Scott Stevenson

Scott Stevenson

Scott est le directeur du Journal depuis 2024. Originaire du Canton de Hatley, il demeure sur sa ferme à Island Brook depuis 2012.

Canada Day in Bury : a little rain on our parade

It rained so much we forgot to put our elbows up.  

Anyway, if American friends were in the waterlogged crowds, they were just that: friends. And the Bury hockey rink had no more corners to elbow in: it had been converted into a stage, auditorium, and dance hall. It was under the big tent, but so much rain fell outside, the water ran in and covered the concrete floor, making it look like an ice rink again. 

Canada Day in Bury, like the Fête nationale in Quebec City, was kind of rained out. But our spirits were not. 

“I can’t believe how loyal people are,” said food-truck chef Marie Gourmet of Dudswell.  

It was pouring rain, but the crowds showed up anyway. 

And Bury was proud. “It’s so nice to see the return to a traditional Canada Day celebration,” said East Angus resident, Randi Heatherington.  

The red and white of Canadian flags were all over town, hanging from poles and walls, and prominently on front lawns.  

Was it more than usual? No doubt. Wet elbows may not have been up, but fiery spirits were. 

The Bury Canada Day program featured new events all over: the pancake breakfast then bingo on Saturday morning, a farmers’ competition Saturday afternoon, and a golf tournament on Sunday morning.  

Folks came from far and wide. Once member of Parliament (MP) for Compton-Stanstead, David Price, and his wife Helga, came from North Hatley. Our current MP, Marianne Dandurand, and her team were walking the parade route, handing out more flags.  

The umbrellas were everywhere, but so were the smiles, the reunions, and the jokes about the weather. 

You can rain on our parade, but you can’t take our parade away. 

By Saturday evening, the sun was shining again. 

La confiance au menu

Un avis affiché en haut des produits biologiques au IGA Cookshire. Crédit : Scott Stevenson 

Les paniers de fraises du Québec partaient de la tablette au IGA Cookshire l’autre jour comme les petits pains chauds partent du Marché de la Ferme Patry à Weedon ou du Jardin de la boulangère à Ascot Corner. 

On nous recommande de les laver.  

Un organisme de protection consommateur américain, le Environmental Working Group (EWG), met les fraises au deuxième rang sur une liste de douze fruits et légumes, le Dirty Dozen, les plus contaminés de pesticides. Seuls les épinards sont considérés pire. 

Au Canada, par contre, Santé Canada nous rassure que, pour la plupart, toute notre alimentation est sécure, en autant qu’on la lave et la manipule comme il faut. 

Les propos de chaque côté m’amènent des doutes, de ceux qui tirent l’alarme autant que de ceux qui nous disent que tout est beau : nos systèmes d’alimentation sont si complexes et les nuances possibles, infinies.  

« Il s’agit d’un processus scientifique très compliqué », a répondu Marie-France Gagnon, une analyste d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), à Frédéric Bissonnette, de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, lors d’un balado produit par l’AAC en janvier 2024. 

M. Bissonnette expliquait l’approche de Santé Canada, son employeur, dans l’évaluation des risques d’utilisation de pesticides pour notre alimentation. 

« En gros, je passe le message de : “Ne vous inquiétez pas. La nourriture qui est vendue au Canada est sécure”. » 

Comme le balado, les sites Internet de Santé Canada et d’Agriculture et Agroalimentaire Canada contiennent beaucoup de rassurement. Peut-être trop. 

« En science, le risque zéro n’existe pas », admet finalement M. Bissonnette.  

L’EWG est indépendant, selon son site Internet, et il parle justement des risques. Mais il n’offre pas de détails dans ses avertissements, pas de preuves, pas de discussions sur les « limites maximales de résidu (LMR) » de pesticides. Est-ce plutôt dans leur intérêt de faire les manchettes avec leur « Dirty Dozen »? 

Comment alors avoir la confiance, et quelles sont nos valeurs alimentaires aujourd’hui? 

Pourquoi les poisons? 

On a choisi de produire en masse—légumes, fruits, et tellement d’autres produits—pour payer moins cher du côté consommateur et pour gagner plus d’argent du côté producteur. C’est le système que nous avons adopté comme société. Ça implique des coûts, du côté alimentaire, environnemental, et humain. C’est très difficile de faire autrement maintenant, malgré les efforts de plusieurs petits producteurs dans le Haut-Saint-François, ailleurs en Estrie, au Québec, et plus loin. 

Est-ce que, alors, une toute petite quantité de poison (LMR) dans nos aliments est acceptable? C’est ce que nos experts tentent de nous dire. 

Après tout, on l’accepte sur nos corps, avec la chasse-moustique, et dans nos maisons et bâtiments pour empêcher les infestations. 

Dépendamment de vos valeurs, pour avoir confiance, apprenez à connaître vos fermiers; achetez leurs produits, visitez leurs fermes, participez à leur production ou à leur distribution.  

Transport HSF : des bris d’autobus pire que la dette 

La nouvelle directrice générale, Isabelle Labrecque, avec le président, Michel Champigny. 

Malgré une dette d’un demi-million de dollars, le conseil d’administration et les membres de Transport de personnes Haut-Saint-François ne s’inquiétaient pas pour l’avenir lors de leur assemblée générale annuelle en avril. La nouvelle directrice générale, Isabelle Labrecque, a par la suite précisé les garanties présumées pour la couverture de cette dette. 

« On ne fermera pas… On n’est pas en mauvaise posture », a-t-elle dit en entrevue plus récemment. Les sommes sont dues au gouvernement du Québec et à la MRC du Haut-Saint-François, sans intérêt. « Ils ne sont pas pressés. » 

« Il y a déjà une entente prise pour régler les problèmes financiers. Ce n’est pas insurmontable. Là, on est dans une meilleure position. »

Transparence et saine gestion

« Mais, ce qu’on a à faire, c’est d’être transparent et d’avoir une saine gestion financière et de matériel pour que l’organisme puisse se consolider. » 

Mme Labrecque est devenue directrice générale (DG) de Transport HSF aussi en avril, après avoir travaillé pour plusieurs autres organismes communautaires, surtout près de Montréal. Elle est revenue en Estrie il y a quelques années, à Fontainebleau. « Je cherchais une cause sociale qui impliquait d’aider les gens », a-t-elle dit. 

Améliorer la flotte 

Sa préoccupation principale comme DG est plutôt la flotte d’autobus et l’offre de service. « Ce qui est notre gros, gros, gros défi actuellement, c’est le bris des autobus, ce qui fait qu’on a des bris dans les services. Continuellement, on est obligé de déplacer des transports, d’annuler certains transports, parce qu’on a des autobus qui sont vieillissants. » 

« On est en attente d’une subvention qui viendra du fédéral, pour pouvoir acheter deux nouveaux autobus… Mais, là, ça presse. » 

Transport HSF dessert en partie une clientèle vulnérable, pour qui le transport est l’accès à des services sociaux essentiels. L’organisme est, entre autres, mandaté par la MRC d’offrir un transport adapté aux personnes vivant avec une mobilité réduite.  

Avec les problèmes dans la flotte, Mme Labrecque doit parfois organiser des solutions hors normes pour éviter que ces clients manquent de service. 

« Je salue la très grande flexibilité au niveau de nos chauffeurs. Notre équipe est extraordinaire. Ce qui est important, c’est de mettre à jour notre flotte d’autobus », a-t-elle renforcé. 

Le café est difficile ici

Une partie de la famille du nouveau Dep Resto Chartier : Amélia Paquin, Denis Paquin, Sylvie Roy, copropriétaire, Lucie Gendron et Étienne Provencher-Rousseau. L’autre associé, Gilles Martin, était absent pour la livraison de diners à l’école. 

« Quels seront les principaux défis pour les jeunes du Haut-Saint-François dans les prochaines années? », a demandé Judith Olson, du Carrefour jeunesse-emploi (CJE), la semaine passée. « La santé mentale », a répondu, en partie, Nathalie Hivert, du Centre de services éducatifs populaires, lors de l’assemblée générale annuelle du CJE. Elle a élaboré sur les enjeux : médias sociaux, pandémie, manque de socialisation en personne. 

En fait, plusieurs études sur la santé mentale des jeunes démontrent que les problèmes sont déjà « incrustés », comme le poète et travailleur social David Goudreault le décrit. Mais on se rencontre où pour socialiser régulièrement dans le Haut aujourd’hui? Avez-vous des lieux pour juste un café/thé près de chez vous? 

Deux associées ont essayé d’opérer un café à East Angus, l’ancien Café Laurier, pendant près de trois ans. Mais l’économie locale est difficile ici (pour paraphraser le titre Roses Are Difficult Here d’un livre sur une petite communauté rurale canadienne). Encore : les médias sociaux, l’achat en ligne, les nouvelles technologies. Le café a fermé en décembre dernier. 

L’organisme Cuisines Collectives, sous la direction de Julie Jeanson, a fait renaître l’établissement de la rue Laurier sous le nom de Café collectif. Julie semble intéressée à répandre l’offre de cafés ailleurs dans la région aussi, heureusement. Le besoin est grand. 

Le succès commercial vient ici seulement avec beaucoup d’effort et d’innovation pour les petits établissements dans le contexte actuel.  

Il faut offrir une excellente qualité dans tous les sens; répondre à l’essentiel de la demande; aller chercher, presque accrocher, les clients et complémenter les revenus par des services et du financement différent, parfois gouvernemental. 

Bonne nouvelle en ce sens à Chartierville : un restaurant est de retour. Il y a une place pour se rencontrer de nouveau, le Dep Resto Chartier. 

À Newport, ma voisine, Francine Rouleau, encourage la municipalité à organiser des cafés-rencontres à la salle communautaire d’Island Brook. 

La volonté existe, certains efforts et lieux aussi, et encore plus le besoin. 

Aussi, la soif de socialiser n’appartient pas juste aux jeunes. Tout le monde, de tous les âges, a besoin de se voir, de se parler, de se toucher en personne. Socialiser en ligne n’est pas assez.  

Longue réussite aux restos, cafés, restos-bars et dep-restos du Haut! 

CSEP : de Scotstown à East Angus en 40 ans

Les fondateurs du CSEP Robert Cyr et Édith Cournoyer ainsi que la directrice générale, Nathalie Hivert. Crédit : Scott Stevenson

Le témoignage spontané du participant Rock Côté au 40e anniversaire du Centre de services éducatifs populaires (CSEP) à East Angus lui a valu le statut de vedette inattendue lors la soirée. 

« À chaque fois que j’allais à l’école, je me suis fait intimider » a-t-il raconté. « Je me suis fait une coquille en moi… pendant six ans. Cette coquille-là, ça ferme plus. Là, tu trouves pas d’option, qui chercher, quoi faire… J’étais dans cette situation-là. J’étais perdu. »  

« Il y a une de mes profs, je la remercie mille fois de m’avoir présenté au Carrefour jeunesse-emploi et aux personnes gentilles comme au CSEP. Ils sont là pour écouter la personne, pour régler le problème… Ça ouvrait mon cœur. »  

« J’ai presque fondu en larmes », a réagi Bianka Gelé Dupuis, qui assistait à l’AGA comme représentante du Journal Le Haut-Saint-François. Le témoignage de M. Côté en a suivi un autre, tout aussi émouvant, du participant Martin Lizotte. « Ici, tu peux pas travailler si t’as pas d’école ». Au CSEP, « tu vas à ta vitesse. Ils vont t’aider, ils vont te parler. Ils sont tout le temps très, très chaleureux. »  

Les années 1980  

Comme plusieurs autres organismes communautaires ces temps-ci, le CSEP fête son 40e anniversaire. Ses origines datent d’une période d’effervescence du mouvement dit « communautaire » au Québec. Entre autres, le Centre des femmes La Passerelle a fêté son 40e en 2024; Virage Santé mentale, en 2025; le Journal régional du Haut-Saint-François le fêtera en 2026.  

On réfère aux organismes nés dans les années 1970 et 1980 qui sont à but non lucratif et financés largement par l’État. Ces organismes venaient en aide à une société à la recherche de solidarité et d’entraide à la suite de la Révolution tranquille et du remplacement des services publics préalablement fournis par l’Église et désormais assurés par l’État, tels que l’éducation et les soins de santé.  

Les fondateurs du CSEP, Édith Cournoyer et Robert Cyr, ont offert leur propre témoignage lors de l’anniversaire, le 13 mai dernier. « Dans les années 1970, offrir de l’instruction à tout le monde qui le voulait, c’était dans l’air », selon Édith après son survol de « la Grande noirceur » des années 1950, de « la Révolution tranquille » des années 1960 et de « la fierté québécoise, des coopératives, du féminisme », des années 1970.   

« Dans ce temps-là, l’accent était beaucoup plus mis sur le collectif que le personnel », selon Robert. « Il y avait un mouvement; il y avait une espèce d’effervescence au niveau social. Il y avait quelque chose qui t’incitait à vouloir faire partie d’un mouvement de transformation, de changement. »  

Un poète de la santé mentale et des sourires

David Goudreault photographié par Scott Stevenson 

Si la détresse persiste, insiste, s’incruste dans tes tripes,
Te pourrit la vie par en-dedans au point de crever à petit feu
Au point de mourir un petit peu à chaque jour
Appelle à l’aide!

David Goudreault

À mi-chemin de l’année de célébrations de son 40e anniversaire, le 9 de chaque mois, Virage Santé mentale a élu son conseil d’administration 2025-2026 la semaine dernière, un mois après la conférence bien appréciée du poète sherbrookois, David Goudreault, à Weedon, le 9 mai. 

« Êtes-vous en forme? » a-t-il demandé au public d’une soixantaine de personnes au sous-sol du Centre communautaire Thérèse Denis Lavertu. « Oui », que plusieurs ont répondu. « Êtes-vous en feu? » Des oui encore plus forts et enthousiastes. « Êtes-vous enceintes? » Quelques-unes ont mordu à l’hameçon, aux grands rires de tout le monde. 

La conférence de M. Goudreault portait sur la santé mentale. « J’ai travaillé dans la prévention du suicide pendant 10 ans et je peux vous garantir qu’on peut sauver des vies avec un sourire », a-t-il offert parmi plusieurs autres bijoux d’anecdotes et conseils d’un professionnel à la fois du travail social, de la plume et des prestations publiques. 

Il nous a aussi partagé sa recette pour le bien-être mental, « les principaux facteurs de protection pour prendre soin de soi » : le réseau social, comme les amis et la famille (et non pas les médias sociaux); les ressources professionnelles pour venir en aide, comme Virage Santé mentale; les ressources personnelles, comme la résilience; la spiritualité, que ce soit de la religion saine ou d’autres croyances; et la créativité, comme l’art, la musique et le théâtre. 

Un autre grand évènement du 40e anniversaire de Virage cette année était le match des anciens Canadiens le 9 mars dernier, une levée de fonds qui n’était pas à la hauteur des attentes de la directrice de Virage, Pauline Beaudry, comparé au même évènement il y a plus de dix ans. 

Virage Santé mentale a terminé son année fiscale le 31 mars dernier avec un surplus de 5500 $, pour des revenus de 430 000 $. L’année dernière, il a terminé avec un déficit de 21 000 $. Son actif net est de 1300 $. 

Les mandats de quatre membres du conseil se sont terminés cette année : Lynn Bissonnette, Richard Goulet, Danielle Jean, et Francine Lamontagne Chouinard. Ils ont été de nouveau proposés, avec une autre personne, résultant alors à une élection qui a fait revenir les quatre membres. 

Les autres membres du conseil sont Martine Bujold, secrétaire; Sébastien Fortin; Lise Shank, présidente; Simon-Gilles Talbot, trésorier; et Suzanne Tanguay. Mme Bissonnette est vice-présidente. 

Le refus rural aussi

Des boites postales communautaires dans le secteur Marbleton, à Dudswell. Crédit : Scott Stevenson

N’est-ce pas le temps de faire renaître la Dignité Rurale du Canada? De toute évidence, l’organisme est aujourd’hui inactif sinon fermé. Mais c’est lui qui nous a permis de garder les bureaux de poste dans nos communautés du Haut-Saint-François il y a 30 ans.  

Nous en avons besoin maintenant. 

Postes Canada tente encore de fermer nos bureaux de poste ruraux et d’arrêter la livraison aux boîtes de courrier personnelles. La logique est celle de l’entrepreneur d’affaires, sauf que l’acte de rendre un service public n’est pas une entreprise privée. 

On peut bien comprendre la motivation des gestionnaires de Postes Canada et des politiciens de vouloir rendre la société d’État rentable et de sauver l’argent des contribuables. On peut bien comprendre la motivation des contribuables de vouloir arrêter le saignement apparent d’un organisme public, suite aux manchettes qui se concentrent sur les milliards de dollars « perdus » par la corporation. 

Mais est-ce qu’on dirait que l’argent qu’on met dans nos routes rurales est aussi « perdu »? Est-ce qu’on proposera alors de fermer ces routes? 

Nos écoles à Bury, La Patrie, Sawyerville, Weedon et ailleurs : est-ce qu’on gagne assez d’argent pour leur fonctionnement? Est-ce qu’on songe à les fermer? 

Évidemment que non, et ce n’est pas le but. La raison d’être de ces services publics en éducation et en voirie est de remplir un besoin qui ne sera pas bien rempli par des entreprises privées. 

C’est ça le principe de l’intervention gouvernementale : de venir rendre un service public essentiel quand l’offre de ce service n’est pas intéressante ou rentable pour le secteur privé. Ou que l’intérêt public ne sera pas bien servi par des intérêts privés.  

C’est pourquoi l’éducation et la santé, les voiries et l’électricité, l’Office québécois de la langue française et Radio-Canada, parmi tant d’autres, sont opérés et/ou financés par nos gouvernements. 

La livraison du courrier a toujours été un service public essentiel. Avec la voie ferrée et la gendarmerie, Postes Canada était parmi nos premiers services publics. On disait « Ni la pluie, ni la neige, ni la chaleur, ni la nuit n’arrêteront ces courriers » justement à cause de la nécessité de pouvoir communiquer entre citoyens, entreprises, organismes et instances gouvernementales. 

Aujourd’hui, on pense que Postes Canada devrait être compétitive avec les meilleurs services de courrier et de livraisons privés. C’est ridicule. Si le secteur privé est en train de combler la demande en livraison de parcelles achetées en ligne de la Californie, tant mieux pour lui. Sortons notre argent public de ce type de service, comme la livraison de fin de semaine. Cette idée de Postes Canada n’a pas de sens. 

Ce dont nous avons toujours besoin, c’est d’un courrier de proximité et de fiabilité publique, que ce soit en ville ou en campagne. Les facteurs et les bureaux de poste ruraux sont essentiels. L’Internet ne les remplace pas.  

Postes Canada ne gagnera pas d’argent à rendre le service de ces bureaux et facteurs. Mais la vie rurale, incluant le bien-être de ceux qui produisent nos aliments, sera « perdue » sans eux. 

La Dignité Rurale du Canada a été fondée au Québec en 1986 et a réussi en 1993 à avoir un moratoire du gouvernement fédéral sur la fermeture des bureaux de poste ruraux. Selon les archives du Musée canadien de l’histoire, « le mouvement a littéralement pris feu, générant une couverture médiatique nationale considérable ainsi qu’une série de manifestations locales dans chaque région du Canada. » 

Le mouvement s’inspirerait des Opérations Dignité, aussi nées dans le village d’Esprit-Saint dans l’est du Québec, et, au nom de Solidarité rurale du Québec, qui ont repris leurs activités en 2024, selon un reportage de Radio-Canada. 

« Nous invitons la population à venir souligner le samedi 24 mai 2025 la journée de la résistance et fierté rurale » selon le site Internet des Opérations Dignité la semaine passée. 

Qu’elles fassent aussi renaître un mouvement pour sauver nos services postaux ruraux : dans les bureaux de poste et par les facteurs! 

Fuck Carney

La poursuite de la justice et du calme

J’ai espéré à voix haute, lors de l’assemblée annuelle du Journal en avril, du temps moins venteux cette année, comparativement à 2024. Peut-être que je n’étais pas réaliste, si on considère les grandes vagues partout aujourd’hui. Par sa raison d’être, un journal navigue au centre du lac et non pas caché dans une baie à l’abri des grands courants.

Autrement dit, je prévois déjà du temps encore venteux pour nous cette année. Un autre arrêt de travail chez Postes Canada semble être à nos portes, au moment d’aller sous presse. Nous avons devancé la production de notre édition papier pour éviter le début d’un tel arrêt, au moins.

Aussi, la semaine passée, nous avons reçu une convocation à la Cour des Petites créances pour une demande de dédommagement d’une directrice en probation avec nous pendant environ deux mois en 2023-2024. À la suite de notre décision de ne pas l’engager de manière permanente, nous lui avons payé le montant auquel elle avait droit, même plus. Le juge décidera si elle avait droit à encore plus, après notre audience en juillet.

En 2023, le Journal a aussi été poursuivi légalement, dans ce cas au sujet d’un article qui remettait en question la façon dont nous avions cité. Notre enregistrement de l’entrevue, rejoué devant les avocats, semble avoir contribué à la retraite de cette poursuite en 2024.

Parfois des vagues turbulentes; parfois des vents plaisants. Pour être professionnel, un journal doit naviguer dans ces eaux souvent turbulentes. Le public a besoin de savoir ce qui se passe. Qui fait quoi? Qu’est-ce qui risque de l’affecter? Dans les situations conflictuelles, ce n’est pas tout le monde qui aime que l’information soit partagée, même quand l’information est importante pour les citoyens.

Les émotions montent en turbulence elles aussi, d’où l’importance pour les journalistes et les journaux professionnels d’en parler de façon juste et respectueuse. Si nous voulons vivre dans une société elle-même moins turbulente et stressante, chacun et chacune a un devoir de parler de façon respectueuse.

Justement, notre chroniqueuse, Rachel Garber, se plaint d’un manque de respect et des abus dans les dialogues publics de nos jours. Elle cite les tristement célèbres « F— Trudeau », apparemment devenu « … Carney », dans un de nos villages, annoncé sur le côté d’une maison privée.

Quand j’aperçois ces affiches, j’ai le goût de répondre avec un message semblable dirigé vers l’auteur. Mais, ça, c’est ma réaction émotive et impulsive, et cette façon de parler n’a pas sa place dans le dialogue public.

Ce n’est pas une question de limiter la liberté d’expression, ni une question de convictions politiques. C’est plutôt une question d’encourager des échanges et des différences d’opinion dans le respect de chacun et d’un désir d’améliorer la vie, de façon constructive, pour tout le monde.

Insulter quelqu’un, en anglais ou en français, est abusif. On ne devrait pas le tolérer. J’espère que les municipalités en question et leurs voisinages puissent trouver des solutions à ces messages qui polluent notre espace public.

J’espère aussi que les gens – habituellement motivés par la colère et la peur – qui sentent le besoin de se prononcer par les gestes et mots aussi extrêmes, trouvent de meilleures façons de régler leurs turbulences intérieures.

C’est le Grand McDon!

De gauche à droite : Jackob Ménard du Service des loisirs de la Ville de East Angus, Joyce Buensuceso et Alexandre Tremblay de McDonald’s et Michel Champigny de la Journée Natalie Champigny. 

Le Grand McDon d’aujourd’hui, 8 mai, au bénéfice de la Journée Natalie Champigny, a commencé tôt, dès 6 h, au McDonald’s d’East Angus, selon Michel Champigny. Tout achat contribue à soutenir l’avenir des enfants du Haut-Saint-François, ce qui est la mission de la Journée et ses quatre activités annuelles. 

Le défi de bâtir un avenir sécure pour les médias locaux, ensemble

Après trois ans de déficit financier, le Journal régional Le Haut-Saint-François met tous les efforts à se bâtir un avenir sécure. C’est rare que les médias, sans parler de tous les autres organismes et entreprises, parlent publiquement de problèmes intérieurs. Mais la transparence fait confiance. Et ensemble, les solutions sont plus fortes.

Le Haut-Saint-François a été créé en 1986 comme journal à but non-lucratif, en partie pour renforcer l’économie, les organismes, les institutions et la société en général de notre région. À cette époque, la télévision avait pris beaucoup de place dans l’offre médiatique, mais le paysage journalistique était quand même plus intéressant et sécure qu’il est aujourd’hui. L’Internet et les médias sociaux tentent de révolutionner la façon dont le monde prend de l’information, parfois pour le bien, parfois pour le pire, mais définitivement au détriment des journaux traditionnels.

Selon un article intitulé « Remettre le local au cœur des médias locaux » par le Forum des politiques publiques le 5 février dernier, « dans l’ensemble, la situation des organes de presse locaux au Canada est désastreuse : de nombreux propriétaires n’arrivent tout simplement pas à s’en sortir. Depuis 2008, plus de 340 collectivités ont perdu leur fournisseur de nouvelles locales, et la tendance se poursuit. »

Au journal Le Haut-Saint-François, malgré les déficits, l’avenir est plus sécure qu’ailleurs. La communauté est bien attachée à son journal sur toutes nos plateformes. La version papier est la seule façon de rejoindre, avec confiance, toutes les adresses du Haut-Saint-François à prix abordable. Le Journal est aussi un média professionnel, fiable et intéressant. La région ne laissera pas disparaître un moyen de communication si essentiel.

Mais nous ne pouvons non plus opérer avec des déficits à l’infini. La plupart de nos revenus vient de l’achat de publicité, un service clé qui permet de rejoindre toute la population. L’autre partie vient de subventions et de financement de projets. Bientôt, on ajoutera une troisième source, les levées de fonds.

Malheureusement, les deux dernières sources nous sortent de notre expertise et nous enlèvent de notre travail principal, qui est de produire un journal de qualité, avec ses informations, actualités et annonces. Une candidate à l’élection fédérale m’a récemment demandé comment les gouvernements pourraient mieux appuyer les journaux, au-delà du financement déjà offert. La réponse est si simple : par l’achat de publicité. Les gouvernements ont besoin de communiquer avec leurs citoyens; les journaux sont un lien direct et fiable avec le public, contrôlés et opérés par des entreprises et citoyens locaux.

Notre expertise est, entre autres, la publication d’annonces. Quand les gouvernements annoncent dans les journaux, nous gagnons des revenus supplémentaires. En contrepartie, les gouvernements bénéficient directement du service qu’on leur rend. Pas besoin de long formulaire de demande de subvention de la part des journaux; ni de grande équipe et système compliqué d’évaluation des demandes de la part des gouvernements. La communication par l’espace dans les journaux est gagnante-gagnante.

L’année prochaine, Le Haut-Saint-François débutera la célébration de son 40e anniversaire. La fin de semaine dernière, la qualité de notre journal a été reconnue par nos collègues, avec des nominations et prix décernés par l’Association des médias écrits communautaires du Québec, comme nous avons déjà été reconnus souvent dans le passé. Nous travaillons fort, toute notre équipe du conseil d’administration et les employés, non seulement à produire le contenu et à renforcer la communauté, mais aussi à garantir l’avenir de votre journal local.

Merci de faire partie de cette communauté et de vous compter parmi nos lecteurs et lectrices engagés!

Le nerprun dans la mire d’une expertise de Cookshire-Eaton

Le Groupement forestier des Cantons tente l’arrachage de nerprun sur un site à Cookshire-Eaton.

Alors qu’un arbuste envahissant, le nerprun bourdaine, progresse dans le Haut-Saint-François, la région bénéficie d’une expertise de plus en plus avancée. Des sites d’études à Ascot Corner et Cookshire offriront des résultats cet été et un nouveau projet tente de cartographier la présence du nerprun en Estrie par image satellite et drone combinée à l’intelligence artificielle.

L’ingénieure forestière Marie-Josée Martel est possiblement la spécialiste dans le domaine. Avec l’Agence de mise en valeur de la forêt privée de l’Estrie, basée à Cookshire, elle a publié en 2021 le Guide de gestion du nerprun bourdaine pour les propriétaires forestiers.

« Le nerprun est une véritable menace pour la forêt. Les propriétaires forestiers, en tant que gestionnaires de leurs boisés, ont un rôle important à jouer pour contrer l’envahissement », selon le Guide. Le nerprun peut changer une forêt de façon extrême. Il se propage si intensément que les autres espèces n’ont pas la chance de se regénérer dans un écosystème normalement riche et diversifié.

Le nerprun bourdaine aurait été introduit en Amérique du Nord à des fins ornementales à la fin du 19e siècle. Selon l’herbier Louis-Marie de l’Université Laval, la première occurrence du nerprun bourdaine connue et recensée en Estrie date de 1963 à Sherbrooke, selon le Guide. Aujourd’hui, il envahit plusieurs forêts dans la région de Sherbrooke, et dans le Haut-Saint-François à Ascot Corner, Bury, Cookshire-Eaton et East Angus particulièrement, selon Mme Martel.

Comme propriétaire forestier, j’en ai aussi identifié à Newport, près de Island Brook. L’arbuste se propage largement par sa grande quantité de fruits, transportés principalement par les oiseaux, mais aussi par la machinerie.

L’Agence de la forêt privée et ses partenaires cherchent des solutions pour contrôler l’envahissement. Plusieurs projets ont été initiés au cours des 15 dernières années. Depuis 2021, ils essaient une double coupe en hauteur de l’arbuste sous couvert forestier; les résultats de cette étude sont attendus cet été.

Aussi, le Groupement forestier des Cantons, de Cookshire et Coaticook, essaie l’arrachage par pelle-peigne mécanique sur des sites dédiés au reboisement. Le nerprun bourdaine se regénère plus rapidement par sa souche coupée près du sol que par la propagation de ses graines, alors une coupe traditionnelle est déconseillée.

De grands honneurs attribués à Ascot Corner

Suzanne Hardy est Bénévole de l’année.

Environ 110 personnes se sont réunies le samedi 26 avril dernier pour la soirée annuelle de reconnaissance des bénévoles d’Ascot Corner, avec une dizaine de prix décernés, de la musique par le groupe Soul Station et un buffet par le Café l’Orchidée de Cookshire.

Suzanne Hardy a été reconnue Bénévole de l’année par la Ville d’Ascot Corner pour son implication depuis les années 1980 au sein de plusieurs organismes, incluant l’AFÉAS et le journal Aux Quatre Coins.

« Mais c’est au sein de la Corporation des loisirs d’Ascot Corner qu’elle a laissé son empreinte la plus marquante. Depuis 30 ans, elle s’y investit avec constance, occupant divers postes », selon la présentation officielle faite lors de la soirée.

L’évènement a aussi inclus le dévoilement du citoyen d’honneur, décerné à Claude Goulet à titre posthume.

« Claude est malheureusement décédé prématurément à l’âge de 52 ans… Son implication bénévole dans la municipalité remonte au milieu des années 1970 et prend de multiples formes. Bien que tardive, cette nomination … est fidèle au devoir de mémoire. »

L’appui mutuel entre le journal communautaire d’Ascot Corner et le Journal régional Le Haut-Saint-François était aussi en évidence avec la présentation par son directeur, Scott Stevenson, du prix du Bénévole du journal Aux Quatre Coins à John St-Cyr.

« Grâce à lui, le journal Aux Quatre Coins poursuit sa mission. À chaque parution, il nous offre la rubrique « Le coin de John », qui nous fait rire et réfléchir toujours avec humour et humanité. Sa passion et son amour pour sa communauté inspirent tous ceux qui l’entourent », selon la présentation de la Ville.

Un contrepoids au pouvoir central

Mon titre de l’automne dernier, « Le rejet local », était peut-être trop loin de son allusion, le Refus global. J’évoquais une réalité vécue par les petits milieux ruraux et souvent marginaux où la vie est dominée par les pouvoirs centraux. Dans l’article, on racontait le rejet par l’UPA local du Haut-Saint-François du plan de financement de la fédération centrale de l’Union des producteurs agricoles du Québec (UPA). Le directeur de l’UPA régionale de l’Estrie présentait, positivement, le plan aux membres de l’UPA du Haut-Saint-François en septembre dernier, mais les membres locaux sont devenus les premiers en Estrie à le rejeter. Par la suite, les membres de l’UPA régionale de l’Estrie, à leur tour, l’ont rejeté, avant de finalement être accepté au niveau provincial à condition d’une amélioration prompte dans le système de cotisations.

En entrevue récemment, Noël Landry a exprimé son accord avec cette idée de cotiser les membres selon le niveau de production au lieu d’un prix unique pour producteurs ou entreprises. « Avant, il y avait plus d’uniformité dans les productions », a-t-il confié.

Justement, le Haut-Saint-François accueille aujourd’hui un grand nombre de petites fermes comparé à d’autres régions. Le petit et le local sont importants ici. L’innovation et le leadership aussi. M. Landry nomme une dizaine d’agriculteurs d’ici qui, au fil des années, ont occupé des postes clés dans la gestion de l’agriculture québécoise, comme les Berthier Gelé, Auguste Hivert, Marie-Antoine Roy et Antoine Doyon. M. Landry lui-même a été président de l’UPA-Estrie pendant plusieurs années.

Même si l’UPA est une entité centrale et puissante, sa structure en partie décentralisée permet l’opposition comme on l’a vécu l’automne dernier lors des votes contre son plan de financement par les membres locaux.

Heureusement aussi, la grande force de la centralisation, qui a vidé tant de villages des régions comme la nôtre depuis des décennies, est aujourd’hui contrebalancée par la possibilité de se connecter à distance et par un nouvel intérêt pour la vie en région et sur les petites fermes.

L’entité centrale, quelle qu’elle soit, a toujours besoin de ces membres et milieux locaux. Elle doit aussi toujours être ouverte à l’opposition et à la critique. La solidarité, d’accord. Mais il faut toujours laisser la place à l’expression libre, saine et constructive du bas vers le haut, du local vers le centre. Sinon, les membres et les milieux locaux n’ont pas de place, et l’organisme est vide et sans fondation.

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Un plan d’ensemble à Cookshire-Eaton pour ses parcs et espaces verts

Après avoir sondé ses citoyens et organismes l’hiver dernier, la Ville de Cookshire-Eaton prévoit adopter un premier plan directeur pour ses parcs et espaces verts ce printemps.

Il sera axé sur l’accessibilité aux familles, la préservation de la nature, le développement durable et les activités physiques, entre autres, selon les demandes faites lors de la consultation publique. Environ 200 résidants ont répondu au sondage de la municipalité, en plus des rencontres avec les organismes locaux. Le sondage a été effectué aux mois de février et mars, en ligne et aux points stratégiques pour ceux moins aptes à utiliser l’Internet.

On prévoit l’adoption du plan par le conseil municipal à sa réunion du mois de juin, selon la responsable des communications de la Ville, Sacha Le Néa. Il sera ensuite présenté aux citoyens.

Cookshire-Eaton compte trois parcs principaux sur son territoire : le Parc Castonguay près de la Salle Guy-Veilleux à Cookshire, ainsi que les parcs de Johnville et Sawyerville. Elle a aussi trois plus petits parcs, dits « de voisinage » : le Parc des Trois Mousquetaires, le Parc du Boisé et le Parc de Birchton. Les espaces verts reconnus sont l’Étang Cloutier, le Parc du Barrage de Sawyerville, la piste cyclable entre Sawyerville et Saint-Isidore-de-Clifton et le Parc des Braves, entre autres.

Une équipe des Travaux publics sera dédiée au développement de ces parcs cet été alors que la municipalité commence l’application de son plan directeur en phases pendant une période de cinq ans.
Cookshire-Eaton a le plus grand territoire de la MRC du Haut-Saint-François, avec 298 kilomètres carrés, comparé à sa voisine, Newport, avec 270 kilomètres carrés.

Coq à l'âne, avril 2025

Du Coq à l’Âne, incluant humains et légumes

À gauche, Charline Marais, et à droite, Francis Trudeau, du service de traiteur les Raisins de la Colère, associé avec la ferme le Domaine du Coq à l’Âne de Camille Côté et Thomas Grey, au centre.

Un accueil chaleureux attendait les invités à la ferme du Domaine du Coq à l’Âne à Bury, le 4 avril dernier ensoleillé, lors du décernement de leur prix du Défi OSEntreprendre.

Un chèque de 500 $ a été présenté aux propriétaires Camille Côté et Thomas Grey par la Caisse Desjardins du Haut-Saint-François (HSF), représentée par Alain Coulombe, et la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) du HSF, représentée par Audrey Beloin, Isabelle Couture et sa présidente, Thérèse Ménard Théroux.

« L’entrepreneuriat est important dans notre coin » a dit Mme Ménard Théroux. « Moi personnellement et à la SADC, on trouve ça formidable que les jeunes ont cette passion. »

À l’occasion, Camille Côté et Thomas Grey ont aussi célébré leurs deux premières années à la ferme plus que centenaire sur le chemin de Hardwood Flat. En partenariat avec le service de traiteur les Raisins de la Colère, de Charline Marais et Francis Trudeau, des produits de la ferme étaient offerts, cuisinés en soupe et pains garnis délicieux.

Mme Côté et M. Grey cultivent une partie de leur terre de 107 acres en champs et en serres de légumes pour la vente de paniers d’hiver, avec une clientèle répartie entre Sherbrooke (60 %) et le Haut-Saint-François (40 %).

Ils ont gagné leur prix dans la catégorie « Faire affaire ensemble » pour la MRC du Haut-Saint-François et deviendront alors candidats au niveau régional pour le concours Défi OSEntreprendre de l’Estrie.

Matthew Burns II, avril 2025

La gestion de l’offre laitière

Matthew Burns : « Les États-Unis vendent trois fois plus de produits laitiers au Canada qu’on vend chez eux. »

« La sécurité alimentaire, ça ne se réalise pas à la bourse », de dire le renommé producteur laitier, Noël Landry, 87 ans, et aujourd’hui à la retraite. Bon nombre de candidats électoraux promettent de protéger la gestion de l’offre en agriculture, mais M. Landry les avertit contre d’autres ouvertures, même petites, de notre marché aux États-Unis dans l’actuelle guerre d’échange.

Dans toutes les ententes précédentes, le Canada « a perdu 18 % de notre production, pour combler nos besoins », a-t-il dit lors d’une entrevue le 25 mars dernier. Autrement dit, nous avons préservé seulement 82 % de notre propre marché. « En bas de 70 %, tout est perdu », selon M. Landry.

Actuellement, les producteurs américains vendent 700 millions de dollars de lait au Canada, comparé à 200 millions de produits canadiens vendus aux États-Unis, selon M. Landry.

Noël Landry
Noël Landry : « Les guêpes piquent parce qu’elles sont organisées. »

Ce sont deux marchés très différents, deux profils d’entreprises agricoles incomparables : au Québec, il y avait une moyenne de 82 vaches par ferme entre 2020 et 2023, selon Statistiques Canada, publié par l’Association des Producteurs de lait du Québec; en Californie, il y avait 1545 vaches par ferme, selon la Idaho Dairymen’s Association.

À la ferme de Matthew Burns, 30 ans, à Newport, dans le Haut-Saint-François, il y a actuellement 50 vaches en production. Il est en train de bâtir une nouvelle grange avec des machines robotisées pour pouvoir augmenter sa productivité et ajouter une dizaine de vaches, ce qui pourrait monter sa production d’environ 40 %. C’est un investissement entre 1 et 1,5 million de dollars pour les infrastructures plus un autre 500 000 dollars de quota lorsque la ferme peut l’acheter.

Ce quota est la monnaie courante du système canadien de gestion de l’offre, qui relie les besoins des consommateurs canadiens à la production agricole et des prix stables pour consommateurs comme producteurs.

Les investissements de M. Burns, comme les grands investissements que notre région connait depuis plusieurs années dans le domaine du sirop d’érable, sont plus accessibles par cette stabilité. Aussi, M. Burns a noté la grande fluctuation au prix des œufs américains lors de la grippe aviaire récente, comparé à la stabilité canadienne. S’il y avait une crise semblable dans le domaine laitier et notre marché était plus ouvert aux américains, « ils vont fournir leurs propres peuples en premier, et on n’aura pas de produits laitiers sur nos tablettes », de dire Matthew Burns.

Il a une certaine confiance dans les promesses des politiciens canadiens en ce moment, mais il dit aussi qu’« on ne connait pas vraiment ce qu’ils peuvent changer ». La guerre d’échange l’affecte alors. « Je ne dirai pas que j’ai peur, mais je suis quand même un peu préoccupé ».

S’il y a une consolation, il la trouve dans les consommateurs d’aujourd’hui. « Comme producteurs laitiers, nous sommes reconnaissants de l’appui général démontré par le public ». Les gens remarquent de plus en plus le logo bleu, qui indique des produits laitiers 100 % canadiens, selon lui.

Le cas de Guitabec : la gestion d’un sujet chaud

La tête d’une guitare de marque Godin. Photo provenant de l’entreprise

On accuse le journal de publier des « commérages de perron d’église », et le professionnalisme de notre journaliste, Jean-Marc Brais, est attaqué au sujet de notre article la semaine dernière sur l’avenir des usines de Guitabec à La Patrie. Notre première publication à ce sujet suivait une semaine d’enquête par M. Brais, par téléphone, par courriel, sur Internet et sur le terrain, en personne, à La Patrie. Son travail et la crédibilité du Haut-Saint-François à travers la région parlent d’eux-mêmes, mais je vous offre ici quelques aperçus pour aider à mieux comprendre et pour corriger les accusations.

Les gens de La Patrie et de la région se questionnent depuis un certain temps sur l’avenir des usines de Guitabec, et on nous a demandé récemment pourquoi on ne s’intéressait pas à cette question. M. Brais l’a alors abordée, en commençant par contacter l’usine de La Patrie. On lui a dit que les gens de l’usine ne pouvaient pas répondre à ses questions et qu’il devait plutôt s’adresser à la direction de l’entreprise à Montréal. M. Brais l’a fait une dizaine de fois en sept jours ouvrables, sans réponse. Il a enregistré ses messages. Il a aussi continué ses recherches sur le terrain.

Peut-être le sujet est-il délicat ? La gestion d’une entreprise d’envergure internationale, avec des installations dans des petites communautés comme La Patrie, doit impliquer des enjeux parfois difficiles, en termes de main-d’œuvre, tarifs américains, perception de la communauté et plus. On peut comprendre que ce n’est pas évident de gérer les communications autour de ces enjeux. On peut aussi comprendre le milieu local, sa fierté envers une entreprise, ses espoirs de préserver des emplois et une institution centrale.

D’où les questions qui circulaient. Et d’où l’importance de bien communiquer, par l’entreprise, par la communauté, les employés, et par le journal communautaire. Sans communications saines et ouvertes, les doutes, les peurs et la confiance se dégénèrent.

Après notre publication sur Internet le 31 mars, la direction de l’entreprise ne nous a toujours pas contactés, mais a émis un mémorandum à ses employés à l’effet que notre article constitue des « commérages de perron d’église » et qu’elle est « surprise » de la nouvelle.

L’article a fait fureur, attirant une attention hors norme comparativement à nos publications régulières; aussi des critiques inhabituelles, incluant cette réaction si ancienne et simpliste de tirer sur le messager.

Radio-Canada s’est ensuite intéressée à l’histoire et a fait un suivi. À notre grande surprise, leurs journalistes ont réussi à parler au responsable de l’entreprise à qui nous avons laissé tant de messages.
La question demeure : pourquoi ne nous a-t-il pas répondu ? Si les usines ne ferment pas, c’est une simple et heureuse réponse à donner, n’est-ce pas ? Nos lecteurs aimeraient bien l’entendre. C’est dommage qu’on ne nous offre pas ce respect, au journal local, et à son journaliste professionnel qui est maintenant attaqué, d’offrir cette réponse qui aurait été si simple à donner.

L’intérêt et la sensibilité autour de notre article parlent peut-être aussi fort que la version des faits que nous avons pu déterminer avant publication. Jean-Marc Brais a bien fait ses recherches et est même allé au-delà pour pouvoir répondre aux questions qui circulaient quant à l’avenir de cette institution importante. Que les porte-paroles de cette institution ne soient pas disponibles pour répondre à nos questions n’aide évidemment pas la communauté à comprendre des évènements qui l’affectent. Un moment donné, le messager, qui est le journal communautaire, doit publier les faits au meilleur de sa connaissance, ce que nous avons fait par Internet en premier, selon ma décision, et que nous continuerons à faire.

sucres

On fait le plein de bonheur

Le maire de Newport, Robert Asselin, offrait la tire sur la neige lors de l’évènement annuel la Cabane à sucre, à Island Brook, dimanche dernier.

Les bourgeons de la plaine, ou érable rouge, gonflaient et rougissaient dimanche après-midi lorsque nos sucriers couraient pour produire autant de sirop que possible avant que ce marqueur de la fin de saison prenne le dessus. Au même moment, à l’Hôtel de Ville de Newport à Island Brook, les fervents de la tire sur neige remplissaient leurs bouches et faisaient le plein du plaisir de se retrouver entre voisins, ami.es et nouveaux visages lors de la célébration annuelle de la Cabane à sucre de la municipalité.

Le résident et producteur de sirop Allan Stanley y était parce qu’il avait déjà arrêté sa saison. Il m’a dit qu’il a fait environ le trois-quarts en quantité de sirop de sa saison moyenne. Il compte 950 entailles à la chaudière dans son érablière.

Patrick Cosman bouillait à toute vitesse vendredi soir avec son nouvel évaporateur à copeaux de bois, toujours avec l’espoir d’atteindre sa moyenne annuelle de production. Il avait dormi à peine quelques heures la nuit d’avant. Il a eu des coulées d’eau d’érable cette saison, de ses 42 000 entailles, qui ont presque fait déborder ses réservoirs.

Aussi à Newport, vendredi en journée, Thérèse Ménard et Yves Théroux prévoyaient encore une dizaine de jours de production, selon la météo à ce moment-là, et alors « une bonne saison » pour leur érablière de 18 000 entailles.

Mais, aux mots de M. Cosman, « Ça dépend quand ça termine »/« It depends when it ends! »
Pour ceux qui ne produisent pas, mais qui apprécient, dans beaucoup de cuisines et de salles à manger du Haut-Saint-François ces temps-ci, on en profite, et on se dit chanceux d’avoir de tels voisins-producteurs.

Doma Santé

Une petite entreprise de Cookshire devient provinciale

David Murray, Julie Murray et Ève Carrier ont lancé Doma Santé officiellement en mars, à partir de leur siège social dans une résidence à Cookshire.

Une petite entreprise de Cookshire est en voie de devenir une force provinciale alors que la demande publique pour les services infirmiers tourne en partie vers le privé. La compagnie Doma Santé de Julie Murray et ses associés, Ève Carrier et David Murray, a été lancée le 5 mars dernier.

Mme Murray a travaillé pendant 12 ans comme infirmière pour les soins à domicile offerts par les CLSC, 8 ans à Cookshire et 4 ans à Baie-Comeau. En septembre dernier, elle s’est lancée à son compte, avec une petite clinique à la maison et une longue liste de services mobiles offerts en premier lieu dans la région.

Mais depuis les derniers mois, ses services payants sont offerts à travers le Québec, surtout d’ici à Montréal et au nord. Huit employés s’ajoutent aux trois propriétaires. Cinq de ses employés sont d’ici, selon Mme Murray en entrevue lors de son lancement officiel à sa maison.

De pareils services sont rares, mais en grande demande dû aux pénuries dans le public. « On veut enlever la pression sur le système de santé » de dire Mme Murray.

Ses services incluent, entre autres, la prise de sang, des soins infirmiers généraux, en entreprise, en pharmacie et en résidences privées pour personnes âgées, offerts selon un horaire flexible à domicile ou en entreprise. Elle se spécialise aussi dans les soins podologiques.

« On peut se déplacer à 6 h du matin, ou on peut aller en entreprise. Notre objectif est pour que ce soit accessible. »

Au départ, beaucoup de sa clientèle se trouve dans le Haut-Saint-François et à Sherbrooke. C’est depuis décembre qu’elle a ouvert la porte sur le marché de la région de Montréal. Un employé est attitré à chaque région.

Ce développement est basé sur un plan d’affaires préparé par Mme Murray et son équipe depuis 2021. Son nom de marque « Mille fleurs par jour » est devenu « Doma Santé » avec le lancement en mars.
Mme Murray était aussi fière de dire que sa compagnie fait appel aux services d’une autre compagnie locale qui rayonne plus large, Omnimed de Cookshire.

Chantal Fortin II

Garder au moins 30 % de production chez nous

Chantal Fortin au travail dans la manufacture des Confections Troy à Weedon lors de ses Portes ouvertes le 27 mars dernier.

Tout comme la pandémie, la guerre tarifaire avec les États-Unis semble bénéficier aux Confections Troy de Weedon. Mais contrairement à la fin de l’engouement après la pandémie, une hausse de production devrait être durable cette fois, selon les propriétaires, Marc Beaudoin et Alain Bergeron.

Les deux ont accueilli environ 75 visiteurs lors des portes ouvertes du 80e anniversaire de la compagnie en mars. Le public a pu voir les deux planchers et une vingtaine d’employés en plein travail. C’était aussi l’occasion de jaser avec les dirigeants, M. Beaudoin à la compagnie de confection de vêtements depuis 1983 mais comme co-propriétaire depuis 1994, et M. Bergeron depuis 2011.

Malgré les hauts et les bas de l’industrie des textiles et des vêtements au Québec à travers les décennies, aujourd’hui, « les clients cherchent de plus en plus au Canada », selon M. Beaudoin. « Il y a plus d’intérêt pour l’instant, mais est-ce que ça va durer ? »

Lors de la crise de la pandémie, il y avait beaucoup de contrats offerts à Troy, comme pour les habits protecteurs des infirmières et des blouses à coutures scellées pour les premiers répondants, mais cette demande « a tombé sec » lorsque les clients ont pu retourner vers l’Asie pour une main-d’œuvre « à coût beaucoup, beaucoup plus bas que nous autres », de dire M. Beaudoin.

Auparavant, les Confections Troy fournissaient des pantalons pour de gros clients gouvernementaux, comme la Sûreté du Québec, la GRC, Postes Canada et plusieurs corps policiers de la province. Maintenant, « nous n’avons plus de contrats par les gouvernements. Tout est en importation. »

« On est encore là, mais pour combien d’années ? » se demande M. Bergeron. Les deux propriétaires notent aussi une perte d’expertise au Québec par ce transfert de contrats ailleurs. « Si la demande augmentait beaucoup, l’expertise n’est plus là », selon M. Bergeron.

Les deux hommes d’affaires ont pris du temps lors de leurs portes ouvertes le 27 mars dernier pour une courte entrevue dans leurs bureaux aménagés dans un coin de la manufacture, construite dans les années 1940 par les propriétaires de l’époque, Jean Libérali et Joseph Bordoff. Ces bureaux, occupés principalement par le directeur général, Marc Beaudoin, et l’adjointe administrative, Guylaine Bolduc, prennent un tout petit espace du bâtiment, comparé aux ateliers.

En faisant un peu de tout, les propriétaires retiennent cette expertise qui était tout un coup nécessaire lors de la pandémie et encore maintenant avec le Canada en guerre d’échange.

Parmi cette expertise, les Confections Troy ont investi dans une machine de plus de 150 000 $ pour aider à répondre à la demande durant la pandémie. Elle attache les poches aux pantalons à un rythme de 45 secondes comparé aux 2 minutes par une couturière. Mais depuis, la machine est peu utilisée due à la baisse post-Covid de la demande.

Aujourd’hui, en guerre tarifaire, on parle de diversifier notre propre économie, mais MM. Beaudoin et Bergeron espèrent que la volonté ne sera pas juste passagère. « On devrait au moins garder 30 % de capacité au Québec », mentionne M. Beaudoin.

Sur le même sujet : Les 80 ans de Confections Troy

Bouquet de femmes : hommage et musique à l’église Trinity  

L’église unie Trinity de Cookshire, construit en 1863, a pris vie le 8 mars dernier alors qu’une centaine d’adeptes se sont rassemblés à son intérieur chaleureux un samedi soir froid et venteux pour célébrer la musique, la communauté, les droits des femmes et un avenir plein d’espoir pour un des bijoux architecturaux de la région. 

Le concert classique était organisé sous la thématique Bouquet de femmes lors de la Journée internationale des droits des femmes. C’était aussi l’occasion du transfert de propriété de l’église Trinity de l’Église unie du Canada à Espace Culturel Cookshire-Eaton, un organisme à but non lucratif sous le leadership de l’homme d’affaires Gilles Denis, un acheteur régulier de bâtiments patrimoniaux à Cookshire. 

Sa fille, la flûtiste Myriam Genest-Denis, a animé l’évènement et a accueilli le public, avec des discours aussi par le maire de Cookshire-Eaton, Mario Gendron, ainsi que la représentante du Centre des femmes La Passerelle, Marilyn Ouellet. 

Au-delà de la musique dévouée aux compositrices, l’acoustique magnifique de l’église et l’artisanat inspirant du bois intérieur, le moment marquant de la soirée était peut-être l’hommage au grand personnage de Chantal Ouellet.  

« L’activisme communautaire et la politique municipale deviennent les points d’appui de son militantisme social », de dire le résident de Cookshire-Eaton, Jean-Paul Gendron, au sujet de Mme Ouellet dans son hommage lors de l’entracte. « Bibliothèque, activités culturelles, Cercle des fermières, arborétum, mise en valeur des attributs naturels de Scotstown, environnement… voilà un argumentaire politique qui la mène au conseil municipal, d’abord comme conseillère de 1978 à 1982, puis comme mairesse de 1986 à 1994. 

« Et comme membre du conseil des maires de la MRC, alors comptant 24 municipalités, la femme de Scotstown n’est guère du genre à se laisser intimider par une tablée de maires… masculins. De 1978 à 2012, elle aura cumulé sept mandats municipaux! Ça s’appelle une carrière aussi inspirante qu’exemplaire en politique municipale! » 

M. Gendron a ensuite nommé les 10 mairesses de la région de la dernière quinzaine d’années et a mentionné que le Haut-Saint-François a actuellement 35 conseillères municipales sur un total de 84 élus. « Voilà qui consolide notre optimisme en ces temps à la fois troubles, mais aussi porteurs de nouvelles approches pour le vivre-ensemble. Elles méritent notre pleine confiance. »  

Une reconnaissance spéciale a été aussi exprimée envers les anciens gardiens de l’église Trinity lors de la présentation de la soirée par Myriam Genest-Denis. C’étaient les seuls mots de l’évènement en anglais, parlés directement aux personnes dans l’assistance qui ont passé autant de temps de leurs vies à prendre soin de l’église. 

Le concert Bouquet de Femmes s’annonçait sur sa page de média social comme un évènement d’une heure, de 19 h 30 à 20 h30. Mais avec un ordre du jour si riche et important, il a duré jusqu’à 22 h. Qu’autant de personnes soient sorties pour le concert lors d’une nuit froide et hivernale, juste avant de perdre une heure lors du changement d’heure, était aussi un hommage aux organisateurs, les musiciens, les femmes honorées, l’église et le programme. 

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