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La place de l’anglais, et les « anglophones », dans le Journal

Depuis mon arrivée comme directeur, deux lectrices nous ont reproché la présence des « anglophones » dans le Journal.
Selon la première, « j’ai remarqué qu’il suffit d’avoir une personne de souche anglophone dans un CA, et voilà qu’ils reprennent les guides et s’obstinent […] ».


Selon la deuxième, un article au sujet de l’honneur fait à « la contribution d’un bénévole (anglophone…) […] m’a déçue et laissée perplexe quant à la place que [le] journal laisse aux faits francophones régionaux. »
Ce sont des exemples de discrimination.


Pour que ces deux personnes comprennent mieux, faisons l’exercice de remplacer « anglophone » par « femme » ou « noir ».


Ce serait de la discrimination. Dans le cas de la première lectrice, elle a publié ses critiques sur les réseaux sociaux avant même de nous communiquer ses insatisfactions. Elle l’a fait quatre fois, publiquement, dans la dernière année.


Il y a un an, notre présidente était une personne bien impliquée dans sa communauté, qui porte un nom d’origine anglophone, Lisa Irving. Elle était déjà présidente du Journal depuis de nombreuses années avant les critiques de cette lectrice.


Je ne suis pas membre du conseil d’administration, mais cette lectrice me nomme dans une de ses critiques. Le Journal m’a embauché comme directeur en juillet 2024. Je porte aussi un nom d’origine anglophone.


Mais, imaginez ! Je suis aussi francophone : je communique en français au travail et la plupart du temps en public au Québec, souvent même en privé. Comme la plupart des Québécois et Québécoises, je ne me résume pas à une simple étiquette.


Dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, « Toute personne a droit à la reconnaissance et à l’exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe […], la langue, l’origine ethnique ou nationale […]. Il y a discrimination lorsqu’une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire ou de compromettre ce droit. » Aussi, « [nul] ne doit harceler une personne en raison de l’un [de ces] motifs. »

Demandes légitimes
Au Journal régional Le Haut-Saint-François, nous sommes ouverts aux critiques légitimes. Les deux lectrices citées ci-dessus ont aussi exprimé leur préférence pour plus de contenu en français dans le Journal. Cette critique est fondée. D’autres personnes m’ont téléphoné pour demander plus de contenu en anglais. Cette demande est tout aussi valable.


Avec une population majoritairement francophone dans la région du Haut-Saint-François, la politique de notre organisme communautaire, qui appartient à tous les citoyens, est de publier le contenu du Journal majoritairement en français.
Le Journal fonctionne ainsi depuis plusieurs dizaines d’années, notamment sous la direction de mon prédécesseur, Pierre Hébert, qui en a été le directeur général pendant 30 ans. La chronique en anglais de Rachel Garber, publiée ici dans le Journal depuis 2010, était auparavant écrite par Colin Grimson.


Selon Mme Garber, le Journal publie moins de contenu en anglais sous ma direction qu’avant.
Le côté positif de notre débat local sur le contenu du Journal est qu’il démontre à quel point votre journal communautaire est important pour vous. Il montre aussi que nous avons nos propres langues à cœur. C’est normal – en français et en anglais, entre autres.

Scott Stevenson

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Scott Stevenson
Scott est le directeur du Journal depuis 2024. Originaire du Canton de Hatley, il demeure sur sa ferme à Island Brook depuis 2012.

 

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