Scott Stevenson

Scott Stevenson

Scott est le directeur du Journal depuis 2024. Originaire du Canton de Hatley, il demeure sur sa ferme à Island Brook depuis 2012.

OPINION | Vers des déserts humains ruraux?

La redéfinition ainsi que la perte des petites entreprises locales à laquelle notre article en page une fait allusion demande que l’on s’y attarde. Pourquoi nos producteurs maraîchers sont-ils autant contraints de devoir se réinventer ou au contraire, d’accepter de disparaître?


La Covid a amené un fort engouement pour l’achat des produits agricoles directement de nos fermiers et transformateurs locaux. Mais après la pandémie, l’intérêt pour l’achat local a chuté, ce qui est au moins l’une des raisons pour la grande pression que subit nos maraîchers.


Pourtant, toutes les raisons pour une saine économie locale demeurent et sont même encore plus importantes aujourd’hui. Voulons-nous vraiment payer les frais de transport pour des fruits et légumes venant de l’autre bout du monde, avec des prix affectés par des guerres qui ne sont pas les nôtres? Voulons-nous vraiment dépendre de pouvoirs étatiques et corporatifs sur lesquels nous exerçons effectivement aucune influence?


Il semble que oui – du moins selon les habitudes de nombreux consommateurs et citoyens au niveau de l’utilisation des médias américains et de l’achat de denrées alimentaires.


On peut comprendre que de s’abonner à un panier de légumes, et ensuite devoir se déplacer pour aller le chercher hebdomadairement ou aux deux semaines n’est pas dans les habitudes. Ça prend de l’effort pour changer nos habitudes économiques développées par la facilité. Mais le prix de cette facilité finit à la longue par coûter cher. On le voit par l’envolée des prix de l’essence aujourd’hui — et notre manque presque total d’influence sur ces prix.


Lors de la pandémie, on a choisi, trop brièvement, de faire l’effort d’acheter localement. La Covid est derrière nous, pour la plupart, mais nous vivons maintenant d’autres crises internationales, et d’autres encore s’ensuivront.


Les acteurs de l’économie locale peuvent aussi faire leur part à la renforcer et la développer en encourageant et en construisant une chaîne de distribution locale, comme les lieux de rencontres, les marchés publics tels le Marché fermier de Sawyerville et le Marché de Dudswell, entre autres, ainsi que les marchés privés comme le Marché de la Ferme Patry, à Weedon. Nous en avons aussi besoin dans les autres coins de la région.


Les petits producteurs ont aussi besoin de mesures règlementaires qui leur permettent de développer des entreprises viables, comme l’agrotourisme sans grandes contraintes légales ainsi que des niveaux de production hors quota raisonnables pour la vente locale.


Sinon, on continuera notre grande marche vers les mégafermes industrielles à l’américaine, ce qui risque de créer des déserts humains ruraux pour des régions comme le Haut-Saint-François.

Scott Stevenson

Garage

AUTOMOBILE | Quel avenir pour le marché local de l’auto?

La région offre un bon marché pour les pièces d’autos usagées. Aux Pièces d’auto Dumas et fils à Cookshire, c’est Jonathan Dumas, Maxime Roy et Christian Dion, entre autres, qui géraient le comptoir et les téléphones la semaine passée. PHOTO: SCOTT STEVENSON

Une collègue a récemment essayé de remplacer un phare de jour avant sur une Hyundai relativement neuve. Le coût de la pièce : 2700 $. Elle ne l’a pas remplacée.


Mon garage m’a parlé l’année passée d’un remplacement de pièce sur un véhicule d’utilité sport (VUS) aussi assez neuf. Le coût de simplement tout démancher pour accéder à la pièce : 2500 $, sans parler de la pièce même ni du réassemblage.


Voilà une nouvelle tendance, peut-être une nouvelle réalité, dans le marché automobile qui risque d’avoir un impact important sur des régions comme le Haut-Saint-François : le coût des véhicules neufs, ou presque neufs, n’est plus abordable pour beaucoup de citoyens. Nous sommes forcés vers le marché des véhicules d’occasion et des pièces usagées.


Déjà, on compte plus qu’un seul concessionnaire de véhicules neufs dans la région du Haut-Saint-François : Weedon Auto. Après une absence de quelques années, ce concessionnaire est revenu comme client publicitaire dans ce Journal, ce qui démontre, en partie, son intérêt pour la clientèle locale. Tous les autres concessionnaires sont à Coaticook, Lac-Mégantic ou Sherbrooke, ce qui n’est pas très pratique pour l’entretien et la réparation de véhicules encore sous garantie.


Heureusement, nous avons un marché bien pourvu en mécaniciens et en pièces usagées. D’après mon expérience, nos mécaniciens privilégient la recherche de solutions abordables pour leurs clients, plutôt que des prix exorbitants pour des pièces neuves plus ou moins nécessaires, selon le cas.
Ces mécaniciens sont très occupés, par contre, ce qui démontre encore plus l’importance de notre marché d’automobile usagé.


Mais avec un marché plus global en évolution rapide, les acteurs du marché local, incluant ces mécaniciens, doivent réfléchir à la manière dont ils peuvent s’adapter à ces changements et à la réalité économique des consommateurs d’ici, surtout avec le mouvement vers l’électrique.


Il faut trouver des solutions pour ceux qui n’ont pas les moyens d’assumer des dépenses importantes sur des voitures neuves, des pièces et des réparations, qu’il s’agisse de véhicules électriques ou traditionnels.

Benevoles

Lise Ménard : « Il faut que t’aimes partager »

La bénévole Guylaine Martel avec Lise Ménard qui s’occupe du Comptoir familial depuis 20 ans. PHOTO: SCOTT STEVENSON

À l’âge de 75 ans, Lise Ménard est devenue la coordonnatrice bénévole du Comptoir familial de l’église Saint-Camille-de-Lellis de Cookshire. Vingt ans plus tard, à 95 ans, Mme Ménard s’occupe toujours du Comptoir. Elle y travaille sept jours par semaine.


« Je suis tellement attachée à ça » , m’a-t-elle confié lors d’une entrevue au Comptoir le 25 mars dernier. « Je sais que ça aide gros au monde. »


Le Comptoir est ouvert seulement deux jours par semaine, le mardi et le mercredi (de 8 h 30 à 15 h), mais « Il y a tout le temps de quoi à faire » , a-t-elle dit.


Même pendant la Covid, Mme Ménard faisait le ménage dans l’église bénévolement. « Ils ne pouvaient pas m’arrêter. »


Son approche va bien avec sa philosophie de vie : « Il faut apprendre à être heureux où on est. »
« Bénévole, c’est un grand mot, et ça demande énormément de toi-même » , a indiqué Mme Ménard. « Il faut que t’aimes partager, il faut que t’aimes aider les gens. Il faut pas que tu sois gêné, ah mon dieu qu’il y a gros des choses dans ça […] On peut aider par dix mille manières. »


Lise Ménard est originaire de Rock Island, dans les Cantons de l’Est, mais est déménagé à Cookshire avec ses parents à l’âge de 15 ans. Après avoir géré le Café Royal, ses parents ont éventuellement quitté la ville. « Mais, moi, j’ai resté à Cookshire, puis là j’ai commencé à m’impliquer dans toutes sortes d’affaires. »

Serge Camiré est l’expert du recyclage au Comptoir : deux tonnes par mois. PHOTO: SCOTT STEVENSON

Serge Camiré est l’expert du recyclage au Comptoir : deux tonnes par mois. PHOTO: SCOTT STEVENSON


Elle a travaillé pendant deux ans à la compagnie qui se nommait dans le temps « General
Plastic », s’est ensuite mariée et a eu quatre enfants. Aujourd’hui, l’un de ces enfants demeure encore à Cookshire, et les autres à La Tuque, North Hatley et Saint-Hyacinthe.
Mme Ménard conduit toujours et se décrit comme « pas encore trop dangereuse ».


Mais elle a déménagé plus près de son bénévolat : sur la rue Bibeau, qui est juste en face du Comptoir, au Manoir de l’Eau Vive, dans un appartement à quelques pas (peut-être une quinzaine) de son travail. Elle aide avec certains projets au Manoir aussi, comme les décorations de Noël.
Lise Ménard compte sur une équipe de plusieurs autres bénévoles, comme Guylaine Martel et Serge Camiré qui se taquinaient avec Lise lors de notre entretien. Sylvie Richard et Michel Boucher complètent l’équipe, selon Mme Ménard.


Non seulement le Comptoir aide ceux et celles qui sont à la recherche de vêtements, meubles, décorations, literie et autres items à bas prix, mais il joue aussi un rôle de recyclage pour la communauté en général. Quatre cents poches par mois sont envoyées à une compagnie qui recycle les vêtements, ce qui équivaut à deux tonnes et demie qui sont détournées du site d’enfouissement grâce au travail des bénévoles du Comptoir

Pour un tourisme responsable qui préserve le meilleur de nous

Au déclin de notre hiver, le long chemin Saint-Paul, encore temporairement gelé, se rétrécit de plus en plus alors qu’il arrive au coin le plus sud-est du Haut-Saint-François.


Il se termine là où le vélo de montagne et le ski hors-piste commencent, mais peu de personnes semblent s’y rendre. Ce coin de notre pays, qui se trouve en fait à cet endroit dans la région du Granit, est connu sous le nom des sentiers El Dorado de Chartierville. Ce village de plus de 300 personnes offre aussi une bibliothèque, ouverte deux heures par semaine. Cette dernière n’est pas beaucoup utilisée, non plus, mais comme les sentiers El Dorado, est très appréciée par ceux qui en profitent.
Sylvie et Mario ont réouvert le restaurant de Chartierville il y a environ un an, avec un petit dépanneur à côté, offrant des produits locaux, entre autres. Elle espère qu’il y aura plus de visiteurs cette année qui viendront louer du logement touristique et amèneront plus d’achalandage à sa petite entreprise.
Elle n’était pas au courant du sondage de Tourisme Haut-Saint-François lorsque je lui ai demandé la semaine dernière (« Je reçois tellement de courriels », m’a-t-elle dit.) Le sondage avait été envoyé la semaine d’avant, en demandant aux répondants de partager leurs perceptions de la région, ce qui la distingue et ce qui devrait être mis de l’avant. L’organisme touristique est un comité de la Société d’aide au développement de la collectivité du Haut-Saint-François. Elle souhaite revoir l’image de marque du tourisme du Haut-Saint-François, pour renforcer l’industrie, vraisemblablement.


Comme sa voisine La Patrie, en aval, Chartierville est parmi les plus belles municipalités du Québec. Certains ne seront peut-être pas d’accord avec ce grand énoncé, ce statut allant d’habitude aux villages au bord de l’eau. Ces endroits sont beaux, assurément, mais ils sont aussi souvent envahis par trop de touristes. J’ai grandi à North Hatley, mais je n’aime pas y retourner l’été maintenant dû à l’achalandage.


Le Haut-Saint-François n’a pas trop d’achalandage, et la plupart de nos résidents aimeraient que cela demeure ainsi.


Le paysage d’une région change lorsqu’elle accueille trop de visiteurs temporaires. Dans son beau livre, The Shepherd’s Life: Modern Dispatches From an Ancient Landscape, l’auteur et berger James Rebanks de la région du Lake District en Angleterre, raconte qu’ « avec une appréciation grandissante de ce paysage vient une grande responsabilité pour les visiteurs de vraiment comprendre la culture locale, sinon le tourisme devient une force matraquante qui efface beaucoup de ce qui a rendu cet endroit si spécial » (traduction libre).


M. Rebanks est devenu aussi un conseiller spécial au Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO à Paris, pour promouvoir le tourisme responsable dans les communautés comme la sienne à travers le monde.


Environ 16 millions de personnes visitaient sa région du Lake District lors de la publication de son livre en 2015. La population régulière est de 43 000 personnes. Nous sommes 23 000 dans la Haut-Saint-François.


« Il y a des bons effets [d’avoir autant de touristes] et de moins bons », a-t-il écrit. « Ils dépensent ici plus d’un milliard de livres [environ 2 milliards de $ canadiens] par an. Plus de la moitié des emplois de la région dépend du tourisme – et beaucoup de fermes en dépendent pour leurs revenus, avec leurs couettes et cafés et autres entreprises. Mais dans certaines des vallées, 60 à 70  % des maisons sont des maisons de villégiature ou chalets estivaux, ce qui empêche beaucoup de gens locaux de pouvoir assumer le coût de la vie dans leurs propres communautés. »


On est loin, très loin de ce niveau de déséquilibre dans le Haut-Saint-François. Mais les leçons des Lake Districts, des North Hatleys, et des gens sages comme les Rebanks devront nous guider dans notre propre planification et promotion du tourisme.


Nous sommes une région de petites fermes et de nature sauvage, d’air frais et de ciel étoilé, de chemins de campagnes tranquilles et de rivières fraîches qui descendent du haut du bassin versant du Fleuve Saint-Laurent – le « Height of Land », comme l’a décrit Kenneth Roberts dans son livre, Arundel, sur l’attentat de Benedict Arnold sur la Ville de Québec en passant par la région de Mégantic.
Nous sommes un peuple profondément enraciné dans la région, auquel s’ajoutent ceux venus plus récemment, qui ont quitté la ville et d’autres conflits ailleurs. Nous sommes un peuple qui a appris à vivre avec la nature sauvage, à respecter son pouvoir au lieu de simplement la romantiser, de bénéficier de ses richesses et aussi, de plus en plus, de vouloir la préserver. Nous sommes un mélange de cultures, originalement les Abénakis, ensuite les Anglais, Américains, Écossais, Français, et maintenant de nombreux autres.


Notre paysage culturel, notre histoire et notre patrimoine architectural sont aussi importants que nos fermes, notre nature sauvage et notre ciel étoilé. Tous sont des attractions pour nos visiteurs.
« J’ai vu le marché du tourisme muté pendant les 10 dernières années, a écrit M. Rebanks, avec une plus grande valeur attachée à la culture des endroits, en voyant les gens tourner contre la fausseté plastique et vouloir vraiment vivre l’expérience des endroits et des gens qui font des
affaires différentes, qui croient des choses différents et qui mangent des choses différents. »


Ce sont les gens qu’on veut accueillir dans le Haut-Saint-François. Nous voulons leur louer une chambre dans la vieille maison de ferme ou dans la nouvelle dépendance en arrière; nous voulons avoir leur aide sur la ferme, qu’ils parcourent les sentiers El Dorado, qu’ils profitent de nos saisons des sucres et y participent, et qu’ils viennent choisir leurs arbres de Noël.


Diagonalement à l’autre côté du Haut-Saint-François, dans le coin nord-ouest, se situe Weedon où on construit actuellement un nouvel hôtel, à côté du populaire Restaurant des Cantons. En bas du village se trouve le Centre culturel Doris-Lussier, qui a ajouté des sièges cet hiver pour leur populaire série de concerts. En haut du village se situe le Marché de la Ferme Patry, qui doit une partie de son succès aux villégiateurs qui viennent à leurs chalets et qui veulent nos bons produits locaux.


Nous avons beaucoup à offrir aux visiteurs et ils ont beaucoup à nous offrir. Poursuivons cet échange basé sur le meilleur de nous et la beauté de notre région — en préservant toujours les deux.


Scott Stevenson

PÂQUES | David Coquart et Catastruffe un an plus tard

David Coquart dans son atelier à Waterville. Photo : Scott Stevenson

Les truffes de Pâques seront peut-être un futur produit vedette du chocolatier de Cookshire, David Coquart, mais à l’heure actuelle ses produits artisanaux font surtout fureurs auprès d’un restaurateur de cabane à sucre.


M. Coquart a lancé sa petite entreprise, Catastruffe, il y a un peu plus d’un an, lors du Marché de Noël de Cookshire. « C’était un franc succès », m-a-t-il confié récemment lors d’une entrevue à sa cuisine commerciale louée à Waterville. « J’ai envie que ça devienne le moyen qui me permet de subsister. »
Avant de se lancer dans son projet, M. Coquart ne se voyait pas chocolatier de profession. Il aimait simplement cuisiner. Il travaillait auparavant à temps plein dans une ferme maraîchère et offrait des cours de musique à la petite école Bishop Note, maintenant à Cookshire, menée principalement par sa conjointe, Anne-Claire Yvert. M. Coquart est aussi compositeur.


Il produisait annuellement des truffes pour ses proches aux temps des Fêtes, qui étaient si appréciées que quelqu’un lui a suggéré d’en produire commercialement. Il n’a aucune formation professionnelle spécialisée dans la cuisine, mais en suivrait peut-être à l’avenir.


Maintenant, « j’ai la chance de me consacrer pleinement à [Catastruffe] à mon rythme. » Et il estime avoir parcouru « un quart du chemin » vers l’objectif de faire de son entreprise sa principale source de revenus.


« C’est fort possible », m-a-t-il dit.
Pour la deuxième année de suite, M. Coquart vient de compléter une commande en gros pour une cabane à sucre en Montérégie qui ajoute sa propre touche à ses boîtes de truffes. Le client commande 300 boîtes, ou 1500 truffes, faites avec le sirop d’érable de l’acériculteur.


« Ça me prend une bonne semaine entière » pour les préparer, selon M. Coquart.
L’autre clientèle importante de Catastruffe est les marchés artisanaux et fermiers. M. Coquart est présent à une cinquantaine d’entre eux à l’année longue, incluant les marchés d’été de Dudswell, La Patrie, Sawyerville, et du Domaine du Coq à l’âne à Bury. Ses produits sont aussi disponibles au magasin IGA à Cookshire (dans le frigo bio), à la micro-épicerie Flavo à Ascot Corner et au Marché de solidarité, à Sherbrooke.


Son atelier à Waterville est arrivé pour lui comme « un cadeau de la vie » dû au loyer abordable et sa conformité aux normes du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. L’un de leurs inspecteurs est d’ailleurs venu vérifier la cuisine lors d’une journée de production de M. Coquart, chose qui l’inquiétait, mais aucun changement a été recommandé. La production et la cuisine de Catastruffe est considéré « le plus faible risque », m-a-t-il dit tout habillé des vêtements et filets nécessaires lors de notre entrevue.


Le prochain marché public de Catastruffe sera celui de Pâques à la Cathédrale Saint-
Michel de Sherbrooke les 28 et 29 mars prochain.

AUTO | Prenez rendez-vous au garage pour le changement de pneus et plus!

C’est une saison occupée pour nos garagistes
Il y a de bonnes chances que votre voiture a commencé à faire de nouveaux bruits décourageants cet hiver. C’est mon cas, en tout cas. Sans doute, s’agit-il de la suspension qui a dû développer plus de flexibilité que prévu, grâce aux bosses dans les chemins d’hiver, qui s’aggraveront encore pour un bon mois.


Ces problèmes accumulés au fils de l’hiver sont à vérifier à votre garage ce printemps. Mais c’est aussi la saison du changement de pneus, et nos mécaniciens sont débordés. Pour ma part, lors de l’installation de mes pneus d’été, je mentionne les autres problèmes, et on fixe un deuxième rendez-vous quand l’horaire du garage s’allège un peu.

Voici quelques autres points d’entretien printanier pour votre voiture.
Un lavage complet : Le nettoyage de printemps fait du bien non seulement pour votre voiture, pour enlever le sel, la boue et d’autres saletés, mais aussi pour l’esprit. Encore là, souvent cet entretien viendra après le changement des pneus. Attendez que nos chemins de terre soient redevenus secs.


Nettoyage et traitement des phares : On peut non seulement laver mais aussi traiter la vitre de vos phares, ce qui fait toujours du bien pour la conduite de nuit en campagne. Assurez-vous aussi, svp, que vos phares LED ne soient pas aveuglant pour nous qui circulons en voiture plus basse. C’est devenu un nouveau problème sur nos routes de campagne.


Changement des balais d’essuie-glace : Il y en a de bonne qualité aujourd’hui qui font toute la différence lors de la pluie et de la gadoue qui revole sur les routes et autoroutes. Il vaut vraiment le coût d’acheter des neufs de bonne qualité.


Vérification des fluides : Un manque de fluides essentiels, comme l’huile ou le liquide de refroidissement, peut être dramatique pour votre voiture. Lors du changement de pneus, une vérification du niveau de tous les fluides n’ajoute pas grand temps pour votre mécanicien et peut prévenir des soucis qui seraient apparus plus tard.


Vérification des freins : Lors du changement des pneus, c’est aussi une occasion parfaite pour faire vérifier l’état de votre système de freinage, qui lui aussi peut une fois l’affluence de la saison des pneus passée.


Une dernière vérification importante : la vitesse! On a tendance à avoir le pied plus lourd avec le retour du beau temps. Les policiers le savent et surveillent de plus près, avec raison. Mais les dangers comme les chevreuils ne le savent pas. Soyez prudents !

Augmentation majeure de la valeur des propriétés

Une augmentation importante de la valeur des propriétés du Haut-Saint-François affectent maintenant nos taxes municipales, avec des hausses de plus de 50 % dans certains cas.


Le nouveau rôle d’évaluation de la municipalité régionale de comté (MRC) pour 2026-2028 se base sur les valeurs du marché au 1er juillet 2024, qui étaient en moyenne 40 % plus hautes que celles du dernier rôle triennal.

La Ville de Cookshire-Eaton a noté dans un récent avis public que « La valeur totale du parc immobilier de la Ville passe de 732 652 100 $ en 2025 à 1 023 903 900 $ en 2026, soit une augmentation de près de 40 %. »


Pour éviter une augmentation similaire des taxes foncières de ses résidents, la Ville a baissé son taux de taxation pour qu’en moyenne, une propriété moyenne reçoive une facture de seulement 45,13 $ de plus qu’en 2025.


La municipalité de Weedon a pris une approche semblable. Seulement ceux qui ont constaté une augmentation de plus de 40 % de la valeur de leur propriété recevront une facture plus élevée.
Plusieurs propriétaires de Saint-Isidore-de-Clifton et Newport, par exemple, n’ont pas eu cette même chance.


Selon un reportage en ligne de Radio-Canada, le résident Claude Desautels de Saint-Isidore a reçu une augmentation de 58 % de ses taxes municipales.


La valeur foncière de la municipalité, autrement dit la valeur totale de toutes les propriétés, a augmenté d’un peu plus de 42 %, selon le reportage.


Mais l’article mentionne aussi une baisse dans la facture reçue par une autre résidente, Carolane Tremblay et sa ferme CaJoler.


Sa situation est semblable à la mienne, pour ma propriété à Newport. Grâce à une baisse d’environ 300 $ des frais pour la gestion des matériaux résiduels, incluant ma fosse septique, ma facture pour les taxes municipales a légèrement diminué en 2026.


D’autres à Newport sont moins chanceux, avec des augmentions semblables à celle de Claude Desautels à Saint-Isidore.


Le taux de taxation général à Newport a augmenté de 0,1555 $ par 100 $ de valeur pour atteindre 0,1930 $.

Les nouvelles habitations causeront plus de joies que de peines, espérons-le

Le Haut-Saint-François connaît actuellement un essor résidentiel qui s’accompagnera de son lot de joies, de risques et de difficultés. Assurons-nous de bien planifier pour atténuer à tout le moins les risques et les difficultés.


Ces risques et ces difficultés étaient bien présents lors de la séance du conseil municipal d’East Angus du 2 mars (voir article à la page 1), où les changements à venir au paysage résidentiel de la ville ont donné lieu à des manifestations de colère et à des pleurs.


L’aspect dominant de cette vague de développement au Haut-Saint-François est une demande accrue d’habitations, ce dont témoigne une hausse de 67 % des valeurs foncières au cours des cinq dernières années.


Gardons à l’esprit qu’aux vagues finissent par succéder des creux, particulièrement dans ce cas où l’offre croissante de logements atteindra ou surpassera la demande actuelle. La planification sera-t-elle au rendez-vous?


Qu’en est-il de la planification de l’approvisionnement en eau et des égouts? La demande supplémentaire dans le Haut-Saint-François découle en partie du fait que Sherbrooke a épuisé ses infrastructures actuelles pour le développement immobilier. Les entrepreneurs et les acheteurs se tournent donc plutôt vers nos villes, particulièrement East Angus, Weedon et Cookshire.


Et que dire de nos routes? La circulation automobile est déjà dense à East Angus à l’heure de pointe. Disposerons-nous de meilleurs réseaux et carrefours routiers à temps pour les centaines de nouvelles maisons qui seront construites? Le développement à Weedon entraînera aussi une augmentation du trafic sur la route 112, où circulent déjà 17 000 voitures par jour. La 112 sera-t-elle en mesure d’absorber tout le nouveau trafic généré par la croissance à East Angus et Weedon ?


On constate également une augmentation du nombre de voitures à Cookshire aux heures de pointe, en particulier l’été, avec l’afflux supplémentaire de touristes. S’y ajoutera le trafic découlant des développements à Cookshire-Eaton et à Lingwick. Le panneau d’arrêt à l’angle des rues Craig et Principale résoudra-t-il à lui seul le problème? J’en doute.


Le panneau d’arrêt à l’intersection des routes 253 et 214 à East Angus, près du BMR, est clairement insuffisant. On projette d’y installer un rond-point. Mais quand? À temps pour gérer l’afflux de circulation venant des nouveaux grands magasins en face?


Nous espérons que nos planificateurs municipaux et régionaux sont à l’œuvre pour faire en sorte que ces nouveaux développements seront cause de plus de joies que de difficultés.

Scott Stevenson
Traduction de Carolyne Weldon

Un air de printemps

Les bénévoles Brenda Thomas, Céline Aubé, Suzanne Marrow et Jeanette Thériault, entre autres, ont servi un dîner pour plus de 100 personnes à Sawyerville le samedi dernier. Photo : Scott Stevenson

Une fin de semaine ensoleillée a incité les gens à sortir, du moins en ce qui concerne la journée de samedi, pour la Fête annuelle des semences à Sawyerville, alors que les messes du dimanche se trouvaient en concurrence directe avec la finale olympique de hockey masculin. Un choix pas toujours évident!


La Fête des semences a attiré près de 200 personnes, une journée où la saison de jardinage semblait proche, malgré une nouvelle couche de neige tombée vendredi dans la nuit.


L’évènement offrait des kiosques de semences, de plants, de produits et d’artisanat, au sous-sol de l’église Notre-Dame-du-Rosaire. Deux conférences ont eu lieu dans l’église, l’une sur “Nos amies les bactéries” par Daniel Labonté, et l’autre sur la “Communication entre les plantes” par Renaud Pierre Boucher.


Un dîner copieux offrant soupe, pain, fromage, et quantité de desserts était servi par des bénévoles, le tout au bénéfice du Jardin communautaire de Sawyerville, organisateur de la Fête des semences.
Le Jardin communautaire offre des planches de jardinage aux membres et résidents. Il accueille également le marché fermier de cette localité tous les samedis de l’été.

Un service public essentiel à financer aussi

Le Journal publie dans ce numéro (page 16) la quatrième d’une série de 24 annonces financées par les Alliances pour la solidarité et le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Notre participation ne fait peut-être pas l’unanimité.


Le but du projet de Solidarité Haut-Saint-François est de contrer la pauvreté, l’insécurité alimentaire et la précarité en matière de logement des citoyens de la municipalité régionale de comté (MRC) du Haut-Saint-François (HSF). On pense alors aux missions des organismes comme Moisson HSF, les Cuisines collectives, la Méridienne, la Maison jaune et le Service d’aide à la recherche au logement, entre autres.
En fait, la région est desservie par de nombreux et compétents organismes communautaires, dont le journal Le Haut-Saint-François fait partie. Sa mission peut ne pas sembler si près de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Mais les lettres patentes émises aux fondateurs du Journal le 13 novembre 1986 ont bien décrit la mission qui nous guide depuis : « De créer et de publier un journal régional et communautaire permettant l’échange et la circulation de l’information dans tout le territoire de la MRC[…] ; de favoriser par de l’information et de l’animation, un dynamisme aux plans économique, culturel, agro-forestier, récréotouristique, socio-sanitaire et communautaire[…] ».
Autrement dit, nos citoyens et citoyennes, nos entreprises, nos artistes, nos agriculteurs, nos producteurs acéricoles et forestiers, nos restaurants et hébergements, nos services publics, nos municipalités et nos organismes communautaires avaient, et ont toujours besoin d’un outil central de communication publique.


Si nous voulons avancer dans une lutte sociale contre la pauvreté et l’exclusion, il faut pouvoir compter sur cette plateforme centrale. Il faut pouvoir rejoindre l’ensemble de notre population avec des informations et de la communication de qualité.


Beaucoup de problèmes vécus par les individus aujourd’hui, ainsi que par les municipalités, le Québec, le Canada, l’Amérique du Nord et le monde sont liés directement à une mauvaise communication, comme le manque de gestion professionnelle des médias sociaux, qui par leurs algorithmes intensifient les différences et les conflits entre toutes les instances d’une société.


Ainsi, si on veut offrir un service à quelqu’un dans le besoin, un échange d’information de confiance est crucial. Une publication éphémère sur un média social n’est pas suffisante.


Il en va de même si une municipalité veut éviter de voir ses citoyens monter aux barricades parce qu’ils n’ont pas compris une décision du conseil municipal. Les élus ont intérêt à bien communiquer les informations de leur municipalité, les enjeux, leurs décisions et leur raisonnement—un échange et une circulation d’information de confiance.


La Ville de Cookshire-Eaton en fait l’exemple dans leur annonce dans ce numéro à la page 2. Ensuite, le Journal, avec ses journalistes, a le rôle d’interpréter, de vérifier et de faire parler les autres membres de la communauté sur le sujet.


Les sites Internet et les infolettres font seulement une petite partie du devoir de bien communiquer. Les élus, les fonctionnaires et les citoyens, entre autres, ont besoin de médias indépendants, avec des journalistes professionnels, pour bien réussir. Pour bien dynamiser leur milieu. Pour bien servir les gens dans le besoin, ainsi que tous les citoyens et citoyennes de leur communauté.

Scott Stevenson

Michel Champigny et son camp, Fév 2026

Une grande collecte de fonds sur le thème des loisirs d’hiver

L’entretien des sentiers au camp de Michel Champigny.

Michel Champigny prépare ses sentiers depuis le début janvier. La grande journée blanche pour la campagne de financement en l’honneur de sa défunte sœur, Natalie, arrive à grand pas. Une centaine de personnes sont attendues chez lui ce samedi 7 mars prochain, et l’on s’attend à ce que les fonds recueillis dépassent les 20 000 $.


M. Champigny est propriétaire d’une terre d’une cinquantaine d’acres sur la route 108, à l’intersection de la route 214. C’est là que se déroulera l’édition 2026 de l’activité hivernale de la Journée Natalie Champigny.


Les participants pourront profiter d’une promenade en traineau tiré par des chevaux, faire de la raquette, prendre une marche ou simplement apprécier un café, de la charcuterie, une soupe et la tire d’érable. (Voir l’annonce en page 6) En soirée, un souper spaghetti sera offert à la Salle Guy-Veilleux à Cookshire, suivi d’une danse.


Lancée en 2011, la campagne de la Journée Natalie Champigny est désormais chapeautée par la Fondation Christian Vachon, qui vient en aide aux élèves de 16 écoles du Haut-Saint-François, entre autres. Depuis ses débuts, la campagne annuelle de Michel Champigny et de sa famille a remis plus de 700 000 $ en dons pour du matériel scolaire, des vêtements, des petits-déjeuners ainsi que diverses activités pour les jeunes. En 2025, la Journée Natalie Champigny avait recueilli plus de 120 000 $ pour ces œuvres.

Plus de 120 000 $ ont été recueillis en 2025. photos : scott stevenson


L’organisation appuie les enfants des écoles de notre région en mémoire de Natalie Champigny, une enseignante de l’école primaire Princess Elizabeth à Magog décédée en 2010 d’un cancer du poumon à l’âge de 40 ans. « Natalie prenait plaisir à organiser des activités parascolaires afin d’amasser de l’argent pour les enfants plus démunis », selon les organisateurs de la Journée.


M. Champigny est fin prêt à accueillir l’activité annuelle sur sa terre à bois, située aux limites des municipalités de Bury, Newport et Westbury. « Je veux que les gens repartent contents, m’a-t-il dit lors d’une visite de son domaine, la semaine dernière. On veut créer du plaisir. »
De toute évidence, M. Champigny a lui-même du plaisir à en offrir aux autres.

CDC

À un pas de l’itinérance : Une réalité tout près de chez vous

Patricia Blais : «Je veux que les gens en position de pouvoir soient à l’écoute.» PHOTO : SCOTT STEVENSON

Plus de 44% des ménages dans le Haut-Saint-François sont constitués d’une seule personne ou d’une famille monoparentale, selon une étude publiée la semaine dernière. Autrement dit, près de la moitié de notre population est composée d’adultes vivant seuls.


L’étude démontre aussi que le coût médian d’une maison unifamiliale dans le Haut-Saint-François (HSF) a augmenté de 67% en cinq ans, soit une moyenne de plus de 13% par an. Cela signifie qu’une maison à 250 000 $ en 2021 coûte maintenant plus de 400 000 $.


Depuis avril dernier — en seulement 10 mois — le coût de l’épicerie a augmenté de 9% dans notre région, ce qui représente la plus forte hausse dans toute l’Estrie. Chez nous, il en coûte environ 1 468 $ par mois pour nourrir une famille typique, le panier d’épicerie le plus cher dans toute la grande région administrative (la moyenne pour l’Estrie est de 1 337 $ par mois).


Voilà seulement quelques-uns des facteurs de risque de l’itinérance pour notre population identifiés par l’étude.


De plus, nous sommes parmi les communautés les plus défavorisées de la région de l’Estrie économiquement.


L’étude révèle un problème caché et complexe en ce qui concerne l’itinérance, que l’on n’associe pas normalement à une région rurale comme la nôtre.

Étude de la CDC
« L’itinérance dans le HSF est largement sous-déclarée et invisible », déclare une étude publiée la semaine dernière par la Corporation de développement communautaire (CDC) du Haut-Saint-François, intitulée Recherche-action sur la situation de l’itinérance dans le Haut-Saint-François.


« Les épisodes de sommeil en lieu non sécuritaire, les ressources d’hébergement non utilisées et les situations de dépendance résidentielle dans des conditions non optimales démontrent une présence significative d’itinérance cachée ou de grande précarité résidentielle », selon le rapport.


« Les personnes en situation de précarité résidentielle sur le territoire du Haut-Saint-François ne correspondent pas aux stéréotypes associés à l’itinérance. Les données montrent une surreprésentation de personnes de 45 ans et plus, principalement locataires, souvent scolarisés, en emploi et à la retraite. Leurs difficultés découlent avant tout de pressions économiques, d’un marché locatif en crise et d’obstacles systémiques, plutôt que de problèmes individuels. »


La nature cachée de l’itinérance dans le Haut-Saint-François touche également ceux qui possèdent leur maison. « J’ai mangé grâce au frigo partage et des cannes de thon durant le dernier hiver », a déclaré une propriétaire à la CDC. « Je vais chercher des pommes tombées par terre des pommiers de mon voisin à la noirceur. Mais j’ai le sentiment de voler, » a-t-elle dit.


Les résidents subissant de telles pressions peuvent être à un pas de perdre leur maison, note la CDC.
L’étude a révélé que 10% des ménages déboursent plus de 30% de leur revenu pour leur logement, qu’ils louent ou possèdent. De même, 8,3% vivent dans des maisons ou appartements nécessitant des réparations majeures, comparativement à 5,6% pour l’ensemble de la région administrative de l’Estrie.

Le spectre de la sécurité
Il ne s’agit donc pas ici du portrait classique du « sans-abris » ou de la personne « sans domicile fixe ». On parle plutôt de personnes dont le niveau de sécurité de logement est loin d’être optimal. Ainsi, peut-être devrions-nous aborder l’itinérance non pas comme une dichotomie (ceux qui ont un toit vs ceux qui n’en ont pas) mais plutôt comme un spectre, mesurant le niveau de sécurité à l’habitation de chacun. Où que se trouvent nos résidents à travers notre région, de trop nombreuses personnes risquent de ne pas pouvoir bénéficier d’un toit sécuritaire et adéquat au-dessus de leur tête, ce qui les force souvent à se déplacer dans les rues de la ville pour espérer trouver les ressources dont ils ont besoin.


« Qui plus est, les personnes en situation d’itinérance ne se perçoivent pas toujours comme telles », selon le rapport de la CDC. « Pour certaines personnes, ne pas avoir son propre logement et vivre temporairement chez des ami.e.s de façon alternative n’est pas une situation d’itinérance. Le même constat peut se faire pour une personne habitant dans un abri de fortune, croyant qu’avoir un toit est suffisant pour ne pas “cadrer” dans cette catégorie. »


Combien d’entre nous dans le Haut-Saint-François connaissent des voisins ou d’autres personnes dans ces situations? Un membre de la communauté vivant à l’arrière d’un ancien bâtiment hérité. Quelqu’un d’autre dont la maison est relativement récente mais qui manque de services de base, d’eau ou d’électricité. Un vieux vivant dans un bâtiment rustique, que certains appelleraient une cabane, près du ruisseau sur un rang éloigné.


Ces situations ne sont généralement pas décrites comme de l’itinérance, mais ce n’est pas non plus une sécurité personnelle.

Les ménages solitaires
Pour près de la moitié des ménages composés d’un adulte vivant seul (31% d’une personne seule; 13,2% d’une famille monoparentale), la sécurité, l’aide et le bien-être souvent associé au partage d’un foyer sont absents. Un ménage solitaire est alors une autre mesure clé de la sécurité de logement, ou de son absence, si nous parlons d’un spectre.


Comme l’a déclaré Patricia Blais, résidente d’Ascot Corner, lors d’une entrevue après la présentation de l’étude de la CDC la semaine dernière, « Personne n’est à l’abri », un sentiment partagé en privé par d’autres, qui se sont eux-mêmes sentis proches de l’itinérance.


Mme Blais, qui est bénévole à La Relève, a applaudi les organismes communautaires de la région. « J’adore le Haut-Saint-François », a -t-elle dit, en ajoutant qu’elle risque actuellement de perdre son appartement à cause d’un imminent changement de propriétaire. Le coût du loyer et son besoin d’un chien de soutien la mettent à haut risque.


Elle a aussi noté que les personnes souffrant d’anxiété, de pensées dépressives ou d’autres problèmes de santé peuvent courir d’encore plus grand risques.


Dans le cas de Mme Blais, elle a ajouté que son intervenante lui avait assuré « qu’il y aura des solutions. » Mais voilà que le budget de son intervenante vient d’être coupé (voir l’article à la page 2 et les commentaires à la page 4). « Elle m’a aidée, » a dit Mme Blais. « Moi et les autres [dans le besoin], qui va les aider maintenant ? C’est inquiétant. Je veux que les gens en position de pouvoir soient à l’écoute. »

Dans le silence
Mais la nature cachée des problèmes ruraux liés à la sécurité de logement, comme le souligne le rapport de la CDC, peut rendre l’écoute difficile pour ceux qui ne sont pas en contact direct avec ces enjeux.


Les problèmes sont aussi masqués par la beauté même de notre région. Nous l’aimons pour ses paysages, sa nature généreuse, sa tranquillité. Dans une grande partie de la région, les maisons voisines, les entreprises et les bureaux des gouvernement se font loin. La paix et le calme font que les problèmes ne se font pas entendre si facilement. Vous et votre partenaire construisez, achetez, louez ou héritez de la maison de vos rêves sur un petit chemin tranquille. Tout va bien… jusqu’à ce que le rêve s’effondre. Il peut s’agir d’un divorce ou d’un décès, d’une perte d’emploi. Peut-être que l’alcool est en jeu, peut-être des abus ou de la violence. Le tissu social est plus distendu aujourd’hui, tout comme le système de soutien social. C’est plus difficile de se retrouver entre amis, entre proches, même entre voisins. L’anxiété, la dépendance, la solitude ou l’insécurité financière peuvent s’aggraver à mesure qu’un cercle vicieux s’installe. Ensuite, la maison est en mauvais état, le loyer est inabordable, et l’itinérance menace comme des nuages sombres à l’horizon.
La maison n’est plus un foyer. L’abri n’est plus adéquat.

Vers un plan d’action
La semaine dernière, le CDC a réuni une quarantaine de représentants d’organismes communautaires, de municipalités et de la MRC du Haut-Saint-François pour réfléchir à la manière d’aider les personnes à risque et dans le besoin. Ils ont concentré leurs efforts sur trois priorités identifiées par la CDC dans son rapport : « Connaître et reconnaître la situation ici; Habitations indignes; et Territoire non sécuritaire. »


Parmi toutes les idées discutées, les participants ont chacun évalué leurs préférences à la fin de la réunion de quatre heures. Parmi les actions les mieux notées figuraient :
« Maintenir le travail de proximité pour soutenir les gens dans la réalité »;
« Large campagne médiatique »;
« Exiger dans les nouveaux développements un minimum de pourcentage de logements abordables »;
« Travailler sur les critères d’accès au Programme de supplément au loyer (PSL) »;
« Faire connaître les programmes (de rénovation) à la population »; et
« Développer des logements d’urgence ».
La CDC préparera un plan d’action pour la région d’ici la fin mars.

Ce texte est partiellement traduit à l’aide de l’outil automatisé de Microsoft.

Notre mascotte aussi ?  

La mascotte olympique de cette année en Italie, l’hermine, a fait aussi une visite surprise au domicile de ce journaliste dans le Haut-Saint-François le 26 janvier dernier.  

En fait, il faut dire que nous, dans le Haut-Saint-François, connaissons déjà assez bien l’hermine. On l’appelle aussi belette, et en anglais stoat, ermine ou short-tailed weasel. Il faut aussi dire que l’hermine qui m’a rendu visite n’a pas du tout été surprise et que j’ai été surpris par son apparition plutôt que par sa visite. Je l’entends généralement — je ne la vois jamais dans la maison — attrapant des souris dans mon plafond.  

Cette hermine en particulier me connaît donc probablement très bien. Elle ne s’était tout simplement jamais présentée, comme ce fut le cas de manière inhabituelle et charmante ce lundi spécial, juste au moment où les Olympiens étaient accueillis par leurs mascottes hermines en Europe.  

J’étais au téléphone avec une collègue quand j’ai vu un mouvement blanc à seulement un mètre de là, là où mon mur en billots rencontre mon vieux plancher en bois. J’ai cru que mes yeux me jouaient des tours. Un mouvement gris aurait été normal — une souris — mais celle-ci était blanche, et je n’avais pas attrapé une souris dans mes pièges depuis des semaines.  

Àprès un second coup d’oeil, une tête blanche aux yeux noirs perçants est apparue d’un trou dans le plancher, a rampé vers moi, montrant aussi la pointe noire de sa queue, et a effectivement dit « Bonjour ! »  

J’étais tellement stupéfait que je ne savais pas quoi faire. Au début, je pensais peut-être à la rage. Il doit sûrement y avoir un problème avec cet animal sauvage qui semble intrépide à mes yeux, allant même jusqu’à s’approcher légèrement.  

Comme vous pouvez le lire à la page 14, les avertissements concernant la rage dans une région voisine font les manchettes ces derniers temps.  

Mais cette hermine semblait en bonne santé. Elle s’est légèrement retirée, puis a glissé sans effort le long de mon mur, derrière mon bois de chauffage, et autour de mon poêle à bois jusqu’au lit de mon chien. Je l’ai suivie, maintenant avec l’appareil photo de mon téléphone qui cliquait comme un fou.  

À un moment donné, j’ai dû paraître potentiellement dangereux — imaginez ! — car l’hermine se tourna rapidement et retourna vers son trou dans le plancher. Mais elle y réfléchit encore, et revint, ostensiblement pour me voir.  

Cette fois, elle commença à s’approcher prudemment ; je suis resté calme ; et elle s’est assise et a soulevé ses pattes avant du sol comme pour indiquer qu’elle voulait que je la prenne dans mes mains.  

Très mignon, ai-je trouvé, mais j’ai mes limites. Quelques personnes qui ont vu les photos par après ont souligné à quel point la belette peut être féroce. J’en avais déjà entendu parler.  

Mais aucune n’avait jamais tué mes poules. Et j’avais appris qu’elles venaient chez moi chaque hiver pour chasser les souris. Alors j’ai tendance à les aimer, mais pas assez pour les caresser ou les prendre.   

Celle-ci semblait clairement m’apprécier. Après m’être un peu levé, elle est arrivée jusqu’à mon pied et a senti le bout de ma botte. Elle est ensuite retournée tranquillement à sa simple occupation de flâner devant moi.   

Mon chien était absent pour la journée, ce qui explique en partie pourquoi l’hermine se sentait évidemment à l’aise avec son apparition dans la maison. En fait, elle s’est déplacée sans hésitation jusqu’au bol de Willow pour y boire. Je me suis alors demandé si elle s’était déjà liée d’amitié avec mon chien, comme elle le faisait maintenant avec moi.   

Je ne suis pas Olympien — mon frère l’était, cependant, en 1992 et 1996 — mais je me suis senti un peu comme un Olympien ce matin-là quand la mascotte personnelle de ma ferme m’a rendu cette visite spéciale ! 

East Angus retire son intention d’annexer des rues de Westbury

Pour être “égal à égal”, selon le maire Guillaume Landry, la Ville de East Angus a abrogé sa résolution qui menaçait l’annexion d’une partie de la municipalité de Westbury.


M. Landry et son conseil municipal ne voulaient pas que leur voisin soit soumis à des négociations sous pression, a ajouté le maire. Aussi, dans une entrevue avec le Journal en janvier, le maire de Westbury, Pierre Reid, avait déjà rejeté cette approche.


« Il faut que ça meure dans l’œuf », a déclaré M. Reid. « C’est non négociable, l’annexation. »
L’abrogation adoptée par le conseil municipal d’East Angus a eu lieu lors de sa séance régulière du 2 février dernier.

La résolution originale avec l’intention d’annexer trois rues de Westbury—De La Tuilerie, Martineau et Angus Nord—date du mois de septembre dernier.


Cette résolution a suivi une décision de la part de l’ancien conseil municipal d’East Angus de relier un résident de Westbury, Cédérick Ménard, à l’approvisionnement en eau municipal d’East Angus.
M.  Ménard avait travaillé pendant un an pour trouver une solution à ses deux puits vides, demandant de l’aide aux deux municipalités sans succès jusqu’en septembre dernier.

Lettre du directeur : Un don inattendu et si apprécié

On m’a demandé l’autre jour si notre Journal fonctionne par des dons. J’apportais au restaurant à Ascot Corner des exemplaires, offerts gratuitement pour le bien des clients ainsi que pour la diffusion des informations et des publicités dans nos pages. Un client du restaurant, intéressé par le Journal, me posait la question.


Même si le Journal est un organisme à but non lucratif, nous n’avons pas encore développé de campagne de financement par des dons. Nous en avons toutefois besoin.
En fait, 80% de nos revenus viennent de l’achat de publicités, ce service qu’on rend à la population, aux organismes, aux gouvernements et aux entreprises de communiquer leurs messages au public du Haut-Saint-François.


Parmi ces revenus publicitaires, 16% de notre revenu global provient des publicités municipales, ces annonces que vous voyez dans presque chaque numéro avec des informations sur ce qui se passe dans votre municipalité.


En vertu d’une entente informelle, les municipalités acceptent d’acheter ces publicités d’avance chaque année, un peu comme l’achat de paniers de légumes d’une ferme locale. Dans le cas de notre entente, le montant acheté par chaque municipalité est calculé selon sa population. Chaque citoyen du Haut-Saint-François paie alors 2,25$ pour recevoir 24 numéros du Journal en 2026, livrés à sa porte toutes les deux semaines par Postes Canada.


La publicité par les autres niveaux de gouvernements, provincial et fédéral, a représenté seulement 3% de notre revenu total en 2025. Pourtant, il me semble qu’ils pourraient nous communiquer plus d’informations. De le faire plutôt via les méga corporations américaines démontre un grand manque de prévoyance.


Par contre, ces deux paliers de gouvernements offrent des subventions aux médias traditionnels depuis de nombreuses années, ce qui aide à combler le manque de revenus publicitaires. En 2025, deux subventions provinciales, surtout le Programme d’aide aux médias écrits communautaires du Québec, ont représenté 15% de notre revenu total. Une petite subvention fédérale n’a représenté que 3% de nos revenus.


Du côté de nos dépenses, les salaires, l’impression et la distribution du journal sont nos coûts les plus importants. En ce qui concerne la rémunération de nos employés, les salaires se trouvent facilement en bas de la moyenne des organismes, institutions et entreprises semblables de la région.
Notre résultat financier accusait encore une perte en 2025, pour une quatrième année consécutive. Nous prévoyons par contre équilibrer le résultat cette année, par l’augmentation des revenus, par des coupures dans les heures de travail des employés et par plus de contributions bénévoles.
Alors, des dons, ça nous aiderait, bien sûr. Nous développerons des campagnes de financement le plus tôt possible.


Entre-temps, le monsieur qui m’a posé la question à Ascot Corner en janvier nous a fait spontanément un premier don: un 20$ donné simplement comme ça, avant que je quitte le restaurant. C’est plus apprécié que vous ne pouvez l’imaginer! Nos sincères remerciements à ce citoyen, qui a demandé à garder l’anonymat.

Scott Stevenson

Agriculture

Les Portes ouvertes et la Bourse de la présidence : Deux invitations à se démarquer

Deux occasions de se démarquer s’offrent aux agriculteurs et agricultrices chez nous dans les prochaines semaines, selon l’infolettre de février de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de l’Estrie.
Pour honorer la mémoire de l’ancien président de la Fédération de l’UPA Estrie, François Bourassa, son conseil d’administration a créé la « Bourse de la présidence. »


« En juillet 2024, la communauté agricole estrienne a été profondément touchée par le décès accidentel de François Bourassa », a écrit Sandy Lalancette, conseillère à la vie syndicale, dans l’infolettre, Solidarité agricole. « Homme engagé, rassembleur et profondément convaincu de l’importance de s’impliquer dans sa communauté, il a marqué son milieu. »


La bourse d’une valeur de 1 000 $ « soulignera le parcours d’une personne reconnue pour son habileté à rassembler et à faire progresser des objectifs collectifs. » Les personnes candidates doivent être membres de l’UPA, du Syndicat de la relève agricole de l’Estrie ou des Agricultrices de l’Estrie avant le dépôt de leurs candidatures.


Un formulaire de mise en candidature sera disponible dans les prochaines semaines, selon le texte de Mme Lalancette.

Portes ouvertes
L’UPA de l’Estrie invite aussi les producteurs de la région à mettre leur ferme en valeur lors de l’évènement annuel des « Portes ouvertes sur les fermes du Québec ».
Le recrutement est ouvert pour « accueillez le grand public à la ferme afin de transmettre votre amour du métier et de mieux faire comprendre votre réalité », selon le texte de Valéry Martin, conseillère aux communications à l’UPA de l’Estrie, dans la même publication.


La Fédération offre un budget aux fermes participantes ainsi qu’un chapiteau et une toilette chimique.
L’évènement aura lieu cette année le dimanche 13 septembre de 10 h à 16 h.
Pour soumettre une candidature, les producteurs doivent être membres en règle avec l’UPA, avec les spécialités et avec Attestra si la ferme a des animaux ; avoir l’appui de leur syndicat local ; avoir l’appui d’une vingtaine de bénévoles ; disposer d’un espace de stationnement ; et respecter les critères des différentes productions incluant la biosécurité.


Une demande de participation doit être soumise avant le 5 mars prochain à Valéry Martin au vmartin@upa.qc.ca, 819-346-8905 (poste 5143).


« La priorité sera accordée à des fermes ne faisant pas de vente directe le reste de l’année ou aux territoires et productions n’ayant pas participé en 2025 », selon Mme Martin.


Le Haut-Saint-François était représenté l’année passée par la Ferme le Sabot d’or de Cookshire-Eaton. Notre région ne sera alors peut-être pas prioritaire cette année, selon cette déclaration, mais considérant le nombre et le dynamisme des fermes de chez nous, celles qui sont intéressées pourraient toujours tenter leurs chances, au moins en s’informant auprès de Mme Martin.

Lettre du directeur : Les pires routes du Haut-Saint-François

Quels sont, chers lecteurs, les tronçons de route les plus dangereux de notre région selon vous ? Nous aimerions le savoir.


Les accidents sont nombreux cet hiver, et plusieurs d’entre nous ne savent que trop bien où ils sont les plus susceptibles de se produire. Le Journal Le Haut-Saint-François propose donc de publier vos listes de lieux où les conducteurs devraient redoubler de prudence en hiver.

Un deuxième accident s’est produit la semaine dernière sur la route 108 entre Bury et Gould, près de l’intersection du chemin Card. Aucune blessure grave n’a été signalée.


Mais juste avant les Fêtes, un accident grave s’est produit dans la même zone, coûtant la vie à Mariette Rivard. Depuis, une seconde personne, Jean-Louis Grenier de Lingwick, est décédée des blessures causées par ce même accident, qui impliquait plusieurs véhicules. D’autres ont été grièvement blessés.
Les routes étaient glacées ce jour-là. La semaine dernière, des conditions routières enneigées et glissantes étaient encore en cause.


À la fin octobre, je suis tombé sur un accident sérieux, aussi sur la route 108. C’était à Birchton, à l’intersection avec le chemin Hodgman. La nuit tombait et il pleuvait, mais l’accident était probablement plus imputable à l’intersection elle-même qu’à la chaussée glissante.


L’hiver dernier, j’ai perdu le contrôle de mon véhicule dans une courbe en « S » enneigée sur la route 212 entre Cookshire et Island Brook. J’inclurais certainement ce segment de route sur une liste des endroits dangereux.


Par le passé, j’ai évité de justesse une collision frontale à la sortie de Scotstown en m’en allant vers La Patrie sur la route 257. À cet endroit, à la limite de la ville, la route tourne brusquement, mais reste une zone à 50 km/h. Le conducteur de la voiture qui arrivait en sens inverse devait s’endormir, être ivre ou en train de regarder son téléphone, parce qu’il a traversé la ligne centrale en fonçant droit vers moi. J’ai évité le face-à-face au dernier moment en déviant vers le fossé, puis en reprenant le contrôle in extremis.


Est-ce que c’était un endroit dangereux ? Peut-être. C’est un virage serré, et c’est facile de penser qu’on est hors de la ville et qu’on peut aller plus vite. Les résidents du coin sauraient mieux que moi si les accidents y sont fréquents.


J’ai grandi en partie dans un coin exceptionnellement dangereux de la route 143, dans le Canton de Hatley. Les accidents étaient si fréquents qu’on en voyait se produire — et on voyait des gens en mourir. Un virage serré à la fin de deux longues lignes droites dans chaque direction est une catastrophe assurée pour ceux qui roulent trop vite, sont trop fatigués, trop ivres ou trop distraits.
Alors, dites-nous : quels sont les endroits tristement célèbres de votre coin de pays ? Envoyez-nous votre liste par courrier, courriel, téléphone ou Messenger, selon votre choix. Si nous publions une liste, cela aidera peut-être à prévenir les conducteurs et à aider les autorités locales à atténuer les risques.

Scott Stevenson

poele à bois

Le ramonage régulier, pour mieux respirer

On recommande souvent de ramoner nos cheminées deux fois par année, dont une fois au milieu de la saison de chauffage. Quand j’ai acheté ma maison en 2012, chauffée à l’époque uniquement au bois, la cheminée n’avait pas été ramonée depuis 12 ans, selon l’ancien propriétaire.


« Je la ramonerais si j’étais toi, » m’avait suggéré sa femme à la suite de cette étonnante déclaration.
Je l’ai ramonée, évidemment.


Elle était presque parfaitement propre.


L’ancien propriétaire, Gérald Goddard, était de toute évidence exceptionnellement doué non seulement dans la gestion de sa cheminée, mais aussi de son poêle, de son bois de chauffage et de son feu.
Malgré son succès, on recommande de ne surtout pas faire comme lui en ce qui a trait au ramonage.
Au contraire, « Faites ramoner votre cheminée au moins une fois par année et selon la qualité et la quantité du bois brûlé », nous avise le Gouvernement du Québec sur sa page Internet dévoué à « Prévenir les risques d’incendie lorsque vous utilisez un foyer ou un poêle à bois ».


« Le ramonage contribue à prévenir les incendies et prévient les intoxications au monoxyde de carbone en permettant une meilleure évacuation de la fumée et des gaz. Il permet aussi d’éliminer la suie et la créosote agrippées aux parois, qui sont très inflammables. »

Les services offerts
Trouver un ramoneur dans le Haut-Saint-François n’est pas chose évidente. Il n’y en a aucun qui annonce dans ce journal. Sur trois ramoneurs inscrits dans le Bottin de services de la Municipalité de Saint-Isidore-de-Clifton, l’une des rares municipalités, avec Dudswell, à offrir un bottin, deux sont situés à Sherbrooke. Seule l’entreprise Ramonage Karl St-Onge est localisée dans la région, à Saint-Isidore.


Comme beaucoup d’autres propriétaires de la région, fort probablement, je faisais jusqu’à cette année mon propre ramonage. Je montais sur le toit pour le faire, un toit bien en pente. Éventuellement, la tâche compliquée et difficile m’a trop découragé, et je ne procédais au ramonage qu’une seule fois par année. Par conséquent, la cheminée se trouvait plus sale et donc plus dangereuse.


Cet hiver, le bouche-à-oreille m’a fait découvrir le Petit ramoneur de Sherbrooke, qui est passé chez moi lundi dernier. Très sale, m’a-t-il dit.


C’est maintenant très propre, grâce à son bon travail, et je n’ai pas eu à monter sur le toit.
Surtout, la cheminée respire mieux. Et moi, encore plus.

En entrevue avec le maire et la directrice générale : « Westbury, ça reste Westbury »

La directrice générale de Westbury, Annik Desrosiers, avec le maire, Pierre Reid. Photo: Scott Stevenson

L’indépendance de Westbury et une approche amicale, constructive et d’affaires avec les municipalités voisines constituent le principe directeur de Pierre Reid en tant que nouveau maire de la municipalité rurale de 1209 habitants, qui entoure la ville d’East Angus. Mais depuis que M. Reid a pris ses fonctions en novembre, cette approche a été mise à l’épreuve.


L’annexation, même de petites parties de son territoire, reste un sujet sensible et pressant. En septembre dernier, juste avant les élections municipales, la Ville d’East Angus a adopté une résolution exprimant son intention d’annexer trois rues de Westbury—De La Tuilerie, Martineau et Angus Nord. (Notez que l’article de notre numéro du 18 décembre dernier indiquait que l’annexation avait déjà eu lieu, ce qui n’est pas le cas.)


Dans une entrevue accordée au Journal le mardi 6 janvier, le maire Reid et la directrice générale de Westbury, Annik Desrosiers, ont déclaré que la résolution d’East Angus est entre les mains du ministère des Affaires municipales du Québec, mais que Westbury s’y opposerait.


« Il faut que ça meure dans l’œuf », a déclaré M. Reid. « C’est non négociable, l’annexation. »
Avoir la question au début de son mandat, « […] mettait un peu de pression sur les épaules pour moi », a-t-il noté.


Il s’attend à rencontrer le nouveau maire d’East Angus, Guillaume Landry, et espère que le nouveau conseil de cette ville de 4267 habitants adoptera une approche différente de la précédente.
Quoi qu’il en soit, Mme Desrosiers a déclaré que de telles décisions impliquent de nombreuses étapes aux niveaux provincial et municipal, et « on est vraiment loin d’une décision ».


La sensibilité de Westbury remonte, en partie, à une annexation par East Angus du territoire de Westbury pour la construction du restaurant McDonald’s à l’angle d’Angus Sud et de la Route 112. « On a perdu une pointe de territoire », a noté M. Reid.


« On s’entend que c’est la dernière pointe de territoire qu’on va laisser céder », a ajouté Mme Desrosiers, avec l’appui de M. Reid.

Les maires se parlent
Malgré cette question délicate qui subsiste entre les deux municipalités, M. Reid et Mme Desrosiers voient tous deux une nouvelle ère dans les relations avec les voisins de Westbury et d’autres municipalités du Haut-Saint-François.


« Les maires se parlent. C’est déjà une nouvelle dynamique », a déclaré Mme Desrosiers, exprimant son optimisme quant à la prochaine renégociation des accords intermunicipaux.


« Il y a une belle ouverture d’esprit », selon M. Reid au sujet de sa première discussion avec le maire Landry d’East Angus. « Je vais le rencontrer, et je vois qu’on veut aller de l’avant, mais le mot clé de tout ça, c’est respecter nos souverainetés… Westbury, ça reste Westbury, mais on peut faire affaire. »
« Je veux faire affaire et non qu’on soit encore en discorde… On peut faire plein de choses ensemble, mais il faut se respecter », ajoute-t-il.

Lettre du directeur : Plus de nouvelles positives ?

En tant qu’éditeurs, rédacteurs et journalistes, on nous demande souvent d’écrire « quelque chose de positif ». Par exemple, lors de la controverse à l’Hôtel de Ville d’East Angus en 2024, un leader communautaire a suggéré que nous devrions publier davantage sur toutes les choses « positives » qui se passent dans la ville. Dans le même ordre d’idées, lors des récents conflits à l’Hôtel de Ville de Cookshire-Eaton, lors d’une réunion publique, certains citoyens ont critiqué les conseillers municipaux pour « avoir exposé leur linge sale dans les médias ». À d’autres moments, après un entretien, j’entends un commentaire du genre « écrivez quelque chose de positif à ce sujet. »


Mais ce que nous faisons en tant que journalistes ne consiste pas à être positifs ou négatifs. Il s’agit de vous dire ce qui se passe d’important — de publier ce que vous devez savoir en tant que citoyen, leader, travailleur ou personne d’affaires.


Et la première chose que nous devons tous savoir dans notre vie quotidienne — après avoir apprécié le baiser ou le câlin d’un être cher, un café et un petit-déjeuner matinal, et un peu de gratitude pour toutes les bonnes choses dont nous jouissons — c’est où se trouvent les problèmes et les risques.
En tant que médias, nous voulons bien sûr inclure des histoires de certaines de ces bonnes choses dans nos vies. Mais notre service au public ne consiste pas à être « positif » ; il s’agit de rapporter les choses importantes que l’on doit savoir.


Sans ces reportages, les problèmes s’aggravent. Les risques deviennent des abus, des pertes, des catastrophes et des tragédies.


Si les États-Unis travaillent à envahir le Groenland, ou le Québec, nous devons tous en être informés. Si les autorités n’inspectent pas les voies ferrées qui traversent nos villes, ni les freins des locomotives des trains, quelqu’un doit le dire. Si les choses ne vont pas bien à l’hôtel de ville, il y a de fortes chances qu’elles empirent si le journal local n’est pas là pour en informer les citoyens.


Il est compréhensible que si vous êtes responsable de quelque chose qui ne va pas bien, vous préfériez travailler sans le regard des autres. Mais à long terme, essayer de « passer sous silence » ou de « rester hors de la presse » ne fera qu’empirer les choses pour vous et les autres.


Une communication saine, y compris la transparence, est toujours le meilleur moyen d’éviter les problèmes, les conflits ainsi que les conséquences de ceux-ci.


C’est pourquoi nous voulons tous un reportage médiatique fort et indépendant sur ce qui se passe. Et c’est pourquoi, dans les médias, nous écrivons souvent sur des sujets qui, malheureusement, ne sont pas nécessairement positifs.


C’est un service public — souvent mal compris et sous-évalué.
Scott Stevenson

cheque du foyer st-paul

Une tendance de fermeture et don : 200 000 $, « de loin le plus gros don »

Donateurs comme bénéficiaires ont ressenti la joie le 22 décembre lorsque le Foyer St-Paul de Bury, représenté ici par Austin Bailey, entre autres, a fait un don important à la Fondation des CLSC et CHSLD, avec Gilles Denis recevant le chèque symbolique en son nom.

Plus de 50 ans de thés de Noël et de petits-déjeuners crêpes ont en partie fait du Foyer St-Paul de Bury l’endroit convoité qu’il était. Une communauté dévouée a maintenu le Foyer grâce à l’argent et aux personnes nécessaires pour fournir des soins de qualité. Elle a fermé en 2021, non pas par manque d’argent ou d’engagement communautaire, mais plutôt par manque de personnel qualifié.
La communauté lui a donné, et elle a rendu à la communauté. Aujourd’hui, quatre ans après la clôture, elle redonne à nouveau.


Juste avant Noël, les membres restants du conseil du Foyer St-Paul — Austin Bailey, Randi Heatherington, Laurie Nadeau et Thérèse Thibodeau — ont remis un chèque de 200 000 $ à la Fondation des CLSC et CHSLD du Haut-Saint-François lors d’une cérémonie à East Angus.
Grâce à toutes les collectes de fonds communautaires de l’histoire du Foyer, ainsi qu’à d’importants dons passés d’organisations comme la Sherbrooke Hospital Foundation et la succession de Dorothy et Howard Kennedy, la maison de retraite avait accumulé des investissements de plus de 2 millions de dollars.


Maintenant que le Foyer est fermé, l’argent est consacré à d’importantes causes similaires dans la région, telles que la Fondation Maison La Cinquième Saison, la Maison Aube Lumière, la Fondation Dixville, Grace Village et la Wales Home.


« L’argent a été récolté ici ; l’argent reste ici », a déclaré Randi Heatherington lors de la présentation à East Angus.


Autrefois une institution reconnue de la communauté anglophone, le Foyer St-Paul veille également à ce que ses dons contribuent à la santé et aux soins aux ainés en français et en anglais. La moitié de son don à la Fondation des CLSC et CHSLD est « destinée à soutenir des activités qui doivent inclure et être accessibles aux ainés de langue anglaise dans les sites d’East Angus et de Weedon », selon une liste de bénéficiaires du Foyer. Les 100 000 $ restants serviront à acheter du matériel pour les résidences ou pour la communauté en prêt.


L’argent ne sert pas à remplacer les financements gouvernementaux existants, a déclaré Gilles Denis, porte-parole de la Fondation des CLSC et CHSLD.


« C’est de loin le plus gros don que nous ayons jamais reçu », a déclaré Claude Charbonneau, membre du conseil d’administration de la Fondation.


Gilles Denis et beaucoup d’autres ont exprimé leur gratitude pour ce don lors de leurs discours prononcés à la cérémonie officielle. M. Denis était particulièrement reconnaissant d’un don d’une organisation à but non lucratif à une autre. « Merci pour le modèle, » a-t-il dit.

La Fondation des CLSC et CHSLD du Haut-Saint-François œuvre à améliorer la qualité de vie des clients du secteur de la santé dans la région en aidant à l’achat d’équipements et en réalisant des projets spécifiques de bien-être. Elle soutient les foyers de soins de longue durée à East Angus et Weedon, ainsi que d’autres services de santé.


Ce don s’inscrit dans la tradition des institutions historiquement anglophones, telles que le Sherbrooke Hospital, de fermer et de transférer les fonds collectés au fil de leur histoire à des institutions au service de la communauté élargie, y compris des fondations de santé telles que la Fondation du Haut-Saint-François.

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