Où sont passés les paniers bio de nos maraîchers?

Camille Lussier de la ferme maraîchère des Hôtes Épinettes. Photo : caROLYNE WELDON

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
Il y avait 13 fermes maraîchères qui offraient des paniers de légumes dans la région en 2018. Aujourd’hui, 8 ans plus tard, il n’y en a que 4 : la ferme Croque-Saisons, à Lingwick; le Domaine du Coq à l’Âne à Bury; les Hôtes Épinettes, à Cookshire-Eaton et la ferme l’Étincelle, à Johnville.


De plus, la plupart des fermes listées en 2018, dans un article paru dans ce même journal, ont désormais cessé leurs activités commerciales. Celles qui subsistent à ce jour (Le jardinier déchaîné, Les maraîchers de l’or vert et Les légumes Korzina) ont délaissé les paniers pour se tourner vers d’autres formes de mise en marché plus « clé en main », comme les cartes prépayées ou les kiosques libre-service, où le client peut choisir d’acheter ce qu’il veut, quand il veut.

Mais que s’est-il donc passé ?
Selon Sarah Morin, de l’Étincelle, la réponse va de soi : l’engagement n’est tout simplement « plus à la mode. »


Les paniers de légumes bio requièrent, il est vrai, un plus grand engagement de la part du consommateur. Mais la somme déboursée, au début de la saison, lui assure non seulement des légumes frais et de saison tout l’été, ou tout l’hiver selon le type de panier, mais aussi la certitude que son maraîcher n’aura pas à s’endetter pour débuter sa production, ce qui aura tendance à solidifier sa présence au sein de la communauté.

« Ça prend une certaine ouverture, les paniers », affirme Mme Morin en entrevue téléphonique. Celle qui souhaite tisser des liens avec sa communauté et « voir les enfants grandir » remarque qu’actuellement, les relations de réciprocité, et de partage des risques, ont tendance à s’effriter au profit d’un consumérisme plus sommaire.


Sammuel Tanguay, des Maraîchers de l’or vert, abonde dans son sens. Il ne fera pas de paniers d’été cette saison, préférant se tourner vers un nouveau système de cartes prépayées.


Selon lui, la demande de paniers bio, qui avait bondi entre 2020 et 2022, s’est beaucoup essoufflée après la pandémie. « Avec le retour à la normale, malgré l’inflation post-Covid, il y a ce désir du petit confort, des petites affaires prévisibles, constate-t-il. Tu compétitionnes avec l’épicerie. »

Parc

Nouveau terrain de « pickleball » au parc de la Station à Sawyerville

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
Avis aux adeptes : un terrain de tennis léger, mieux connu sous l’appellation de « pickleball », sera prochainement installé de manière permanente au Parc de la Station de Sawyerville, à proximité de la patinoire extérieure.


L’été dernier, la FADOQ de Sawyerville avait fait don d’un filet temporaire, qui avait alors été installé à même la patinoire pour la saison estivale. Cette année, c’est un terrain permanent qui sera inauguré.
D’après Michael Gosselin, directeur des Services techniques à la municipalité de Cookshire-Eaton, le terrain en question devrait être prêt pour l’ouverture des parcs, qui a habituellement lieu début mai, selon la météo.

« Les travaux d’asphaltage et d’installation de la clôture se sont terminés en décembre dernier. La commande pour les poteaux, les filets et le marquage a été passée et devrait arriver en avril », indique-t-il. Il ajoute que ces installations de « pickleball » seront permanentes et s’accompagneront d’éclairage adapté pour les joutes en soirée.


Hybride du tennis, du badminton et du ping-pong, le « pickleball » connait un fort engouement en Amérique du Nord. Il se joue à l’aide de raquettes de ping-pong grand format, d’une balle de plastique creuse trouée et d’un filet installé à moins d’un mètre du sol (86.36 cm ou 36 pouces, aux extrémités) sur un terrain de 80 m2, soit quatre fois moindre qu’un terrain de tennis.

Benevoles

Lise Ménard : « Il faut que t’aimes partager »

La bénévole Guylaine Martel avec Lise Ménard qui s’occupe du Comptoir familial depuis 20 ans. PHOTO: SCOTT STEVENSON

À l’âge de 75 ans, Lise Ménard est devenue la coordonnatrice bénévole du Comptoir familial de l’église Saint-Camille-de-Lellis de Cookshire. Vingt ans plus tard, à 95 ans, Mme Ménard s’occupe toujours du Comptoir. Elle y travaille sept jours par semaine.


« Je suis tellement attachée à ça » , m’a-t-elle confié lors d’une entrevue au Comptoir le 25 mars dernier. « Je sais que ça aide gros au monde. »


Le Comptoir est ouvert seulement deux jours par semaine, le mardi et le mercredi (de 8 h 30 à 15 h), mais « Il y a tout le temps de quoi à faire » , a-t-elle dit.


Même pendant la Covid, Mme Ménard faisait le ménage dans l’église bénévolement. « Ils ne pouvaient pas m’arrêter. »


Son approche va bien avec sa philosophie de vie : « Il faut apprendre à être heureux où on est. »
« Bénévole, c’est un grand mot, et ça demande énormément de toi-même » , a indiqué Mme Ménard. « Il faut que t’aimes partager, il faut que t’aimes aider les gens. Il faut pas que tu sois gêné, ah mon dieu qu’il y a gros des choses dans ça […] On peut aider par dix mille manières. »


Lise Ménard est originaire de Rock Island, dans les Cantons de l’Est, mais est déménagé à Cookshire avec ses parents à l’âge de 15 ans. Après avoir géré le Café Royal, ses parents ont éventuellement quitté la ville. « Mais, moi, j’ai resté à Cookshire, puis là j’ai commencé à m’impliquer dans toutes sortes d’affaires. »

Serge Camiré est l’expert du recyclage au Comptoir : deux tonnes par mois. PHOTO: SCOTT STEVENSON

Serge Camiré est l’expert du recyclage au Comptoir : deux tonnes par mois. PHOTO: SCOTT STEVENSON


Elle a travaillé pendant deux ans à la compagnie qui se nommait dans le temps « General
Plastic », s’est ensuite mariée et a eu quatre enfants. Aujourd’hui, l’un de ces enfants demeure encore à Cookshire, et les autres à La Tuque, North Hatley et Saint-Hyacinthe.
Mme Ménard conduit toujours et se décrit comme « pas encore trop dangereuse ».


Mais elle a déménagé plus près de son bénévolat : sur la rue Bibeau, qui est juste en face du Comptoir, au Manoir de l’Eau Vive, dans un appartement à quelques pas (peut-être une quinzaine) de son travail. Elle aide avec certains projets au Manoir aussi, comme les décorations de Noël.
Lise Ménard compte sur une équipe de plusieurs autres bénévoles, comme Guylaine Martel et Serge Camiré qui se taquinaient avec Lise lors de notre entretien. Sylvie Richard et Michel Boucher complètent l’équipe, selon Mme Ménard.


Non seulement le Comptoir aide ceux et celles qui sont à la recherche de vêtements, meubles, décorations, literie et autres items à bas prix, mais il joue aussi un rôle de recyclage pour la communauté en général. Quatre cents poches par mois sont envoyées à une compagnie qui recycle les vêtements, ce qui équivaut à deux tonnes et demie qui sont détournées du site d’enfouissement grâce au travail des bénévoles du Comptoir

parc à La Patrie

Ouverture d’un nouveau parc urbain à La Patrie

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
Un tout nouveau parc urbain verra bientôt le jour à La Patrie. Situé à côté de la salle multifonctionnelle (FADOQ) au bureau municipal, ce parc offrira aux résidents un terrain de jeu polyvalent comprenant des installations pour le minivolley, la pétanque (terrain double), le jeu de palet américain (« shuffleboard ») et les échecs (deux tables d’extérieur en béton).


Le parc mettra également à disposition une balançoire, un exerciseur de type elliptique, des tables de pique-nique et de nombreux bancs.

Si le parc sera ouvert à tous, il a été conçu avec les aînés en tête. C’est en effet grâce à une subvention du PRIMA, le Programme d’infrastructures municipales pour les aînés, du gouvernement du Québec, qu’il sera financé. Une moitié de la subvention servira en outre à la rénovation de la salle de toilette de la salle multifonctionnelle, à proximité, qui triplera de taille et sera rendue accessible aux personnes à mobilité réduite.


Les travaux commencent à la mi-mai. Le parc devrait donc être prêt au début de l’été.
Depuis 2020, La Patrie est officiellement une Municipalité amie des aînés (MADA). Cette accréditation vise à encourager le vieillissement actif des aînés au sein de la communauté par le biais, entre autres, de l’adaptation des programmes, des infrastructures et des services.

Comme l’explique Patrice Amyot, agent de développement à La Patrie, ce projet de parc, inspiré de la démarche MADA, est un peu la « phase deux » d’un autre projet d’envergure visant les aînés, piloté par la bénévole Micheline Claing en 2025. Aidée par une subvention du Programme Nouveaux Horizons pour les Aînés (PNHA) du gouvernement fédéral, Mme Claing avait alors lancé une série d’activités pour les aînés axée sur la créativité.


Par la suite M. Amyot, et deux gestionnaires de projet, Nathalie Lavallée et Kassiopée Duff, ont repris la balle au bond et mis sur pied une riche gamme d’activités gratuites pour les 55 ans et plus. Cette programmation, incluant le Qi Gong, le yoga sur chaise, une chorale, un cercle de lecture et un espace création (peinture, sculpture, origami, perlage, mosaïque, etc.) a été offerte en continu, à raison d’une activité par jour, de novembre 2025 à la fin mars 2026. Certaines des activités se poursuivent jusqu’à la fin mai.


Le nouveau parc de La Patrie sera donc l’heureuse suite de ces initiatives en faveur du vieillissement actif.


« L’idée c’est de les faire bouger un peu, tant mentalement que physiquement », indique M. Amyot.

En bref

EN BREF | « Marche funèbre » pour la fin du travail de proximité

Une trentaine de personnes ont pris part, ce mardi 31 mars à Cookshire, à une « marche funèbre » pour marquer la fin du travail de proximité « 0-100 ans » bilingue dans le Haut-Saint-François suite à l’abolition du poste de Camille Marquis à La Relève. Sous une pluie maussade, des personnes ont pris parole pour exprimer leur tristesse et dire à quel point son travail les avait aidées à aller de l’avant durant des périodes sombres de leur vie. TEXTE et PHOTO : CAROLYNE WELDON

« Le communautaire à boutte » : lancement d’une grève concertée de deux semaines

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
Le mouvement « Le communautaire à boutte » a réuni une quarantaine de personnes dans la matinée du lundi 23 mars à Cookshire pour réclamer un meilleur financement des organismes communautaires et faire reconnaître le caractère essentiel des services qu’ils offrent à la population.


La mobilisation citoyenne lançait une grève générale de deux semaines à laquelle participent 1600 organismes à travers le Québec pour sensibiliser le gouvernement à cet enjeu. Les banques alimentaires, le soutien aux victimes de violence sexuelle ou conjugale, le maintien à domicile des aînés, l’intervention en santé mentale et l’aide aux familles font partie des services qui seront suspendus jusqu’au 2 avril prochain.

Le député François Jacques, invité à entendre le témoignage de divers acteurs communautaires qui portent ces services « à bout de bras », ne s’est pas présenté.


Malgré les encouragements des automobilistes et les klaxons retentissants des camions, l’émotion était vive chez plusieurs des manifestants, touchés par les divers témoignages émis par des représentants de La Maison Jaune du Haut-St-François, du Centre de développement communautaire, de La Relève et des Cuisines collectives. Les yeux se sont embués pour certains; la gorge était trop serrée pour prendre la parole pour d’autres.

Au micro, Marilyn Ouellet, de La Maison Jaune, a avoué que les conditions de travail du milieu et les « incohérences du système » l’avait poussé à l’épuisement professionnel.


« C’est simple, je ne suis juste plus capable, a-t-elle affirmé. Après plus de 20 ans dans le milieu communautaire, les décisions prises par les gouvernements successifs me poussent à prendre un deuxième congé maladie d’une durée indéterminée. »


Par ailleurs, La Maison Jaune fait l’annonce officielle que Camille Marquis, travailleuse de proximité bilingue « 0-100 ans » rattachée à La Relève, dont le poste a été aboli faute de financement (voir l’article de l’édition du 28 janvier de ce journal), assurerait le remplacement de Mme Ouellet à la Maison Jaune pour une durée d’un an, lui permettant de pouvoir effectuer certains suivis.


Cependant, les personnes de genre masculin ne pourront être suivis à La Maison Jaune, dont la mission est de venir en aide aux femmes. « Ça demeure catastrophique, a dit Mme Ouellet. Il y a quand même un bris de service, clairement. »


Pour les intéressés, une « marche funèbre » pour le travail de proximité « 0-100 ans » bilingue se tiendra au 50, rue Craig Sud à Cookshire le 31 mars à 14h pour dénoncer collectivement cette situation. Les participants sont invités à porter du noir.

AFEAS 1

60 ans de l’AFEAS : deux pionnières d’ici au cœur des célébrations

De gauche à droite : Diane Mathieu, présidente de l’AFEAS Cookshire; Jeannine Bolduc, Rose-Hélène Lessard et Christiane Lessard, présidente de l’AFEAS Sawyerville. Photo : Carolyne Weldon

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
Deux pionnières et anciennes présidentes de l’AFEAS, Mesdames Jeannine Bolduc et Rose-Hélène Lessard, ont été honorées ce printemps dans le cadre du 60e anniversaire de cette association.
Le Journal s’est récemment entretenu avec ces deux bénévoles d’exception dans les locaux de l’AFEAS de Cookshire en compagnie de Diane Mathieu, présidente de l’AFEAS Cookshire et Christiane Lessard, fille de Mme Lessard et actuelle présidente de l’AFEAS Sawyerville.


Jeannine Bolduc cumule plus de six décennies de bénévolat. Elle s’est jointe à l’AFEAS en 1966, l’année de sa fondation, et y « a occupé tous les postes qu’il y avait », se souvient-elle. « On apprend beaucoup dans les cercles. C’est grâce à l’AFEAS que les femmes ont avancé et sont rendues où elles sont maintenant – jusque dans le gouvernement », dit-elle.


Sa consœur de Sawyerville, Rose-Hélène Lessard, abonde dans le même sens : l’Association a selon elle ouvert bien des portes. « La liberté de la femme, c’est ça qu’on voulait, affirme-t-elle. Que ce que la femme dit puisse être entendu. »


Membre de l’AFEAS de Saint-Isidore depuis le début des années 1970, elle a activement relancé l’AFEAS Sawyerville qui battait de l’aile et menaçait de fermer à son arrivée dans le village, en 1989. « J’ai dit, il n’en est pas question, se remémore-t-elle. J’arrive pas ici pour que ça ferme. Donc on a fait des appels et on a reparti l’AFEAS. »


Symbole de la vision et de la persévérance de ces deux membres de la première heure, ces deux chapitres de Cookshire et Sawyerville sont toujours en activité, alors que tous les autres de la région, dont Dudswell, East Angus, Ascot Corner, Lennoxville et Coaticook ont désormais mis la clé sous la porte.


Comme le rappelle Diane Mathieu, la majorité des femmes étaient des femmes au foyer à l’époque. Les rencontres mensuelles de l’AFEAS leur offraient une « sortie de femmes » sans maris ni enfants où elles pouvaient s’exprimer librement. « Ça leur faisait un lieu de rencontre et d’échange. Ça brisait l’isolement. »


Autres temps, autre mœurs, Mme Mathieu avoue avoir du mal à recruter de nouveaux membres. « Les jeunes femmes n’ont pas le temps, dit-elle. Donc il reste nous-autres pour monter la garde… tant qu’on va pouvoir ! »


Pour Christiane Lessard, qui a été très impliquée ces dernières années dans la reconnaissance du travail invisible, l’essentiel est de redonner à la communauté. « La mission c’est l’égalité, dans tous les aspects de la vie », indique-t-elle. « Plus ça change plus c’est pareil. Il va toujours y avoir des choses à revendiquer pour les femmes. On n’a jamais fini. »

Maxime Robert et Pierre Couture

LETTRE OUVERTE | Favoriser l’investissement régional en appuyant les médias régionaux

Pierre Couture et Maxime Robert portent main fort à la distribution du Journal. Photo : Scott Stevenson

Extrait d’une lettre de la Fédération des chambres de commerce du Québec
Le secteur des médias traverse une crise existentielle, alimentée notamment par la montée en puissance des grandes plateformes numériques et la perte de revenus publicitaires. Quant au secteur des télécommunications, des actions concertées s’imposent pour permettre à nos entreprises régionales de combler la fracture numérique et d’assurer ainsi leur pleine compétitivité économique.

Une crise sans précédent pour les médias régionaux
Au cours des dernières années, nombre de médias régionaux ont aboli des centaines de postes, et d’autres ont simplement fermé. La couverture journalistique s’en trouve fragilisée et les impacts démocratiques et culturels de cette « désertification médiatique » sont majeurs.
Des communautés entières se voient retirer le droit essentiel à une information et à une offre culturelle qui les représentent. C’est une préoccupation pour les chambres de commerce de partout au Québec, qui voient la couverture médiatique s’effriter dans leurs différentes régions.
Les entreprises médiatiques québécoises et canadiennes demeurent confrontées à un dédale de formalités coûteuses qui les désavantagent face à leur vraie concurrence : les géants numériques étrangers qui échappent à de grands pans de cette réglementation.
Le Conseil du Trésor fédéral a commandé en juillet dernier une vaste révision du fardeau administratif et réglementaire à l’échelle gouvernementale. […]
Dans le cadre des négociations commerciales en cours avec les États-Unis, le gouvernement fédéral a par ailleurs aboli la Taxe sur les services numériques, qui aurait eu le mérite de générer des revenus substantiels et de contribuer au soutien financier des médias canadiens, pour autant que ces derniers soient exclus de son champ d’application. Faute de solution alternative, nos médias régionaux continueront d’en payer le prix fort.
Nous exprimons donc nos inquiétudes et invitons les deux paliers de gouvernement à agir rapidement pour préserver l’investissement dans nos médias locaux, notamment :

  • en abrogeant l’allégement fiscal pour les achats publicitaires auprès de plateformes étrangères ;
  • en instaurant un seuil minimal d’achats publicitaires gouvernementaux provinciaux et fédéraux auprès des plateformes canadiennes ;
  • en étendant le crédit d’impôt pour la main-d’œuvre journalistique à toutes les plateformes au-delà de la presse écrite, […].
    Les infrastructures de télécommunication sont un levier essentiel permettant aux entreprises régionales de croître et d’investir dans leurs communautés. Nos médias régionaux, partout à travers le Québec, le sont tout autant pour la vitalité culturelle et démocratique de ces dernières.
    Il faut agir sans tarder, pour éviter de perdre nos entreprises médiatiques d’ici.
    Signé par 41 représentants de chambres de commerce et de municipalités à travers le Québec, incluant :
    Véronique Proulx, Présidente-directrice générale, Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ)
    Cynthia Corbeil, Directrice générale, Chambre de commerce et d’industrie de la région de Coaticook
    Simon Madore, Maire de Coaticook et Préfet de la MRC de Coaticook
    Mélanie Côté, Directrice générale, Chambre de commerce et d’industrie de Sherbrooke
    Alexandra Jacquet, Directrice générale, Chambre de commerce du Haut-Saint-François

Un dérapage pour retrouver la bonne voie

Par Josée Boily
Je vais vous parler d’une situation ordinaire qui peut arriver à chacun de nous – pas juste aux femmes! – et qui s’est transformée en expérience extraordinaire.


Je suis en processus d’achat d’une maison dans la région et j’ai présenté une offre d’achat pour une petite maison rénovée dans le village voisin de mon appartement.


Comme je n’ai pratiquement pas d’information sur certains éléments importants comme l’état du toit et de la fosse septique (beaucoup de réponses « ne sais pas » dans les déclarations du vendeur), je décide de me rendre sur place et de parler au voisin le plus proche, qui a sûrement observé l’avancement des travaux.


Dans ce secteur traversé par d’anciennes rues de chalet, il faut conduire au milieu de la route, un point important que j’ignorais. Il arrive ce qui devait arriver. La chaussée étant très glissante en cette journée de dégel, ma lourde voiture électrique est déportée vers la droite et s’enlise dans la neige épaisse de l’accotement. J’ai bien essayé de me sortir de là toute seule, mais ma voiture s’enfonçait de plus en plus avec chaque tentative.

Seule avec mon chien et personne en vue, je marche jusqu’à la prochaine maison habitée. Une jeune femme très gentille me répond et se précipite pour m’aider. Au bout d’une quinzaine de minutes, nous réalisons que nous avons besoin d’aide plus substantielle.


Nous téléphonons au remorqueur du village, qui ne peut me dépanner parce qu’il ne sera pas possible pour lui de manœuvrer sur les routes étroites. C’est l’impasse. Ma future voisine appelle et texte plusieurs voisins, puis deux d’entre eux arrivent avec une corde, mais sans succès. (Avis aux propriétaires de voitures électriques : les points d’ancrage sont rares et difficiles à trouver pour le remorquage.)


C’est alors que se pointe le déneigeur du quartier avec son gros tracteur. Grâce à quelques manœuvres et à l’utilisation d’une chaîne, il réussit à déloger ma voiture. Hourra!


Le plus intéressant et merveilleux de cette aventure, c’est qu’elle est devenue un rassemblement digne d’une fête de voisins et m’a permis de rencontrer les résidents de la petite communauté – y compris les conjointes des voisins. Ces personnes au grand cœur ont mis un baume sur des récentes désillusions par rapport à la nature humaine.

PÂQUES | David Coquart et Catastruffe un an plus tard

David Coquart dans son atelier à Waterville. Photo : Scott Stevenson

Les truffes de Pâques seront peut-être un futur produit vedette du chocolatier de Cookshire, David Coquart, mais à l’heure actuelle ses produits artisanaux font surtout fureurs auprès d’un restaurateur de cabane à sucre.


M. Coquart a lancé sa petite entreprise, Catastruffe, il y a un peu plus d’un an, lors du Marché de Noël de Cookshire. « C’était un franc succès », m-a-t-il confié récemment lors d’une entrevue à sa cuisine commerciale louée à Waterville. « J’ai envie que ça devienne le moyen qui me permet de subsister. »
Avant de se lancer dans son projet, M. Coquart ne se voyait pas chocolatier de profession. Il aimait simplement cuisiner. Il travaillait auparavant à temps plein dans une ferme maraîchère et offrait des cours de musique à la petite école Bishop Note, maintenant à Cookshire, menée principalement par sa conjointe, Anne-Claire Yvert. M. Coquart est aussi compositeur.


Il produisait annuellement des truffes pour ses proches aux temps des Fêtes, qui étaient si appréciées que quelqu’un lui a suggéré d’en produire commercialement. Il n’a aucune formation professionnelle spécialisée dans la cuisine, mais en suivrait peut-être à l’avenir.


Maintenant, « j’ai la chance de me consacrer pleinement à [Catastruffe] à mon rythme. » Et il estime avoir parcouru « un quart du chemin » vers l’objectif de faire de son entreprise sa principale source de revenus.


« C’est fort possible », m-a-t-il dit.
Pour la deuxième année de suite, M. Coquart vient de compléter une commande en gros pour une cabane à sucre en Montérégie qui ajoute sa propre touche à ses boîtes de truffes. Le client commande 300 boîtes, ou 1500 truffes, faites avec le sirop d’érable de l’acériculteur.


« Ça me prend une bonne semaine entière » pour les préparer, selon M. Coquart.
L’autre clientèle importante de Catastruffe est les marchés artisanaux et fermiers. M. Coquart est présent à une cinquantaine d’entre eux à l’année longue, incluant les marchés d’été de Dudswell, La Patrie, Sawyerville, et du Domaine du Coq à l’âne à Bury. Ses produits sont aussi disponibles au magasin IGA à Cookshire (dans le frigo bio), à la micro-épicerie Flavo à Ascot Corner et au Marché de solidarité, à Sherbrooke.


Son atelier à Waterville est arrivé pour lui comme « un cadeau de la vie » dû au loyer abordable et sa conformité aux normes du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. L’un de leurs inspecteurs est d’ailleurs venu vérifier la cuisine lors d’une journée de production de M. Coquart, chose qui l’inquiétait, mais aucun changement a été recommandé. La production et la cuisine de Catastruffe est considéré « le plus faible risque », m-a-t-il dit tout habillé des vêtements et filets nécessaires lors de notre entrevue.


Le prochain marché public de Catastruffe sera celui de Pâques à la Cathédrale Saint-
Michel de Sherbrooke les 28 et 29 mars prochain.

The sweet taste of spring

Well before the beginning of “official” spring on March 21, the rapidly warming sun climbs higher in the sky each day. As the daytime temperatures rise above the freezing point and the night returns to a deep-freeze, the maple trees begin to wake up and sugaring season is upon us!


For a few years in the early 1980s, I could not resist the temptation to try my hand at making maple syrup. I did not have a significant maple grove, but I hoped the two dozen sizable trees would do perfectly for my first experiment.


I had a collection of antique cast iron maple taps, and I selected an appropriate drill bit for my hand brace to drill the tap holes.


I had collected 24 or 25 extra large plastic margarine tubs, poked small holes just under the rim but far enough from the edge to securely support the container of sap. I fastened the plastic lids on the containers leaving a small opening for the sweet sap to drip into the tub.


On good days, I found I needed to make the rounds of my taps twice. I had two five-gallon pails secured to my sled to collect the sap.
I improvised a wood-burning evaporator, using an overturned ten gallon metal pail and a five gallon enamel canning pot. I set it up in the front vegetable garden well away from the spruce trees near the house.


I topped off the pot with clear maple sap that looked to me like plain water, and set the fire ablaze. The makeshift stove was neither large nor efficient. Even with a crooked six-foot tin stovepipe attached, it produced more smoke and fly ash than heat


Hour upon hour I fed small scraps of hardwood into the little stove. The largest piece of wood that would fit was the size of two fists placed side-by-side.


The steaming sap never actually boiled, to my knowledge, even with the blaze threatening to burn the galvanizing off the stove pipes.


As the sap reduced down over a four-day period, I was able to slowly add most of the new sap that I kept in covered plastic pails buried in a snow bank on the shady side of the barn.


By the morning of the fifth day, the contents of the pot roiled (not the same as boiled) above the still roaring flames. I dipped a long-handled spoon into the dark liquid to discover, to my surprise, that it did not appear dark simply because it was contained in a dark-blue enamel pot. The liquid had a hue not unlike molasses, although not yet the thickness of syrup. When I laid the spoon on top of the snow to let it cool, it did seem to be thicker than blood, which they claim is thicker than water.


The taste was intensely maple flavoured, balanced with overtones of hardwood smoke, nuanced echoes of spruce tannin, with fine notes of wood ash.


By that evening it had actually thickened sufficiently to legitimately be definable as “syrup.” It nearly filled a one-pint canning jar, black as coal tar, yet sweet as rock candy.


As I recall, it gave us about three meals, poured greedily over pancakes, sausages, and scrambled eggs.

Marché Dudswell II

Le Marché de Dudswell, maintenant un OSBL

Par Josée Boily
Le 24 janvier dernier, le Marché public de Dudswell est devenu un organisme sans but lucratif. Cela permettra non seulement de le rendre admissible à différentes subventions, mais aussi d’être autonome sur le plan financier.


Créé en 2019, il entame cette année sa septième saison, qui se tiendra du 9 mai au 26 septembre. Il sera ouvert le samedi matin, de 9 h à 11 h 30, au 167, rue Main à Bishopton.
Le Marché doit son existence à l’implication de bénévoles dévoués et à la participation des producteurs agricoles du Haut-Saint-François et des environs.

« Nous nous sommes donné pour mission de faire du marché un lieu d’échange, de partage et de rassemblement, explique Émilie Turcotte-Côté, présidente du conseil d’administration. Nous voulons renforcer les liens entre les producteurs et les consommateurs. »


Mis sur pied dans une perspective écologique, le Marché privilégie dans sa politique les producteurs du Haut-Saint-François afin de réduire le transport des aliments et il encourage les emballages écoresponsables.

En plus d’offrir de nombreux produits du terroir comme des légumes et fruits de saison, pains, viandes, fleurs, fromage, produits d’érable, miel et plus, le Marché est un lieu convivial où il fait bon prendre tranquillement un café en discutant avec les producteurs et les membres de la communauté.
« Dans le Haut- Saint-François, le nombre de marchés publics est passé de sept à seulement trois au fil des ans, enchaîne Sylvie-Anne Jeanson, vice-présidente du conseil. Celui de Dudswell ne cesse de se développer afin d’améliorer l’accès de la population à des aliments locaux. Nous sommes actuellement à la recherche de bénévoles pour différentes tâches, dont le montage et le démontage des kiosques, la vente de produits sur place et l’organisation d’activités amusantes. Les personnes intéressées peuvent me contacter par courriel à
sjeanson82@gmail.com. »

PUBLIREPORTAGE | La CDC du Haut-Saint-François : Ensemble pour nos communautés

La Corporation de développement communautaire (CDC) regroupe et soutient 36 organismes communautaires qui aident les gens de notre territoire. Que ce soit pour se loger, se nourrir ou défendre vos droits, ces groupes sont là pour vous donner un coup de main. Comme nous collaborons avec tous ces partenaires, nous comprenons les défis que vous vivez chaque jour. 

Une aide qui vous ressemble 
Les membres de la CDC sont des organismes d’action communautaire autonome. Cela veut dire qu’ils sont indépendants : ils décident eux-mêmes de la meilleure façon de vous aider. Ensemble, nous agissons pour que chaque personne soit traitée avec respect et justice. 

Se rassembler pour faire bouger les choses 

La CDC consulte des citoyennes et citoyens pour bien comprendre la réalité du terrain. Elle réunit des organismes communautaires qui ont à coeur de trouver des solutions aux problèmes importants de nos communautés : 

  • Accueil et respect : Nous luttons contre les préjugés et les injustices (pauvreté, racisme, violence). Nous valorisons la diversité des cultures et des identités. 
  • Mieux-vivre ensemble : Nous écoutons et aidons les jeunes, les personnes aînées et les familles. Nous encourageons aussi l’art et la culture pour créer des liens. 
  • Besoins de base : Nous travaillons pour que tout le monde puisse avoir un toit, manger à sa faim et se déplacer plus facilement dans notre territoire. 

Une équipe passionnée au service de nos communautés 

La CDC, c’est une équipe de neuf personnes dévouées. Nos expertises sont variées : sociologie, recherche, politique, intervention sociale, anthropologie, communication, enseignement, gestion de projets. 

C’est en unissant le vécu des gens et le savoir-faire des organismes communautaires que nous améliorons notre qualité de vie dans le Haut-Saint-François. 

www.cdc-hsf.org 

Marché Dudswell II

EN BREF | Le Marché de Dudswell, maintenant un OSBL 

Par Josée Boily 

Le 24 janvier dernier, le Marché public de Dudswell est devenu un organisme sans but lucratif. Cela permettra non seulement de le rendre admissible à différentes subventions, mais aussi d’être autonome sur le plan financier.  

Créé en 2019, il entame cette année sa septième saison, qui se tiendra du 9 mai au 26 septembre. Il sera ouvert le samedi matin, de 9 h à 11 h 30, au 167, rue Main à Bishopton.  

Le Marché doit son existence à l’implication de bénévoles dévoués et à la participation des producteurs agricoles du Haut Saint-François et des environs.  

« Nous nous sommes donné pour mission de faire du marché un lieu d’échange, de partage et de rassemblement, explique Émilie Turcotte-Côté, présidente du conseil d’administration. Nous voulons renforcer les liens entre les producteurs et les consommateurs. » 

Une version complète de cet article sera publiée prochainement en ligne et dans le Journal imprimé. Suivez-nous sur Facebook au « Journal le Haut-Saint-François »!

Chevaux

EN IMAGE | Les chevaux en vedette

Environ 150 personnes ont pris part à la troisième édition du Sleigh Ride au profit de la Société hippique percheronne du Québec le samedi 28 février dernier chez Pisciculture Gilbert, à Lingwick. Sur la photo : au fond à gauche, Guy Gilbert ; les chevaux Tom et Dexter, et le conducteur Marc Boulanger, tout à droite. Photo : Carolyne Weldon

Motoneiges HSF

Une saison de rêve pour la motoneige

À Newport, près de la rivière du Nord. Photo : Carolyne Weldon

Les motoneigistes de la région, tout comme les commerçants qu’ils soutiennent, sont unanimes : c’était une bien belle saison de motoneige.


Michaël Drouin Nadeau, président du Club de motoneige L’Aigle Noir d’East Angus, n’aurait pu demander mieux. « On a commencé à Noël. Il y a eu de la neige, il y a eu du froid. On a eu une belle saison cette année. » Le président affirme que ses membres étaient « pas mal satisfaits » cet hiver. « Tout était ouvert, il y avait de la neige partout. C’était des belles conditions. »


Si toutes les saisons étaient aussi belles, la motoneige aurait plus d’adeptes, selon lui. « Quand on a 8 à 10 semaines de motoneige au lieu de 4 à 6, c’est sûr que ça attire plus de monde », dit-il.
Comme de nombreux dépanneurs, restaurants et stations-services de la région, le Café Central, à l’entrée du village de Sawyerville, bénéficie grandement de l’achalandage occasionné par les activités de motoneige. Situé à quelques mètres du sentier, il s’est imposé dans les dernières années comme lieu de rencontre et de restauration pour les motoneigistes du coin ou de passage.


Anna Dougherty y est serveuse depuis six ans. Selon elle, les motoneigistes « augmentent extrêmement » le nombre de clients du restaurant en période hivernale. « Ils viennent beaucoup pour dîner, affirme-t-elle. Entre 11 h et 14 h, le restaurant est plein de motoneigistes. » Cette dernière dit apprécier leur clientèle. « Ils viennent de partout. C’est du bon monde. C’est sûr que ça fait une différence. »


À une table, Michael Meunier et son gendre, Jean-Samuel Lamy, s’apprêtent à luncher. « C’est la sixième fois qu’on arrête ici cette saison, lance M. Meunier. C’est central. »


Venus de Coaticook, ils conviennent que les sentiers étaient excellents cette année. « C’est rare qu’on peut sortir à toutes les fins de semaine pendant 2 mois », dit-il.


Il ajoute s’être reconverti à la motoneige de sentier cet hiver, après près de 20 ans d’explorations en motoneige hors-piste. Selon lui, il n’y a plus de neige pour le hors-piste et de moins en moins d’endroits pour en faire.


Pour son gendre, la motoneige de « trail » demeure très agréable, même pour les jeunes. « On fait pas ça pour faire les fous, affirme-t-il. Ça nous fait passer du temps dehors, on peut en faire en groupe. C’est plaisant. »

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local

brigade de l’immigration

Une brigade de l’immigration dans le Haut-Saint-François

De gauche à droite: Sylvain Lessard Directeur du CJE du Haut-St-François,  La mairesse de La Patrie Johanne Delage, Jacqueline Kavunzu, coordonnatrice de la campagne Ose le haut, Marlene Orellana, intervenante à l’accueil et à l’intégration MRC – Service d’aide aux Néo-Canadiens et Anna-Lissa Raymond, conseillère en régionalisation et entreprises – Service d’aide aux Néo-Canadiens.

Dans le Haut-Saint-François, à l’opposé des États-Uniens qui doivent aujourd’hui contrôler l’immigration par la force et l’ordre avec une brigade policière comme l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), nous avons, issus d’une ingénierie sociale collective, mis en place une brigade d’accueil pour l’intégration des nouveaux arrivants.


Plutôt que de créer une nouvelle entité communautaire, trois organismes déjà bien implantés ont choisi d’unir leurs forces pour former une offre d’accompagnement structurée, soutenue par une entente avec le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration du Québec (MIFI) et la MRC du Haut-Saint-François. Cette stratégie participative regroupe le Service d’aide aux Néo-Canadiens (SANC), la campagne d’attractivité « Ose le Haut » du Centre local de développement du Haut-Saint-François (CLD) et le programme Place aux jeunes HSF du Carrefour jeunesse-emploi (CJE).


En entrevue avec cette fratrie communautaire, Sylvain Lessard, du CJE, explique que les besoins des nouveaux arrivants sont variés et éclatés : recherche d’emploi, francisation, parfois même détresse personnelle. Une réalité prise en charge par la brigade d’accueil, mais qui exige une capacité d’adaptation constante aux différentes saisons politiques, passées de la promotion en ère de pandémie à un déboulonnage des mythes aujourd’hui.


La participation et la coopération constituent l’un des principaux défis. Marlène Orellana nous confiait espérer une mobilisation accrue des municipalités. Elle tient d’ailleurs à préciser que le service ne s’adresse pas uniquement aux immigrants, mais à tout nouveau résident de la région.
Les personnes issues de cultures différentes peuvent parfois se sentir exclues, craindre les autorités par manque d’information et s’isoler. Cette réalité est accentuée par la vaste étendue du territoire et la faible densité de population du Haut-Saint-François. Malgré l’organisation d’activités visant à rassembler et à créer des liens, Marlène Orellana évoque une métaphore parlante : celle de l’enracinement.


« Pour s’enraciner ici, ça prend un bon terreau, une terre où l’on met toutes les composantes — la population et les organismes — pour que les gens se sentent bien ici. »


L’accompagnement dépasse la simple intégration des nouveaux arrivants, rappelle Anna-Lissa Raymond. Il s’agit aussi d’appuyer les entrepreneurs dans la rétention de leurs employés, d’établir des procédures adaptées aux communications interculturelles et de soutenir les entreprises qui accueillent de la main-d’œuvre étrangère par des formations ciblées.


Mme Raymond souligne également que le SANC a pour mission de promouvoir la grande région : expliquer concrètement ce que signifie vivre ensemble dans le HSF : les écoles, les emplois, les services, le milieu de vie.


La nouvelle réglementation du gouvernement de la CAQ pourrait toutefois compliquer les efforts d’intégration. Avant 2025, il était plus simple de venir travailler et d’amener sa famille, mentionne Marlène Orellana, qui rappelle que les gens aiment vivre ici et qu’ils apprécient le territoire. De son côté, Sylvain Lessard souligne que ce qui les freine surtout, ce sont les contraintes administratives.
Malgré les cycles politiques parfois polarisants, la brigade d’accueil ajuste ses interventions pour continuer d’accompagner les personnes.


Le français demeure une priorité en matière d’immigration au Québec. Dans la région, un service de francisation bien implanté est accessible. Jacqueline Kavunzu, d’Ose le Haut, rappelle qu’apprendre le français rapidement — en deux ans, par exemple — nécessiterait un investissement à temps plein. Dans un contexte où les personnes doivent travailler, la tâche se complique. Pour les travailleurs temporaires qui viennent, repartent et reviennent, l’apprentissage demande une volonté constante.
Plusieurs mythes persistent. Certains croient que les travailleurs étrangers seraient mieux adaptés aux travaux agricoles ou aux emplois de manœuvre, ou encore qu’on pourrait leur en demander davantage qu’aux travailleurs locaux en raison de leur contexte social. D’autres imaginent qu’ils vivent nécessairement dans des conditions insalubres. Sans nier que des dérives puissent exister, la brigade d’accueil rappelle que ces travailleurs sont protégés par les normes du travail du Québec et par la Commission des normes, de l’équité, de la Santé et de la Sécurité du travail. L’accompagnement inclut l’explication de leurs droits et la compréhension des contrats signés.


Le Haut-Saint-François sait-il vivre ensemble ? La région semble porter en elle une réelle culture d’hospitalité — cette brigade d’accueil en est une preuve concrète. Il reste néanmoins du chemin à parcourir face à certaines formes de racisme, parfois plus insidieuses que frontales. Un « racisme de curiosité », comme le décrit Mme Raymond : cette tendance à vouloir tout savoir, à pointer la différence.


Johanne Delage, la mairesse de La Patrie, rappelle qu’elle-même, arrivée à La Patrie, s’était déjà fait appeler « l’étrange » malgré qu’elle soit québécoise. Tous s’entendent cependant sur une chose : la meilleure manière de lutter contre le racisme demeure l’information, la rencontre et l’ouverture à l’autre — même au plus loin de nos campagnes

Un air de printemps

Les bénévoles Brenda Thomas, Céline Aubé, Suzanne Marrow et Jeanette Thériault, entre autres, ont servi un dîner pour plus de 100 personnes à Sawyerville le samedi dernier. Photo : Scott Stevenson

Une fin de semaine ensoleillée a incité les gens à sortir, du moins en ce qui concerne la journée de samedi, pour la Fête annuelle des semences à Sawyerville, alors que les messes du dimanche se trouvaient en concurrence directe avec la finale olympique de hockey masculin. Un choix pas toujours évident!


La Fête des semences a attiré près de 200 personnes, une journée où la saison de jardinage semblait proche, malgré une nouvelle couche de neige tombée vendredi dans la nuit.


L’évènement offrait des kiosques de semences, de plants, de produits et d’artisanat, au sous-sol de l’église Notre-Dame-du-Rosaire. Deux conférences ont eu lieu dans l’église, l’une sur “Nos amies les bactéries” par Daniel Labonté, et l’autre sur la “Communication entre les plantes” par Renaud Pierre Boucher.


Un dîner copieux offrant soupe, pain, fromage, et quantité de desserts était servi par des bénévoles, le tout au bénéfice du Jardin communautaire de Sawyerville, organisateur de la Fête des semences.
Le Jardin communautaire offre des planches de jardinage aux membres et résidents. Il accueille également le marché fermier de cette localité tous les samedis de l’été.

Semis 01

On récolte ce que l’on sème… tôt

Ceux qui jardinent ici et se sont déjà retrouvés avec des caisses de tomates vertes en fin de saison le savent : les hivers sont longs chez nous et les étés souvent trop courts. D’où l’intérêt d’allonger notre saison de culture en faisant nos propres semis à la maison dès la fin de l’hiver.


La MRC du Haut-St-François se trouve en zone de rusticité 4a ou 4b, des zones où les températures descendent généralement entre les -28.9 et -34 degrés Celsius l’hiver et où nos jardins ne sont pas à l’abri d’un dernier gel printanier jusqu’à tard en mai (le 25 mai environ, selon le Old Farmer’s Almanac.) Dans la plupart des cas, il est recommandé d’attendre la dernière semaine de mai ou le début du mois de juin pour planter les cultures en pleine terre, mais ceux qui ont des jardins situés à des altitudes plus élevées peuvent devoir attendre plusieurs semaines de plus, parfois jusqu’à la fin du mois de juin.


Démarrer nos propres semis en mars est donc une belle façon de prolonger le plaisir du jardinage tout en s’assurant d’une récolte abondante l’été venu. Vu le prix des jeunes plants vendus en début de saison, c’est également une option économique si l’on dispose d’un minimum de temps à y consacrer.

Quelles espèces semer en mars ?
Dans le Haut-St-François, le début mars est le moment idéal pour démarrer les semis des légumes à culture longue. On pense ici à l’oignon, au poireau, à l’échalote et aussi au céleri et au céleri-rave. Peu après, dès la mi-mars, on peut semer les aubergines, les piments (forts) et les poivrons, ainsi que les cerises de terre. C’est aussi le parfait moment pour démarrer la famille des choux (brocoli, chou-fleur, chou kale et chou tout court) ainsi que certaines herbes à germination plus longue, comme le persil.
Pour nos chères tomates, il faut attendre encore un peu, plus vers la fin mars, question d’éviter l’étiolement (les plants hauts et fragiles, aux feuilles espacées.) Ce que l’on recherche, au final, sont des plants robustes et plutôt trapus qui sauront bien s’adapter à leur grand déménagement dans le jardin ou sur le balcon.


En ce qui a trait aux fleurs, on sème en mars les cosmos, les œillets d’inde (excellents pour repousser les insectes nuisibles), les calendules, également appelés soucis, et l’alysse odorante (merveilleuse pour attirer les pollinisateurs), entre autres. Ces espèces peuvent aussi être semées directement au jardin après les gels, mais prendre de l’avance avec les semis nous permettra de profiter de leurs jolies fleurs beaucoup plus tôt.

Quelques conseils
Pour des semis réussis, la terre noire ou de jardin ne convient généralement pas : optez plutôt pour du terreau pour semis. Choisissez des contenants drainés, couvrez d’un dôme transparent, et placez le tout près d’une fenêtre ensoleillée ou mieux encore, sous une lampe de culture. Maintenez une humidité constante (une bouteille à pulvérisateur fonctionne bien), et retirez le couvercle dès l’émergence des pousses.


Transplantez les plants dans des contenants plus grands après l’apparition de deux vraies feuilles, différentes des premiers cotylédons.


N’oubliez pas d’acclimater progressivement vos plantes aux conditions extérieures. Une semaine avant de les planter en terre, placez-les à l’ombre pendant quelques heures par jour, puis augmentez progressivement leur exposition au soleil et au vent.

Bon jardinage !

Carolyne Weldon travaille pour le Jardin communautaire de Sawyerville comme membre du conseil d’administration et horticultrice, ainsi que pour Le Haut-Saint-François en tant que journaliste.

Michel Champigny et son camp, Fév 2026

Une grande collecte de fonds sur le thème des loisirs d’hiver

L’entretien des sentiers au camp de Michel Champigny.

Michel Champigny prépare ses sentiers depuis le début janvier. La grande journée blanche pour la campagne de financement en l’honneur de sa défunte sœur, Natalie, arrive à grand pas. Une centaine de personnes sont attendues chez lui ce samedi 7 mars prochain, et l’on s’attend à ce que les fonds recueillis dépassent les 20 000 $.


M. Champigny est propriétaire d’une terre d’une cinquantaine d’acres sur la route 108, à l’intersection de la route 214. C’est là que se déroulera l’édition 2026 de l’activité hivernale de la Journée Natalie Champigny.


Les participants pourront profiter d’une promenade en traineau tiré par des chevaux, faire de la raquette, prendre une marche ou simplement apprécier un café, de la charcuterie, une soupe et la tire d’érable. (Voir l’annonce en page 6) En soirée, un souper spaghetti sera offert à la Salle Guy-Veilleux à Cookshire, suivi d’une danse.


Lancée en 2011, la campagne de la Journée Natalie Champigny est désormais chapeautée par la Fondation Christian Vachon, qui vient en aide aux élèves de 16 écoles du Haut-Saint-François, entre autres. Depuis ses débuts, la campagne annuelle de Michel Champigny et de sa famille a remis plus de 700 000 $ en dons pour du matériel scolaire, des vêtements, des petits-déjeuners ainsi que diverses activités pour les jeunes. En 2025, la Journée Natalie Champigny avait recueilli plus de 120 000 $ pour ces œuvres.

Plus de 120 000 $ ont été recueillis en 2025. photos : scott stevenson


L’organisation appuie les enfants des écoles de notre région en mémoire de Natalie Champigny, une enseignante de l’école primaire Princess Elizabeth à Magog décédée en 2010 d’un cancer du poumon à l’âge de 40 ans. « Natalie prenait plaisir à organiser des activités parascolaires afin d’amasser de l’argent pour les enfants plus démunis », selon les organisateurs de la Journée.


M. Champigny est fin prêt à accueillir l’activité annuelle sur sa terre à bois, située aux limites des municipalités de Bury, Newport et Westbury. « Je veux que les gens repartent contents, m’a-t-il dit lors d’une visite de son domaine, la semaine dernière. On veut créer du plaisir. »
De toute évidence, M. Champigny a lui-même du plaisir à en offrir aux autres.

Eau Vive

Monsieur Bureau

Monsieur Léandre Bureau.

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Au Manoir de l’Eau Vive vit un centenaire. À 101 ans, né le 22 septembre 1924, monsieur Léandre Bureau est toujours en grande forme. Vous allez toujours voir Monsieur Bureau bien habillé, avec une chemise et un pantalon propres, toujours avec ses bretelles avec des chevaux dessus. Monsieur Bureau adore les chevaux. Il en possédait quelques-uns dans son jeune temps. Des chevaux de travail. Son cheval préféré était Perle, un cheval Belge. Il gagnait sa vie en travaillant comme bûcheron.

Monsieur Bureau travaillait avec ses chevaux, d’où vient son amour pour ces bêtes. Il possédait aussi une érablière, qui appartient maintenant à l’un de ses petits-fils. Monsieur Bureau vit au Manoir de l’Eau Vive depuis mai 2019. Il a déménagé avec son épouse, Marie-Berthe Bouffard. Au cours de l’année 2024, monsieur Bureau a déménagé au Camélia, l’unité de soins. Pour lui, tout y est parfait. Il aime comment les employés prennent soins de lui. Il n’a pas pour habitude de demander quelque chose, il attend patiemment de le recevoir. Monsieur Bureau, malgré les bons soins qu’il reçoit, est toujours très autonome. Il va aux repas en marchant seul, mais le plus impressionnant pour son âge est sa mémoire.

Il peut te raconter une foule d’histoires de l’époque où il était plus jeune. Tout ça pour dire que Monsieur Bureau est un homme plein de surprises et d’amour. L’équipe souhaite le chouchouter aussi longtemps que possible.


Pour nous joindre pour une visite : 819 875-3923 poste 308

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