OPINION | Mot de la présidente

Bonjour chers lecteurs,
Pour ceux qui ne me connaissent pas, je travaille à l’organisme Virage Santé mentale (RASM) depuis maintenant 25 ans et je suis présidente de la fondation Pauline Beaudry, qui vient en aide aux familles sur tout le territoire de la MRC du Haut-Saint-François. Le porte-parole de la fondation, le magicien Alain Choquette, est avec nous depuis le tout début en 2009.


Lors de l’assemblée générale du Journal le Haut-Saint-François, qui a eu lieu le 15 avril dernier à Lingwick, on a proposé ma candidature comme présidente du conseil d’administration pour l’année 2026-2027. C’est avec un immense plaisir que j’ai accepté cette responsabilité. Tout comme vous, j’ai à cœur le Journal le Haut-Saint-François, car il est le centre de l’information pour notre MRC. Nous sommes privilégiés d’avoir toujours notre journal local, parce qu’il y a certaines régions qui ont perdu ce privilège.


Lors du départ du directeur, monsieur Pierre Hébert, pour une retraite bien méritée, le Journal a vécu quelques périodes de turbulence, mais le conseil d’administration a su maintenir le cap sur l’essence même du Journal et de ses objectifs. Je tiens à remercier très sincèrement chaque membre du conseil d’administration pour son dévouement. Je tiens aussi à remercier nos employés : notre directeur, Scott Stevenson, qui a su naviguer en eau trouble comme un bon capitaine, et qui a conjugué les défis avec humanité et persévérance, Marie-Anne Bélisle, adjointe administrative, qui est minutieuse, attentionnée et accueillante, Maxime Robert, infographiste, qui a un leadership, une jovialité et une éthique professionnelle exemplaires, Bianka Gelé Dupuis, conseillère publicitaire, une personne passionnée et enthousiaste pour tout ce qu’elle fait, c’est un rayon de soleil, et notre toute dernière arrivée, notre journaliste, Carolyne Weldon, qui en peu de temps a fait sa marque par son professionnalisme.
En 2027, le Journal du Haut-Saint-François fêtera son 40e anniversaire d’existence. Restez à l’affût afin de ne pas manquer nos festivités pour cette occasion !

OPINION | Pourquoi pas Lingwick ?

Je ne suis ni agent récréotouristique, ni courtier, ni promoteur immobilier. Je suis un citoyen qui aime sa municipalité. Je prends donc l’initiative de vous parler de Lingwick à titre de simple résident.


Certains de mes concitoyens n’aimeront peut-être pas mon article, car provoquer trop de rayonnement pour la municipalité pourrait perturber la quiétude et la vie paisible régnant sur notre territoire. Car c’est là que résident les plus beaux attraits de Canton Lingwick : la vie paisible, la quiétude et la nature.

De village gaulois à lieu prisé
De par sa situation géographique, Lingwick (étant situé en dehors des agglomérations principales du Haut-Saint-François) fait un peu office de village gaulois (désolé pour les générations qui n’ont jamais lu Astérix !)


Une petite communauté agricole, artisanale, riche en forêt et tissée serrée.
Mais n’ayez crainte, Lingwick n’est pas composée de maisons en bois et en chaume, protégée par des palissades et guidée spirituellement par des druides comme l’étaient les villages gaulois. (Il y a peut-être, cependant, encore des fantômes d’origine écossaise qui veillent sur le territoire qu’ils ont défriché, bûché et peuplé.) Lingwick est le paradis des grands espaces, des forêts et de l’agriculture innovatrice.
Lingwick possède une ferme biologique, maintes érablières, des plantations de sapins, des services de scierie, d’émondage et d’abattage d’arbres, un entrepreneur en puits artésiens, un maréchal-ferrant, des piscicultures, un golf, des pourvoyeurs de chasse et de pêche, une bibliothèque, un service de maintien à domicile, un journal communautaire, des professionnels en chiropratique et massothérapie, un centre agricole, des garages et j’en oublie certainement.


« Il n’y a rien d’extraordinaire là-dedans ! », me direz-vous. J’en conviens, mais je parie que vous ne le saviez pas !
Lingwick dynamique
Pour ceux et celles qui désirent s’éloigner des grands centres, mais quand même conserver une vie sociale, soyez informés que l’AFEAS et la FADOQ ont leur section à Lingwick.


De plus, on ne peut pas passer sous silence les activités uniques de Lingwick. Les Vendredis soir du P’tit pub où fraternisent, à l’extérieur, dans le centre villageois, résidents et visiteurs dans une ambiance festive entourée de musique.


Et bien sûr, le Bike Stop, un événement annuel qui réunit (cette année le 12 juillet) entre 800 et 900 motocyclistes, venus de partout, qui font un arrêt au centre villageois, le temps d’un partage agrémenté du célèbre hot-dog de luxe.


Enfin, si vous aimez la pêche, la rivière aux saumons vous enchantera soit au parc du pont couvert McVetty-McKenzie ou au parc du Belvédère.

Marc Leduc est ingénieur à la retraite.

Rachel Garber - en-tête chroniques

CHRONIQUE | My Mother

My mother was a gifted person who struggled to follow the Apostle Paul’s admonitions. How often I heard this verse:


Let your women keep silence in the churches: for it is not permitted unto them to speak; but they are commanded to be under obedience as also saith the law. And if they will learn any thing, let them ask their husbands at home: for it is a shame for women to speak in the church (I Corinthians 14:34-35).
Within her holy prison, my mother made a place for herself as the pastor’s wife. She led the singing in church on Sundays, choosing hymns that harmonized with the sermon. When the time came to lead a song, she would stand, announce the page number of the hymn, and its title. She’d raise her right hand to beat time, take a deep breath, and lead the singing in her assured, melodic voice.
One Sunday, she decided obedience to scripture dictated a change. In the car going to church, she told my father that because women were not to speak in church, she could no longer announce the hymns. He would have to do it.


He protested.


She was silent.


The showdown came during the service.


“Now we will have our first hymn,” my father announced, and sat down behind the pulpit.
But instead of rising as she usually did, my mother remained seated on the front bench.
“You announce the hymn,” she mouthed silently to him.


“No, you do it,” he mouthed back.
Congregation members craned their necks, straining to understand the silent argument. The impasse was prolonged and intense.


At last, face flushed, my father stood up again. His shoulders slumped. His eyes locked down on his church bulletin lying on the pulpit.


“Please open your hymnal to page 451.”
On the ride home after church, he berated her in a harsh voice. She should have obeyed him.
My mother wept silently.


But she had made her point. If she should not speak, she would not. Her obedience to the letter of the law rhymed, in its ferocity, with her inner rebellion.


Here we come to the Mother’s Day gift I would love to give my mother, were she alive: To have her own voice, and be heard with respect.

Rachel writes from Newport.

OPINION | Vers des déserts humains ruraux?

La redéfinition ainsi que la perte des petites entreprises locales à laquelle notre article en page une fait allusion demande que l’on s’y attarde. Pourquoi nos producteurs maraîchers sont-ils autant contraints de devoir se réinventer ou au contraire, d’accepter de disparaître?


La Covid a amené un fort engouement pour l’achat des produits agricoles directement de nos fermiers et transformateurs locaux. Mais après la pandémie, l’intérêt pour l’achat local a chuté, ce qui est au moins l’une des raisons pour la grande pression que subit nos maraîchers.


Pourtant, toutes les raisons pour une saine économie locale demeurent et sont même encore plus importantes aujourd’hui. Voulons-nous vraiment payer les frais de transport pour des fruits et légumes venant de l’autre bout du monde, avec des prix affectés par des guerres qui ne sont pas les nôtres? Voulons-nous vraiment dépendre de pouvoirs étatiques et corporatifs sur lesquels nous exerçons effectivement aucune influence?


Il semble que oui – du moins selon les habitudes de nombreux consommateurs et citoyens au niveau de l’utilisation des médias américains et de l’achat de denrées alimentaires.


On peut comprendre que de s’abonner à un panier de légumes, et ensuite devoir se déplacer pour aller le chercher hebdomadairement ou aux deux semaines n’est pas dans les habitudes. Ça prend de l’effort pour changer nos habitudes économiques développées par la facilité. Mais le prix de cette facilité finit à la longue par coûter cher. On le voit par l’envolée des prix de l’essence aujourd’hui — et notre manque presque total d’influence sur ces prix.


Lors de la pandémie, on a choisi, trop brièvement, de faire l’effort d’acheter localement. La Covid est derrière nous, pour la plupart, mais nous vivons maintenant d’autres crises internationales, et d’autres encore s’ensuivront.


Les acteurs de l’économie locale peuvent aussi faire leur part à la renforcer et la développer en encourageant et en construisant une chaîne de distribution locale, comme les lieux de rencontres, les marchés publics tels le Marché fermier de Sawyerville et le Marché de Dudswell, entre autres, ainsi que les marchés privés comme le Marché de la Ferme Patry, à Weedon. Nous en avons aussi besoin dans les autres coins de la région.


Les petits producteurs ont aussi besoin de mesures règlementaires qui leur permettent de développer des entreprises viables, comme l’agrotourisme sans grandes contraintes légales ainsi que des niveaux de production hors quota raisonnables pour la vente locale.


Sinon, on continuera notre grande marche vers les mégafermes industrielles à l’américaine, ce qui risque de créer des déserts humains ruraux pour des régions comme le Haut-Saint-François.

Scott Stevenson

OPINION | Les médias sociaux: ouverture sur le monde ou isolement contagieux?

par Marc Leduc

Les médias sociaux, Facebook, Instagram, Tik Tok, pour ne nommer que ceux-ci, ont la caractéristique de nous faire voir le monde sous de nombreuses formes, à travers les petits et les grands écrans.
Les utilisateurs des médias sociaux se disent même fiers de faire partie d’une communauté virtuelle.
Le dictionnaire Larousse définit le mot communauté par: État, caractère de ce qui est commun à plusieurs personnes.


Ce même dictionnaire définit le mot virtuel par: Qui n’est qu’en puissance, qu’en état de simple possibilité.

Il n’y a donc qu’un pas à faire pour dire que ce qui est commun aux médias sociaux est un état de simple possibilité.


Pourtant, publier des photos, envoyer et recevoir des messages, téléverser des vidéos, tout cela est bien réel.

Mais pourquoi alors parle-t-on de communauté « virtuelle »?


L’explication réside dans le mot possibilité. En effet, par l’utilisation des médias sociaux, il n’y a qu’une simple voire mince possibilité que vous tombiez face à face avec un autre utilisateur situé à l’autre bout du monde.


Mis à part les arnaques, malheureusement trop fréquentes, si vous êtes prudents, vous avez l’impression d’être protégé par le filtre du média lui-même, c’est-à-dire cette distance entre vous et le monde.


Ce n’est un secret pour personne que les réseaux de télévision et de radio ont besoin de vous garder à l’écoute le plus souvent et le plus longtemps possible pour attirer des revenus publicitaires.
Il en va de même pour les médias sociaux. C’est un moteur économique appelé l’économie de l’attention.


Cette économie est basée sur un besoin psychologique fondamental associé au système de récompense du cerveau.


Lorsque le cerveau est récompensé, par des « J’aime », des nouveaux amis, des notifications, cela déclenche de la dopamine (communément appelée l’hormone du plaisir) en nous. La recherche constante de cette dopamine encourage à revenir constamment sur la plateforme, ce qui crée la dépendance.


L’économie de l’attention est très compétitive. Par contre, elle est très inégale. Il y a les géants, les plateformes numériques (ex: Facebook, X, Tik Tok, Instagram) et les médias locaux, comme le Journal du Haut St-François et les journaux communautaires québécois et canadiens.


Les plateformes numériques ont pour raison d’être la maximisation des revenus publicitaires par la capture maximale de notre attention. Il en résulte un appauvrissement des médias locaux et un enrichissement des géants.


Saviez-vous qu’il existe une alternative québécoise aux géants du numérique?
La plateforme QLUB est un réseau social mais aussi une suite d’outils et de services offerts sans publicité, spécialement conçu pour la réalité québécoise. À découvrir.


Les compagnies de tabac ont caché pendant de nombreuses années les faits concernant les effets mortels de la cigarette.


À l’aide du numérique, les choses sont un peu plus transparentes mais les concepteurs de nos outils actuels le sont-ils vraiment? Saviez-vous que Steve Jobs, le gourou d’Apple, n’a jamais permis à ses enfants d’utiliser un iPad?

Rachel Garber - en-tête chroniques

OPINION | Lucky or unlucky?

Once there was an old Zen farmer whose car was a gas-guzzling rattletrap. One day it broke down.
“Such bad luck!” his neighbour said.


“Good luck? Bad luck? Who knows?” he replied.
His neighbour was a little confused, but soon, with the help of a government subsidy, the farmer was able to buy an electric car.


“How lucky you are!”
“Lucky or unlucky, who knows?” He shrugged.
Some months later, electricity became more scarce and more expensive as people resorted to heat pumps and other electric heating. The farmer struggled to make ends meet.
“Such bad luck!” his wife lamented.


The farmer just shrugged again. “Bad or good, who knows?”
His wife consoled herself by thinking about the good they were doing for the environment by forsaking fossil fuels and having a car whose electrical wiring had soy-based coverings rather than plastic.
“So that’s good!” she said.


“Good or bad, who knows?” came the farmer’s reply.
One day as they pulled off the highway and stopped at a traffic light, the car suddenly went dead.
The farmer’s neighbours thought it very unlucky, but his wife felt lucky it had not happened while they were speeding on the highway. The farmer said nothing.


They soon got a call from the serviceman. “Unluckily, mice have chewed many of the wires leading into the fuse box. They love the soy-based covering. Replacing the unit will cost thousands of dollars. But luckily, this is not an unusual problem, and your insurance policy should cover it.”
“How lucky!” the farmer’s wife commented.
“Who knows?” said the farmer.


The insurance adjuster insisted on replacing only the damaged wires rather than the whole unit. But the dealer refused this, saying repairing all 1000 wires was not possible, and he could not be responsible if an accident happened again. Caught between them, the farmer finally got their car back three months later, with the fuse box replaced, by paying the $1,500 the insurance company had refused to pay.
“What bad luck!” said his wife.


“Good or bad, who knows?”
Finally, a new broker found them a new policy with another insurance company, offering equivalent coverage at almost $1000 less per year. And soon after that, an ill-conceived war closed the Strait of Hormuz, and gas prices shot sky high.
“Amazing! We are so fortunate!” said his wife.
Well, by now you know the Zen farmer’s response…

Rachel writes from Newport.

Pour un tourisme responsable qui préserve le meilleur de nous

Au déclin de notre hiver, le long chemin Saint-Paul, encore temporairement gelé, se rétrécit de plus en plus alors qu’il arrive au coin le plus sud-est du Haut-Saint-François.


Il se termine là où le vélo de montagne et le ski hors-piste commencent, mais peu de personnes semblent s’y rendre. Ce coin de notre pays, qui se trouve en fait à cet endroit dans la région du Granit, est connu sous le nom des sentiers El Dorado de Chartierville. Ce village de plus de 300 personnes offre aussi une bibliothèque, ouverte deux heures par semaine. Cette dernière n’est pas beaucoup utilisée, non plus, mais comme les sentiers El Dorado, est très appréciée par ceux qui en profitent.
Sylvie et Mario ont réouvert le restaurant de Chartierville il y a environ un an, avec un petit dépanneur à côté, offrant des produits locaux, entre autres. Elle espère qu’il y aura plus de visiteurs cette année qui viendront louer du logement touristique et amèneront plus d’achalandage à sa petite entreprise.
Elle n’était pas au courant du sondage de Tourisme Haut-Saint-François lorsque je lui ai demandé la semaine dernière (« Je reçois tellement de courriels », m’a-t-elle dit.) Le sondage avait été envoyé la semaine d’avant, en demandant aux répondants de partager leurs perceptions de la région, ce qui la distingue et ce qui devrait être mis de l’avant. L’organisme touristique est un comité de la Société d’aide au développement de la collectivité du Haut-Saint-François. Elle souhaite revoir l’image de marque du tourisme du Haut-Saint-François, pour renforcer l’industrie, vraisemblablement.


Comme sa voisine La Patrie, en aval, Chartierville est parmi les plus belles municipalités du Québec. Certains ne seront peut-être pas d’accord avec ce grand énoncé, ce statut allant d’habitude aux villages au bord de l’eau. Ces endroits sont beaux, assurément, mais ils sont aussi souvent envahis par trop de touristes. J’ai grandi à North Hatley, mais je n’aime pas y retourner l’été maintenant dû à l’achalandage.


Le Haut-Saint-François n’a pas trop d’achalandage, et la plupart de nos résidents aimeraient que cela demeure ainsi.


Le paysage d’une région change lorsqu’elle accueille trop de visiteurs temporaires. Dans son beau livre, The Shepherd’s Life: Modern Dispatches From an Ancient Landscape, l’auteur et berger James Rebanks de la région du Lake District en Angleterre, raconte qu’ « avec une appréciation grandissante de ce paysage vient une grande responsabilité pour les visiteurs de vraiment comprendre la culture locale, sinon le tourisme devient une force matraquante qui efface beaucoup de ce qui a rendu cet endroit si spécial » (traduction libre).


M. Rebanks est devenu aussi un conseiller spécial au Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO à Paris, pour promouvoir le tourisme responsable dans les communautés comme la sienne à travers le monde.


Environ 16 millions de personnes visitaient sa région du Lake District lors de la publication de son livre en 2015. La population régulière est de 43 000 personnes. Nous sommes 23 000 dans la Haut-Saint-François.


« Il y a des bons effets [d’avoir autant de touristes] et de moins bons », a-t-il écrit. « Ils dépensent ici plus d’un milliard de livres [environ 2 milliards de $ canadiens] par an. Plus de la moitié des emplois de la région dépend du tourisme – et beaucoup de fermes en dépendent pour leurs revenus, avec leurs couettes et cafés et autres entreprises. Mais dans certaines des vallées, 60 à 70  % des maisons sont des maisons de villégiature ou chalets estivaux, ce qui empêche beaucoup de gens locaux de pouvoir assumer le coût de la vie dans leurs propres communautés. »


On est loin, très loin de ce niveau de déséquilibre dans le Haut-Saint-François. Mais les leçons des Lake Districts, des North Hatleys, et des gens sages comme les Rebanks devront nous guider dans notre propre planification et promotion du tourisme.


Nous sommes une région de petites fermes et de nature sauvage, d’air frais et de ciel étoilé, de chemins de campagnes tranquilles et de rivières fraîches qui descendent du haut du bassin versant du Fleuve Saint-Laurent – le « Height of Land », comme l’a décrit Kenneth Roberts dans son livre, Arundel, sur l’attentat de Benedict Arnold sur la Ville de Québec en passant par la région de Mégantic.
Nous sommes un peuple profondément enraciné dans la région, auquel s’ajoutent ceux venus plus récemment, qui ont quitté la ville et d’autres conflits ailleurs. Nous sommes un peuple qui a appris à vivre avec la nature sauvage, à respecter son pouvoir au lieu de simplement la romantiser, de bénéficier de ses richesses et aussi, de plus en plus, de vouloir la préserver. Nous sommes un mélange de cultures, originalement les Abénakis, ensuite les Anglais, Américains, Écossais, Français, et maintenant de nombreux autres.


Notre paysage culturel, notre histoire et notre patrimoine architectural sont aussi importants que nos fermes, notre nature sauvage et notre ciel étoilé. Tous sont des attractions pour nos visiteurs.
« J’ai vu le marché du tourisme muté pendant les 10 dernières années, a écrit M. Rebanks, avec une plus grande valeur attachée à la culture des endroits, en voyant les gens tourner contre la fausseté plastique et vouloir vraiment vivre l’expérience des endroits et des gens qui font des
affaires différentes, qui croient des choses différents et qui mangent des choses différents. »


Ce sont les gens qu’on veut accueillir dans le Haut-Saint-François. Nous voulons leur louer une chambre dans la vieille maison de ferme ou dans la nouvelle dépendance en arrière; nous voulons avoir leur aide sur la ferme, qu’ils parcourent les sentiers El Dorado, qu’ils profitent de nos saisons des sucres et y participent, et qu’ils viennent choisir leurs arbres de Noël.


Diagonalement à l’autre côté du Haut-Saint-François, dans le coin nord-ouest, se situe Weedon où on construit actuellement un nouvel hôtel, à côté du populaire Restaurant des Cantons. En bas du village se trouve le Centre culturel Doris-Lussier, qui a ajouté des sièges cet hiver pour leur populaire série de concerts. En haut du village se situe le Marché de la Ferme Patry, qui doit une partie de son succès aux villégiateurs qui viennent à leurs chalets et qui veulent nos bons produits locaux.


Nous avons beaucoup à offrir aux visiteurs et ils ont beaucoup à nous offrir. Poursuivons cet échange basé sur le meilleur de nous et la beauté de notre région — en préservant toujours les deux.


Scott Stevenson

Les nouvelles habitations causeront plus de joies que de peines, espérons-le

Le Haut-Saint-François connaît actuellement un essor résidentiel qui s’accompagnera de son lot de joies, de risques et de difficultés. Assurons-nous de bien planifier pour atténuer à tout le moins les risques et les difficultés.


Ces risques et ces difficultés étaient bien présents lors de la séance du conseil municipal d’East Angus du 2 mars (voir article à la page 1), où les changements à venir au paysage résidentiel de la ville ont donné lieu à des manifestations de colère et à des pleurs.


L’aspect dominant de cette vague de développement au Haut-Saint-François est une demande accrue d’habitations, ce dont témoigne une hausse de 67 % des valeurs foncières au cours des cinq dernières années.


Gardons à l’esprit qu’aux vagues finissent par succéder des creux, particulièrement dans ce cas où l’offre croissante de logements atteindra ou surpassera la demande actuelle. La planification sera-t-elle au rendez-vous?


Qu’en est-il de la planification de l’approvisionnement en eau et des égouts? La demande supplémentaire dans le Haut-Saint-François découle en partie du fait que Sherbrooke a épuisé ses infrastructures actuelles pour le développement immobilier. Les entrepreneurs et les acheteurs se tournent donc plutôt vers nos villes, particulièrement East Angus, Weedon et Cookshire.


Et que dire de nos routes? La circulation automobile est déjà dense à East Angus à l’heure de pointe. Disposerons-nous de meilleurs réseaux et carrefours routiers à temps pour les centaines de nouvelles maisons qui seront construites? Le développement à Weedon entraînera aussi une augmentation du trafic sur la route 112, où circulent déjà 17 000 voitures par jour. La 112 sera-t-elle en mesure d’absorber tout le nouveau trafic généré par la croissance à East Angus et Weedon ?


On constate également une augmentation du nombre de voitures à Cookshire aux heures de pointe, en particulier l’été, avec l’afflux supplémentaire de touristes. S’y ajoutera le trafic découlant des développements à Cookshire-Eaton et à Lingwick. Le panneau d’arrêt à l’angle des rues Craig et Principale résoudra-t-il à lui seul le problème? J’en doute.


Le panneau d’arrêt à l’intersection des routes 253 et 214 à East Angus, près du BMR, est clairement insuffisant. On projette d’y installer un rond-point. Mais quand? À temps pour gérer l’afflux de circulation venant des nouveaux grands magasins en face?


Nous espérons que nos planificateurs municipaux et régionaux sont à l’œuvre pour faire en sorte que ces nouveaux développements seront cause de plus de joies que de difficultés.

Scott Stevenson
Traduction de Carolyne Weldon

Opinion du lecteur

Pour une bonne communication ville-citoyen

À Madame Daphné Raymond, Mairesse, et Anick Fredette :
Je vous écris afin de proposer quelques idées pour améliorer la communication entre la Ville de Cookshire-Eaton et les citoyens qui sont réticents ou incapables d’accéder aux services municipaux via Internet.
Selon le Bulletin 2025 joint au compte de taxes, les services suivants étaient accessibles uniquement par Internet: Collecte des gros rebuts

  • Permis de construction
  • Information sur l’admissibilité électorale
  • Permis de feu
  • Horaire de vidange des fosses septiques.
    Ces services, que je suis tenu de payer, me sont inaccessibles.

Pour aider à briser ce mur numérique:

  • Chaque Service devrait avoir un numéro de téléphone ainsi qu’un numéro de
    poste.
  • Lorsque possible, la personne responsable devrait répondre au téléphone.
  • Le message d’accueil devrait demander à l’appelant de laisser un numéro de
    rappel.
  • La personne responsable devrait retourner l’appel.
    Merci.

    David Gillies, Cookshire
Opinion du lecteur

Ideas for better town-citizen communications

To Daphné Raymond, Mayor, and Anick Fredette:
I am writing to offer some ideas to improve communication with the town of Cookshire-Eaton and its citizens. There are some who are unwilling or unable to access municipal services via the Internet.
According to the Bulletin 2025 included with the tax bill, the following services are available only through the Internet:

  • Large garbage pick-up
  • Construction permits
  • Election eligibility info
  • Fire permits
  • Septic schedule.
    I am unable to access these services, which I am obliged to pay.

I offer the following suggestions to help breach the digital wall:

  • Each service should have telephone and extension numbers.
  • When possible, the person responsible should answer the phone.
  • The voice message should encourage the caller to leave a call-back number.
  • The call should be returned promptly.
  • The pre-message regarding abusive language should be removed as it causes
    more frustration.
    Thank you.

    David Gillies, Cookshire
Rachel Garber - en-tête chroniques

Apple across the border

Returning home from the belly of the beast, we got a bit careless. After all, we’re Canadians at a Canada border crossing. And we were tired, very tired, from fighting our way through a snowy landscape.


“Do you have anything to declare?”
“No.”
“Do you have any fresh fruit or vegetables?”
“No.”
“Did you buy or receive anything?”
“No.”
And so on. The litany of questions was so predictable, my “no … no … no … no” came perhaps a bit too quickly.
The agent told us to pull into the parking area at the side, turn off our car, leave the key in it, and go sit in the building beyond.
Going through our car, the agents took their time, it seemed. But then they had a lot to go through. We had been visiting family for a good two weeks.


Used books cost what these days? It’s hard to even give them away.
My siblings sluff off as many books as they can into my hands. I wondered idly if I should have mentioned the complete set of Louise Penny’s Gamache series that my brother had thrust upon me as we were leaving his house.


Knowing he had read one of Penny’s books, his best beloved had given the set to him shortly before she died. Alas, he could not stomach reading them.


The agents came to see us inside the building.
“Did you go to a Louise Penny event while you were in the U.S.?”
“No. They’re my brother’s books. He lent them to me. They’re used.”


We had not behaved well, they said. A loan versus a gift is an arguable point; we should have declared the books. Why, half of them were even in their original plastic package, unopened!
I was too tired to argue. I didn’t even think to protest that Louise Penny is from the Eastern Townships, ergo Canada. The books are Canadian content, after all. And Louise had famously foregone touring in the U.S. for her latest book. How could they charge duty on books that had originated in Canada?
Maybe being old and tired saved the day, because they let us go. They did not even search my handbag, wherein a forbidden apple lay forgotten.


Is that how it works, using a war to distract attention from a secret evil?

L’Intelligence artificielle : menace pour notre cerveau ?

Lorsque j’étais étudiant, lors de sorties hebdomadaires à la discothèque, j’étais celui sur qui on comptait pour mémoriser les numéros de téléphone des filles avec qui mes chums flirtaient. N’étant pas moi-même tellement doté d’atouts de séduction, je valorisais ma mémoire phénoménale pour les numéros de téléphone. Maintenant, je commence à stresser lorsque Google maps ne trouve pas l’adresse de l’endroit où je veux aller !

Que s’est-il passé avec mon cerveau ?
Cet exemple banal peut être dédramatisé en se disant que c’est une évolution normale de passer d’une carte géographique papier à une version électronique. Mais le stress causé par la dépendance à la technologie est-il normal ?


De nos jours, les outils technologiques d’aide à la recherche, à la rédaction, à la dissertation, les outils d’intelligence artificielle (IA) sont utilisés sur une base quotidienne par des millions de gens. Leur utilité est débattue par plusieurs car il y a un coût à leur mise en œuvre.


Et ici, je ne parle pas des moyens financiers astronomiques pour l’implantation. Je parle du coût pour notre cerveau.


Un groupe de chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) a réalisé une étude exhaustive sur le sujet. Le but était de déterminer le coût cognitif par l’utilisation de l’IA.
La portée de la recherche était la rédaction d’un essai littéraire. À l’aide de l’encéphalographie, l’activité cérébrale du cerveau fut mesurée en relation avec l’utilisation ou non de l’IA. Pas de surprise là, l’activité cérébrale était moindre avec l’utilisation de l’IA.


Mais là où ça devient intéressant, c’est qu’après avoir utilisé l’IA pour rédiger leur essai, on a demandé aux participants de rédiger un essai similaire sans l’aide de l’IA, et la majorité ont eu beaucoup de difficultés. Je vous épargne les détails des 206 pages de l’étude mais la conclusion était claire : les risques de pertes cognitives, en termes de capacité d’apprentissage, sont élevés avec l’utilisation de l’IA.

Le futur de nos capacités cognitives
Sommes-nous en train de désapprendre à réfléchir par nous-même ?
L’étude du MIT a également révélé que ceux qui utilisent l’IA avaient souvent exactement les mêmes arguments et les mêmes réponses. L’uniformité a étouffé l’individualité.
Est-ce qu’être organisé et mémoriser est dépassé ? « Google it » est devenue une phrase célèbre. Plus besoin de mémoriser. Plus besoin de raisonner. Et là, j’ai peur de l’écrire, plus besoin d’apprendre !
La réponse est au bout du clic. Il m’apparaît évident que l’utilisation de l’IA est en train de devenir une béquille pour éviter l’effort intellectuel.

D’aucuns me diront :
« l’IA a commencé à sauver des vies en accélérant la détection de cancers. Les analyses de prédictibilité des systèmes manufacturiers contribuent à l’augmentation de la productivité ».
Oui j’en conviens, l’IA a ses avantages.
Mais pouvons-nous continuer de permettre à nos enfants d’apprendre à penser ?

Pour conclure cet article, j’ai posé la question suivante à ChatGPT :
« Quels sont les dangers de recourir à l’intelligence artificielle dans le domaine de l’éducation? »
Voici quelques réponses de notre ami Chat :
-Diminution de l’apprentissage réel.
-Perte d’esprit critique.
-Baisse des compétences en écriture, recherche, résolution de problèmes.
-Travaux « parfaits » mais sans compréhension réelle.
-Baisse du développement des compétences.
-Perte d’habiletés en écriture.
-Moins de créativité.
-Diminution de la capacité à analyser et critiquer.
WOW ! Pas besoin du MIT. Il s’agissait juste de demander à Chat.

Marc Leduc est résident de Lingwick et ingénieur à la retraite. Il collabore aussi avec le journal Le Reflet de Lingwick.

Lettre du directeur : Un don inattendu et si apprécié

On m’a demandé l’autre jour si notre Journal fonctionne par des dons. J’apportais au restaurant à Ascot Corner des exemplaires, offerts gratuitement pour le bien des clients ainsi que pour la diffusion des informations et des publicités dans nos pages. Un client du restaurant, intéressé par le Journal, me posait la question.


Même si le Journal est un organisme à but non lucratif, nous n’avons pas encore développé de campagne de financement par des dons. Nous en avons toutefois besoin.
En fait, 80% de nos revenus viennent de l’achat de publicités, ce service qu’on rend à la population, aux organismes, aux gouvernements et aux entreprises de communiquer leurs messages au public du Haut-Saint-François.


Parmi ces revenus publicitaires, 16% de notre revenu global provient des publicités municipales, ces annonces que vous voyez dans presque chaque numéro avec des informations sur ce qui se passe dans votre municipalité.


En vertu d’une entente informelle, les municipalités acceptent d’acheter ces publicités d’avance chaque année, un peu comme l’achat de paniers de légumes d’une ferme locale. Dans le cas de notre entente, le montant acheté par chaque municipalité est calculé selon sa population. Chaque citoyen du Haut-Saint-François paie alors 2,25$ pour recevoir 24 numéros du Journal en 2026, livrés à sa porte toutes les deux semaines par Postes Canada.


La publicité par les autres niveaux de gouvernements, provincial et fédéral, a représenté seulement 3% de notre revenu total en 2025. Pourtant, il me semble qu’ils pourraient nous communiquer plus d’informations. De le faire plutôt via les méga corporations américaines démontre un grand manque de prévoyance.


Par contre, ces deux paliers de gouvernements offrent des subventions aux médias traditionnels depuis de nombreuses années, ce qui aide à combler le manque de revenus publicitaires. En 2025, deux subventions provinciales, surtout le Programme d’aide aux médias écrits communautaires du Québec, ont représenté 15% de notre revenu total. Une petite subvention fédérale n’a représenté que 3% de nos revenus.


Du côté de nos dépenses, les salaires, l’impression et la distribution du journal sont nos coûts les plus importants. En ce qui concerne la rémunération de nos employés, les salaires se trouvent facilement en bas de la moyenne des organismes, institutions et entreprises semblables de la région.
Notre résultat financier accusait encore une perte en 2025, pour une quatrième année consécutive. Nous prévoyons par contre équilibrer le résultat cette année, par l’augmentation des revenus, par des coupures dans les heures de travail des employés et par plus de contributions bénévoles.
Alors, des dons, ça nous aiderait, bien sûr. Nous développerons des campagnes de financement le plus tôt possible.


Entre-temps, le monsieur qui m’a posé la question à Ascot Corner en janvier nous a fait spontanément un premier don: un 20$ donné simplement comme ça, avant que je quitte le restaurant. C’est plus apprécié que vous ne pouvez l’imaginer! Nos sincères remerciements à ce citoyen, qui a demandé à garder l’anonymat.

Scott Stevenson

Rachel

A path

«Hope is like a path in the countryside. At first there is no path but if enough people walk on it, a path will appear,» said one of the protesters in Minneapolis last week.


I heard it on TV. Watching the news in the U.S. has given me all kinds of jolts. (A nurse killed by Immigration and Customs Enforcement? Journalists arrested? An election office raided by the FBI?)
Upon reflection, the jolts are not too surprising. Given the immense storm two weeks ago, neither was my train’s «little» derailment on the southern border of Vermont.

But after 30 hours on roads and rails, I did safely arrive in Richmond, Virginia, and Amtrak even refunded my train ticket. I did not expect to receive such kind treatment along the way, just as I did not anticipate hearing so many encouraging words by TV commentators or seeing hopeful actions by common people.


Take the «Walk for Peace» by 20 Buddhist monks and one dog, walking more than 3,700 kilometres from Fort Worth, Texas, to Washington, DC. As their journey neared its end, they came through Richmond on February 2, the 100th day of their walk. (I went to see them as they left the city, pausing for a little ceremony as their Richmond police escort transferred them into the protective hands of the Henrico County police. Hundreds lined the street.)


At City Hall, the newly elected governor Abigail Spanberger declared February 2 the Walk for Peace Day in the Commonwealth of Virginia, and the walk’s leader spoke to about 1000 people of all ages who came to encounter the monks.


They shared a simple practice of meditation, and a profound message. «We have not brought peace here. We walk to let people know that peace is within us. We need to awaken it. There will be no world peace if our inner world is not at peace.»


Three of the monks chose to walk barefooted, others bareheaded. Most were sick, the leader said, but they remained dedicated. «Before we started walking, we had already put aside our lives.»
«Washington, DC is not the final destination. We all want world peace, and world peace is something we need to walk for the rest of our lives.»


The idea of world peace is desperately attractive these days. Is a path appearing?

Lettre du directeur : Les pires routes du Haut-Saint-François

Quels sont, chers lecteurs, les tronçons de route les plus dangereux de notre région selon vous ? Nous aimerions le savoir.


Les accidents sont nombreux cet hiver, et plusieurs d’entre nous ne savent que trop bien où ils sont les plus susceptibles de se produire. Le Journal Le Haut-Saint-François propose donc de publier vos listes de lieux où les conducteurs devraient redoubler de prudence en hiver.

Un deuxième accident s’est produit la semaine dernière sur la route 108 entre Bury et Gould, près de l’intersection du chemin Card. Aucune blessure grave n’a été signalée.


Mais juste avant les Fêtes, un accident grave s’est produit dans la même zone, coûtant la vie à Mariette Rivard. Depuis, une seconde personne, Jean-Louis Grenier de Lingwick, est décédée des blessures causées par ce même accident, qui impliquait plusieurs véhicules. D’autres ont été grièvement blessés.
Les routes étaient glacées ce jour-là. La semaine dernière, des conditions routières enneigées et glissantes étaient encore en cause.


À la fin octobre, je suis tombé sur un accident sérieux, aussi sur la route 108. C’était à Birchton, à l’intersection avec le chemin Hodgman. La nuit tombait et il pleuvait, mais l’accident était probablement plus imputable à l’intersection elle-même qu’à la chaussée glissante.


L’hiver dernier, j’ai perdu le contrôle de mon véhicule dans une courbe en « S » enneigée sur la route 212 entre Cookshire et Island Brook. J’inclurais certainement ce segment de route sur une liste des endroits dangereux.


Par le passé, j’ai évité de justesse une collision frontale à la sortie de Scotstown en m’en allant vers La Patrie sur la route 257. À cet endroit, à la limite de la ville, la route tourne brusquement, mais reste une zone à 50 km/h. Le conducteur de la voiture qui arrivait en sens inverse devait s’endormir, être ivre ou en train de regarder son téléphone, parce qu’il a traversé la ligne centrale en fonçant droit vers moi. J’ai évité le face-à-face au dernier moment en déviant vers le fossé, puis en reprenant le contrôle in extremis.


Est-ce que c’était un endroit dangereux ? Peut-être. C’est un virage serré, et c’est facile de penser qu’on est hors de la ville et qu’on peut aller plus vite. Les résidents du coin sauraient mieux que moi si les accidents y sont fréquents.


J’ai grandi en partie dans un coin exceptionnellement dangereux de la route 143, dans le Canton de Hatley. Les accidents étaient si fréquents qu’on en voyait se produire — et on voyait des gens en mourir. Un virage serré à la fin de deux longues lignes droites dans chaque direction est une catastrophe assurée pour ceux qui roulent trop vite, sont trop fatigués, trop ivres ou trop distraits.
Alors, dites-nous : quels sont les endroits tristement célèbres de votre coin de pays ? Envoyez-nous votre liste par courrier, courriel, téléphone ou Messenger, selon votre choix. Si nous publions une liste, cela aidera peut-être à prévenir les conducteurs et à aider les autorités locales à atténuer les risques.

Scott Stevenson

Lettre du directeur : Plus de nouvelles positives ?

En tant qu’éditeurs, rédacteurs et journalistes, on nous demande souvent d’écrire « quelque chose de positif ». Par exemple, lors de la controverse à l’Hôtel de Ville d’East Angus en 2024, un leader communautaire a suggéré que nous devrions publier davantage sur toutes les choses « positives » qui se passent dans la ville. Dans le même ordre d’idées, lors des récents conflits à l’Hôtel de Ville de Cookshire-Eaton, lors d’une réunion publique, certains citoyens ont critiqué les conseillers municipaux pour « avoir exposé leur linge sale dans les médias ». À d’autres moments, après un entretien, j’entends un commentaire du genre « écrivez quelque chose de positif à ce sujet. »


Mais ce que nous faisons en tant que journalistes ne consiste pas à être positifs ou négatifs. Il s’agit de vous dire ce qui se passe d’important — de publier ce que vous devez savoir en tant que citoyen, leader, travailleur ou personne d’affaires.


Et la première chose que nous devons tous savoir dans notre vie quotidienne — après avoir apprécié le baiser ou le câlin d’un être cher, un café et un petit-déjeuner matinal, et un peu de gratitude pour toutes les bonnes choses dont nous jouissons — c’est où se trouvent les problèmes et les risques.
En tant que médias, nous voulons bien sûr inclure des histoires de certaines de ces bonnes choses dans nos vies. Mais notre service au public ne consiste pas à être « positif » ; il s’agit de rapporter les choses importantes que l’on doit savoir.


Sans ces reportages, les problèmes s’aggravent. Les risques deviennent des abus, des pertes, des catastrophes et des tragédies.


Si les États-Unis travaillent à envahir le Groenland, ou le Québec, nous devons tous en être informés. Si les autorités n’inspectent pas les voies ferrées qui traversent nos villes, ni les freins des locomotives des trains, quelqu’un doit le dire. Si les choses ne vont pas bien à l’hôtel de ville, il y a de fortes chances qu’elles empirent si le journal local n’est pas là pour en informer les citoyens.


Il est compréhensible que si vous êtes responsable de quelque chose qui ne va pas bien, vous préfériez travailler sans le regard des autres. Mais à long terme, essayer de « passer sous silence » ou de « rester hors de la presse » ne fera qu’empirer les choses pour vous et les autres.


Une communication saine, y compris la transparence, est toujours le meilleur moyen d’éviter les problèmes, les conflits ainsi que les conséquences de ceux-ci.


C’est pourquoi nous voulons tous un reportage médiatique fort et indépendant sur ce qui se passe. Et c’est pourquoi, dans les médias, nous écrivons souvent sur des sujets qui, malheureusement, ne sont pas nécessairement positifs.


C’est un service public — souvent mal compris et sous-évalué.
Scott Stevenson

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Lettre ouverte : Un contrôle américain de nos médias québécois ?

À Monsieur François Legault, Premier ministre du Québec
Qu’adviendrait-il de nos médias s’ils étaient tous contrôlés par des entreprises américaines, ou s’ils devenaient la propriété d’un ou deux conglomérats ? Auriez-vous toujours confiance en eux ? Vous devez convenir que de telles situations seraient inacceptables.


Au rythme où vont les choses, cela risque cependant d’arriver, plus tôt que tard. La presse locale peine à survivre et quand elle aura disparu, il ne restera plus que quelques grands joueurs.
L’information locale indépendante, celle que les journaux communautaires produisent depuis des décennies, est pourtant essentielle à notre démocratie. Sans elle, il n’y aurait aucun contrepoids aux médias commerciaux et aux informations parfois partisanes, et des communautés entières perdraient leurs voix.


Depuis la COVID, les médias communautaires voient leurs revenus de publicité chuter – même le gouvernement s’est détourné d’eux, au profit de Meta, pour la publication de ses messages ! Ainsi, même avec les subventions reçues du ministère de la Culture et des Communications via le PAMEC (programme d’aide au fonctionnement des médias communautaires), nos journaux membres sont dans le rouge. Nous cherchons tous activement des solutions pour réduire leurs coûts, mais ceux-ci augmentent quand même.


Nous croyons que le gouvernement peut faire la différence, même en période de compressions. Les sommes totales nécessaires pour assurer la survie de nos journaux communautaires représentent une fraction infime du budget. Une hausse de 10 % du PAMEC et la reprise des publicités gouvernementales dans nos journaux seraient sans doute suffisantes.

Joël Deschênes,
Président Association des médias écrits communautaires du Québec

Rachel Garber - en-tête chroniques

On his shoulders

Sawyerville resident Colonel Garneau―Jack―was certainly a cornerstone of our community.
Sadly, he left us last October 28. I was unable to attend his celebration of life, so let me celebrate him a bit here, in our Janus moment as 2026 begins.


I first met Jack in 2000 during community discussions in advance of upcoming municipal mergers. He made an articulate plea to residents to speak up for bilingual status in the new Cookshire-Eaton, where he finished his 32-year career as municipal councillor in 2010.


“When I started, all the meetings were in English,” he told me once. “Sawyerville was 90% English-speaking then. When I finished, all the meetings were in French, and the population was mostly French-speaking.”


Were there any potholes along the way?


“It happened smoothly,” he said.


His great good humour served him well during his 33-year career as a high school teacher and principal, too, ending at Alexander Galt Regional High School.


“Moving from small, local schools to large, amalgamated schools […] was difficult, but we tried to offer courses that made it worthwhile. That was the way the government wanted it done, so we tried to take what was offered and make the very best of it,” Col. Garneau said. “And in spite of the little flaws, I think we were successful with that.”


“I thoroughly enjoyed working with people, especially young people.”
Then there were his 25 years in the Reserves. He began as a trooper with the 7/XI Hussars, and finished as Honorary Colonel in the Sherbrooke Hussars, when the two regiments merged.
His community engagements earned him “some 30” medals, he told me once. I know of three: An Outstanding Townshipper Award from Townshippers’ Association, a King Charles III Coronation Award in 2025, and the Queen’s Diamond Jubilee Medal in 2012.


His ancestors were among the earliest settlers in the area. “I’m proud that we seem, the various cultures―the three language groups because my grandmother was a Gaelic-speaking Scot―we all managed to mould together and fit in without any animosity at all,” he said. “In many parts of the world, that doesn’t happen.”


Jack Garneau had broad shoulders, strong enough for today’s community builders to stand on.
Thank you, Lois and family, for sharing him with us.

Rachel writes from the old hamlet of Maple Leaf, in Newport (rawrites@gmail.com).

opinion

Un automne de cadeaux et de surprises

Il y a environ un mois, Gilles Denis a appelé notre bureau pour nous parler d’un don important fait par un photographe accompli à son ancienne école primaire de La Patrie, suggérant que cela pourrait être une bonne idée d’article (en effet, voir page 2). C’était aussi le début apparent de ce qui est devenu un automne très généreux dans le Haut-Saint-François.


À peu près à la même époque, lors d’un concert-bénéfice à l’église Trinity de Cookshire, Marie-Josée Pellerin a annoncé à la foule que son organisation, les Étincelles de Bonheur, avait atteint son objectif de collecte de fonds de 50 000 $ en seulement un an et demi, alors qu’elle avait prévu en trois ans.
Plus tôt cet automne, la Ville de East Angus a promis un don de 10 000 $ à la jeune Radio communautaire du Haut-Saint-François.


Au sein de ce journal également, nous avons été ravis d’apprendre qu’une organisation communautaire de premier plan augmentera son budget publicitaire d’environ 12 000 $ l’an prochain pour publier des annonces pleine page à chaque deuxième numéro du journal Le Haut-Saint-François, ce qui lui permettra de mieux communiquer avec le public et ses membres


Également cet automne, la Fondation Maison La Cinquième Saison a récolté un record de 105 255 $ lors de sa soirée festive annuelle.


L’un des principaux donateurs, Promutuel Assurance Centre-Sud, a aussi bien surpris Pauline Beaudry, directrice générale de Virage Santé mentale, en offrant un don de 50 000 $ pour renforcer le travail communautaire de son organisation (voir page 6). Madame Beaudry a dit que, lorsqu’elle a réagi à la nouvelle, elle a failli faire éclater le tympan du représentant de Promutuel qui l’a appelée.


Mais l’un des cadeaux récents les plus touchants a été une autre surprise pour Virage Santé mentale. Lors du dernier événement du 40e anniversaire cette année, le président honoraire de la campagne, Gilles Doyon, est monté spontanément sur scène au Centre culturel de Weedon la semaine dernière pour offrir à Virage 40 000 $ sur dix ans. Pauline était stupéfaite — mais n’a pas endommagé le tympan de M. Doyon.


Un communiqué de presse du bureau du député François Jacques a poursuivi le thème des dons : le gouvernement du Québec donne 150 000 $ au Dépanneur Resto-Chartier à Chartierville pour ses offres alimentaires locales et ses partenariats avec les écoles, et 81 600 $ au Dépanneur Victoria à Scotstown pour moderniser son équipement.


Puis, comme pour conclure l’automne des cadeaux avant l’hiver, et juste avant la presse de mardi, Gilles Denis nous a rappelés, cette fois pour nous annoncer que les administrateurs de l’ancien Foyer St-Paul à Bury vont donner 200 000 $ à la Fondation des CLSC et CHSLD du Haut-Saint-François. L’annonce officielle sera faite lundi.


Alors, chers lecteurs, chères lectrices, il semblerait que la gratitude de notre région à l’Action de grâce n’est pas passée inaperçue, et Noël arrive tôt pour certains.


Nous espérons sincèrement que c’est le cas pour vous, ou du moins qu’il sera très généreux en santé, en beaux repas et en amour.


Chez Le Haut-Saint-François, nous sommes reconnaissants envers nos clients et donateurs de nous avoir permis de produire 24 numéros et 2 publications spéciales pour vous cette année, ce qui n’est pas une mince affaire pour une équipe de moins de cinq employés et un conseil d’administration bénévole.


Nous vous souhaitons une très joyeuse saison des Fêtes. Nous avons hâte de vous voir, servir et écrire à nouveau en 2026.

Suzanne Jutras, présidente
Scott Stevenson, directeur général

Rachel Garber - en-tête chroniques

Invincible summer

Coming home from western Pennsylvania took an unexpected turn as we dodged the first major snowstorm in the “lake effect” region just south and east of the Great Lakes. Yes, winter arrived early.
But the new route brought some unexpected perks, such as signs announcing “Pumpkin Spice Oil Change,” or an arrow announcing “To Rt. 40 – YOUR GPS IS WRONG.” And the banner near Brattleboro, Vermont: “Hate does not grow well in the rocky soil of Vermont.”


A letter to the Brattleboro Reformer pointed out this slogan was coined in 1882, countering a nearby Ku Klux Klan activity. Today, the writer noted, his Black or Native neighbours can bear witness that the assertion remains not entirely true, and should be rephrased to show intention, “Root out hatred from the rocky soil of Vermont.”


Food for thought, as we sit in a traffic jam caused by a snow-related accident on Highway 91.
We visited the US not by choice. It was a difficult journey through a snowstorm of chaos, fear, and despair. But we also encountered good will. As Canadians, we heard “please forgive us,” and “please know that we’re not all like that guy”―“that guy” not requiring explanation.


And we encountered people with an attitude of quiet determination that evoked, for me, Albert Camus’s words: “In the depths of winter, I finally learned that within me there lay an invincible summer” (Personal Writings).


Camus lived through tumultuous times―political turmoil and World War II. He edited an outlawed newspaper in Nazi-occupied Paris and won a Nobel Prize in Literature. He was often called an existentialist but preferred the label of absurdist.


It seems paradoxical that an absurdist would speak of an inner invincible summer. But he went on to say, “And that makes me happy. For it says that no matter how hard the world pushes against me, within me, there’s something stronger―something better, pushing right back.”


I’m thinking on this. His stance is neither one of hope nor despair, but turning to a sanctuary within oneself, a quiet determination to take positive action. “We must mend what has been torn apart, make justice imaginable again in a world so obviously unjust, give happiness a meaning once more to peoples poisoned by the misery of the century,” he wrote.


As this tumultuous year ends, may we each find our quiet, invincible summer within.

Rachel writes from the old hamlet of Maple Leaf, in Newport (rawrites@gmail.com).

Église Emmanuel

Église St Peter’s de Cookshire /On ne peut pas tous les sauver

La résidence de Maxime Robert et Renée-Claude Morin est l’ancienne église Emmanuel de East Angus. PHOTO: MAXIME ROBERT

Un riche legs en patrimoine bâti religieux sur notre territoire me demande, avec les années, de me positionner à savoir quelles églises doivent être sauvées.

Je me souviens d’une conversation avec Nicole Robert, préfet à l’époque (2015) où elle m’expliquait que nous ne pourrions pas tous pouvoir sauver les églises et que nous aurions à faire des choix judicieux, parfois déchirants.

Avec le temps et de l’intérêt, j’ai pu bénéficier de plusieurs visites et interventions d’églises dans le Haut-Saint-François, à Island Brook, Sand Hill, Scotstown, Dudswell et East Angus. Je me souviens encore de la fois où je suis allé visiter l’église St Peter’s à Cookshire. Je me suis dit, hors de tout doute, ce joyau, qui est le nôtre, se doit d’être conservé. Sans enlever rien aux autres églises, elle surplombe à bien des niveaux le caractère et l’identité des autres lieux de cultes de notre territoire. Un bâtiment exceptionnel, une perle rare.

C’est une richesse qui ne se mesure pas en dollars, mais plutôt par la qualité de ses matériaux, de sa conception et de sa réalisation, son histoire, son emplacement, et surtout, par l’intérêt de ceux et celles qui ont à cœur de la conserver et de lui redonner une seconde vie.

Pour ma part, j’aimerais dire que je suis la preuve vivante que ce n’est pas avec de l’argent qu’on sauve les églises, mais bien avec de la volonté… de trouver des solutions et de faire des sacrifices. Je connais quelques particuliers sauveurs d’églises qui vous diront la même chose.

La preuve vivante, dans mon cas, est entre-autres que je demeure avec ma conjointe dans l’ancienne église méthodiste d’East Angus (1899), que nous avons rénové et continuons de restaurés au fil des ans.

Je suis déçu, mais pas vraiment surpris, que l’offre de monsieur Denis ait été refusée. Bien souvent, j’ai eu à négocier avec des communautés religieuses et des municipalités, propriétaires d’anciennes églises à qui les valeurs identitaires et patrimoniales passaient en dernier. Pendant ce temps, l’utilisation de ces joyaux, souvent vide, souvent servant d’entrepôt, sort en toutes règles des recommandations du plan d’aménagement révisé de la MRC du HSF.

Aujourd’hui sur notre territoire, encore trop d’obstacles se dressent à la conservation éclairée de notre patrimoine bâti. Souhaitons-nous trouver les meilleures solutions pour nos générations futures.

Maxime Robert est citoyen actif depuis 27 ans dans la mise en valeur de plusieurs bâtiments patrimoniaux d’ici et infographiste au Journal Le Haut-Saint-François.

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