Un bilan annuel positif avec de grands défis sociaux

Crédit photo : Martin Mailhot

Organisme d’action collective basé à East Angus, la CDC du Haut-Saint-François tenait son assemblée générale annuelle le 30 septembre dernier, avec une journée d’activités à la Galerie d’art Cookshire-Eaton. C’est ainsi à plus d’une quarantaine de participants que l’organisme a présenté le bilan de sa dernière année.

Si les réalisations sont nombreuses pour l’organisme, deux retiennent particulièrement l’attention : la tenue du Forum sur la sécurité alimentaire, par la Table de concertation en sécurité alimentaire, ainsi que la mobilisation autour du Comité logement du Haut-Saint-François. Deux enjeux qui trouvent un écho auprès des populations vulnérables sur le territoire et auxquels les organismes communautaires du territoire tentent de répondre, malgré les nombreux défis.

Outre les formalités de l’assemblée générale annuelle, les participants ont pu rencontrer l’artiste Robert Peloquin, dont l’exposition est en cours à la Galerie d’art Cookshire-Eaton. Une occasion pour le sculpteur de présenter ses œuvres, mais également d’échanger avec les participants afin de répondre à leurs questions quant à son processus créatif. La CDC du Haut-Saint-François a d’ailleurs fait l’acquisition d’une des œuvres de l’artiste, qui trouvera ainsi sa nouvelle demeure à la Vieille Gare du Papier d’East Angus.

Le comité de sélection de l’oeuvre d’art : Marie-Josée Pellerin, Andrée Larrivée, Sabrina Denault Lapointe et l’artiste Robert Péloquin et Jinny Mailhot. Crédit photo : Martin Mailhot

Le travail mené de front par la CDC du Haut-Saint-François et ses membres, qui sont eux-mêmes des organismes communautaires comme le Journal régional Le Haut-Saint-François, contribue à renforcer l’action sociale du territoire et à bâtir une communauté plus durable, plus inclusive et plus solidaire.

Les états financiers de la CDC, présenté par son vérificateur Hugo Boisclair du cabinet Raymond Chabot Grant Thornton, démontrent des revenus de 746 000 $ et des dépenses de 677 000 $ pour un surplus de 69 000 $ dans la dernière année fiscale de l’organisme.

40 de handicap pour Virage Santé mentale

Lyne Bernier, qui était derrière la Classique Gérard Putter Bernier, au tee de départ du dernier trou lors du tournoi le 21 septembre dernier.

Une cinquantaine de joueurs ont foulé les allées du Club de golf East Angus dans le cadre du 15e tournoi de l’organisme Virage Santé mentale. L’événement était sous la présidence de Serge Rosa et Sébastien Audet de Sauro Chrysler, anciennement Weedon Auto.

« Pour des nouveaux arrivés, ils s’impliquent vraiment beaucoup avec Virage Santé mentale. C’est de bons partenaires », se réjouit Pauline Beaudry, directrice générale de l’organisme. Sans le savoir, elle est allée cogner à la bonne porte lorsqu’est venu le temps de dénicher des porte-paroles pour endosser la cause de la santé mentale.

« J’ai un enfant autiste. Notre famille, on vient d’émigrer à Sherbrooke, ça fait un mois. Notre garçon s’en va au Touret », une école pour les élèves avec une déficience intellectuelle moyenne à profonde, explique le copropriétaire de Sauro Chrysler, Sébastien Audet. « Depuis six mois, mon cheminement puis ma vie familiale, tout a changé. Ça ne pouvait pas mieux fitter que ça. »

« Si je n’ai pas des commanditaires et des partenaires qui embarquent avec moi, ça vaut rien. C’est des gens comme eux, comme la Caisse Desjardins, qui s’investissent pour faire en sorte que ça puisse fonctionner. Ils aident à la santé mentale. On fait une bonne équipe », souligne Mme Beaudry.

De gauche à droite : Sébastien Audet, copropriétaire de Sauro Chrysler; Pauline Beaudry, directrice générale de Virage Santé mentale; François Jacques, député provincial de Mégantic; Matthieu Perron, éducateur à Virage; Lise Shank, présidente du CA de Virage; Serge Rosa, copropriétaire de Sauro Chrysler; Lynn Bissonnette, vice-présidente du CA de Virage; Martine Bujold, secrétaire du CA; et Simon-Gilles Talbot, trésorier.

Place à du nouveau

Les présidents d’honneur Rosa et Audet ont pris la relève de la famille Dumas, de Weedon Auto, qui s’est impliquée dès la première année du tournoi de golf de Virage Santé mentale.

Ce changement en a précédé un second. En avril dernier, Virage Santé mentale a quitté son local qu’elle occupait depuis 19 ans sur la rue Angus Nord pour se relocaliser dans l’ancien presbytère de l’avenue Saint-Jean, à East Angus. Bien que stressant sur le moment, ce renouveau augure bien pour le futur de l’organisme qui prépare les festivités entourant son 40e anniversaire en 2025.

Renouvellement entre Desjardins et la Fondation Christian Vachon

Crédit photo : Maggy Chicoine

En réponse aux besoins élevés des jeunes de la région, la Caisse Desjardins du Haut-Saint-François participe de nouveau à un financement important pour la Fondation Christian Vachon. Les huit Caisses Desjardins de l’Estrie ont annoncé en septembre une contribution de 300 000 $ sur trois ans à la Fondation, dont 10 000 $ à 20 000 $ de la Caisse d’East Angus et de Cookshire-Eaton.

Pour Daniel Lamoureux, directeur général pour le Haut-Saint-François, les Caisses « sont fières de contribuer à leur façon à la solution » car « les besoins pour les jeunes de notre région sont criants ».
M. Lamoureux a précisé que la Caisse du Haut-Saint-François « travaille sur deux volets » avec la Fondation Christian Vachon en accordant « environ 3000 $ annuellement pour les besoins [locaux] », en plus de supporter activement la Journée Natalie Champigny, qui fait partie de la Fondation.

Le partenariat permettra à la Fondation de fournir du matériel scolaire, des vêtements, des repas ainsi que des activités sportives et culturelles à des jeunes issus de milieux vulnérables. Le but est de contribuer directement à leur bien-être et à leur réussite éducative.

Le don des Caisses de l’Estrie permettra à la Fondation de « donner la chance aux enfants de partir avec des chances égales », selon M. Lamoureux. « La Caisse du Haut-Saint-François est donc là pour de bon » avec la Fondation Christian Vachon. 

Cela fait maintenant 17 ans que la Fondation poursuit sa mission de soutien à la réussite éducative des jeunes moins favorisés par la vie, offrant de l’aide financière à 252 écoles réparties dans 11 centres de services scolaire du territoire de l’Estrie, de la Montérégie et aussi de Montréal. Jusqu’à ce jour, plus de 5 millions de dollars ont permis à la Fondation Christian Vachon d’aider directement ces familles vulnérables.   

Cette collaboration entre les Caisses Desjardins et la Fondation Christian Vachon ne date pas d’hier. En effet, c’est en 2006 que leur collaboration a commencé lorsque la Caisse Desjardins de Memphrémagog a soutenu financièrement la Fondation pour des activités parascolaires, dont le crosscountry pour des élèves du primaire. En 2019, le partenariat entre la Fondation et Desjardins s’est développé davantage lorsque les huit Caisses de l’Estrie se sont unies pour offrir un plus grand soutien financier, qui reste à ce jour le seul partenariat géré par toutes les Caisses de la région. 

Sur la photo d’en-tête, on retrouve de gauche à droite : Alexandre Bujold, DG Caisse Desjardins des Verts-Sommets de l’Estrie; Marco Boucher, DG Caisse Desjardins des Deux-Rivières de Sherbrooke; Dominic Gagnon, Caisse Desjardins du Val-Saint-François; Christian Vachon, Fondateur de la Fondation Christian Vachon; Daniel Lamoureux, DG Caisse Desjardins du Haut-Saint-François; Patrick Gravel, ancien DG Caisse du Lac-Memphrémagog; Martin Ratté, DG Caisse Desjardins du Nord de Sherbrooke; Isabelle Garceau, DG Caisse Desjardins des Sources.

insécurite alimentaire

Insécurité alimentaire en hausse

Nathalie Blais: Moisson Haut-Saint-François n’a jamais plus que 48 heures de denrées pour les besoins qui ne cessent d’accroître.

Un texte de Marie-Claude Costisella

Au début août, toutes les MRC de l’Estrie ont été touchées au passage des restes de la tempête Debby, qui a fortement secoué le territoire. Au-delà des routes bloquées, des arbres tombés et des fils électriques abimés, la perte d’aliments constitue un imprévu important au budget de nombreux citoyens.

Les vents violents ont causé des pannes majeures et certains foyers ont été privés de courant pendant plus de 48 heures, assez longtemps pour subir des pertes de denrées réfrigérées ou congelées considérables. Il s’agit d’une charge financière additionnelle qui est difficile à absorber pour certains.

Des conséquences importantes

Les conséquences de ce genre d’événements sont ressenties dans les banques alimentaires de la région, qui observent une hausse des demandes chaque fois qu’un événement inattendu se produit, comme une tempête importante ou une grève prolongée, par exemple. Nathalie Blais, directrice de Moisson Haut-Saint-François, à East Angus, note une augmentation générale des besoins.

« Nous avons eu quelques cas de dépannage d’urgence après la tempête, mais pas autant que nous avions estimé. Il y a encore de la stigmatisation face à l’aide alimentaire, même si elle touche de plus en plus de gens. Certaines personnes hésitent à profiter de notre service de dépannage, pour toutes sortes de raisons. Oui, nos demandes sont en hausse, mais malheureusement, les dons sont à la baisse en ce moment », affirme Mme Blais.

Moisson Haut-Saint-François est en constante recherche de dons afin de maintenir l’inventaire dont il a besoin pour répondre à la demande. Le Programme de récupération des supermarchés, le PRS, vient en aide.

Chez Moisson Estrie, le directeur général, Christian Bibeau, explique pour sa part que dans le cadre du PRS, Moisson Estrie est responsable de la formation des partenaires et de la récupération des boites de dons auprès des épiciers participants. « En 2023, nous avons redistribué l’équivalent de 15 millions de dollars à 67 organismes de la région, et nous récupérons 96 % de toutes les denrées qui nous sont données », explique M. Bibeau. En général, Moisson Estrie délègue la récupération des dons aux organismes affiliés, qui se rendent directement chez les épiciers. « Mais c’est vraiment à la discrétion de chacun et nous respectons la volonté de chaque donateur », précise-t-il.

Du côté de Moisson Cookshire, non affilié à Moisson Estrie, la responsable Thérèse Soucy donne le même son de cloche. « Tous les jeudis, nous offrons une aide alimentaire à des gens dans le besoin. On voit de nouveaux visages de temps en temps, on sent que le besoin est là », affirme celle qui organise des levées de fonds encore aujourd’hui, à 83 ans. L’organisme, qui ouvre ses portes 4 jours par semaine, accepte également les dons et est toujours à la recherche de bénévoles.

Les épiciers sollicités aussi

Les épiciers interrogés affirment participer à l’effort pour regarnir les garde-manger. C’est le cas de Gilles Denis, le propriétaire de l’IGA Cookshire, qui affirme qu’il donne des produits non vendus à Moisson Cookshire.

Pour sa part, le propriétaire des IGA de Fleurimont et East Angus, William Couture, souligne que la demande actuelle est effectivement très forte, ce qu’il attribue principalement à la rentrée scolaire et à la reprise des activités des organismes communautaires.

« Je n’ai aucun doute que les organismes comme Moisson Estrie soient débordés par la demande. De notre côté, nous répondons plusieurs fois par semaine à des écoles, des organisateurs d’événements et des organismes communautaires, par exemple. La sollicitation est très forte », affirme l’homme d’affaires.

Par ailleurs, William Couture donne de 2 à 3 caisses d’aliments aux banques alimentaires par semaine. « Ce n’est pas facile, parfois on doit faire des choix déchirants, mais on donne autant que possible et sur une base régulière », ajoute-t-il, mentionnant que la politique à l’égard des dons relève de la bannière Sobeys.

Un autre acteur se joint à l’effort

Au moment où la demande alimentaire est à son apogée, en ce début d’année scolaire, la campagne annuelle de la SAQ au profit des banques alimentaires du Québec (BAQ) a été exceptionnellement prolongée. Sur une période de 11 jours, soit du 29 août au 8 septembre, pour chaque achat d’un produit du Québec, un repas a été remis au BAQ, le réseau des Banques alimentaires du Québec.
Du côté de BAQ, il est possible en tout temps de faire des dons, de façon personnelle ou par le biais d’une entreprise, sur le site web de l’organisme. Il y est mentionné que « si vous préférez que votre don serve spécialement à soulager la faim dans une région précise du Québec, il est suggéré de faire votre don directement à un des membres Moisson ou associés. »

Dejeuner-ainées

Comment tomber. Soins. Aide médicale. Cafés-causeries.

La Table de concertation des personnes ainées du Haut-Saint-François (HSF) offre trois évènements reliés au vieillissement cet automne dans le cadre de ses activités pour la population.


Selon Alain Rondeau, président du comité Cafés-causeries et conférences de la Table :
« Nous avons une série de 5 cours sur Comment bien tomber par le professeur Benoit Séguin, les 18 et 25 septembre ainsi que les 2, 9 et 16 octobre à la salle de l’AFEAS de Cookshire, située au 220 Principale Est. À un coût de 25 $ pour la série.


« Suivra au début du mois de novembre (date exacte à confirmer), une conférence sur Les soins palliatifs et l’aide médicale à mourir, animée par la Dre Eve-Reine Gagné de la Maison Aube-Lumière, ainsi que l’infirmière clinicienne ASI, Anne-Marie Moore, du CIUSSS de l’Estrie CHUS. Cette conférence est une initiative de la Table de concertation des personnes ainées du HSF ainsi que du Comité des usagers du HSF.

« Et pour compléter, nous travaillons actuellement avec l’équipe de Revenu Québec pour des cafés-causeries dans 3 municipalités du HSF afin d’atteindre le plus de citoyens possible ».


Le réseau des tables de concertations des personnes ainées au Québec a la mission de permettre aux aînés de bénéficier d’un lieu régional d’échanges et de partenariat afin d’être en mesure d’unir leur voix relativement aux grands enjeux qui les touchent.

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