell le 11 juin dernier. Photo : Jean-Marc Brais

Robert Roy souhaite se faire réélire à la préfecture de la MRC du Haut-Saint-François. Celui qui occupe ce poste depuis 2017, après avoir été maire et conseiller à East Angus depuis 2001, affirme carburer aux projets et souhaiter compléter les dossiers qui sont ouverts. 

«Il y a toujours une discussion au sommet avec mon épouse. Elle m’a dit “Si tu y vas et que tu passes, c’est le dernier mandat.”» Robert Roy est plus motivé que jamais à poursuivre le travail entamé. «Ce sont les citoyens qui vont décider, mais j’ai encore la flamme.»

«Depuis 2021, c’est plus de 60 projets qu’on a travaillés dans le Haut-Saint-François qui ont généré des investissements de plus de 20 millions. C’est près de 360 emplois sauvegardés et créés, 400 dossiers d’aide technique pour les gens en entreprise et en démarrage… C’est ça qui me fait carburer!»

Développement

Robert Roy croit que le paysage économique est en train de changer dans sa MRC. «Avec ce qu’on sait qui s’en vient, on constate que le Haut-Saint-François a vécu un tournant. Il y a beaucoup d’entreprises qui flairent la région et c’est formidable.»

«Même si on a un gros secteur forestier, on va être capables de diversifier nos activités. Avec le Centre local de développement, ça fonctionne vraiment bien.» Parmi les bons coups de cette organisation, il souligne le programme Ambassadeur RH, qui met à la disposition des municipalités et des petites entreprises des spécialistes en ressources humaines. 

Photo : Frédéric Côté/La Tribune

Robert Roy croit que sa MRC a tout le potentiel pour poursuivre le développement. «Depuis 2028, on a 6,3 % d’augmentation de population. On est à 23 946 personnes. En 2018, on était autour de 22 500. J’aimerais bien atteindre le 25 000 et je sais qu’on est capables, même s’il y a de gros défis.»

«Je veux continuer de vendre ma MRC. Le nom du Haut-Saint-François tourne ailleurs. On s’est relevés dans le passé quand il y a eu la crise du bois sans aide gouvernementale. On peut dire qu’on peut être fiers de nous. Je veux travailler sur l’attractivité, la rétention, que les gens soient bien ici. Et l’augmentation de population, ça veut tout dire. Je veux continuer ça avec l’équipe. Et je mentionne l’équipe, parce que c’est vraiment en équipe que c’est possible.»

Défis

Le préfet reconnaît que les défis sont nombreux, et c’est précisément ce qui le motive à poursuivre. «On a le sujet du logement social et abordable. On travaille encore là-dessus, il y a un projet de 45 logements qui est toujours en cours.»

Cette année, le transport en commun a connu des difficultés dans la MRC. Robert Roy affirme: «Le transport adapté, je veux le remettre sur la track. Je ne veux pas partir avec un dossier qui ne va pas bien.»

Robert Roy croit également qu’il faut trouver d’autres sources de revenus pour les municipalités. Il cite en exemple une redevance qu’il a négociée auprès du gouvernement.

«Avec la FQM, on avait demandé qu’un pourcentage de la TVQ soit transféré aux petites municipalités selon trois critères. On a demandé que ce soit pondéré en fonction de la population, de l’éloignement des grands centres et de l’indice de dévitalisation.»

Désormais, il souhaite trouver de nouvelles opportunités. «Au-delà des éoliennes, il y a peut-être autre chose, et avant d’aller là, on va faire des consultations.»

Selon lui, la possibilité de construire en terrain agricole devra être négociée. «Dans notre milieu, on a des articles 59, qui donnent le droit de construire en milieu agricole. Il y a les îlots déstructurés et des articles 59 grande superficie. Pour ceux-là, il faut un minimum de 10 hectares pour pouvoir construire. Ça, c’est triste, parce que si le terrain fait 9,5 hectares, tu ne peux rien faire, même si le terrain est sur le roc, pas cultivable. Et là tu prives les villes de revenus de taxes. Je m’apprête à passer une résolution pour demander à la Commission de protection du territoire agricole et au gouvernement de nous laisser le droit de bâtir sur ces terrains-là.»

En milieu urbain, il s’engage à négocier pour les municipalités. «Le gouvernement veut qu’on densifie. C’est bien beau, mais il faut qu’il suive. Par exemple, à Ascot Corner, ils sont accotés à cause de la capacité de traitement des eaux. Ça va freiner le développement. J’ai commencé à en parler avec la Fédération québécoise des municipalités.»

Entre le schéma d’aménagement à faire, la couverture du service incendie et les changements climatiques, Robert Roy sait qu’il aura du pain sur la planche.

«La carte des zones inondables va sortir en 2026. Après les inondations de 2017, ils ont peinturé plus large. J’appréhende un peu, parce que ça peut avoir un impact à certains endroits sur la valeur des maisons et les assurances.»

«Mon seul engagement électoral, c’est d’être là à 100 %. Je ne ferai pas de promesses, je n’ai pas tout le contrôle. Je veux représenter les villes pour aller chercher le maximum.»

Cookshire-Eaton : Mario Gendron cèdera sa place à la mairie

Photo : Ariane Aubert Bonn/La Tribune

Le maire de Cookshire-Eaton, Mario Gendron, ne fera pas partie de la course aux élections de novembre. Ce dernier termine son mandat avec un mélange de fierté et de frustrations par rapport à son passage en politique municipale. 

Au moment de se faire élire en 2021, Mario Gendron voyait grand pour sa municipalité. Et son bilan, bien garni, en témoigne. 

Parmi les réalisations dont il est le plus fier, Mario Gendron compte la réorganisation de la structure organisationnelle et administrative de sa municipalité et l’implantation d’un bureau de projet. «Il nous arrivait de rencontrer des entrepreneurs dans une boîte de pick-up. Maintenant on a un espace dédié où il est possible de faire des présentations.»

Mario Gendron est également satisfait d’avoir mis sur pied un fonds de développement alimenté par la vente de terrains municipaux. «Ce sont des revenus de plus pour nous. On a amassé près d’un million de dollars», dit-il. 

Pendant son unique mandat, il souligne également la mise aux normes du centre communautaire et la construction d’une nouvelle caserne à Sawyerville ainsi que la réfection du barrage dans cet arrondissement. 

Mario Gendron signe entre autres la présence de patinoires en béton dans chaque arrondissement, une amélioration de la fiabilité du réseau d’Hydro-Québec, l’amélioration du réseau d’aqueduc à Cookshire et la conversion de l’éclairage de rue vers Dell sur tout le territoire de sa municipalité. 

Le maire est fier d’avoir fait l’acquisition d’une église à Johnville pour accueillir un CPE temporaire ainsi qu’une aire de repos. Le bâtiment deviendra un centre culturel et logera la bibliothèque après le départ de l’institution préscolaire. 

Un CPE en construction n’aura pas accès au service d’aqueduc à cause de délais gouvernementaux, déplore le maire. Même problème concernant un projet de 90 logements, juste à côté, qui est arrêté faute d’alimentation en eau.

Difficultés

Or, l’élu quitte avec l’impression qu’il est de plus en plus difficile pour les municipalités de tirer leur épingle du jeu, quand il s’agit d’obtenir de l’aide de Québec et Ottawa. «Ma plus grande déception, c’est le gouvernement.» L’élu reproche à son palier supérieur la lourdeur administrative associée à tous les projets soumis, ainsi que de nombreuses incohérences entre l’aide obtenue et les objectifs de développement. «On nous demande de faire des logements abordables, mais le gouvernement ne soutient pas la cadence pour le développement des infrastructures. […] On a un projet qui traîne depuis trois ans à cause du processus d’autorisation gouvernemental, pourtant notre municipalité offre des terrains gratuits avec les services.»

«Dans le secteur de Johnville, on a fait un partenariat avec les universités de Sherbrooke et Bishop’s afin de réhabiliter une prise d’eau au parc écoforestier pouvant alimenter le secteur.» Le maire reproche au gouvernement d’avoir forcé un retour du projet sur la table à dessin ayant allongé le processus, tout juste avant l’arrêt du programme PRIMEAU, destiné à financer des infrastructures municipales d’approvisionnement en eau. «On a un CPE qui va ouvrir dans deux mois et il n’y a pas d’eau pour l’alimenter. On a un projet de 90 logements dans le secteur Johnville qui est arrêté parce qu’il n’y a pas les infrastructures nécessaires.»

Photo : Ariane Aubert Bonn/La Tribune

Mario Gendron croit que la pandémie, la crise du logement, l’inflation, les changements climatiques et la pénurie de main-d’œuvre ont fait changer radicalement la charge des élus. 

Ce dernier point a également affecté Cookshire-Eaton au cours des derniers mois, avec le départ du directeur général, du directeur des travaux publics, un congé à la trésorerie et de nombreux mouvements de personnel au sein des cols-bleus. «C’est difficile de recruter. Pour la direction générale, on va devoir refaire un affichage après les élections, parce qu’on n’a pas trouvé.»

Le maire croit aussi que les élus devraient bénéficier de davantage de formations à leur entrée en fonction, vu la nature de plus en plus complexe de leurs responsabilités.

La suite

Mario Gendron souhaite prendre sa retraite avec son épouse. Mais quitter la politique ne signifie pas s’éloigner de sa communauté. Il compte s’impliquer comme bénévole pour la transformation de l’église en centre culturel et bibliothèque à Johnville, son secteur de résidence.

Il souhaite voir ses successeurs convaincre le gouvernement de diminuer la lourdeur administrative au sein des ministères et soutenir davantage financièrement les villes et municipalités. Il espère également la poursuite du travail accompli tout en établissant de meilleurs canaux de communication avec la population. 

Il qualifie son expérience de maire d’«enrichissante et inoubliable» et souhaite que les citoyens s’intéressent aux élections municipales pour que leurs idées fassent partie intégrante du développement. 

Photo : Ariane Aubert Bonn/La Tribune

Place à la critique saine dans le nouveau paysage qui se dessine

Un nouveau paysage municipal se dessinera dans le Haut-Saint-François cet automne. La date limite pour faire partie du plan est le 3 octobre prochain. Ensuite, une participation de tous et de toutes est très souhaitée. 

Tous les commentaires que j’ai entendus dans les derniers mois au sujet des élections municipales de novembre se rapportent à ce souhait qu’il y ait une bonne participation municipale, qu’il y ait plusieurs candidates et candidats qui se présentent pour les postes de conseiller municipal ou de maire ou mairesse.  

Le pire qu’on peut avoir, c’est un seul candidat qui se présente, et qu’il ou elle démontre ensuite son grand manque de bon sens. Sans course électorale dans ce cas, on ne verra pas la vraie personne et ses idées jusqu’à temps qu’elle ou il soit en poste et que les crises commencent à émerger. 

Nous le savons. Nous l’avons vécu dans le Haut-Saint-François dans les dernières années. 

Aussi, dans ce sens, laissons-nous la place à la critique et à l’opposition.  

Une vie sociale et politique saine passe par une diversité de voix et une ouverture à des points de vue différents et même opposés.  

On ne veut pas être dirigé par une petite clique d’amis. Ni personne qui manque sérieusement de savoir-faire. 

Tout comme plus de sièges sur un conseil d’administration est meilleur que moins, ce qui était le message de ma dernière lettre dans cet espace, les questionnements, critiques et voix opposés sont aussi importants pour une direction et une gestion saines de tout organisme, que ce soit communautaire, municipal, ou autre.  

On aura pensé que, avec tout le dialogue public difficile d’aujourd’hui — les attaques sur les médias sociaux, dans les bureaux municipaux, aux séances publiques de conseil municipal, même aux abords de quelques maisons —, il faille freiner plutôt qu’encourager la critique et l’opposition. Mais les insultes et les abus sont autre chose. Ils n’ont pas leur place dans le dialogue public. Tout comme ils n’ont pas leur place dans les relations humaines de tous genres. 

Je parle plutôt des questions difficiles, mais respectueuses, posées aux représentants et dirigeants : Pourquoi mes taxes municipales ont-elles augmentées? Pourquoi est-ce qu’on dépense plus ici ou là? Pourquoi la municipalité ne protège pas mieux les citoyens dans une telle situation? Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de développement commercial ici ou de loisirs? Pourquoi est-ce qu’on n’a pas été consulté avant telle décision? Pourquoi la municipalité ne nous communique pas plus ou mieux? 

Il est non seulement du rôle et de la responsabilité des citoyens et des conseillers municipaux de poser de telles questions et de s’opposer, s’il le faut, mais c’est aussi le rôle et la responsabilité des élus d’avoir une écoute et une ouverture à ces questionnements et différences d’opinion. 

Votre journaliste et votre journal local jouent aussi ces deux rôles, d’écoute et de critique. Lisons nos pages et notre site Internet (journalhsf.com) dans les semaines à venir pour être bien informés de ce nouveau paysage municipal qui se dessine autour de nous maintenant. 

Il quitte après un commentaire sur l’incendie à la Meunerie

Le conseiller # 3 de Cookshire-Eaton, Roger Thibault, a annoncé le 10 août qu’il ne se représentera pas aux élections du 2 novembre, après 12 ans en politique municipale. Ce retrait est survenu quelques jours après que M. Thibault ait émis des commentaires sur place alors que la Meunerie Sawyerville était la proie des flammes et que des citoyens témoins aient demandé sa démission lors de la séance du conseil municipal du 4 août.

C’est Karelle Bolduc qui a pris la parole devant le conseil municipal de Cookshire-Eaton au nom du groupe de citoyens. Elle est la fille d’Yves Bolduc, propriétaire de la Meunerie Sawyerville. Selon son récit, Roger Thibault « s’est publiquement réjoui de l’incendie » de la meunerie le 30 juillet dernier. Avant cet épisode, le conseiller se serait acharné sur l’entreprise « depuis plusieurs années » et « de manière constante », selon Mme Bolduc. C’est pour ces raisons que « le 4 août, j’ai pris parole pour dénoncer une situation inacceptable de la part de cet élu municipal. »

Dans son annonce de départ publiée sur Facebook, Roger Thibault indique que « si mes propos ont offensé certaines personnes, je m’en excuse. Cependant, je continue de croire que la Meunerie devrait être relocaliser [sic] si elle doit être rebâtie puisqu’elle n’a pas sa place en ville, un secteur de plus en plus familial. » M. Thibault termine en disant que « vu le climat toxique qui se trame au sein de l’Hôtel de Ville […] c’est un poids de plus dans la balance ». À la suite de son annonce, Roger Thibault est parti trois semaines en vacances. Il ne nous a pas été possible de le joindre.

Qui part? Qui reste?

De gauche à droite : Nathalie Bresse, Ascot Corner; Marc-Olivier Désilets, Scotstown; Johanne Delage, La Patrie; Denis Dion, Chartierville; Mariane Paré, Dudswell; Eugène Gagné, Weedon. Crédit : MRC du Haut-Saint-François 

Seulement « 44 % des élu.e.s municipaux pensent solliciter un autre mandat aux prochaines élections municipales en 2025 ». C’est ce qui ressort d’un sondage de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) publié le printemps dernier. Qu’en est-il dans le Haut-Saint-François? 

Les départs 

Cinq des 14 municipalités de la MRC changeront assurément de maire aux élections municipales du 2 novembre prochain. Il s’agit d’East Angus, Ascot Corner, Dudswell, Lingwick et Scotstown.  

À East Angus, Lyne Boulanger a annoncé sa retraite l’été dernier. À Ascot Corner, Nathalie Bresse tentera sa chance aux élections fédérales. Aussitôt arrivé en poste, le nouveau maire de Lingwick, Marcel Langlois, a confirmé être là temporairement et vouloir céder sa place dans huit mois.  

À Dudswell, la mairesse Mariane Paré prendra sa retraite de la vie politique, après avoir également pris sa retraite professionnelle le 31 janvier dernier. Celle-ci a passé 26 années à la Fédération de l’UPA-Estrie, dont une partie comme conseillère à la vie syndicale pour les Producteurs de lait de l’Estrie. 

À Scotstown, Marc-Olivier Désilets avait été élu par acclamation en 2021. Il succédait à Sylvie Dubé, qui avait pris le relais de la mairie pendant une année après le décès soudain d’Iain MacAulay en octobre 2020. En tant que directeur général de Façoteck et père de famille, M. Désilets dit manquer de temps. 

Les indécis 

Le poste de préfet de la MRC est soumis au suffrage universel. La réflexion de Robert G. Roy n’est pas encore complétée. « Je veux attendre encore un peu. J’ai pas peur de le dire. Un élu, c’est de l’ouvrage. Si quelqu’un vient là en pensant s’amuser, qu’il change de track. » 

À Cookshire-Eaton, Mario Gendron est en réflexion. Même chose pour Denis Savage à Bury. « C’est mon premier mandat et j’ai aimé l’expérience », indique ce dernier, même s’il avoue que « la première année, tu pédales pas mal! » 

La continuité 

On devrait demeurer en terrain connu à Hampden, La Patrie, Newport, St-Isidore, Chartierville et Weedon. 

« Il n’y avait plus de femmes si je m’en allais », s’exclame la mairesse de La Patrie, Johanne Delage. « Je trouve que là, ça va super bien. Il y a des choses vraiment, vraiment intéressantes qui s’en viennent. Je travaille très fort là-dessus. Je vais en faire un dernier [mandat], puis après ça, c’est fini. » 

Il pourrait aussi s’agir du dernier mandat de Denis Dion à Chartierville. « Je suis rentré comme conseiller en 2012. […] Début 2016, j’ai été maire. » Après 14 années d’implication, « je pense que je vais avoir fait ma part! » 

« C’est clair que je vais être sur la liste pour le prochain quatre ans », affirme le maire de Weedon, Eugène Gagné. « On se développe comme on s’est jamais développé. J’ai plein de projets qui sont en cours. C’est clair que je veux être là pour les réaliser. » 

Seul le maire du Canton de Westbury, Gray Forster, n’a pas donné suite à nos questions.  

©2026 Journal Le Haut-Saint-François