Défi OSEntreprendre : Le projet Allume ta flamme ! se démarque

De gauche à droite: Victoria Lamontagne, Kessy Ford, Océane Nadeau-Gabanna, Lyanne Poulin, Miraflor Dubois, Éloïse Bouthilier et Ariane Nadeau. PHOTO: Gracieuseté.

Le 29 avril dernier, l’équipe du Refuge de la polyvalente Louis Saint-Laurent d’East Angus a reçu le prix Lauréat volet scolaire échelon régional en plus du prix Coup de cœur scolaire à travers l’Estrie de la part de OSEntreprendre pour son projet de confection de bougies artisanales. 


Tout au long de l’année scolaire, neuf élèves et trois éducatrices spécialisées ont investi plusieurs heures dans ce projet choisi ensemble et ont développé des compétences de travail d’équipe, de collaboration et un esprit entrepreneurial dans un contexte où la vie de groupe est parfois difficile.

« Les élèves se sont vraiment dépassés et ont beaucoup grandi de cette expérience. Ce projet a pour but de lutter contre le décrochage scolaire et d’accrocher nos élèves à un projet qui les allume, qui leur donne le goût de venir à l’école dans les jours plus difficiles. C’est aussi l’occasion pour eux de s’accomplir, de vivre des réussites. On souhaitait également que les élèves s’approprient le projet en leur allouant un budget, en leur permettant de s’investir dans un processus créatif et en menant à bien la réalisation des bougies de A à Z, passant des achats à la création et à la distribution/vente », précise Ariane Nadeau, éducatrice spécialisée.


C’est à petite échelle que le groupe a fabriqué une vingtaine de bougies pour la St-Valentin et la même quantité pour la fête des Mères. Une nouvelle production est envisagée d’ici l’été.


« Lors de la production de la St-Valentin, nous n’avons pas procédé à la vente puisque notre projet était financé par le Centre Jeunesse Emploi et devait avoir une portée communautaire. Les élèves ont distribué les bougies à un adulte significatif pour eux dans l’école. La distribution aux membres du personnel a été très touchante », se souvient Madame Nadeau.


Au moment de mettre sous presse, l’équipe du Refuge, lauréate régionale, était en attente d’une réponse pour passer à l’étape suivante, l’échelon national. Les lauréats seront dévoilés lors du Gala des Grands Prix Desjardins du Défi OSEntreprendre en juin prochain, à Montréal.


Rappelons que Le Refuge est un centre de réadaptation pour les élèves vivant des difficultés en classe régulière. « Nous intervenons en contexte de suspension interne en réadaptation comportementale. Ainsi, nous appliquons souvent des mesures correctives et coercitives. Il est important pour nous de vivre des moments positifs avec nos élèves et de leur permettre de vivre des réussites à l’école. Pour nous, c’est le moment idéal de voir nos élèves s’épanouir et se réaliser. C’est un projet qui apporte beaucoup de positif dans notre travail », conclut Ariane Nadeau. Les élèves participants se sont sentis libres dans cet espace créatif. Et même si ce n’était pas toujours facile de collaborer et cohabiter lors de la production, ils ont appris à mieux communiquer et s’organiser. La patience et la persévérance sont désormais deux outils supplémentaires pour ce groupe de jeunes.

Étoile verte pour Les Mal-Aimés : « C’est celle qu’on visait »

Daniel Charbonneau et Yannick Côté posent devant le restaurant construit à partir de bois local et équipé avec du matériel de récupération. PHOTO: Sophie Marais

Yannick Côté et Daniel Charbonneau, copropriétaires du restaurant Les Mal-Aimés de Cookshire-Eaton, sont enchantés par cette nouvelle reconnaissance décernée par le Guide Michelin un peu plus tôt ce mois-ci. Il faut dire que la pratique de ces deux hommes s’inscrit dans une conscience environnementale depuis de nombreuses années. Que ce soit à travers la cuisine de Daniel Charbonneau ou dans les champs de Yannick Côté, la démarche écoresponsable a toujours été présente. « Peu importe notre projet, c’est au cœur de notre façon de travailler. Avec l’Étoile verte, on reconnaît la valeur de ce qu’on fait depuis des années, individuellement puis ensemble depuis Les Mal-Aimés », explique Yannick Côté.

Dans la cuisine
Les ingrédients qui se retrouvent dans les assiettes proviennent à 60 % de la ferme de Yannick Côté, le Jardinier déchaîné, et le reste essentiellement du Québec. Leur approche repose sur les standards de qualité et la philosophie du producteur-éleveur. Ils accordent une grande importance au lien qu’ils créent avec eux. « 98 % des produits viennent du Québec-Canada. Le 2 % restant, on va le chercher avec nos valeurs personnelles, minutieusement », ajoute le chef Daniel Charbonneau, précisant qu’il va « exploiter » le produit au maximum, le décliner sous plusieurs formes avant d’avoir envie de passer au suivant. Dès le mois de décembre, les deux comparses décident en partie ce qu’ils vont cultiver-commander-cuisiner pour la prochaine année. Le menu est quant à lui composé un mois à l’avance, mais peut changer si le produit n’est plus disponible. « On ne fait pas de compromis sur ça », affirment les deux partenaires d’affaires. Et pas de compromis non plus sur les vins et cidres qui s’accordent avec les services offerts. Là aussi les vins sont majoritairement québécois. Que ce soit dans l’assiette ou dans le verre, la curiosité, la découverte et l’éducation demeurent essentielles pour Daniel et Yannick.

Dans les champs
Les semences, achetées en décembre, sont cultivées dans les serres et dans les champs entourant le restaurant. Les herbes poussent dans les plates-bandes, même la forêt est mise à contribution par le biais de la cueillette sauvage. En ce qui concerne les protéines, des producteurs locaux sont sollicités pour de la pintade, du cerf, etc. « On passe nos commandes avec certains éleveurs à l’avance, ils savent ce qu’ils auront à produire pour la prochaine année, ça sécurise le producteur, précise le maraîcher. On est à l’écoute des producteurs, éleveurs. Par exemple, si un producteur a vendu beaucoup de gigots d’agneau, on va prendre les morceaux restants et cuisiner avec. On est à l’écoute de ce qui se passe chez eux. C’est aussi ça la reconnaissance de l’Étoile verte pour nous », ajoute le chef.

Dans l’avenir
C’est parce qu’ils avaient tous deux besoin d’un retour à l’essentiel, à une façon de faire et de vivre leur métier différemment qu’ils ont développé le projet des Mal-Aimés. Et même si ces reconnaissances leur apportent une grande satisfaction et une plus grande clientèle, ils ne souhaitent pas changer ce qu’ils ont construit au fil des ans. « On ne veut pas dénaturer le concept. On veut demeurer toujours les deux présents, à la table, disponibles pour le client. On n’a pas envie de changer ça, même avec un achalandage plus élevé », précise Yannick Côté. La petite équipe de sept à huit personnes accueille la clientèle, pas plus d’une vingtaine de personnes, du jeudi au samedi. « On essaye toujours de se dépasser dans nos menus. L’inspiration gastronomique vient de partout à travers le monde, avec nos produits québécois, locaux. On se souhaite un autre 10 ans, en contrôlant les étapes, la connaissance de nos produits, on a un beau terrain de jeu, on est sur notre sweet spot », déclare Yannick Côté.

– 1900 :Le Guide Michelin était un livret publicitaire de 400 pages, tiré à
35 000 exemplaires, offert gracieusement aux chauffeurs avec
l’achat de pneumatiques. On y trouve une liste de garagistes, de
médecins, des cartes routières, des plans de ville, des informations
touristiques et des conseils pratiques.
– 1920 : Le Guide Michelin devient payant. Les restaurants et les hôtels ap
paraissent, accompagnés d’un classement précis.
– 1926 : La première étoile de bonne table voit le jour.
– 1931 :La deuxième et la troisième étoiles apparaissent. Début du
classement historique.
– 1933 :La création du métier d’inspecteur. Les inspecteurs, salariés du
Groupe Michelin, sillonnent depuis les routes du monde entier à la
recherche des meilleures adresses.
Petit lexique Michelin
– 1 Étoile Michelin : Très bonne cuisine dans sa catégorie
– 2 Étoiles Michelin : Cuisine exceptionnelle qui vaut le détour
– 3 Étoiles Michelin : Expérience gastronomique d’exception
– L’Étoile verte : Introduite en 2020, elle reconnaît la conscience environ
nementale dans la cuisine, elle récompense la démarche écoresponsable.
– Le Bib Gourmand (du nom de Bibendum, la mascotte Michelin) : Bon rapport
qualité-prix, vraie reconnaissance de générosité et de savoir-faire accessible.
– La recommandation Michelin : Qualité de la cuisine, sans avoir reçu de prix.

Légumerie Dionne : la relève voit grand

Les quatre copropriétaires de La Légumerie Groupe Dionne. De gauche à droite : Marc-Olivier, Jean-Philippe, Charles et Catherine Dionne. PHOTO CAROLYNE WELDON.

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
La Légumerie Dionne regarde vers le futur et se donne les moyens de ses ambitions: une nouvelle usine de transformation de 32000 pi. carrés est en cours de construction et sera opérationnelle au début 2027.
L’entreprise du chemin Learned Plain, à Cookshire-Eaton, est en affaires depuis 1983. Elle se spécialise dans la transformation de légumes frais prêts à l’emploi qui «facilitent la vie» en cuisine.


La Légumerie Dionne dessert plusieurs centaines de clients à travers la province. Pour la plupart, ces derniers font partie du réseau que l’on appelle «HRI» qui rassemble l’hôtellerie, la restauration et les institutions, incluant écoles, garderies, hôpitaux et résidences pour aînés.

Annuellement, c’est 10 millions de livres de légumes frais (non congelés) que La Légumerie transforme et livre directement à ses clients, dont environ 8 millions de livres de pommes de terre, pelées, coupées en frites ou encore en « petites patates à déjeuner».


Si vous avez déjà mangé une bonne poutine dans le coin et pris note de la fraîcheur des frites, il y a de bonnes chances qu’elles venaient de La Légumerie Dionne.

Nouvelles installations
Au fil des ans, l’entreprise avait atteint sa capacité de production maximale. La nouvelle usine en construction lui permettra de doubler à la fois la superficie de sa salle de transformation et sa capacité de production. Elle mènera également à la création de 4 à 5 nouveaux emplois. (La Légumerie emploie actuellement 25 personnes.)


Une relève assurée
Si le fondateur de La Légumerie Dionne, René Dionne, est encore présent comme guide et mentor, il a désormais passé le flambeau de la gestion quotidienne à ses quatre enfants, Marc-Olivier, Catherine, Jean-Philippe et Charles. Cette relève rêvée se complète à merveille: les jeunes Dionne sont respectivement diplômés en électromécanique, génie alimentaire, génie industriel et mécanique industrielle.


«Depuis qu’on est tout-petits, on travaille ici, raconte Catherine, co-présidente et directrice des services administratifs. On n’a jamais connu ça, nous, des congés fériés, des congés de Noël. On venait travailler. Donc ça été naturel de reprendre l’entreprise.»


Elle se dit motivée par le beau défi que représente ce projet de nouvelle usine. «C’est un premier gros projet pour nous. On est une jeune relève, donc c’est des beaux défis. C’est bien stimulant.


Un père comblé
Pour le patriarche René Dionne, la construction de l’usine incarne la continuité des valeurs familiales, dont la valeur du travail, et la confiance en l’avenir. C’est «la concrétisation de tout ce chemin parcouru».


«C’est une grande source de fierté, partage-t-il. C’est ce que je visais. Ça nous donne de l’énergie. Ces jeunes-là ont baigné dans ça. Ils sont proches depuis toujours… depuis le camping en roulotte ! Ils ont tous commencé en bas de l’échelle. Et maintenant ils sont quatre entrepreneurs qui soutiennent quatre familles d’ici. On veut que ça perdure.»

Flambée des prix de l’essence : ce n’est pas la faute des détaillants

Véronique Morin aux côtés des pompes à essence rétro du Magasin général Morin, à Lingwick. Photo : SCOTT STEVENSON.

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
La hausse galopante des prix mondiaux du pétrole fait mal à tout le monde en région, y compris à nos petites stations-service, qui ne sont ni responsables de la situation, ni celles qui en profitent.


À la Station-service YPG de la bannière Irving, également connue sous le nom de Dépanneur Birchton, à Cookshire-Eaton, une automobiliste à la pompe écarquille les yeux en voyant les chiffres s’envoler à l’afficheur. «Je suis à veille de m’acheter un cheval!» lance-t-elle à la blague.


À l’intérieur, la co-propriétaire Annie Dussault constate que les mécanismes de fixation des prix de l’essence demeurent méconnus des clients. «Quand le gaz monte, ils me disent: tu vas faire un beau voyage! Ils pensent que je me mets ça dans les poches.»

À la défense des automobilistes exaspérés, comprendre le coût de l’essence au Québec n’est pas si simple. En effet, le prix payé à la pompe pour un litre d’essence se base sur de nombreuses composantes qui peuvent sembler bien éloignées de leur réalité, tels le prix du baril de brut, la marge de raffinage, le coût de transport et les nombreuses taxes. Sans compter les taxes de vente (TPS et TVQ).

C’est donc à tout cela que s’ajoute la marge du détaillant, qui est forcé de trouver un équilibre entre réaliser un certain profit et attirer la clientèle.

«En général, on suit la région, explique Annie Dussault. On regarde Cookshire, Ascot, East Angus, Johnville. Parce que sinon, les clients vont ailleurs. »


Peu importe le prix à la pompe, elle affirme faire toujours sensiblement la même marge de profit, soit environ 3 à 4 cents du litre. (Moins de 3 $ par plein pour une voiture de taille moyenne.) La hausse des prix est même plutôt un enjeu pour son commerce parce que lorsque les prix grimpent, «le monde passe tout droit pour aller faire la file au Costco», à Sherbrooke, dit-elle.

Les pompes à essence de l’Épicerie Johnville en avril dernier. Photo : CAROLYNE WELDON.


À l’Épicerie Johnville, la propriétaire, Amanda Clément, jouit d’une certaine latitude quant au prix de l’essence qu’elle vend. Compton, Coaticook, Lennoxville, Waterville: elle regarde le prix de ses compétiteurs et se place «dans le milieu». Des habitués du coin remarqueront qu’elle est souvent un peu moins chère qu’ailleurs. «J’aime demeurer compétitive», dit-elle.


Véronique Ferland, co-propriétaire du Magasin général Morin, à Lingwick, vend de l’essence sous la bannière Miraco. Ses improbables pompes rétro, maintes fois photographiées, datent des années 1950. Elle aussi regarde les prix aux alentours, à Scotstown ou La Patrie «pour comparer avec la compétition».
«Déjà, on ne fait pas beaucoup avec ça. Qu’on le vende 2,50 $ ou 0,50 $ on fait le même profit, illustre-t-elle. Toujours aux alentours de 3 ou 4 sous du litre.»


«Rendu là, c’est plus un service à la population, ajoute-t-elle. On souhaite que les gens entrent et achètent un petit quelque chose à l’intérieur.»

Des bergers inspirés font rayonner la région

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
C’est au cœur de Newport, là où un petit pont enjambe la jolie rivière Eaton sur le chemin French, que les frères Pierre-Marc et Louis-Philippe Blais élèvent des brebis et fabriquent à partir de leur lait du yogourt et des fromages qui font le bonheur des amateurs d’ici jusqu’à Montréal.


Localement, les produits de leur fromagerie, Les bergers fromagers, sont en vente au IGA de Cookshire et à la Coop d’Alentour, à Sherbrooke. L’été, leurs fromages sont régulièrement offerts sur les étals des marchés fermiers de Sawyerville et de La Patrie, revendus par des tiers.

Mais leur retentissement ne s’arrête pas là. Dans la métropole, ces trésors de notre terroir – un fromage feta et un fromage à pâte ferme affiné 6 mois dénommé La meule du Haut-Saint-François – sont disponibles via l’épicerie en ligne des Fermes Lufa ainsi que dans une dizaine de boutiques gourmandes montréalaises tels la fromagerie Hamel, le Marché des saveurs du Québec (Marché Jean-Talon) et la fromagerie de quartier Brebis, située dans le Mile-End.


Dans certains points de vente, sont également disponibles trois saveurs de yogourt 5% : nature, érable et vanille boréale (aromatisé au mélilot blanc, une fleur de nos fossés à l’arôme vanillé). Tous sont faits exclusivement du lait de leur troupeau, et certifiés bio.


Les frères Louis-Philippe et Pierre-Marc Blais. PHOTO : Carolyne Weldon.


Si la fromagerie n’est que dans sa troisième année d’opération, les frères Blais élèvent des brebis depuis 10 ans. Ils en ont actuellement une centaine en lactation qui coulent un bonheur paisible dans la bergerie où flottent des airs de musique classique, gracieuseté de la chaîne ICI Musique de Radio Canada. « Elles aiment ça, affirme le plus sérieusement du monde Louis-Philippe Blais, lors d’une récente visite. Elles donnent plus de lait si on leur met la radio. »


Sous peu, ces demoiselles retrouveront leurs vastes pâturages vallonnés. Une trentaine d’acres leur sont attitrés pour brouter en paix toute la belle saison, sous l’œil attentif des nombreux chiens border collie de la ferme.


Les deux frères s’y connaissent en production laitière. Enfants, la ferme laitière du grand-père maternel, à Johnville, leur faisait office de « garderie » et de terrain de jeu. C’est là qu’ils ont appris à « chauffer un tracteur » avant même leur entrée au primaire.


Mais pourquoi s’être alors lancé dans l’élevage de brebis ?
« Parce qu’il n’y a pas de quotas [contrairement au lait de vache], et que ça ne goûte pas la chèvre! », s’exclame Louis-Philippe Blais.


Contrairement aux idées reçues, le goût du lait de brebis n’est pas tellement prononcé. Il est plutôt doux et souvent perçu comme plus savoureux et plus onctueux que le lait de vache, avec une petite touche plus sucrée qui peut rappeler l’amande.


Il serait également plus digeste à cause de sa composition en protéines laitières (béta-caséine) de type A2, que l’on retrouve également dans le lait de chèvre et de bufflonne, ainsi que de certains types de vaches (Jersey, Guernesey et Suisse brune).


Si le soin des brebis, les traites quotidiennes et la transformation du lait les tient bien occupés, les bergers Blais ont encore des projets. Ils envisagent d’ouvrir une boutique de type libre-service, directement à la ferme du chemin French, où il serait possible de se procurer ce bon lait, fromages et yogourts.

Revente probable de l’ancien magasin général d’Island Brook

La bâtisse en 2021. Photo: MARIO HAINS.

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local


L’emblématique bâtisse patrimoniale verte et blanche ayant abrité l’ancien magasin général Crawford, sur la route 212, à Island Brook, sera vraisemblablement remise en vente sous peu.


La municipalité de Newport, propriétaire des lieux depuis l’automne dernier, souhaite conserver le terrain pour l’agrandissement de son stationnement, situé sur le lot adjacent, et l’implantation d’un parc, mais estime que restaurer la bâtisse pour y transférer son bureau municipal serait trop coûteux.
C’est ce qu’ont appris la quarantaine de citoyens réunis à l’occasion d’une rencontre d’information à ce sujet le lundi 21 avril dernier.


Rappelons qu’à l’automne 2025, le conseil avait unanimement voté en faveur de l’achat de cette propriété voisine du bureau municipal et longtemps convoitée pour divers projets d’agrandissement. C’est la succession de Keith Crawford, décédé en août 2024, qui a contacté la municipalité pour lui offrir de se procurer l’ancien magasin général, ses dépendances et son terrain d’environ cinq acres au coût de 160 000 $.


Toutefois, aucune consultation des citoyens n’avait alors eu lieu, ce qui avait occasionné craintes et grogne chez certains résidents.


Lors de la récente rencontre citoyenne, le maire Robert Asselin a présenté les pours et les contres de trois différents scénarios envisageables dans ce dossier. D’entrée de jeu, il a fait valoir que ces scénarios auraient une incidence sur l’avenir du bureau municipal de Newport, qui date de 1872 et n’est actuellement plus aux normes. L’espace alloué aux bureaux y est trop restreint, a-t-il expliqué, et il ne dispose ni d’un système d’archives résistant au feu, ni d’accès pour les personnes à mobilité réduite.
Le premier scénario, qui « coûterait plus cher » selon M. Asselin, consiste à revitaliser la bâtisse pour la conserver et y transférer les services administratifs du bureau municipal.

Photo d’archive du magasin général Crawford. Collection privée de la famille Barter.


Le deuxième, serait de vendre la maison, plus 3000 m2 de terrain, en conservant la majeure partie du terrain pour y déménager le parc municipal, actuellement localisé juste en face, de l’autre côté de la route 112. Les profits de la vente serviraient alors à rénover l’actuel bâtiment du bureau municipal, en construisant une sorte de « rallonge » sur le côté ou à l’arrière.


Le troisième scénario serait identique au deuxième, mais impliquerait également la vente des terrains du parc actuel.


Lors de la période de questions, l’enjeu de la contamination des sols a été soulevé, comme le magasin général disposait à l’époque de pompes à essence. Le maire Asselin a dit que la contamination était peu probable (le site n’est pas inscrit au Répertoire des terrains contaminés, géré par Québec) et que, de toute façon, la zone en question servirait uniquement de stationnement.

Le maire Robert Asselin. Photo: CAROLYNE WELDON


D’autres ont évoqué le risque de voir l’ancien magasin général défiguré, voire démoli s’il était vendu à un tiers. Le maire a écarté de la main ces deux possibilités, affirmant que le statut patrimonial du bâtiment empêchait d’emblée toute démolition et dictait que son extérieur devait être préservé.
Il a ajouté que, grâce à son zonage, le lieu pourrait accueillir un petit commerce, ce qui bénéficierait à tous. (Avis aux intéressés.)


En fin de rencontre, le deuxième scénario, consistant à garder la majorité du terrain et vendre la maison, paraissait de loin le plus susceptible d’être retenu par le maire et son conseil. Une décision finale sera rendue sous peu.

Newport likely to sell the Crawford General Store building but keep the land

Mayor Robert Asselin. Photo : CAROLYNE WELDON.

by Carolyne Weldon, Local Journalism Initiative
The iconic green-and-white heritage building that once housed the Crawford General Store on Route 212 in Island Brook will likely be put up for sale soon. The municipality of Newport, which bought the property last fall, wishes to keep the land to expand its parking lot, located next door, and to establish a park, but believes that restoring the building to house its municipal office would be too costly.


This was the message given at a citizen meeting attended by around 40 Newport residents on Monday, April 21.


Back in the fall of 2025, council voted unanimously in favour of purchasing the property, which is adjacent to the municipal office and had long been sought after for various expansion projects. It was the estate of Keith Crawford, who died in August 2024, that approached the municipality with an offer to sell the former general store, its outbuildings, and 5-acre lot for $160,000.

The building in 2021. Photo by Mario Hains.

No public consultation took place at the time, which sparked concerns and discontent among some residents.


At the recent town hall meeting, mayor Robert Asselin outlined the pros and cons of three different scenarios. He noted that these would affect the future of the Newport municipal office, which dates back to 1872 and no longer meets current standards. Office space is insufficient, he explained, and the building lacks both fireproof archival storage and reduced mobility accessibility.


The first scenario, “more expensive” according to Mr. Asselin, involves revitalizing the Crawford building to preserve it and to relocate the municipality’s administrative services there.
The second would be to sell the house and 3,000 square metres of land around it, while keeping the rest to expand the town hall parking lot and relocate the municipal park, currently across the street on Route 212. The proceeds from the sale would then be used to renovate the current municipal office building with an extension on the side or at the back.


The third scenario would be similar to the second but would also involve selling the plots across the street where the current park is located.


During the question period, the issue of soil contamination was raised, as the general store sold gas back in the day. Mayor Asselin said that contamination was unlikely (the site is not listed in the Contaminated Lands registry, managed by Quebec) and that, in any case, the area in question would be used solely as a parking lot.


Others raised the risk that the old general store might be disfigured or even demolished if sold to a third party. The mayor dismissed both possibilities, stating that the building’s heritage status precluded any demolition and required that its exterior be preserved.

Archival photo of the Crawford General Store building. Private collection of the Barter family.


He added that, thanks to its zoning, the site could accommodate a small business, which would benefit everyone. (Notice to interested parties.)


By meeting’s end, the second scenario—keeping most of the land and selling the house—seemed by far the most likely to be chosen by the mayor and council. A final decision will be rendered shortly.

Abattoir Boucherie Desmarais : quatre générations de bouchers

Carl Desmarais. PHOTO : JOSÉE BOILY.

par Josée Boily
À Weedon, la boucherie et l’abattoir Desmarais desservent la population locale depuis quatre générations. Fermier de son métier, l’arrière-grand-père du propriétaire actuel, Carl Desmarais, attelait les chevaux et se rendait au village avec sa fille pour faire du porte-à-porte et vendre leurs produits. Ses services étaient offerts uniquement à partir de l’automne puisque la réfrigération et la congélation n’existaient pas encore à l’époque. « Imaginez, le bœuf se vendait alors 3 cents la livre! », lance M. Desmarais.


En 1968, le père de Carl reprend la boucherie et s’installe dans les locaux de la pharmacie, tandis que l’abattoir demeure à la ferme. L’entreprise déménage au 480, 2e Avenue à Weedon cinq ans plus tard et prend de l’expansion en 2020 grâce à un agrandissement. Ses étals proposent entre autres du bœuf, de l’agneau, du poulet, de la viande de cheval et du jambon fumé à l’érable, tous de provenance locale.
L’achalandage et la clientèle de la boucherie varient selon les saisons, mais le travail ne prend pas de vacances. Au printemps, les propriétaires de chalets arrivent de la ville pour amorcer leur saison et s’arrêtent à la boucherie pour faire leurs provisions et planifier leurs barbecues.


À l’automne, l’abattoir est plus fréquenté par les fermiers qui gardent leurs animaux à l’extérieur. Ce type d’installations est devenu une rareté au fil des ans. « Alors que jadis on comptait un abattoir de proximité dans pratiquement chaque village, pour un total d’environ 300, il n’en reste de nos jours qu’une vingtaine », poursuit M. Desmarais. Certains agriculteurs doivent désormais parcourir des centaines de kilomètres avec leurs bêtes, ce qui menace leur rentabilité.


Mis à part trois membres de la famille, la boucherie emploie également des travailleurs étrangers. Deux frères mexicains faisaient récemment partie du personnel, mais sont retournés au Mexique par crainte des représailles des cartels sur leurs familles.


De plus, les contrats d’une durée de deux ou trois ans sont passés à 8-9 mois seulement. Résultat, l’employeur voit ses coûts grimper et doit déjà entreprendre les démarches pour le prochain contrat dès l’arrivée des travailleurs étrangers.


Carl Desmarais attend l’arrivée de deux Guatémaltèques cet été. « J’ai des collègues qui ont engagé des travailleurs du Guatemala et ça se passe bien, reprend M. Desmarais. J’espère qu’ils n’auront pas de problèmes à entrer au pays. »

Qui cultive vraiment notre nourriture et nos sapins ?

Au début des années 1990, j’ai trouvé un emploi dans une entreprise locale de sapins de Noël. Le premier jour, j’ai rencontré l’équipe, assis à l’arrière d’une camionnette. Nous étions environ une douzaine.


À part le chef d’équipe et un autre jeune homme, j’étais le seul Canadien.
Si je me souviens bien, José et Juan étaient mexicains et Carlos disait être hondurien. Les autres venaient du Guatemala. Certains disaient que c’était leur premier voyage au Canada. Ils appréhendaient les hivers réputés rigoureux du Québec.


Quand la conversation portait sur la famille, des photos froissées sortaient de leurs poches ou de leurs portefeuilles, précieusement gardées contre leur cœur.


Ils parlaient de leurs jeunes épouses qui peinaient à subvenir aux besoins de leurs enfants avec les maigres salaires qu’ils pouvaient leur envoyer chaque mois. Leurs yeux pétillaient lorsqu’ils nommaient leurs enfants, mais leurs visages s’assombrissaient lorsqu’ils évoquaient les difficultés de leurs familles.
La deuxième semaine, notre travail fut interrompu par d’importantes chutes de neige en novembre. Nous, quelques Québécois, avons montré aux nouveaux arrivants comment rentrer le bas de leur pantalon dans leurs chaussettes et bien fermer le bas de leur combinaison pour empêcher la neige de pénétrer dans leurs bottes. Traîner des épinettes de Norvège enneigées à travers la neige profonde jusqu’à l’emballeuse était une véritable épreuve.


Nous cultivions des sapins de Noël à l’époque ; aujourd’hui, les quelque 900 exploitations agricoles implantées dans le Haut-Saint-François couvrent une vaste superficie de plus de 23 000 hectares de terres agricoles, soit environ 83 % du territoire. Environ 21 500 travailleurs migrants travaillent dans les exploitations agricoles de la région.


Le syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC Canada), a indiqué qu’en 2025, « les travailleurs agricoles migrants sont l’épine dorsale du système alimentaire canadien. Des semis à la taille, en passant par la récolte et l’emballage, dans les fermes, les serres et les pépinières, des dizaines de milliers de personnes assurent la sécurité alimentaire nationale. Pourtant, malgré leur rôle essentiel, ils demeurent parmi les plus précaires, exclus de la pleine protection du droit du travail, dépendants de permis spécifiques à chaque employeur et souvent incapables de s’exprimer sans risquer leur emploi ou leur statut. »


L’agriculture a besoin d’une main-d’œuvre fiable et travaillante. Or, nous connaissons une pénurie chronique de main-d’œuvre dans les fermes, en partie parce que les diplômés du secondaire optent pour des emplois mieux rémunérés.


Les gouvernements subissent des pressions pour resserrer les restrictions à l’entrée des travailleurs étrangers au Canada et assouplir les exigences imposées aux employeurs en matière de logement, de transport, de conditions de travail sécuritaires et de soins de santé.


Dans les années 1990, mon seul collègue canadien ne s’est pas présenté après la première journée passée à patauger dans la neige épaisse. Le reste de l’équipe a persévéré, sans se décourager, dans la bonne humeur et avec le sourire. Quand je leur ai demandé pourquoi ils étaient si heureux, ils m’ont répondu que dès que le dernier sapin de Noël serait chargé dans le camion, ils rentreraient chez eux pour les fêtes, auprès de leurs femmes et de leurs enfants.

Le glanage : entre équité, éducation et solidarité

Les légumes déclassés (rutabagas, carottes et panais) sont sûrement moins attrayants, mais tout aussi nutritifs et à moindre coût. photo: Sophie Marais

Le glanage est une pratique qui consiste à récupérer les aliments laissés dans les champs, les serres ou les vergers après les récoltes. C’est une pratique très ancienne qui permettait aux agriculteurs de venir en aide aux plus démunis.
Aujourd’hui encore, le glanage demeure associé à cette valeur d’entraide, mais à celle-ci s’ajoute toute la dimension d’accessibilité à des aliments sains, de lutte contre le gaspillage alimentaire et de sensibilisation à la consommation locale et écoresponsable.

Équité parce que…
Le partage des denrées glanées après les récoltes se fait de façon équitable. Habituellement, un tiers de ces récoltes est destiné aux producteurs, un tiers revient aux bénévoles glaneurs et le tiers restant est distribué à divers organismes communautaires.

Éducation parce que…
Les fruits et légumes récoltés de cette façon sont habituellement moins « beaux », ont de drôles de forme et sont parfois aussi un peu trop mûrs. Ceux que l’on appelle les déclassées ou les « numéro 2 » sont tout aussi consommables que ceux achetés en épicerie et qui viennent souvent de l’étranger. Il suffit d’enlever les parties moins belles, de les transformer en sauce, en purée, en jus, de les blanchir, les congeler, les déshydrater, etc.


Cette éducation peut facilement se faire en organisant des ateliers de transformation pour une clientèle ciblée. Partir à la découverte de légumes racines qui se conservent tout l’hiver, faire découvrir ce qui pousse dans les champs de la région, apprendre à conserver, transformer, ne pas gaspiller, tout cela en tissant des liens avec les producteurs. C’est aussi ce que le glanage offre à toute la population.

Solidarité parce que…
Le glanage permet de lutter contre le gaspillage alimentaire. Il accroît la sécurité alimentaire, tout en soutenant les producteurs locaux, en mettant de l’avant l’inclusion sociale et en favorisant une économie circulaire. Les denrées ne pourrissent plus aux champs ; elles sont redistribuées dans la communauté. Les producteurs limitent leurs pertes. Comme les glaneurs proviennent de tous les milieux, cet échange crée des liens durables au sein d’une même communauté.


Émilie Turcotte-Côté des Jardins d’etc a déjà fait don de courges spaghettis « numéro 2 ». « C’est vraiment dommage qu’il n’y ait plus de financement pour cette belle solution, dit-elle. Les producteurs manquent souvent de main-d’œuvre, surtout pendant les récoltes. Alors c’était une belle solution pour éviter le gaspillage et utiliser ces produits qui auraient été jetés sinon. »


Le seul bémol qui pourrait être émis concernant le glanage, c’est la difficulté à trouver des endroits pour stocker tous ces surplus, ainsi que des lieux pour les transformer. Les organismes communautaires font souvent face à un manque d’espace et de main-d’œuvre, bénévole ou non, pour recevoir et transformer toutes ces denrées qui arrivent, rappelons-le, pratiquement toutes en même temps. Mais il existe assurément des solutions pour poursuivre ce « mouvement » qui profite à tous.

Un nouveau centre communautaire de 4,8 M$ pour Saint-Isidore-de-Clifton

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
La municipalité de Saint-Isidore-de-Clifton a inauguré son tout nouveau centre communautaire le vendredi 24 avril dernier.


Environ 80 personnes s’étaient déplacées pour découvrir ce nouvel espace moderne, aéré et spacieux qui met le bois à l’honneur et laisse entrer la lumière du jour grâce à une imposante fenestration.
Situé sur la rue Principale, à l’emplacement de l’ancienne salle des loisirs, désuète et maintenant démolie, le nouveau centre offre une capacité de 300 places assises et dispose d’un bar, d’une cuisine complète et d’une terrasse extérieure couverte adjacente au terrain de balle.

La construction de cette nouvelle salle aura coûté 4,8 millions de dollars. Elle a été financée à la hauteur de 83 % par le Programme d’amélioration et de construction d’infrastructures municipales (PRACIM) du gouvernement du Québec. Les 17 % restants, soit environ 816 000 $, devront maintenant être assumés par la municipalité.


Durant son allocution, le maire André Perron a remercié ses collaborateurs et son équipe municipale « qui a fait des miracles » d’avoir mené à terme ce projet « tellement structurant » pour la région.
Il a mentionné que la salle était déjà réservée pour de nombreux événements cette année, dont cinq mariages, deux assemblées générales annuelles, un spectacle d’humour et une soirée d’Halloween sur le thème des années 1980. « Et déjà, le calendrier 2027 commence à se remplir », s’est-il réjoui.
Pour sa part, le préfet de la MRC du Haut-Saint-François, Robert G. Roy, s’est dit impressionné par la revitalisation en cours dans la municipalité. « La population de Saint-Isidore a augmenté de 10,8 % depuis 2021 », a-t-il précisé.

Mme Dandurand, députée libérale de Compton-Stanstead, a trouvé le centre très réussi. « C’est beau ! s’est-elle exclamée au podium. C’est un bâtiment qui vous ressemble et vous rassemble, a-t-elle dit, faisant allusion à la structure de bois et aux scieries de Saint-Isidore. Profitez-en pour les 100 prochaines années ! »

Ambiance & Co et Pomme Sauvage lauréats du Défi OSEntreprendre HSF 2026

Natacha Ford de Ambiance & Co et sa famille en compagnie d’Isabelle Couture de la SADC.

Lauréates locales du Défi OSEntreprendre MRC Haut-Saint-François 2026, deux entreprises d’ici, Ambiance & Co et la Cidrerie Pomme Sauvage ont été récompensées le 14 avril dernier à l’Espace culturel Cookshire-Eaton. Elles ont chacune reçu une bourse de 500 $.

Dans la catégorie Services aux individus, Natacha Ford, de l’entreprise Ambiance & Co, s’est démarquée par la qualité de son service de décoration événementielle.

La Cidrerie Pomme Sauvage, des propriétaires Viviane Bergeron et Pier-Luc McClure a remporté la catégorie Exploitation, transformation, production. Ces derniers produisent du cidre et inaugureront prochainement une terrasse estivale sur le chemin Hodgman à Cookshire-Eaton.

Viviane Bergeron et Pier-Luc McClure de la Cidrerie Pomme Sauvage.

Le Défi OSEntreprendre repère, met en lumière et propulse annuellement l’audace entrepreneuriale et la créativité des gens d’ici.

Un nouveau conseil, nouvelle présidente au Journal

Une vingtaine de membres du Journal régional du Haut-Saint-François a assisté à son assemblée annuelle générale (AGA) à Lingwick le 15 avril dernier pour procéder à l’élection de son nouveau conseil d’administration, faire le bilan de l’année 2025 et discuter des orientations et prévisions pour l’année à venir.


Un nouveau comité exécutif a été élu, avec Pauline Beaudry à la présidence, Suzanne Jutras à la vice-présidence, Nathalie Hivert à la trésorerie et Alexandra Jacquet au secrétariat.


Les autres membres du conseil d’administration sont Esthelle Larouche d’East Angus et Francine Rouleau de Newport.


Entre autres, les membres présents à l’AGA ont adopté le rapport d’activités de cet organisme à but non lucratif dont tous les résidents du Haut-Saint-François et de Saint-Malo sont membres.


Dans son rapport, le directeur général (qui, comme employé, n’est pas membre du conseil d’administration) a mentionné que, « Les eaux dans lesquelles navigue la presse écrite locale n’ont pas cessé leurs turbulences en 2025, mais l’orientation du Journal Le Haut-Saint-François a été bien fixée par le conseil d’administration et l’effectif […] Les objectifs principaux étaient d’augmenter l’intérêt et la participation au Journal et d’augmenter les revenus.»


Un résumé des activités de 2025 a ensuite été présenté.

Des contenus pertinents
Malgré les défis, incluant plusieurs semaines de grève chez Postes Canada, nous avons publié et fidèlement distribué 24 numéros du journal en 2025 — pour un total de 468 pages.

Deux nouveaux cahiers spéciaux
Après avoir sauté une année pour le Cahier d’automne, nous avons repris la production de cahiers spéciaux en 2025 avec un cahier spécial pour l’Expo de Cookshire et un autre pour le projet Ose le Haut.

Distribution lors des grèves
L’année a été particulièrement turbulente au niveau de la distribution du journal, qui est normalement livré à 12 467 adresses par Postes Canada. Ses facteurs étaient en grève pour la publication de cinq de nos numéros. La grande équipe du Journal, incluant employés, bénévoles et sous-traitants, a assuré le relais, en distribuant des exemplaires à une soixantaine de points de dépôt à travers nos 15 municipalités durant cette période.

Défense de nos droits
L’enjeu de la distribution a affecté les journaux à travers le Canada et a suscité l’intérêt d’autres médias, qui ont mis en lumière le Journal du Haut-Saint-François à trois reprises en 2025, surtout sur les ondes de TVA Sherbrooke.


Nous avons aussi demandé l’aide de notre nouvelle députée fédérale, Marianne Dandurand, qui nous a rencontrés en début d’année et nous a ensuite invités à une rencontre privée avec le ministre de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement, Joël Lightbound.
En 2024, nous avons reçu une mise en demeure de l’ancienne directrice générale, Stéphanie Paquet, et, en 2025, nous avons été convoqués à la Cour du Québec, division des petites créances, à ce sujet. La juge a rejeté complètement les réclamations de Mme Paquet et l’a condamnée à payer nos frais de Cour.

Participation professionnelle
En 2025, nous sommes devenus membres d’Hebdos Québec, adhésion qui s’ajoute à notre participation de longue date à l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ). Nous avons également contribué au montage de deux numéros du journal de nos collègues à Disraeli, Le Cantonnier.

Sources de financement
En plus de notre financement gouvernemental de base par l’entremise du Programme d’aide aux médias communautaires du Québec (PAMECQ) du ministère de la Culture et des Communications, nous avons soumis trois demandes de subvention en 2025. Nos projets proposés pour les ventes régionales (Patrimoine canadien) et pour la formation de la jeunesse (ministère de la Culture et des Communications du Québec) n’ont pas été retenus, mais une demande d’aide générale de Patrimoine canadien a donné lieu à un financement de 9700 $. Le PAMECQ nous finance toujours au montant annuel d’environ 45 000 $.


La vente de publicité dans notre journal imprimé demeure de loin notre financement le plus important, et représente 80 % de nos revenus.

Organisation de l’effectif
L’un des changements les plus importants vécus par le Journal en 2025 était la retraite de notre ancienne adjointe administrative, Francine Prévost, après 28 ans en poste. Elle a beaucoup aidé l’intégration de notre nouvelle employée clé, Marie-Anne Bélisle.


L’année a commencé avec l’ajout de Bianka Gelé Dupuis à notre équipe de vente, qui est devenue directrice des ventes et maintenant directrice adjointe.


Grâce à une subvention de l’Initiative de journalisme local de la Presse canadienne, nous avons pu ajouter une nouvelle journaliste à l’équipe, Carolyne Weldon.


Notre infatigable infographiste Maxime Robert, en poste depuis presque 15 ans, est maintenant le doyen de l’équipe.

Scott Stevenson

Une nouvelle cidrerie inaugure sa terrasse estivale à Cookshire-Eaton

Pier-Luc McClure et Viviane Bergeron. Photo : Carolyne Weldon.

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
La Cidrerie Pomme Sauvage ouvrira prochainement ses portes à Cookshire-Eaton et offrira ses cidres sur une terrasse festive en pleine nature tous les samedis de l’été.


C’est lorsqu’ils ont acquis et commencé à découvrir leur propriété du chemin Hodgman, près de Birchton, que les propriétaires Pier-Luc McClure et Viviane Bergeron ont réalisé que leur prochaine aventure rimerait avec le cidre de pommes sauvages.


Leur terre comptait des centaines et des centaines de pommiers sauvages, qui produisaient dans l’abandon le plus complet une abondance de pommes de toutes les couleurs et grosseurs; une ressource précieuse et idéale pour la production de cet élixir.


Auparavant propriétaire d’une entreprise de construction dans la région de Drummondville, le couple se dit amoureux du cidre « depuis toujours ».


« Moi plus jeune, je ne buvais pas de bière, je ne buvais pas de vin; je buvais du cidre, explique Mme Bergeron. Donc ça tombait exactement dans notre dada. »


Le couple s’est donc formé, équipé et a commencé à expérimenter directement sur place, en agrandissant et convertissant le garage en salle de production moderne.


Mme Bergeron a étudié l’agriculture biologique à Victoriaville. Elle dit vouloir « prendre ce que la nature nous offre et le partager », en toute simplicité. Dans cette optique, les pommiers sauvages de leur friche ne sont pas taillés. Ils ne reçoivent aucun engrais ni pesticides. Une seule amélioration est admise : l’aménagement du sol pour pouvoir tondre, au moins deux fois l’an, le nerprun cathartique qui monte en flèche au pied des pommiers et menace de les étouffer.


Le couple récolte maintenant une multitude de types de pommes aux profils aromatiques uniques pour élaborer leurs breuvages. « Il y a des pommes douces et sucrées, des pommes acidulées et des pommes plus tanniques, illustre M. McClure. La beauté de la pomme sauvage c’est le tannin », affirme ce dernier.


Cette année marque leur première année de production commerciale et coïncide avec l’ouverture de leur terrasse estivale du 327, chemin Hodgman, le weekend des 16 et 17 mai prochains, de 11h à 17h.
Le couple a désormais près d’une quinzaine de produits à faire découvrir au public, allant des « cidres plus secs, de soif, aux cidres plus gastronomiques, qui ont une belle longueur en bouche, pour accompagner le repas », ajoute M. McClure. « Le cidre ce n’est pas qu’une seule chose et ça peut se boire à toutes sortes de moments », précise-t-il.


Les visiteurs pourront notamment découvrir sur place leur gamme de cidres en cannette, à plus faible teneur en alcool (2.9-4%), ce qui est « très en demande actuellement », selon les propriétaires. Ce cidre plus désaltérant est offert en version nature mais aussi agrémenté de différents aromates locaux comme la cerise à grappes, la fleur d’achillée, le champignon chaga ou encore la racine de chicorée torréfiée. Des cidres en bouteille, plus près du taux « normal » en alcool du cidre, soit autour de 7%, seront également disponibles. Une boutique sur place permettra de faire des provisions et de rapporter du cidre à la maison.


Des jeux d’habileté (jeu de poches, golf miniature), une fermette (lapins, poussins) et un circuit de marche en forêt de 5 km seront également au menu.


« L’objectif c’est d’offrir une expérience champêtre, dit Mme Bergeron. Ça fait du sens pour nous d’inciter les gens à être en contact avec la nature. »

Lac Moffatt : début imminent des travaux

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
Une quarantaine de terrains ont déjà été vendus, et la construction résidentielle débutera en cours d’année au Domaine du Lac Moffatt, un immense domaine encore pratiquement vierge de 1350 acres dans le Canton de Lingwick.


Situé sur la route 257 qui relie Lingwick à Scotstown, ce terrain exceptionnel qui borde le lac Moffat a été acheté l’an dernier par Dany Morency, promoteur immobilier de la région de Québec, pour la somme de 15 millions.


Pour encore quelque temps, M. Morency, 54 ans, vit seul dans le manoir presque bicentenaire du domaine parmi les chevreuils, les renards et les pygargues à tête blanche. Mais sa quiétude – et la leur – sera bientôt suspendue : 11 km de chemins doivent se tracer cette année et la machinerie lourde pour ce faire débarque le 20 avril.


Ses centaines de nouveaux voisins ne tarderont pas à arriver, selon lui. « On est à presque 50 lots de vendus, facilement. Et on a fait zéro publicité à date, » se réjouit-il lors d’une entrevue accordée sur place au Journal à la fin mars.


En tout, c’est 440 lots qui sont en vente, allant de 5000 m2 jusqu’à 20 acres de superficie.
M. Morency se dit conscient du joyau qu’il a entre les mains. Il s’engage à conserver le tiers ou environ 400 acres de la superficie totale du domaine et à intégrer, dans les actes de ventes notariés, une panoplie de règlements spécifiant ce qu’un acheteur peut et ne peut pas faire sur son terrain. (À titre d’exemple, seulement 20% de ceux-ci pourront être déboisés.) Il entend également effectuer une étroite surveillance post-chantier. « On va être là, épaulés par la Ville de Lingwick », assure-t-il.
Au chapitre de l’environnement, la protection du lac Moffat est selon lui « l’absolue priorité ».


À ce propos, M. Morency a fait appel à la firme de génie conseil EXP pour procéder à l’analyse complète du domaine. Il affirme que seuls 8% se qualifient comme zone humide, et que sur les terrains où ces zones se trouvent, les espaces de construction sont déjà préétablis, « donc tu n’as pas le droit de te bâtir là », dit-il.


Il mentionne également qu’il a choisi de suivre les ruisseaux pour tracer la limite entre deux terrains, ce qui a pour effet de créer une bande de protection de 7,5 mètres de chaque côté de ceux-ci. « L’eau coule d’une manière depuis des milliers d’année, si elle continue de couler de la même manière, sans qu’on modifie sa trajectoire, ou son débit, techniquement, le lac va rester beau. »


Il affirme également rencontrer chacun des acheteurs potentiels personnellement et les trier sur le volet. « J’ai besoin de gens conscients qui savent dans quoi ils s’embarquent », dit-il.


De son côté, la mairesse Caroline Poirier voit d’un bon œil l’arrivée du Domaine dans sa municipalité. À terme, le projet a le potentiel de doubler la population du Canton.

De la relève
« C’est une opportunité de développement pour la communauté de Lingwick, où il y a très peu d’options pour construire de nouvelles habitations. Tout est zoné vert », indique-t-elle. Elle ajoute que le projet offre l’occasion de renouveler la population locale, de la rajeunir, et d’assurer une relève pour les organismes communautaires.


« On voit ça positif que le développeur se soucie de l’environnement, ajoute-t-elle. On souhaite s’assurer que ce qui est dans les discours soit aussi dans les faits. »


Fait intéressant pour les résidents, le projet de M. Morency leur offrira bientôt un accès au lac Moffatt, autrefois entièrement privé. « C’est notre démonstration de bonne foi et de bon voisinage, avance-t-il. On a pris une entente avec la Ville pour céder un terrain au bord de l’eau.


Sur ce terrain-là il y a une petite plage, donc ça va être aux gens de Lingwick. »
Les Lingwickois pourront donc découvrir ce site enchanteur dès l’été 2027, une fois les chemins ouverts et la poussière retombée. « Je sais qu’ils sont impatients de venir me rencontrer, dit M. Morency, mais on est ici pour le reste de la vie. »

Quel avenir pour le site de l’usine de Graphic Packaging International ?

Site de l’ancienne usine de Graphic Packaging International au coeur d’East Angus. Photo : Sylvain Dodier

par Sylvain Dodier
En janvier dernier, une centaine de personnes perdaient leur emploi avec la fermeture de l’usine de Graphic Packaging International, sise au cœur d’East Angus. Aujourd’hui, une interrogation demeure : que deviendra ce site industriel, qui a longtemps structuré une part de l’économie locale?


À la question de savoir si des discussions sont en cours avec un repreneur potentiel, le maire d’East Angus, M. Guillaume Landry, répond : « À ma connaissance, il y en aurait, mais c’est pas nous qui gérons ce dossier-là. » Ce n’est pas la Ville qui pilote la démarche, mais bien l’équipe économique de la MRC du Haut-Saint-François, par l’entremise du Centre local de développement (CLD).
Contacté par le Journal, le préfet de la MRC


M. Robert Roy, se montre prudent : « On travaille toujours fort sur le dossier, ça avance, mais il faut faire attention, ne pas créer de faux espoir. » Mme Chantal Ramsey, conseillère aux entreprises du CLD, précise que l’organisme « […] ayant signé une entente de confidentialité, nous ne pouvons rien dévoiler […] ce sont de longs délais. On parle plus en mois qu’en jours. »


Cette réserve n’est pas sans rappeler certains projets économiques annoncés par le passé dans la MRC : pensons aux serres de production de cannabis médical de Weedon, ou à la relance de la brasserie 11 Comtés.


Le préfet précise que, dès l’annonce de la fermeture de l’usine, il y a un an et demi, le CLD a amorcé des démarches pour trouver un acheteur potentiel. La MRC ne négocie pas à la place de Graphic Packaging, elle « courtise » d’éventuels investisseurs.


Bien que le CLD prenne en charge les démarches, Graphic Packaging demeure le propriétaire des lieux et conserve le dernier mot. Par exemple, souligne M. Roy : « Il y avait une entreprise qui était prête à l’acheter, Graphic n’a pas voulu, parce que c’était un compétiteur direct. » Un fait qui limite le champ d’action des acteurs locaux.


Si une entente se dessinait à l’horizon, l’équipe du CLD interviendrait pour appuyer l’éventuel acquéreur dans l’élaboration de son montage financier et de ses démarches auprès des différents paliers gouvernementaux.

Le Centre local de développement du Haut-Saint-François qui oeuvre pour le développement économique et l’emploi. Photo : Sylvain Dodier


Le maire d’East Angus indique que la municipalité bénéficie d’un droit de préemption, récemment ajusté, qui permettrait à la Ville de se substituer à un éventuel acquéreur pour acheter en priorité, dans les mêmes conditions, afin de favoriser l’intérêt général. Une option que le maire écarte à court terme. « Mon souhait principal, c’est pas qu’on l’achète, c’est qu’un autre privé l’achète, puis modernise les installations pour apporter de bons emplois. »


Côté installations, les 10 et 11 mars derniers, une partie des équipements de l’usine était mise à l’encan. Le site passe ainsi d’un espace de production à un actif à redéfinir. Est-ce un avantage ou un handicap pour le développement de cette zone autrefois industrielle?

Épuration des eaux
Au-delà d’une éventuelle transaction, une autre question se profile : le partage des coûts d’opération et d’immobilisation de la station municipale d’épuration des eaux. Graphic Packaging assumait une part importante des coûts de cette infrastructure municipale. Le maire précise que « grâce à l’entente existante, Graphic Packaging continuera d’assumer ces coûts pour les 12 prochains mois. » Mais avec cette fermeture, qu’adviendra-t-il de ce partenariat public/privé ?


Malgré les délais, les incertitudes, Mme Ramsey se veut confiante :
« À East Angus en 2026 […] ça va bouger, de beaux projets s’en viennent. » Mais pour l’instant, une chose est certaine : rien n’est encore réglé.

Garage

AUTOMOBILE | Quel avenir pour le marché local de l’auto?

La région offre un bon marché pour les pièces d’autos usagées. Aux Pièces d’auto Dumas et fils à Cookshire, c’est Jonathan Dumas, Maxime Roy et Christian Dion, entre autres, qui géraient le comptoir et les téléphones la semaine passée. PHOTO: SCOTT STEVENSON

Une collègue a récemment essayé de remplacer un phare de jour avant sur une Hyundai relativement neuve. Le coût de la pièce : 2700 $. Elle ne l’a pas remplacée.


Mon garage m’a parlé l’année passée d’un remplacement de pièce sur un véhicule d’utilité sport (VUS) aussi assez neuf. Le coût de simplement tout démancher pour accéder à la pièce : 2500 $, sans parler de la pièce même ni du réassemblage.


Voilà une nouvelle tendance, peut-être une nouvelle réalité, dans le marché automobile qui risque d’avoir un impact important sur des régions comme le Haut-Saint-François : le coût des véhicules neufs, ou presque neufs, n’est plus abordable pour beaucoup de citoyens. Nous sommes forcés vers le marché des véhicules d’occasion et des pièces usagées.


Déjà, on compte plus qu’un seul concessionnaire de véhicules neufs dans la région du Haut-Saint-François : Weedon Auto. Après une absence de quelques années, ce concessionnaire est revenu comme client publicitaire dans ce Journal, ce qui démontre, en partie, son intérêt pour la clientèle locale. Tous les autres concessionnaires sont à Coaticook, Lac-Mégantic ou Sherbrooke, ce qui n’est pas très pratique pour l’entretien et la réparation de véhicules encore sous garantie.


Heureusement, nous avons un marché bien pourvu en mécaniciens et en pièces usagées. D’après mon expérience, nos mécaniciens privilégient la recherche de solutions abordables pour leurs clients, plutôt que des prix exorbitants pour des pièces neuves plus ou moins nécessaires, selon le cas.
Ces mécaniciens sont très occupés, par contre, ce qui démontre encore plus l’importance de notre marché d’automobile usagé.


Mais avec un marché plus global en évolution rapide, les acteurs du marché local, incluant ces mécaniciens, doivent réfléchir à la manière dont ils peuvent s’adapter à ces changements et à la réalité économique des consommateurs d’ici, surtout avec le mouvement vers l’électrique.


Il faut trouver des solutions pour ceux qui n’ont pas les moyens d’assumer des dépenses importantes sur des voitures neuves, des pièces et des réparations, qu’il s’agisse de véhicules électriques ou traditionnels.

Cookshire-Eaton : Smart chips in compost bins

Eaton Corner resident Denis Boisvert learned at the regular council meeting March 2 that smart chips are already reading data in his roadside waste bins.


He said he keeps his compost at home and doesn’t want to be paying for a service on his tax bill that he doesn’t need. He also warned about smart chips being installed in municipal bins but was told by municipal staff that Cookshire-Eaton can already measure the number of lifts roadside collection makes for each bin.


Starting in 2027, bin owners will be charged according to the number of lifts, beyond an annual quota of 12, at the end of the year.

11 comtés, SS

11 Comtés : de retour à la case départ

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
La bâtisse située au 225 rue Pope, à l’entrée de Cookshire, est toujours à vendre. Le prix de cet « immeuble commercial moderne », tel que décrit dans sa fiche de vente immobilière, a été légèrement revu à la baisse. Il est maintenant fixé à 1 099 000$ plus taxes.


Construit en 2018, le bâtiment abritait jusqu’à récemment la brasserie rurale 11 Comtés, qui a fait faillite à l’automne dernier. Depuis lors, la bâtisse a été vidée de tout son équipement brassicole, les syndics autorisés en insolvabilité Raymond Chabot ayant procédé à la vente à l’encan de tous les actifs sur place. Comme le rapportait Radio-Canada le mois dernier, c’est la microbrasserie Boquébière, à Sherbrooke, qui s’est procurée ces équipements, allant du moulin à malt, aux cuves de brassage, à l’encanneuse servant à l’embouteillage. Les lots, d’une valeur marchande estimative de plus de 350 000$, ont été acquis par Boquébière pour la somme de 68 300$ plus taxes.

La municipalité de Cookshire-Eaton est donc toujours à la recherche d’un acheteur qui pourra reprendre l’immeuble et redonner vie à cet espace. Rappelons que comme la Corporation de développement Cookshire-Eaton Innovation (CEI) avait endossé le projet initial des 11 Comtés à hauteur de 1,4M $, la municipalité est devenue propriétaire de la bâtisse et de son terrain de 66 000 pi2 au moment de la faillite de la microbrasserie.


Nos tentatives de consulter la mairesse de Cookshire-Eaton, Daphné Raymond, pour faire le point, ont échoué. Françoise Ruel, directrice-générale adjointe et greffière à la municipalité a informé le Journal qu’il ne serait pas possible de communiquer avec la mairesse ni son administration, comme il s’agissait d’un dossier « quand même stratégique ».

« Pour l’instant on est en discussion et en analyse, a-t-elle dit. Donc on ne peut donner aucune information à ce sujet. »

Une pétition pour un développement résidentiel plus harmonieux

par Carolyne Weldon, Initiative de journalisme local
Une pétition qui circule actuellement dans le secteur Rive Sud à East Angus sera bientôt déposée à la municipalité. Intitulé Pétition concernant le projet de développement résidentiel des rues Rousseau et Kinnear – Zone Rc-12, le document est une initiative citoyenne en réponse à un projet de développement résidentiel majeur, annoncé en janvier dernier, visant la construction de 96 unités de logements dans le secteur.


Pour les trois résidents à l’origine de la pétition, Kaçandre Bourdelais, Kim Rowland-Laflotte et Jean Justin Campagna, la démarche se veut constructive et vise le dialogue ainsi que la collaboration. Loin de s’opposer à la construction de nouvelles unités de logement dans leur quartier, ces trois co-porte-paroles souhaitent plutôt sensibiliser les élus de leur municipalité à l’importance d’harmoniser un nouveau développement avec le « patrimoine résidentiel actuel ».


Le document, qui a récolté plus de 130 signatures en une semaine, invite donc le maire, ses conseillers ainsi que le Comité consultatif d’urbanisme à autoriser un projet comprenant « des immeubles avec deux étages au maximum similaire au développement des rues Cloutier et Jamieson (122 rue Jamieson) […] en nombre raisonnable, en adéquation avec le relief et en harmonie avec la vie de quartier ». La pétition soulève également des enjeux de fluidité et de sécurité, non seulement pour les automobilistes mais également pour les marcheurs, nombreux dans le quartier.


Consultée par téléphone, la directrice générale d’East Angus Marie-Pier Dupuis a affirmé que le conseil municipal avait refusé le projet de 16 immeubles de 6 logements chacun, tel que présenté par le promoteur. « Il va présenter un autre projet modifié », a-t-elle dit. Pour les intéressés, le sujet sera à l’ordre du jour de la prochaine séance du conseil d’East Angus, le 2 mars prochain.

Hausses de taxes limitées à Weedon grâce à l’argent frais

Au premier rang, de gauche à droite: Renée Montgrain, conseillère du District 5; Denis Rondeau, conseiller du District 4; Eugène Gagné, maire de Weedon et Josée Bolduc, directrice générale, greffière-trésorière. Au deuxième rang (debout), de gauche à droite: Daniel Groleau, conseiller District 4; Olivier Paiement, conseiller District 3, Caroline Grenier, conseillère District 1 et Christiane Martel, conseillère District 2. Photo: Carolyne Weldon

Le boum de développement que connait actuellement la municipalité de Weedon a permis au maire Eugène Gagné et à son équipe de limiter les hausses de taxes foncières en ce début d’année 2026.
« On est en grosse expansion », expliquait récemment le maire en marge de la séance ordinaire du conseil municipal le lundi 2 février dernier. « Ça, ça emmène de l’argent neuf qu’on n’a pas besoin de demander aux citoyens. »


Au Québec, chaque municipalité est libre de déterminer son propre taux d’imposition, reflété sur le compte de taxes reçu par ses citoyens. Le calcul se base sur le rôle d’évaluation foncière fixé tous les trois ans par la MRC, qui dresse le portrait global des valeurs immobilières d’un secteur. Il peut ensuite être ajusté par la municipalité en fonction de son budget annuel et de ses priorités locales, advenant qu’elle en ait les moyens.


Du point de vue du maire, Weedon « explose » depuis la pandémie. « On vend, a-t-il déclaré, tout sourire. Moi, depuis que je suis maire, ça fait trois rues que j’ouvre. Il est en train de se bâtir un hôtel à Weedon. On est rendu avec un quartier de minimaisons, qui est en effervescence. On fait affaire avec 4-5 contracteurs, quelque chose qu’on ne voyait pas vraiment avant. Et là, ils investissent. »
Selon les dires de M. Gagné, seuls les citoyens dont l’évaluation a augmenté de plus de 40 % au nouveau rôle verront leur compte de taxes augmenter. Ceux dont l’évaluation était de 40 % constateront un gel de leur compte ; et ceux dont l’augmentation était en deçà de 40 % bénéficieront d’une baisse de taxes.


Les fermes agricoles, par exemple, ont vu leur évaluation augmenter de 18 % en moyenne cette année. « Eux autres ils ont des baisses, des bonnes baisses de taxes » s’est réjoui le maire Gagné.
La séance du conseil s’est déroulée devant une dizaine de citoyens rassemblés aux bureaux de la municipalité de Weedon. Elle était également diffusée en direct sur la page Facebook de la municipalité. « C’est accessible, on ne cache rien, a ajouté M. Gagné. Les citoyens voient qu’on travaille fort au développement. »

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