Jean-Marc Brais

Jean-Marc Brais

Jean-Marc a été journaliste pour le Haut-Saint-François de 2017 à 2019 et de 2024 à 2025.

Marie-Claude Bibeau rencontre les gens d’affaires

La Chambre de commerce de Sherbrooke, en collaboration avec celles du Haut-Saint-François et de Coaticook, recevait la semaine dernière Marie-Claude Bibeau, députée de Compton-Stanstead et ministre du Développement international et de la Francophonie. Le déjeuner-conférence, qui s’est tenu à l’Université Bishop’s, était l’occasion pour la centaine d’invités d’en apprendre plus sur les dossiers fédéraux et leurs retombées en Estrie. Dans le Haut-Saint-François, la connectivité rurale et l’aéroport de Sherbrooke sont des exemples d’enjeux sur lesquels la députée-ministre continue de plancher.

Sur place, on retrouvait quelques élus de la région, soit Robert Roy, préfet de la MRC; Richard Tanguay, maire de Weedon; et Sylvie Lapointe, mairesse de Cookshire-Eaton. Était également présent Sébastien Lussier, directeur chez Créations Jade et membre du conseil d’administration de la Chambre de commerce de Sherbrooke.

Enjeux régionaux
Le plan Investir dans le Canada prévoit 180 G$ sur 12 ans pour les infrastructures. À ce jour, 512 projets ont été approuvés au Québec, pour une valeur de 1,7 G$. Marie-Claude Bibeau a assuré qu’elle et son équipe de circonscription suivaient « tous les programmes de subventions de très près pour nous assurer que nos organismes et institutions profitent de toutes les opportunités qui passent. Et je peux vous dire que, à ce jour, notre région a bien tiré son épingle du jeu », s’est félicitée la députée. Elle donne l’exemple de la municipalité de Weedon qui a obtenu 3,3 M$ pour la réalisation de travaux d’aqueduc et d’égout.

Pour assurer la connectivité dans les comtés ruraux, le programme Brancher pour innover a alloué une somme de 587 000 $ pour doter 700 foyers compris entre Lennoxville et Cookshire-Eaton de services internet haute vitesse. D’autres projets visant le même objectif pourront être soumis dans le cadre du Fonds des collectivités rurales et nordiques et via de nouveaux programmes du CRTC.

En matière d’innovation, le budget dévoilé le 27 février dernier par le ministre Morneau prévoit un financement supplémentaire de 511 M$ sur cinq ans pour les agences de développement régional. De ce plan, 22 M$ seront attribués aux femmes entrepreneures.
Les producteurs de lait, de volaille et d’œufs demeurent inquiets par rapport à la protection du système de gestion de l’offre, particulièrement en ce qui a trait aux États-Unis. Marie-Claude Bibeau s’est montrée rassurante : « Je vous rassure, notre gouvernement a la ferme intention de protéger le système de la gestion de l’offre parce que nous croyons à son bien-fondé et que nous comprenons que les règles de production sont bien différentes des deux côtés de la frontière. »

Lorsqu’elle annonça que « l’aéroport de Sherbrooke demeure un outil essentiel au développement économique de la région », Mme Bibeau reçut une salve d’applaudissements. « De façon régulière, j’entends des entrepreneurs qui sont en attente de services aériens réguliers pour signer de nouveaux contrats, prendre de l’expansion et créer des emplois de qualité dans notre région. Si, à une époque la question de la sécurité aéroportuaire était un frein, l’aéroport de Sherbrooke peut aujourd’hui se prévaloir du mécanisme de recouvrement de coûts et conserver les revenus de la taxe aux voyageurs pour assumer les frais associés à ces services. Soyez assurés que je poursuivrai mes démarches auprès des ministères ou agences fédérales concernés aussitôt que la Corporation de l’aéroport aura conclu une entente avec une compagnie aérienne. »

Consultation publique à Dudswell

Dans le cadre de sa démarche DudswellDurable, la municipalité de Dudswell tenait récemment une consultation publique au Centre communautaire. Près de 90 résidents permanents et saisonniers ont répondu à l’appel afin d’échanger le temps d’une journée sur les enjeux de leur milieu de vie et émettre leurs suggestions qui jetteront les bases du prochain Plan d’action triennal. L’encadrement des VTT et les chemins privés figuraient parmi les commentaires des citoyens.

La consultation publique, sous le thème Mon milieu de vie !, faisait suite à des actions entreprises dès le début de l’année et suite au changement d’équipe lors des élections municipales de novembre dernier. Ainsi, plusieurs associations et regroupements ont été rencontrés par la municipalité afin de connaitre leurs enjeux et besoins. De plus, les citoyens pouvaient, avant même la tenue de la consultation, faire parvenir leurs préoccupations sous forme de mémoire, commentaire écrit ou lettre.

Quelques jours avant le rassemblement du samedi 24 mars, la mairesse Mariane Paré et la conseillère Isabelle Bibeau s’étaient rendues à l’école primaire Notre-Dame-du-Paradis afin de rencontrer les élèves et les intégrer au processus de réflexion. Une cinquantaine de leurs dessins représentant leur vision de Dudswell étaient affichés aux murs du Centre communautaire lors de la journée d’activité.

La consultation réunissait 90 citoyens divisés en sous-groupes autour d’une douzaine de tables. Toute l’équipe municipale était présente, incluant autant les sept membres du conseil que le personnel administratif. L’invitation décrivant la journée parle « d’une démarche proactive et concertée, par laquelle nous souhaitons impliquer le plus grand nombre de personnes pour faire de Dudswell une destination et un milieu de vie recherché tant pour son cadre naturel d’exception que par sa communauté dynamique. »

Six thèmes centraux
Après un survol historique et un jeu-questionnaire permettant à l’assistance de se dégourdir, le déroulement de la consultation était assuré par la Coopérative de solidarité Niska, de Sherbrooke. Les résidents discutaient entre eux avant d’émettre leurs suggestions autour de six thèmes. Chacune de ces thématiques était par la suite entrecoupée d’une saynète récapitulative interprétée par Barbara Rufo.

Le premier point abordé fut celui des infrastructures et de la voirie. L’utilisation des bâtiments, l’aménagement des espaces verts, le réseau routier et celui d’aqueduc sont des exemples d’enjeux sur lesquels les citoyens débattaient.

Le deuxième thème englobait la culture, le tourisme et les loisirs. Il y a été question de l’avenir des églises, d’un meilleur encadrement de la circulation des véhicules hors route et du déménagement du bureau d’accueil touristique. Concernant l’offre de pistes cyclables, une des suggestions émises verbalement fut de bonifier les deux sentiers existants (celui de la Forêt habitée et la piste multifonctionnelle), avec le développement du projet Québec Central.

Du côté de la sécurité, il fut grandement question de la circulation routière. Plusieurs Dudswellois suggéraient l’installation de panneaux électroniques d’affichage de la vitesse en permanence et se disaient insatisfaits face au peu de présence policière pour les sommes payées en termes de taxes.

L’état des chemins privés et les services qui y sont offerts sont des enjeux qui revenaient à plusieurs reprises en cours d’activité. Ce point précis a occupé une bonne partie des interventions du thème Aménagement du territoire et environnement. Néanmoins, avec trois associations riveraines recensées dans la municipalité, la qualité et l’accès aux plans d’eau était également un sujet chaud.

Alors que plusieurs jeunes familles se sont établies dans la municipalité ces dernières années, l’accès à une trousse pour les nouveaux arrivants était un outil suggéré afin de favoriser l’intégration. Finalement, le développement économique de Dudswell a vu son nombre de propositions affluer. Parmi elles, on retenait l’accès à un réseau internet large bande, la création d’un parc industriel et l’amélioration de l’affichage municipal le long des routes 112 et 255.

De bon augure pour l’avenir
Toutes ces idées citoyennes serviront à l’élaboration d’une planification stratégique respectant la capacité financière de la municipalité. Pour l’administration, la prochaine étape consiste à prioriser les diverses propositions lors d’un lac-à-l’épaule prévu la fin de semaine du 28-29 avril. La rencontre dictera les actions prioritaires du prochain Plan d’action triennal 2019-2021.

La mairesse Mariane Paré se montrait satisfaite de l’exercice : « Je suis très heureuse de la journée. C’est bien de voir que les gens sont prêts au changement. Les consulter, c’est plus de travail, mais ça en vaut la peine. Les prochaines années seront importantes en termes de développement. Il faut être préparé pour pouvoir saisir les opportunités. »

Brunch des élus de l’UPA

Le Syndicat local de l’UPA du Haut-Saint-François tenait récemment son brunch des élus municipaux. La rencontre était l’occasion pour les politiciens locaux de s’informer des réalités des producteurs. Du bœuf à la truite, en passant par le sirop d’érable et le bois, les sujets étaient variés, mais visaient tous un même but : faire de l’agriculture et de la foresterie un moteur économique pour le Québec et les régions.

Une cinquantaine de politiciens et de producteurs s’étaient donné rendez-vous à la salle Guy-Veilleux, à Cookshire-Eaton. Le brunch mettait en vedette les aliments de la région avec des fromages du secteur St-Gérard à Weedon, du sirop d’érable de Bury, du jambon d’Ascot Corner et des pommes de terres de Cookshire-Eaton. Suite au repas, les producteurs agricoles s’alternaient à l’avant-scène pour dresser un portrait sommaire de leur secteur d’activités.

Dans la MRC du Haut-Saint-François, la zone agricole représente 78 % du territoire, soit 180 000 ha. Y sont réparties 469 entreprises agricoles, dont le quart se trouvent à Cookshire-Eaton. Les principales productions sont le bœuf, le bois et le sirop d’érable.

Les multiples facettes du travail
Marcel Blais, producteur laitier, mentionnait que le lait engendrait des retombées de l’ordre de 30 M$ dans la MRC, soit une moyenne de 500 000 $ par ferme.
Représentant le Syndicat de la relève agricole de l’Estrie (SYRAE), Maude Fontaine était fière des 110 membres que compte l’organisation, dont 18 se trouvent sur le territoire du HSF. Celle qui est à la tête de la ferme Fontabel de Weedon faisait état de la hausse constante des ventes de foin de commerce. Le nord-est des États-Unis n’ayant pas un climat propice à cette culture, le foin local est de plus en plus en demande, et ce, jusqu’en Floride, en Californie et au Texas. « Le foin du Haut-Saint-François, il voyage ! », conclut-elle.

L’industrie porcine génère 300 emplois directs et indirects dans la région. Selon Denis Simard, 66 000 porcs sont produits localement chaque année. Ceux-ci sont tous abattus et transformés au Québec.

En aquaculture, la MRC compte 16 entreprises qui produisent 25 % du poisson du Québec. Sylvain Castonguay avance qu’une truite sur trois ensemencée au Québec provient du Haut-Saint-François. Cette production connait une hausse constante à l’échelle mondiale. À tel point qu’il se produit désormais plus de poisson que de bœuf dans le monde.
L’incendie de l’Abattoir Rousseau affecte plusieurs producteurs, dont ceux du secteur ovin. Pour Karine Fortier, il s’agit d’une grosse perte. « On avait minimum une cinquantaine d’agneaux par semaine qui étaient abattus là-bas. » Étant établie à Newport, la femme derrière la ferme Maple Leaf doit désormais effectuer un trajet de 1 h 45 pour rejoindre l’Abattoir Cliche à East Broughton. Yvon Bégin, producteur bio, constate le même problème dans son entourage, alors que les couts de production ont explosé avec l’ajout de transport supplémentaire.

Pour ajouter aux difficultés du transport, Pierre Ruel, vice-président de l’UPA HSF, rappelle que, à cause de l’état de la route 257, « quand on fait venir des camions de Beauce, ça représente une heure de détour pour arriver à La Patrie. »

Des 469 entreprises agricoles présentes sur le territoire, 230 sont des productrices de bovins. François Cloutier rappelle que l’Encan Sawyerville occupe le deuxième rang à l’échelle provinciale quant au volume de veaux transités (environ 15 000 par année). L’homme a profité de son allocution pour rappeler l’importance pour les localités rurales de se doter d’un système uniforme d’affichage des adresses civiques par mesure de sécurité lorsque surviennent des situations d’urgence.
Jonathan Blais, qui est acériculteur, n’était pas certain de faire la même profession que son père lorsqu’il était jeune. Il considère que les produits de l’érable bénéficient à l’heure actuelle d’un véritable engouement. Les 14 000 producteurs acéricoles québécois ont produit un record de 118 millions lb de sirop l’an dernier. Dans leur plan quinquennal, ils visent la barre des 185 millions lb à moyen terme.

Bien reçu par les élus
La majorité des municipalités de la MRC étaient représentées lors du brunch. Outre les maires de Cookshire-Eaton, Weedon, La Patrie et Westbury, on retrouvait des conseillers de Newport, Dudswell et d’Ascot Corner. Les attachées politiques Jacqueline Belleau et Sarah Lévesque représentaient respectivement les députés Marie-Claude Bibeau et Ghislain Bolduc. Finalement, le préfet Robert Roy considérait « très important qu’on fasse ce rapprochement entre la MRC, l’UPA et la CPTAQ. Si je suis ici aujourd’hui, c’est parce que je veux entrer en communication et travailler vous (les producteurs). »
Henri Lemelin, président du Syndicat local de l’UPA du Haut-Saint-François, était très heureux du déroulement de l’activité. « On a eu une belle réponse. Les propos et les discussions étaient très intéressants. »

Une soirée de mobilisation pour elles

Plus d’une centaine de femmes ont répondu présentes lors de l’événement, organisé par La Passerelle, qui soulignait la Journée internationale des droits des femmes. Sous le thème Féministes tant qu’il le faudra, même dans la chambre à coucher !, la soirée du 7 mars a réuni des citoyennes du Haut-Saint-François et de l’extérieur au Centre communautaire de Weedon. Le rassemblement représentait la transition entre un automne marqué par les dénonciations à l’endroit des Weinstein, Salvail, Rozon de ce monde et la suite des choses.

« L’événement est une belle réussite », se félicite Andrée Larrivée, coordonnatrice au Centre des Femmes du Haut-Saint-François La Passerelle. « Les femmes se sont déplacées et ont emmené leurs amies, leurs filles, leurs voisines pour se solidariser. »

Suite au souper, une pièce de théâtre portant sur le thème de la chambre à coucher était présentée. Celle-ci a été écrite et jouée par des femmes du Haut-Saint-François, qui ont initié le projet en janvier dernier. « Ça a été un beau défi que de rendre le projet en si peu de temps », relate la coordonnatrice. « La pièce a été ponctuée de rires et d’émotions. Les femmes s’y sont reconnues. Il y avait de la tristesse par moments parce que ce qui peut se passer dans une chambre à coucher n’est pas toujours rose. »

En cours de soirée, les participantes recevaient un document sur lequel se trouvaient des valeurs à cocher. Celles-ci guideront le comité préparatoire du futur code de vie du Centre des femmes dans l’élaboration du document. Il sera présenté en assemblée générale au cours du mois de juin.

La Journée internationale des femmes était « le moment de souligner nos gains et de poursuivre la lutte », résume Andrée Larrivée. Si le mouvement #MoiAussi dénonçait les différentes formes de violence sexuelle, c’est #EtMaintenant qui prend désormais le relais pour la suite des choses. Le premier a positivement amorcé le dialogue « dans l’intimité comme dans l’espace public. Nous y voyons un mouvement et de l’espoir », scandait une intervenante au moment de la déclaration énoncée pendant la soirée.
Pour prendre part au nouveau mouvement, les femmes étaient invitées à porter le cœur jaune pour continuer à dénoncer le harcèlement et appuyer celles qui l’ont fait au cours des derniers mois. Deux grandes affiches jaunes en forme de cœur recueillaient les souhaits de celles qui poursuivront la lutte. Une délégation ira porter un condensé de ces revendications auprès du député provincial de Mégantic, Ghislain Bolduc, le 23 avril prochain.

Une de ces demandes sera l’aide financière. « Les centres et autres groupes de femmes n’ont pas de moyens financiers et en ont besoin », rappelle Andrée Larrivée. Celle-ci remercie les organisatrices et les bénévoles qui se sont impliquées autant pour la pièce de théâtre depuis le mois de janvier, que lors de la soirée même. Plus largement, la maison d’hébergement La Méridienne, à Weedon, et des entreprises de la communauté ont soutenu et commandité l’événement

Marie-Claude Bibeau rencontre l’Afeas de Dudswell

Dans le cadre du mois de l’histoire des femmes, la députée fédérale de Compton-Stanstead et ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, était de passage à l’église Saint-Clément de Bishopton, à l’invitation de l’Association féminine d’éducation et d’action sociale (Afeas) de la municipalité. Une trentaine de participantes s’étaient déplacées pour s’entretenir directement avec la députée-ministre et en apprendre plus au sujet de la nouvelle Politique d’aide internationale féministe du Canada.

C’est en juin 2017 que Mme Bibeau lançait cette nouvelle politique. « Après une large consultation auprès de 15 000 personnes et des missions dans 24 pays, j’ai lancé la Politique féministe d’aide internationale du Canada. D’une part, les femmes et les filles sont les plus grandes victimes de la pauvreté, de la violence et même des changements climatiques. D’autre part, si on permettait aux filles et aux femmes de développer leur plein potentiel, elles auraient un impact significatif sur la santé, l’économie et la paix, non seulement dans leur communauté, mais dans le monde. »

Trois axes
Cette nouvelle politique plaide ainsi en faveur d’actions et d’initiatives axées sur le renforcement du pouvoir des femmes et des filles et se porte à la défense de leurs droits. Plus exactement, elle s’articule autour de trois axes : la dignité humaine, le renforcement des pouvoirs des femmes et le développement de leurs compétences locales.
Avant d’entrer en politique, la ministre Bibeau a entamé sa carrière à l’Agence canadienne de développement international où elle a œuvré pendant dix ans. « En entrant comme ministre, j’ai découvert les États en crise, les conflits armés lors de mes voyages dans 24 pays comme l’Irak, le Bangladesh, la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud. Dans les camps de réfugiés, j’ai été en contact avec l’inhumain. La réalité y est très dure. La dignité, c’est la base des droits humains. »
« Par le renforcement des pouvoirs des femmes, ou women empowerment, on veut que les femmes soient des agentes de changements. L’objectif est de mettre fin à la pauvreté est la meilleure manière d’y parvenir et par le renforcement social, politique, économique des femmes. »
En développant les connaissances au niveau local, le transfert d’un projet une fois que l’aide canadienne quitte les lieux devient plus facile et son taux de succès à long terme, plus grand.

Une rencontre appréciée
Les membres de l’assistance avaient l’opportunité d’interroger directement la députée-ministre en plus de partager leur propre expérience. Nicole Robert, présidente de l’Afeas de Dudswell, se montrait satisfaite. « Ayant travaillé en politique, j’ai approché Mme Bibeau pour qu’elle vienne nous rencontrer. Comme elle avait récemment lancé sa Politique d’aide internationale féministe, on trouvait que c’était un bon sujet de conversation. On a atteint notre but et l’activité a été un succès. »

CJE subvention

Le CJE reçoit 10 000 $ des Caisses Desjardins

Les Caisses Desjardins des Hauts-Boisés et du Nord du Haut-Saint-François appuient encore cette année le Carrefour jeunesse-emploi (CJE) avec une aide financière de 10 000 $. La contribution servira à mener à bien les projets d’été destinés aux jeunes âgés de 14 à 17 ans afin qu’ils puissent vivre une première expérience de travail.

« Desjardins a toujours été partenaire du CJE depuis nos débuts, il y a 19 ans », se réjouit Sylvain Lessard, directeur général du CJE du Haut-Saint-François. « Au fil des ans, le financement a évolué. Avant, on y allait par projet. Depuis deux ans, on reçoit un montant global, qu’on répartit de manière discrétionnaire. »

Jeunes au travail
Le projet Desjardins Jeunes au travail en sera cette année à sa 14e édition. Il permet aux jeunes d’acquérir une première expérience sur le marché du travail tout en offrant aux employeurs de la région une subvention défrayant la moitié du salaire minimum. Six entreprises embaucheront chacune un jeune durant six semaines cet été.

« L’avantage que le programme offre, c’est qu’il y a un accompagnement par le CJE. On travaille l’employabilité », note M. Lessard. En effet, une initiation à la recherche d’emploi est offerte aux jeunes avant le début du programme et un suivi se fait en cours de route. Lors des éditions précédentes, des dépanneurs, épiceries et stations-service de la région avaient accueilli un étudiant au sein de leur équipe. Cette année, les postes disponibles vont de patrouilleur à animateur, en passant par aide-cuisinier et commis d’épicerie.

« Ça fait des petits », commente Sylvain Lessard. « Il y a des employeurs qui, après la subvention, décident de préserver l’employé durant l’année scolaire. » Près de 9000 $ sur les 10 000 $ de la subvention seront alloués à ce projet. « Le salaire minimum augmente chaque année, alors ça devient couteux », admet le directeur général du CJE.

D’autres projets
Étant aussi supportée par Desjardins, la coop d’initiation à l’entrepreneuriat collectif initie les jeunes de 14 à 17 ans au développement d’une entreprise coopérative, par exemple, de tonte de pelouse, de peinture ou de gardiennage.

Dans le cadre des séjours exploratoires du programme Place aux jeunes en région, une quinzaine de participants découvrent la MRC durant trois jours afin de les inciter à venir y vivre et travailler. À ce moment, la contribution des caisses Desjardins permet d’offrir ces séjours sans frais aux jeunes professionnels.

Finalement, le programme Apprenti-stage permet à un jeune étudiant de Saint-Isidore-de-Clifton, membre de la Caisse des Verts-Sommets, d’obtenir une bourse de 500 $ en échange d’heures de bénévolat effectuées durant l’été à la bibliothèque et au camping municipaux.

Les étudiants intéressés à prendre part à l’un ou l’autre de ces projets doivent passer par le CJE pour obtenir tous les détails.

« La confiance que les Caisses Desjardins nous témoignent année après année nous permet de continuer d’initier des projets pour outiller et préparer la relève aux réalités de l’emploi », de conclure Sylvain Lessard.

VTT

La dernière cène pour le Challenge VTT d’Ascot Corner

Le traditionnel souper des bénévoles du Challenge VTT d’Ascot Corner avait une note plus triste cette année. Malgré les réjouissances, les quelque 80 convives se sont réunis pour une dernière fois depuis qu’il fut annoncé que l’événement ne reviendrait pas en 2019. La soirée était l’occasion de souligner l’apport de ces nombreux citoyens impliqués.

C’est au Centre multifonctionnel de la municipalité, situé à quelques centaines de mètres de la piste du site du Challenge, que se tenait la réception. Suite au repas, le président fondateur de la course est monté sur scène pour faire un survol des bons, et moins bons, coups de l’événement. En huit éditions, le Challenge est passé d’une poignée de coureurs et de spectateurs à 139 coureurs et 1400 spectateurs lors de la dernière édition tenue en janvier. Malgré le caractère téméraire du sport, un seul accident a nécessité l’intervention des ambulanciers en l’espace de sept ans sur le site du chemin de la Rivière.

L’hiver doux de 2016 a forcé les organisateurs à faire transporter de la neige sur la piste afin que soient tenues les compétitions.

L’édition 2018 avait été rendue incertaine par l’inondation du 12 janvier, une semaine avant l’événement. Grâce aux efforts concertés des bénévoles, le terrain avait été nettoyé à temps.

La mairesse d’Ascot Corner, Nathalie Bresse, a loué le travail fait dans l’ombre par l’organisation. « Le bénévolat, c’est pas facile. Mais Bertrand a une telle façon de venir nous chercher qu’on peut pas lui dire non. On est là, puis ça nous fait plaisir de le faire. » À son tour, l’organisateur, M. Ash, a remercié la municipalité qui payait la publicité de l’événement dans les médias en plus de fournir une partie des installations lors des premières éditions.

Une quinzaine de bénévoles ont été reconnus au cours de la soirée. Parmi eux, mentionnons Roger Riendeau, qui s’est impliqué à l’entretien mécanique et électrique lors de chacune des éditions, et Maurice Heatherington, qui s’est mérité le titre de bénévole de l’année, lui qui a entre autres, été juge de course.

Des fonds pour une bonne cause
Comme chaque année, le Challenge VTT remettait une partie des profits à des organismes locaux venant en aide aux personnes atteintes du cancer. Ceux-ci sont La Rose des Vents ainsi qu’Hôtellerie de l’Estrie, le centre régional de la Fondation québécoise du cancer. Des sommes de 500 $ ont été remises à chacun d’eux.

Myriam Beaulé, directrice d’Hôtellerie de l’Estrie, était reconnaissante de l’aide apportée. « Avec l’argent que vous nous remettez, il y aura 50 Estriens qui pourront avoir une heure de massage pendant qu’ils sont en traitement. » Bertrand Ash aurait aimé remettre une plus grande somme aux deux organismes, mais les inondations et la glace présente sur la piste ont occasionné des dépenses additionnelles cette année. La Rose des Vents était représentée par Sylvie Gagnon, membre du conseil d’administration.

Daniel Vandandaigue était l’un des bénévoles invités suite à son implication à l’édition 2017 du Challenge. Celui qui siège également au conseil d’administration de la Caisse Desjardins des Deux-Rivières de Sherbrooke depuis 20 ans, compte faire encore plus de bénévolat, une fois qu’il sera retraité.

Au moment d’écrire ces lignes, Bertrand Ash a mis en vente une partie des installations qui trônaient sur le site de la course. Aucune autre édition n’est prévue pour le moment.

Reconnaitre et aider les ainés

La députée de Compton-Stanstead et ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, a récemment annoncé une série de financements au profit de sept organismes soutenant les personnes ainées de la circonscription. La MRC du Haut-Saint-François est celle qui voit le plus grand nombre de projets financés sur son territoire, avec trois. La Fabrique Saint-Joseph-des-Monts, le Centre des Femmes La Passerelle et le Centre communautaire de Weedon se répartiront donc 54 000 $ sur l’enveloppe de 140 600 $ prévue pour la circonscription.

L’annonce était faite au nom du ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, et s’inscrit dans le cadre du volet des projets communautaires du Programme Nouveaux Horizons pour les ainés (PNHA). « C’est un programme qui vise à appuyer des projets dans nos communautés », explique Mme Bibeau. « Des projets qui sont développés par nos ainés, pour nos ainés. Ça consiste principalement à des projets de rénovation, d’achat d’équipement ou d’accessibilité. Ça vise toujours à stimuler l’activité, à sortir les ainés de l’isolement et à les garder en forme. »

Fabrique Saint-Joseph-des-Monts
La Fabrique Saint-Joseph-des-Monts, dont le chef-lieu est à La Patrie, reçoit un montant de 24 000 $. L’abbé Gilles Baril, prêtre à la paroisse, donne les détails du projet prévu à l’église St-Pierre. « À mon retour dans la communauté, j’ai découvert que la communauté de La Patrie n’avait plus les moyens financiers nécessaires pour tenir son église chauffée régulièrement. On veut réutiliser l’église et lui donner encore plus de relief. Il faut d’abord finir le sous-sol et faire en sorte qu’on ait un local qui soit plus accessible pour nos ainés. L’idée de départ, c’est de faire de l’église un endroit où nos ainés pourraient faire un peu d’exercice. Ensuite, faire une sorte d’exposition permanente de nos familles souches avec des photos, des montages, afin d’intéresser les jeunes, fait partie des plans. Mais le premier volet est de refaire le sous-sol. »

Centre des Femmes du Haut-Saint-François La Passerelle
Mélissa Lessard, présidente du conseil d’administration du Centre des femmes La Passerelle, présentait les grandes lignes du projet J’entre dans les technologies, qui hérite d’une somme de 7000 $. « La problématique que nous constatons régulièrement sont les difficultés rencontrées lorsqu’il est question des réseaux sociaux, le fonctionnement de base des ordinateurs et internet. Les utilisatrices ont besoin d’utiliser les technologies de façon sécuritaire. Le projet vise à initier ces femmes ainées à participer à la vie de leur collectivité en étant outillées avec l’informatique. Ce seront trois séries de cinq ateliers de deux heures qui seront mis en place. Deux travailleuses seront présentes afin de répondre aux différentes questions et apporter leur soutien aux participantes. Grâce à PNHA, nous procéderons à l’achat du matériel nécessaire pour les ateliers, dont des frais de graphisme, impression et distribution de dépliants. Nous ferons également l’achat de deux ordinateurs portables, de deux tablettes et d’un projecteur. Nous estimons que ce seront plus de 300 femmes qui seront touchées par ce projet, ici dans le Haut-Saint-François. »

Centre communautaire de Weedon
Manon Fontaine est employée au Centre communautaire de Weedon, qui recevra près de 23 000 $ grâce au PNHA. « Notre projet vise la rénovation de l’entrée extérieure, qui est l’entrée principale. Elle date de plus de 14 ans et est très glissante l’hiver. On va remplacer tous les escaliers, les rampes, mettre des garde-corps sécuritaires, changer la sentinelle à l’extérieur. On va aussi mettre une lumière au-dessus de l’enseigne extérieure. On a beaucoup de personnes ainées qui viennent au Centre communautaire, alors c’est important que nos installations soient sécuritaires. »

« Les ainés sont souvent les piliers de nos organisations; ils représentent une grande partie des bénévoles », résume la députée-ministre Bibeau. « Le PNHA est aussi une façon de reconnaitre l’importance de leur travail au sein de nos communautés. » À l’échelle du Canada, le programme représente une enveloppe de 35 M$ et appuie 1880 projets.

Pour l’égalité des langues

La ministre responsable des Relations avec les Québécois d’expression anglaise, Kathleen Weil, était récemment de passage à Bury pour prendre le pouls de la population. Une cinquantaine de membres de la communauté anglophone étaient présents et ont pu échanger directement avec la députée de Notre-Dame-de-Grâce. L’accès général à des services bilingues fut un des enjeux soulevés à plus d’une reprise en cours de rencontre.

L’activité s’inscrit dans le cadre d’une tournée provinciale servant à rendre compte des diverses réalités et préoccupations de la communauté en vue d’une consultation publique qui se tiendra dans les prochains mois. Dans le cadre de sa visite, la députée-ministre a effectué des arrêts au Foyer St-Paul, au centre scolaire communautaire (Learning Center) Eaton Valley de même qu’au Manège militaire de Bury.

Selon l’Association des Townshippers, le Haut-Saint-François abrite une communauté dont la langue première est l’anglais de près de 2500 individus. Ce nombre représente 11 % de la population, soit le deuxième plus haut pourcentage dans les Cantons de l’Est après la MRC Memphrémagog.
Suite à son entrée en poste en tant que ministre en octobre 2017, Kathleen Weil avait annoncé la création du Secrétariat aux relations avec les Québécois d’expression anglaise un peu plus d’un mois plus tard. « Le Secrétariat, c’est comme un mini-ministère », explique Mme Weil.
Celle-ci poursuit : « L’idée, c’est de supporter la vitalité des communautés un peu partout au Québec. On veut faire en sorte que les services gouvernementaux, en santé et dans les autres domaines, puissent répondre à leurs besoins en anglais, parce qu’ils ont le droit de recevoir l’information et les services en anglais. Mais aussi faire en sorte que les jeunes puissent rester ici et trouver leur place. »

Là-dessus, la députée-ministre cite la statistique selon laquelle deux diplômés universitaires bilingues sur trois quittent le Québec pour aller travailler dans le reste du Canada. « On comprend ces jeunes qui ont des opportunités ailleurs. Mais s’ils avaient le choix, on voudrait qu’ils restent parce qu’on perd. Présentement, on recrute des gens de partout dans le monde, mais on perd nos propres citoyens. » Kathleen Weil donne des exemples d’inquiétudes que certains anglophones éduqués peuvent avoir avant de préférer quitter : « Est-ce que mon français est assez bon ? Est-ce que mon français est adapté à l’emploi que je recherche ? » Elle confirme que le Secrétariat réfléchit à des façons d’offrir un support linguistique pour permettre à ces personnes de rester. « Quand les jeunes quittent, ils ne reviennent pas, donc c’est une perte de population. Ça commence à devenir un enjeu de survie de l’économie dans les régions, alors qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre qui frappe. »

Le maire de Bury, Walter Dougherty, a pris la parole devant l’assistance et y est allé d’un témoignage personnel relatant, il y a quelques années, sa tentative d’être embauché au ministère des Transports. « L’offre d’emploi faisait mention d’un poste bilingue. Quand je suis arrivé pour faire les tests, ils ont dit que si j’échouais la première partie en français, ils arrêtaient la correction. Je leur ai dit d’attendre de voir la partie anglaise, puis de faire une moyenne au pire par après, comme il fallait être bilingue. Mais ils ont refusé. » M. Dougherty avoue que le sujet de la prédominance du français en est un qui soulève les passions chez lui.

La ferme Élégante se paie la traite

Grâce au Programme d’investissement pour fermes laitières (PIFL) du gouvernement canadien, la ferme Élégante située à Dudswell a reçu une subvention de 194 000 $ qu’elle a investie dans l’achat de trois nouveaux robots de traite. La députée de Compton-Stanstead et ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, s’est rendue sur place mercredi dernier le 14 mars afin d’observer cette nouvelle technologie à l’œuvre.

Envolé comme des petits pains chauds
« Le PIFL est un programme de subventions pour aider les fermes laitières à se moderniser », explique Mme Bibeau. « Ça fait suite entre autres à la signature de l’Accord de libre-échange avec l’Europe » entré en vigueur le 21 septembre 2017. Ce sont des sommes de 250 M$ qui seront mises à disposition des producteurs laitiers et de 100 M$ pour les transformateurs.

La ferme Élégante, détenue par Pierre-Paul Boulet et Chantal Fortier, a donc sauté sur l’occasion et a présenté sa demande de projet. Elle est l’une des rares à avoir obtenu du financement dans le cadre de la première phase du plan quinquennal qui s’étirera jusqu’en 2022.
« C’est allé vraiment vite parce qu’il y a eu tellement de demandes de la part des producteurs qu’il a fallu fermer l’appel de propositions rapidement », relate la députée-ministre. « Mais c’est le premier appel d’une série. Les 250 M$ n’ont pas encore été tous octroyés. On a dit : attendez. On ferme. On va gérer et analyser ces projets-là qui ont été reçus. On a été victimes de notre succès, je dirais. Mais c’est une bonne nouvelle. »

Des robots intelligents
Avec les nouveaux robots, les vaches se rendent elles-mêmes se faire traire trois fois par jour. Ceux-ci transmettent par la suite les données individuelles des vaches à un système central contrôlé par le producteur.

Julien Deladurantaye est le neveu de M. Boulet et employé de la ferme. « Avec les anciens robots, on avait sensiblement le même logiciel, mais on n’avait pas toute la gamme de données qui sont maintenant incluses dans le nouveau. Là, je peux avoir accès à toutes les vaches de l’étable individuellement en quelques clics, puis aller voir tout leur historique autant sanitaire, que productif. Combien elle a eu de veaux, à quelle date ? Les vaches portent un collier. Sur chaque collier, j’ai une puce émettrice qui est détectée par le robot. Chaque fois que la vache passe dans le robot, il collecte les données. Si mettons, elle a une baisse d’activité puis une baisse de rumination, il nous dit : “Celle-là est peut-être malade.” Si à l’inverse, elle a une hausse d’activités puis une baisse de la rumination, là elle a une chaleur. »

Marie-Claude Bibeau ajoute que « le secteur laitier s’est rendu tellement spécialisé. Ce sont maintenant des entrepreneurs puis c’est des gens qui sont super compétents dans les technologies. » M. Deladurantaye complète : « Je pense que, de plus en plus, l’agriculture est appelée à être “intelligente”. Pour pouvoir être de bons gestionnaires, il faut avoir de l’information sur notre troupeau pour pouvoir agir rapidement. La gestion va être simplifiée, puis avec une gestion simplifiée, on est capables d’avoir une meilleure production. »

Une ferme centenaire
La ferme Élégante possède un cheptel de 110 vaches. Pierre-Paul Boulet représente la quatrième génération à exploiter le site depuis 1908. À ses débuts, l’exploitation agricole avait une superficie de 80 acres, alors qu’elle est aujourd’hui de 1600 acres. Il s’agit maintenant d’une ferme diversifiée avec, entre autres, une cabane à sucre familiale.

En plus de la députée-ministre Bibeau, on retrouvait parmi les visiteurs Mariane Paré, mairesse de Dudswell, ainsi que la directrice générale de la municipalité, Marie-Ève Gagnon.

Avez-vous votre fermier de famille?

Alors que la période des semis est déjà bien entamée, l’arrivée du printemps constitue également le moment d’inscription aux paniers de légumes bio. Dans la région, ils sont une douzaine de producteurs à offrir cette formule citoyenne qui gagne en popularité.

Le concept des paniers bio vient d’une initiative de l’organisme environnemental québécois Équiterre, implanté en 1995. Le fonctionnement est des plus simples : en s’abonnant auprès d’un producteur maraicher participant, le client reçoit chaque semaine en cours de saison un panier de produits frais et locaux déposé à un point de chute prédéterminé. Cette façon de faire s’inscrit dans le cadre du réseau d’Agriculture soutenue par la communauté (ASC).

« C’est pour ça que c’est soutenu par la communauté, parce que les gens prennent une part du risque avec le producteur », explique Marc-Sylvain Pouliot, conseiller en développement agroforestier au CLD du Haut-Saint-François. « En s’abonnant, ils payent le producteur, ce qui fait qu’il a de l’argent dès le début de la saison pour acheter des semences, chauffer les serres, payer des employés. » Le paiement à l’avance constitue une forme de partenariat avec le client, qui donne alors au producteur le mandat de lui produire des légumes frais et locaux.

Beaucoup de nouveaux joueurs sont venus s’ajouter à l’offre, ces dernières années, face au succès de la recette. « Il y a un engouement depuis quelque temps.Voilà cinq ans, il y en avait peut-être juste deux ou trois fermes qui offraient des paniers », relate M. Pouliot. « C’est là pour rester parce que le phénomène de savoir d’où viennent les aliments va en augmentant. Les gens deviennent plus sensibles à ça. »
On n’a qu’à se rappeler la publication d’un bilan de la santé publique en février dernier qui dévoilait que des framboises contaminées en provenance de Chine avaient rendus malades des centaines de Québécois en 2017.

« Au Québec, même ce qui est bio est souvent importé », déplore le conseiller agroforestier. « C’est dur de trouver des légumes bio du Québec dans les épiceries. Souvent les producteurs bio ne sont pas à gros volume, ce qui fait qu’ils ne sont pas capables de fournir les Sobeys de ce monde. »

M. Pouliot rappelle que l’agriculture de proximité est un mode de vie et que les producteurs ne vivent pas dans l’abondance. Plusieurs d’entre eux doivent occuper d’autres emplois en parallèle. « Ceux qui ont réussi, souvent c’est parce qu’ils ont soit pas eu à acheter une grande terre, qu’ils ont été chanceux et qu’ils en ont trouvé une petite ou qu’ils ont loué assez longtemps pour atténuer les coûts fixes et être capables de se monter une clientèle. »

Au fil des ans, la formule des paniers bio a évolué pour devenir un produit flexible et avantageux pour le client. Si, au début, leur contenu était plutôt fixe et figé, une diversification du choix et des possibilités s’est ajoutée depuis. « Il y a vraiment encore beaucoup de place pour ça. On est loin d’avoir couvert le marché », termine Marc-Sylvain Pouliot.

Producteurs de paniers de légumes et fruits en ASC
Dans le Haut-Saint-François, ils sont 13 producteurs à offrir la formule des paniers bio. Les Jardins de Bury, Champéfruit et la ferme du Coq à l’Âne sont situés à Bury. La ferme La Base est à La Patrie, tandis que Croque-Saisons se trouve à Lingwick et Les Jardins de Sébastien, à St-Isidore-de-Clifton. Finalement, Cookshire-Eaton a son lot de producteurs bio avec Le Bastion vert, Le Jardinier déchainé, Les Hôtes épinettes, Les Jardins des Bocages, La JoualVert, Les Légumes Korzina et Les Maraîchers de l’or vert.

Le PDZA passe en phase 2

Dix-huit mois après son adoption, le Plan de développement de la zone agricole (PDZA) vient de compléter sa première phase d’une série de trois. D’ici 2021, le plan d’action en prévoit deux autres qui engloberont, par exemple, le soutien aux marchés publics et aux abattoirs régionaux. Marc-Sylvain Pouliot, qui est responsable de la mise en œuvre du Plan, nous éclaire sur ce qui a été accompli et ce qui reste à faire.
Phase 1
Une des premières actions complétées fut la mise en place du comité de suivi du PDZA, qui veille à son application. En bonne partie, ceux qui se retrouvent aujourd’hui à siéger sur ce comité furent les mêmes qui ont veillé à son élaboration pendant plus de 18 mois, en 2015-2016. M. Pouliot se réjouit de cette continuité. « Ils veulent que ça avance. C’est un comité qui est impliqué et qui amène des bonnes idées. Ils n’ont pas peur de discuter. »

Dans un désir de développer les capacités entrepreneuriales, le PDZA a tenu le Forum agricole et forestier du Haut-Saint-François. L’événement avait réuni une centaine de personnes à East Angus au début du mois de février. La formule du forum, plus conviviale, avait été privilégiée à celle des formations régulières.

C’est également au cours de la phase 1 que le site internet du CLD fut mis à jour pour inclure un nouvel onglet Agriculture et foresterie, le tout dans le but d’avoir un guichet unique d’accompagnement. Cette ressource en ligne répertorie par exemple les programmes de subventions ou, encore, des cartes de potentiel agricole des sols de la région.

Nouveauté
Le lancement officiel de la plate-forme L’ARTERRE a eu lieu le 9 mars dernier dans le cadre du congrès de la Fédération de la relève agricole (FRAQ). Il s’agit d’un service de maillage axé sur l’accompagnement et le jumelage entre aspirants-agriculteurs et propriétaires. Le service privilégie l’établissement de la relève par la reprise de fermes, l’acquisition ou la location d’actifs. Le conseiller en développement agroforestier au CLD donne un exemple. « Il peut y avoir des jeunes qui aimeraient se lancer en production laitière, mais qui ne veulent pas acheter tout de suite. Ils pourraient alors être partenaires sur une ferme, le temps d’acquérir l’expérience. »

Une visite sur le site permet, entre autres, de visualiser une banque de terres disponibles présentées sous forme de fiches. Le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) assume la coordination provinciale du service, auquel la MRC adhère. Un agent de maillage local devrait d’ailleurs être en fonction dès le mois d’avril.

« Ça, je pense que ça répond à un besoin », admet Marc-Sylvain Pouliot. « Depuis que je suis là, j’ai répondu tant bien que mal aux demandes que j’ai eues. J’étais un peu mal pris parce que je n’avais pas nécessairement de choix d’un bord [producteurs] ou de l’autre [relève]. Plus la banque sera bien garnie, plus ça va être facile de faire des jumelages. Beaucoup de gens attendaient après ça. Ça va être une bonne chose. »

Complémentaire à L’ARTERRE, sera la banque d’opportunités. « Ça va être un peu un gros Kijiji, mais spécifique à l’agricole en Estrie. Ça aussi ça va être intéressant » complète le conseiller.

Une aide commune
Le Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR) vient d’annoncer la quinzaine de projets retenus pour la région de l’Estrie. Comme les différentes MRC estriennes ont également eu à développer un PDZA qui leur était propre, celles-ci ont mis en commun leurs ressources financières et techniques pour former une entente sectorielle de développement (ESD) bioalimentaire. Les signataires de cette entente comprennent les MRC de Coaticook, Memphrémagog, des Sources, du Granit, du Haut-Saint-François et du Val-Saint-François, en plus de la Ville de Sherbrooke, du MAPAQ et de l’UPA Estrie. L’aide financière accordée est de 673 907 $ jusqu’en 2021.

Prochains dossiers
Ce jeudi 22 mars, le Syndicat des Producteurs forestiers du Québec présentera les résultats du potentiel économique de récolte et de culture de produits forestiers non ligneux (PFNL) sur le territoire du Haut-Saint-François. L’inventaire terrain a été réalisé à l’été 2017 par la coopérative de solidarité Cultur’Innov. Marc-Sylvain Pouliot précise « qu’il y avait déjà des cartes théoriques des endroits où il pouvait y avoir des PFNL. Cultur’Innov est allé sur le terrain faire des virées pour valider concrètement les croisements avec les banques de données. »

Dans sa mission de soutenir les marchés publics locaux, le PDZA a organisé une rencontre des quatre marchés de la MRC, soit ceux de Lingwick, Westbury, Sawyerville et Scotstown. L’expérience sera répétée à la fin de la saison 2018. « On est quand même chanceux d’avoir quatre marchés publics », estime M. Pouliot. « Ils sont aussi bien répartis sur le territoire. Un producteur local a accès à un marché proche. Ça reste des jeunes marchés, donc c’est normal qu’il y ait moins d’affluence pour le moment. »

Le soutien du développement et de la diversification des abattoirs régionaux demeure un dossier prioritaire, particulièrement suite à l’incendie de l’Abattoir Rousseau à Lingwick. « Disons que ça a accéléré le processus », admet le conseiller en développement agroforestier. « On continue d’étudier différentes options et de mettre beaucoup d’énergie là-dessus. » L’Abattoir boucherie Desmarais à Weedon demeure le site le plus intéressant et celui avec le plus de potentiel dans la région pour une conversion d’abattoir de proximité en un de certification A1. « Ça mérite plus d’analyse approfondie. C’est des gros sous tout ça », résume M. Pouliot.

Dans la foulée du projet de cannabis médical et de chanvre industriel à Weedon, le PDZA souhaite voir le développement de la filière des productions émergentes. Celui qui est responsable de la mise en œuvre du Plan termine en disant que « beaucoup de choses ont été entamées et ont mijoté en 2017. Ça va venir à aboutir cette année. 2018 sera une bonne année de réalisation. »

Quand l’art s’invite à table

Dans deux semaines, l’Atelier Auckland mettra la table pour son tout premier Stammtisch. La rencontre culinaire se tiendra le premier samedi d’avril, soit le 7, le lendemain du Jour du tartan. La thématique écossaise sera à l’honneur pour l’occasion; les invités étant encouragés à délaisser le pantalon au profit du kilt !

L’Atelier Auckland est l’unité de production de Sylvain Dodier et Luc Pallegoix, à Saint-Isidore-de-Clifton. Le centre d’art et de nature a déjà présenté nombre d’expositions, activités et concerts variés par le passé. Cette année, les arts de la table s’invitent à l’atelier sous la forme du Stammtisch. Celui-ci se veut, traditionnellement, la tablée d’habitués d’un bar ou d’une auberge dans les régions germaniques. Alors que les hôtes en sont à préparer leur programmation 2018, « le Stammtisch sera le premier truc qu’on lance pour la saison », avance Sylvain Dodier.

Le Stammtisch sera plus qu’un simple repas. « On amène l’idée de métissage culturel à table », précise Luc Pallegoix. « On mêle les nourritures terrestres aux nourritures de l’âme en même temps. Aussi de refaire le monde, ça fait partie de la culture de l’établissement. Et l’été est propice à ça. » C’est M. Pallegoix qui sera derrière les fourneaux pour l’occasion pour recréer, le temps d’une soirée, une réalité bien ancrée dans sa Franche-Comté natale. « À la maison en France, ça cuisine beaucoup, ça reçoit beaucoup. Et le Stammtisch existe toujours. Même dans ma ville natale, à Besançon, tu en retrouves. »

Ce qui sera un rendez-vous mensuel aura une nouvelle thématique chaque fois. « Il y aura différentes formules de Stammtisch pour pouvoir voyager dans les régions, les pays et même au Québec ! Il y a plein de trucs à découvrir, comme les herbes salées du Bas du Fleuve », prévoit déjà le chef.

Pour l’édition d’avril, « l’objectif est de faire découvrir toute la part des Écossais, incluant leur influence. C’est pour ça que Luc le fait le lendemain du Jour du tartan », explique M. Dodier. Le 6 avril 1320 est la date de la signature de la Déclaration d’Arbroath établissant l’indépendance historique de l’Écosse. À l’échelle provinciale, les immigrants écossais forment l’un des peuples fondateurs du Québec, alors que, localement, certains d’entre eux s’établirent à Scotstown, Gould et au Canton de Lingwick au 19e siècle.

Le candidat du Parti vert dans Mégantic rajoute que « le but est de faire découvrir les métissages. C’est important en art. Notre bouffe, notre culture… On est très marqués par les anglophones, les Irlandais, les Écossais. Et c’est dans cette optique que le Stammtisch est organisé. »

Concrètement, le menu offrira en plat principal un bœuf à la bière. « C’est un grand classique de la cuisine écossaise », de noter Luc Pallegoix. La viande proviendra de la Boucherie Éric Vachon, à Saint-Isidore-de-Clifton. Le chef prévoit trois purées de légumes en accompagnement, dont des pommes de terre pilées d’origine bio et locale. Bien que l’entrée demeure une surprise, nous pouvons avancer que la Fromagerie Caitya à Sawyerville sera l’un des fournisseurs d’ingrédients de la soirée. De même, l’œuvre de l’artiste cuisinier devrait porter le nom de Vertige aux trois fromages. À suivre. Comme dessert, le convive aura droit à une ganache française servie sur une pâte de shortbread.

« Le premier Stammtisch sera à la fois rustique et sophistiqué », résume Luc Pallegoix. « C’est une formule très partage. Il y aura des plats individuels lorsque obligatoire, mais sinon ce sera à la bonne franquette. Et c’est important. Plein de gens sont en recherche de ça. Nos vies vont trop vite. La logique slow life, c’est notre politique maison. On fait plus en faisant moins. »

Les Stammtisch de l’Atelier Auckland auront lieu les premiers samedis du mois. Le nombre de places est limité à douze. Plus d’information disponible auprès des organisateurs.

For Language Equality

The Quebec minister responsible for relations with English-speaking Quebecers, Kathleen Weil, recently stopped by in Bury to take the pulse of the population. About 50 members of the English-speaking community were present and were able to talk in person with the MNA of Notre-Dame-de-Grâce (NDG). General access to bilingual services was one of the issues raised more than once during the discussion.

The event was part of a provincial tour aiming to understand the diverse realities and concerns of the community in view of a public consultation to take place in the coming months. During the visit to Bury, the minister made stops at the St. Paul’s Rest Home, the Eaton Valley Community Learning Centre and the Armoury Community Centre.

According to Townshippers’ Association, the Haut-Saint-François has a community of about 2500 persons whose first language is English. This number represents 11% of the population, the second-highest percentage in the Eastern Townships, after the Memphremagog MRC.
About a month after she became minister in October 2017, Kathleen Weil announced the creation of a Secretariat for relations with English-speaking Quebecers. «The Secretariat is like a mini-ministry,» explained Weil.

«The idea is to support the vitality of the communities all over Quebec,» she continued. «We want to government services, in health and in other sectors, to be able to respond to their needs in English, because they have the right to receive information and services in English. But also to ensure that young people can stay here and find their place.»

On that point, the minister cited the statistic that two out of three bilingual university graduates leave Quebec to go work elsewhere in Canada. «We understand these young people who have opportunities elsewhere. But if they had the choice, we would rather they stay here, because we’re losing out. At present, we’re recruiting people from around the world, but we’re losing our own citizens.» Kathleen Weil offered several examples of concerns that some educated English speakers can have before deciding to leave: «Is my French good enough? Is my French suitable for the job that I am looking for?» She confirmed that the Secretariat is thinking about ways to offer linguistic support to help such persons stay. «When young people leave, they don’t come back, so it’s a loss to our population. This is becoming an issue of survival for the economy in rural regions, where there is a striking shortage in the workforce.»

The mayor of Bury, Walter Dougherty, spoke during the meeting and offered a personal account of how, some years ago, he tried out for a job in the Ministry of Transport. «The job offer mentioned a bilingual position. When I arrived to take the test, they said that if I failed the first part in French, they would stop evaluating it. I asked them to wait to look at the English part, and then to average the two parts, since bilingualism was a requirement. But they refused.» Dougherty said that the topic of the predominence of French was one that he felt passionate about.

Deuxième crue de la rivière Eaton en un hiver

Six semaines après avoir vécu une première évacuation, 70 résidents du secteur de la rue Eaton à Cookshire-Eaton ont de nouveau eu à quitter leur maison, le temps que le niveau de la rivière baisse.

Lors de cette seconde inondation à l’intérieur d’une même saison, l’ordre d’évacuer a été donné le mercredi 21 février. Près d’une semaine plus tard, les pelles mécaniques en étaient toujours à défaire les restes d’embâcles. « On devrait finir demain [le mardi 27] », estime Éric Cloutier, directeur de la sécurité publique. « Il y avait des restants de janvier, puis on travaille aussi pour éliminer les autres chances d’embâcles qui s’en viennent avec le printemps. »
Lors de l’inondation de la mi-janvier, un bouchon s’était formé sur la rivière Eaton à la hauteur du chemin Côté, qui croise la route 253. Lors de la plus récente, plusieurs embâcles s’étaient formés en amont de la rivière, jusqu’au chemin du Bassin.

Pierre Letendre est un résident du secteur de la rue Eaton et observait l’évolution du niveau de la rivière après avoir appris l’ordre d’évacuation. « J’ai été diner chez moi, puis ils passaient aux portes donner un premier avis. » Étonnamment, celui-ci avait été épargné en janvier. « Non ! Il y a même une poubelle qui était prise dans la glace, mais à part ça, rien. On était surélevés. Mais deux fois en l’espace de deux mois, c’est la première fois. Ça fait dix ans que j’habite là. D’habitude, on l’a une fois par année. »

L’ordre d’évacuer a été lancé sur l’heure du midi, le mercredi 21 février. « Trois heures après, ça sortait dans le développement un peu partout », relate M. Cloutier. En soirée, la ville a procédé à la fermeture de la route 108, qui enjambe la rivière, de manière préventive. Le détour est demeuré en vigueur de 18 h à 3 h. L’évacuation visait 30 résidences et un total de 70 citoyens, mais toutes les maisons évacuées n’ont pas été inondées. Le jeudi 22 en fin d’après-midi, les gens qui le souhaitaient pouvaient regagner leur demeure.

En janvier, entre 35 et 50 mm de pluie s’étaient abattus sur la région, provoquant une montée du niveau des eaux soudaine. À ce moment, la Ville de Cookshire-Eaton avait été quelque peu prise au dépourvu, devant lancer l’ordre d’évacuer en pleine soirée. Cette fois-ci, la situation était un peu plus préventive.

Alors que nous sommes aux abords du pont de la rue Principale Est, qui enjambe la rivière, Éric Cloutier pointe en direction d’un bâtiment situé 200 mètres plus loin. « La salle Guy-Veilleux qu’on voit, ça normalement, c’est dans une zone 0-100 ans. Donc, tu n’es pas supposé d’avoir de l’eau là ou une fois, tout de moins, en 100 ans. Là, ça fait deux fois que l’eau atteint les marches en un mois et demi. Ça fait que les statistiques, on n’en tient plus compte. »

Audrey Bresse-Carette, résidente de la rue Eaton, a vu s’accumuler 1 m d’eau dans le sous-sol de la maison familiale. À l’instar de M. Letendre, la demeure de Mme Bresse-Carette n’avait eu aucun dommage lors de l’inondation éclair de janvier. « On avait eu de l’eau sur le terrain, mais rien dans la cave. » Cela faisait quelques années que la résidence des Bresse-Carette n’avait pas été touchée par les crues. « Il y a peut-être dix ans, on avait déjà eu 6 pi d’eau dans la cave, mais rien depuis. »

Contrairement à l’évacuation de la mi-janvier, aucun centre d’urgence de la Croix-Rouge n’a été déployé en ville, l’évacuation de février a été faite de jour et avec plus de marge de manœuvre.

PAFIO

Forêts publiques de l’Estrie

Une séance d’information sur les travaux forestiers planifiés sur le territoire public de la MRC se tenait récemment au Centre communautaire de La Patrie. Les municipalités concernées sont celles de Chartierville, Hampden, La Patrie et Lingwick.
Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) gère les forêts publiques selon un Plan d’aménagement forestier intégré opérationnel (PAFIO) échelonné sur les cinq prochaines années. L’unité d’aménagement (UA) en Estrie porte le numéro 051-51. La coordination locale est faite par une table régionale, soit la Table de gestion intégrée des ressources et du territoire (TGIRT).

Outre les représentants du MFFP et de la TGIRT, nous retrouvions du personnel de Domtar, des citoyens et propriétaires privés de même que des politiciens locaux, comme les mairesses de La Patrie et de Lingwick. L’assistance se chiffrait à une vingtaine de personnes. « C’est la première fois qu’on réussit à avoir autant de gens intéressés aux aménagements qui vont avoir lieu », remarquait, enthousiaste, Manon Ayotte, ingénieure forestière et coordonnatrice à la TGIRT.

Jean-Paul Gendron, président de la TGIRT, le reconnaissait d’entrée de jeu : « [En Estrie], la forêt publique est petite et fragmentée, mais subit beaucoup de pression. » Les travaux qui y sont prévus incluent de la récolte de bois, la préparation de terrain, le reboisement, l’entretien de plantation et de l’éclaircie précommerciale. Des travaux de construction et d’amélioration des chemins forestiers sont également planifiés.

L’unité d’aménagement régionale couvre 425 km2 ou 37 000 ha. Cette superficie est répartie dans trois MRC, soit celle du Granit (81 %), du Haut-Saint-François (17 %) et des Sources (2 %). Dans le HSF, Chartierville, Hampden, La Patrie et Lingwick verront des travaux effectués sur leurs terres publiques.

Chartierville
La municipalité possède une superficie de 9 km2 de forêts publiques, soit 2 % de l’UA. Au sud de la municipalité, comprise entre la bifurcation du chemin Brise-Culotte, la limite de Notre-Dame-des-Bois et la frontière américaine, une aire de 240 hectares fera l’objet de coupes partielles (25 à 50 % du couvert forestier). Un chemin d’un kilomètre y sera implanté, alors qu’un second en partance de Notre-Dame-des-Bois sera amélioré. Une aire d’environ 10 ha subira une coupe de régénération (prélèvement de la majorité des arbres de diamètre commercial). Plus au nord, entre La Patrie et le 10e Rang, un secteur de 4 ha était en consultation pour un dégagement et une éclaircie commerciale (récolte de 25 à 50 % des arbres de diamètre commercial).

Canton de Hampden
Hampden arrive en seconde position avec 25 km2 de terres publiques, soit 6 % de l’unité d’aménagement. Une partie de ces forêts sont comprises dans le parc régional du Marécage des Scots. Plusieurs petits lots étaient en consultation. Un premier groupe de sept se situait entre les chemins Ditton et de Franceville. Ceux-ci couvrent une aire de 22 ha et un traitement de reboisement et de préparation de terrain y est prévu. Un second groupe de sept lots se trouve à l’est du chemin de Franceville et au sud de la route 214. Un reboisement et une préparation de terrain y seront effectués sur 19 ha. Au nord du chemin de Franceville, avant les limites de Val-Racine et de la MRC du Granit, le chantier Ruisseau Valley regroupe neuf lots totalisant 48 hectares en vue de coupes de régénération. Ce même secteur a environ 200 ha avec des coupes partielles prévues et 50 ha en coupes de régénération. Finalement, environ 7 km de chemins devront être implantés ou améliorés.

La Patrie
La Patrie possède la plus grande superficie de forêts publiques de la MRC avec 26 km2, soit plus de 6 % de l’UA. De cette superficie, une partie se trouve dans le parc national du Mont-Mégantic, tandis que 400 ha sont sous la gestion d’un arboretum et d’une forêt expérimentale. Des coupes partielles sur une superficie de 120 ha se feront au bout du chemin du Petit Canada Est et d’autres le seront de part et d’autre de la route 257 au sud du chemin de la Petite Angleterre sur une aire de 25 ha.

Lingwick
Lingwick comporte 11 km2 de terres publiques, comptant pour 3 % de l’UA. De ce total, quatre lots totalisant 10 ha étaient soumis à la consultation pour dégagement et éclaircie commerciale.

Les chantiers de la région ont peu soulevé d’inquiétudes et de questions de la part des gens présents, la majorité des travaux s’effectuant du côté de la MRC du Granit. Localement, l’exécution de l’aménagement est confiée à l’entrepreneur Exfor VM et au mandataire Vexco, deux entreprises de Plessisville.

Aménagement forestier coopératif des Appalaches

Voilà 44 ans que l’Aménagement forestier coopératif des Appalaches est implanté à La Patrie. Suite à un creux aux alentours de 2008, l’organisme vogue de sommet en sommet. L’année 2018 s’annonce tout aussi haute en couleur.

Aménagement forestier et agricole des Appalaches a été fondé en 1974. Il s’agissait à ce moment du premier organisme de gestion à voir le jour en Estrie. Implanté depuis ses débuts à La Patrie, le groupement forestier est devenu une coopérative en 2012. Il est désormais connu sous le nom d’Aménagement forestier coopératif des Appalaches (AFCA).

Les petits propriétaires forestiers constituent la clientèle-cible de l’AFCA. Ceux qui souhaitent devenir membre doivent posséder au moins quatre hectares forestiers d’un seul tenant. La coopérative offre une gamme complète de services forestiers pour répondre aux besoins de ces propriétaires de lots boisés. Son objectif premier consiste à aider à aménager sainement la forêt.
L’AFCA œuvre sur la majeure partie de la MRC du Granit et la portion est du Haut-Saint-François, constituée des municipalités de Lingwick (avec 3344 ha sous aménagement), Scotstown (168 ha), Hampden (2658 ha), La Patrie (8802 ha) et Chartierville (4333 ha). Dans cette partie du HSF, « près de 60 % des propriétaires forestiers sont membres ou font affaire avec la coopérative », relate son directeur général, Nicolas Meagher.

Des avantages et des retombées
Après l’aménagement des propriétés, la finalité d’un groupement forestier est de retourner en services et en valeur le fruit des opérations de la coopérative aux propriétaires et à la collectivité.

« C’est certain qu’il faut être rentable », poursuit M. Meagher. « Mais on vise pas à faire des profits. Lorsqu’on a un trop-perçu, on a une politique d’établie. C’est une forme de ristourne. L’année passée, c’était 84 000 $, puis avant ça, c’était 100 000 $ depuis 2014. » C’est ainsi que des investissements sont effectués chez les membres. « On a une devise qui est : “Une coop par et pour ses membres”. C’est un principe qui est très important pour le conseil d’administration. »

Les aménagements et investissements sont toujours faits dans une optique de développement durable. À cet effet, 75 % des membres de l’AFCA ont adhéré à la certification FSC, qui garantit des pratiques responsables et soucieuses de l’environnement. Comme de plus en plus d’usines recherchent du bois certifié pour leurs produits, cette approche positionne avantageusement ces membres. La coopérative récolte 85 000 m3 de bois par année.

« On essaie toujours d’améliorer nos techniques, nos façons de faire. On évalue donc nos pratiques au niveau du martelage, de nos sentiers de débardage, de la régénération naturelle, de la formation de nos travailleurs », complète Nicolas Meagher.
Être membre de l’AFCA implique aussi des avantages économiques. Les membres sont éligibles aux subventions du Programme d’aide à la forêt privée. Ce programme offre un support financier et technique aux propriétaires pour les aider à réaliser adéquatement leurs travaux sylvicoles. Également, les producteurs forestiers qui réalisent des travaux d’aménagement reconnus peuvent réclamer jusqu’à 85 % de leurs taxes foncières et ainsi bénéficier de crédits d’impôt avantageux.

Faire flèche de tout bois
Il y a un an, l’AFCA rendait disponibles des parts privilégiées à ses membres et employés afin d’établir une érablière acéricole à La Patrie. Une somme de 240 000 $ a ainsi été levée. En ajoutant la vocation acéricole, la coopérative est désormais un producteur agricole. « On a 16 000 entailles et on a bâti une cabane à sucre sur le rang Labonne. On a déjà commencé à récolter de l’eau. » Les parts privilégiées ont servi à payer une partie des infrastructures et installations telles qu’un évaporateur, la tubulure, les installations électriques, le chemin d’accès, la station de pompage et la cabane comme telle. Au total, il s’agit d’un projet d’environ 850 000 $.

La coopérative a pu se lancer dans une telle aventure maintenant qu’elle atteint ses cibles en suivant un plan stratégique. Nicolas Meagher se remémore la dernière période d’incertitude : « On a eu des gros creux avec la crise économique de 2008 et la crise forestière. Mais depuis ce temps-là, c’est tout replacé. Cette année, ça va être aux alentours de 6,5-7 M$ de chiffres d’affaires. »

Celui qui est seulement le quatrième directeur général en quatre décennies résume la raison d’être de l’AFCA : « On s’implique énormément. On voyait que la foresterie en Estrie, elle n’était pas assez vue, pas assez connue. Et nous, on n’est pas assez vus et connus non plus, ça fait qu’on tente de s’impliquer beaucoup. On veut se faire connaitre. On est des passionnés de la forêt puis de la foresterie. On croit en notre coopérative et dans les groupements forestiers. »

Des cordons-bleus en devenir à Un lunch presque parfait

La quatrième édition du concours Un lunch presque parfait a récemment pris fin à la Cité-école Louis-Saint-Laurent, à East Angus, au cours d’une compétition réunissant une dizaine d’étudiantes. L’équipe des Bleues, formée d’Audrey Patry-Descôteaux, d’Alexandra et Bianca Groleau, a été couronnée championne. Deux épisodes témoignant de l’aventure restent à être diffusés à la télévision.

Depuis le mois de novembre dernier, les étudiantes participantes se sont fait enseigner les bases de la cuisine au cours d’ateliers donnés par Jean-Patrice Fournier, chef propriétaire du service de traiteur Le Poivron Rouge, et Mylène Bernard, propriétaire de Petits Cupcakes. Ces derniers ont montré les secrets derrière la fabrication du pain et la cuisson des viandes. À ce sujet, chef Fournier a un conseil judicieux pour juger de la fraicheur d’un poisson : « Si tu y mets le doigt dans l’œil, puis qu’il ferme, c’est qu’il est frais. » Autrement, les élèves ont cuisiné des tartes au citron avec Mme Bernard, glacé des cupcakes et créé leur propre crème pâtissière.

Pendant ces semaines d’initiation et de préparation, les apprenties cuisinières avaient à planifier le menu qu’elles auraient à élaborer le jour de la compétition. Au cours de la semaine du 16 février dernier, les équipes étaient accompagnées par un membre du personnel de la Cité-école pour aller faire l’achat de leurs ingrédients dans l’un des deux IGA d’East Angus et de Cookshire-Eaton. Celles-ci avaient une limite de 75 $ pour acheter la nourriture nécessaire à l’élaboration d’un menu complet incluant entrée, repas et dessert pour cinq personnes.

Allez les Bleues !
La compétition s’est tenue en avant-midi le 16 février et laissait deux heures aux participantes pour tout préparer. Comme si cela n’était pas assez, des contraintes supplémentaires ont été données la journée même. La première était que le plat principal ne devait pas être présenté dans une assiette. Les équipes ont eu le réflexe de monter leur plat principal sur des planches à découper en bois.

De plus, elles avaient à intégrer un ingrédient mystère à leurs recettes parmi un choix de céleri-rave, de betterave jaune et de pousses de pois mange-tout. L’équipe des Bleues a sélectionné le céleri-rave, qu’elle a incorporé à son entrée. Le plan initial consistait en un potage de carottes, ananas et gingembre accompagné d’un pain à la poêle. Malgré la contrainte, le gout est demeuré le même. « C’était bon. On s’en rendait même pas compte », témoigne Bianca Groleau.

Le deuxième service de l’équipe gagnante était composé d’un filet de porc, accompagné d’une purée de patates douces et de carottes glacées au miel. La sœur ainée des Groleau relate ce qui a mené à la préparation de ce plat. « Le chef aidait toutes les équipes, puis il nous a dit que ce qui allait bien avec le porc, c’était la patate douce. Déjà, ça nous a aidés. Puis pendant les cours qu’il nous donnait, on a appris à faire cuire des filets de porc, puis du poisson, donc on savait comment le faire. Sinon, le reste, c’est notre imagination. »

Le trio a complété son offre avec une mousse au chocolat noir avec coulis de framboises, émietté de biscuit Graham, ganache au chocolat et framboises fraiches. Le menu élaboré des Bleues leur a valu la première place ainsi que plusieurs prix : grandes planches à découper d’une valeur de 380 $, kit à pâtisserie, tôles à biscuits, moules à muffins, douilles et poches, petit mélangeur à smoothies, spatules, tasses à mesurer et mitaines de four.

Résultats et récidive
Suite à leur première expérience à Un lunch presque parfait, les trois membres des Bleues se montrent plus que satisfaites. Elles comptent toutes prendre de nouveau part à la compétition l’an prochain. Elles essaieront même de recruter une quatrième partenaire pour faire partie de l’équipe.

Les réseaux MAtv et AXIONtv ont commencé à diffuser la microsérie de trois épisodes depuis le 26 février. Le deuxième du 12 mars montrera la seconde partie des ateliers prodigués par le chef Fournier et enseignant les bases culinaires. La journée de compétition des élèves sera quant à elle diffusée dans le troisième et dernier épisode, qui sera en ondes dès le 26 mars.

RURART d’hiver

L’édition hiver de RURART marquait le début d’une année 2018 qui verra se produire trois autres occurrences de l’événement. Les représentations de la mi-février se sont déroulées en deux temps à la ferme La Généreuse, de Cookshire-Eaton. Au total, environ 90 curieux de nature et d’art y ont assisté.
La plus récente édition a réuni huit artistes de disciplines variées (musique, danse, peinture, marionnettes, conte). Ceux-ci ont passé une semaine en résidence sur le site de la ferme dans le cadre d’un programme de production.

« La soirée de vendredi fut très intime », relate Amélie Lemay-Choquette. « On était une vingtaine. Ça a amené une autre dynamique. Optimalement, on vise un 30-40 personnes. »
La journée de samedi fut la plus courue alors que plus d’une soixantaine de gens étaient présents. « Le rythme était plus lent. J’ai eu des commentaires disant comme quoi certains ne voyaient pas toujours bien. Notre capacité d’accueil serait d’environ 70 et on l’a atteinte ce soir-là », se félicite l’instigatrice et la directrice artistique de RURART.

Un parcours comme nul autre
Cette huitième édition La chaleur humaine au cœur de l’hiver consistait en un trajet d’une heure et demie sur le site de la ferme La Généreuse. Le point de départ se faisait au feu de joie extérieur, à proximité de la grange de bois centenaire. Premier arrêt  : la serre pour une démonstration de danse et de chant, interprétée par Claude-Andrée Rocheleau, de Sherbrooke. Après coup, le groupe débute un périple qui lui fait traverser un verger le long duquel il croisera une peinture sur verre format géant, suspendue à la branche d’un arbre ainsi qu’une musicienne armée de son générateur de boucles musicales. Accroché sur les murs extérieurs d’une shed abandonnée, le public peut admirer une série de peintures réalisées sous zéro par Hélène Routhier, de Montréal. Avant d’entrer dans la forêt, on assiste au sommeil de lutins dérangés par un congénère malin, le tout dans du mobilier de neige.
La marche en forêt est surréelle, alors qu’on est au milieu d’un groupe de gens qui, au départ, ne se connaissent pas les uns les autres. La foule procède de manière silencieuse, guidée par les faibles lanternes des guides-artistes. Allan Hurd sort un peu de nulle part et interprète un chant puissant qui détonne d’autant plus dans la noirceur. Au sortir de la forêt, le groupe débouche dans la cour de l’un des gites du site. Sur la corde à linge est accroché un drap blanc qui servira d’écran à une saynète de théâtre d’ombres. Dans la même veine, deux autres arrêts feront miroiter au public les détails de peintures sur verre à travers lesquelles est diffusée une lumière en mouvement.

La boucle est bouclée alors que le public est invité à gagner l’intérieur de la grange, faisant office de studio. On s’y recueille une dernière fois, le temps de présenter à la clarté les rurartistes qui ont animé le sentier d’hiver et de terminer avec une prestation musicale.

Les sens en éveil
À la mi-février, les parcours débutent à la clarté pour se terminer à la noirceur. « C’est la thématique liée à la saison », explique Amélie Lemay-Choquette. « Ça transforme la réalité et on n’a pas d’autre choix que d’apprivoiser la noirceur, l’ombre. »

Le silence est également partie prenante de l’expérience RURART. « Ça nous met dans un état de réceptivité et de sensibilité face à l’environnement dans lequel on se trouve. Dans ce cas-ci, la nature est notre partenaire. C’est aussi pour ça qu’on intègre la marche et que les arrêts ne sont pas collés les uns aux autres. C’est pour laisser le temps d’assimiler. »

Pierre-Alexandre Bergeron, vivant présentement à Thetford Mines, en était à sa deuxième participation à l’événement, après l’édition de l’automne 2017. Celui-ci connaissait trois des artistes qui présentaient des performances ce soir-là. « C’est un événement dans lequel je crois beaucoup. C’est super inspirant de vivre cet échange avec les artistes qui nous partagent ce qu’ils ont fait pendant une semaine. Pouvoir vivre ça, je trouve ça formidable. »

Grâce à l’apport d’une nouvelle membre de l’équipe, en l’occurrence Marie-Noëlle Doucet-Paquin qui agit à titre de coordonnatrice, RURART repart sur les chapeaux de roues. Après avoir été un événement intermittent au fil des ans, 2018 marque son retour saisonnier. La prochaine édition a pour thème Dansons les deux pieds dans le printemps et se tiendra les 27 et 28 avril. Une quinzaine de dépôts de projets a déjà été reçue. Souhaitant augmenter la présence d’artistes de la région à ses événements, Mme Lemay-Choquette invite les intéressés à lui proposer leur candidature. La marche à suivre se trouve sur le site internet www.rurart.ca.

L’événement se tiendra beau temps, mauvais temps à même le site de la ferme La Généreuse, une ferme pionnière en agriculture bio, qui offre ses espaces intérieurs et extérieurs aux artistes en résidence.

Sawyerville Seed Festival

The fifth Sawyerville Seed Festival took place mid-February at the Ramana Hotel, and achieved a new record in attendance. «There have never been so many people,» Chantal Bolduc, one of the organizers, said in French. «It was really above and beyond what we expected.»

The activity is an initiative of the Sawyerville Community Garden, and has begun to make a name for itself. «I’d say it’s become very widely known. People from Montreal and from St-Hyacinthe came. People came from everywhere,» Bolduc said. «Sawyerville has begun to stand out for its green approach.»

More broadly, the Seed Festival has become, over time, a meeting place for gardening entrepreneurs and enthusiasts. «What struck me is to see the energy in the room. To see and hear all the exchanges that take place. There was a lot of passion. People were waiting for this festival, and they were glad to be there. It is a day of exchange, not just of seeds, but of exchanges between people.»

Information and Sampling
The day of activities was punctuated by seven presentations. Between 50 and 75 persons attended each one. Yannick Côté, the man behind the Farm of the Unchained, or Wild, Gardener, spoke about his journey. He also unveiled his next project, the Cuisinier déchainé Restaurant, that is to be attached to the future microbrewery 11 comtés, or 11 Counties, opening this summer in Cookshire-Eaton.

Chantal Bolduc was happy about the planning. «Everything was well orchestrated. The fact that we had a presentation scheduled for noon prevented a traffic bottleneck at the lunch area.» No less than 130 dinners were served during the day, all concocted by the Community Garden volunteer team and their friends. Guests had a choice of chilli, moussaka or tabbouleh, accompanied by salad and soup.
Besides the rotating presentations, 10 or so kiosks were available for visitors. One was that of Yvan Perreault, creator of the forested farms and food-producing forests. Perreault offered some highly appreciated tastes of pancakes made with cattail flour with an elderberry coulis and pawpaw cream (asimina triloba). He also offered iced wintergreen tea.

Jean Huppé is the owner of Miel Pur Délice in Coaticook. This is the third year that he has had a kiosk at the Seed Festival. In addition to speaking about honey, he also discussed beekeeping. Several beekeepers came to exchange tricks of the trade with him.

Anne-Sophie Desrochers and Marianne Robert, both horticultural students at the Centre de formation professionnelle CRIFA in Coaticook, attended a presentation by their teacher, Renaud-Pierre Boucher. Desrochers also came to seek advice about cultivating medicinal plants, which she hopes to incorporate into the natural cosmetics that she creates.

The Start of the New Season
«What I am most proud of is to see the local producers who, while maintaining good organic and ecological methods, continue to grow. It’s a great pleasure to see that,» enthused Chantal Bolduc. «We have to encourage our producers. They offer us something valuable. If we want this to continue, and if we want other producers to emerge with a wider variety of produce, it depends on us.» For Bolduc, the future lies in greater food autonomy and respect for the environment. «We need to be very grateful to Mother Nature,» she concluded.

The Seed Festival announces the later return of the public market, known as the Sawyerville Village Market. The season begins on July 7 and continues every Saturday until September 22, from 10:30 a.m. to 12:30 p.m. Also at the Community Garden, a heritage outdoor bread oven that was built last year is at the disposal of the public. Persons wishing to participate or to ask any questions may contact Chantal Bolduc at 819-889-3196, or chantalbolduc99@bell.net.
«It’s a market for all of Cookshire-Eaton, not just the people of Sawyerville,» she concluded.

Fête des semences de Sawyerville

La cinquième Fête des semences de Sawyerville s’est tenue à la mi-février au complexe hôtelier Ramana et a battu des records d’affluence. « Il y avait jamais eu tant de monde », dit d’emblée Chantal Bolduc, une des organisatrices de l’événement. « C’était vraiment au-delà de ce qu’on attendait. »
L’activité est une initiative du Jardin Communautaire de Sawyerville et commence à être reconnue. « Je dirais que ça a rayonné très largement. Ça a été cherché du monde de Montréal, de St-Hyacinthe. Les gens, ça venait de partout », poursuit Mme Bolduc. « Sawyerville commence à se distinguer par son volet vert. »

Plus largement, la Fête des semences est devenue au fil du temps un lieu de rendez-vous entre les intervenants du milieu horticole. « Ce qui m’a frappé, c’était de voir l’énergie dans la salle. De voir et d’entendre tous ces échanges qui se passaient… il y avait beaucoup de chaleur. Les gens l’attendaient cette fête-là, puis ils étaient contents d’y être. C’est une journée d’échanges, pas juste de semences, mais d’échanges entre les gens. »

Informations et dégustations
La journée d’activités était ponctuée de sept conférences. De 50 à 75 personnes étaient présentes pour chacune d’entre elles. Yannick Côté, l’homme derrière la ferme du Jardinier déchainé, y présentait son parcours. Il y a aussi dévoilé son prochain projet : le restaurant Le cuisinier déchainé, qui sera annexé à la future microbrasserie 11 comtés à Cookshire-Eaton, dès cet été.

Chantal Bolduc se réjouit de la planification. « Tout était bien orchestré. Le fait d’avoir une conférence sur l’heure du midi a empêché d’avoir des bouchons de circulation à l’aire des repas. » Pas moins de 130 diners ont été servis ce jour-là, le tout concocté bénévolement par l’équipe du jardin communautaire et leur entourage. Les convives avaient le choix entre un chili, une moussaka et du taboulé, accompagnés de salade et soupe.

Outre l’alternance de conférences, on retrouvait sur place une dizaine de kiosques. L’un d’eux était celui d’Yvan Perreault, créateur de fermes forestières et de forêts nourricières. M. Perreault offrait des dégustations fort appréciées de crêpes à la farine de quenouilles avec coulis de sureau et crème de pawpaw (asiminier trilobé). Il était également possible d’y boire un thé des bois glacé.

Jean Huppé est le propriétaire de Miel Pur Délice, à Coaticook. Cela était la troisième année qu’il tenait un kiosque à la Fête des semences. Outre parler de miel, celui-ci était également sur place pour traiter d’apiculture. Quelques propriétaires de ruches sont venus échanger avec lui des trucs.

Anne-Sophie Desrochers et Marianne Robert, toutes deux étudiantes en production horticole au Centre de formation professionnelle CRIFA de Coaticook, étaient venues voir leur enseignant Renaud-Pierre Boucher pour sa conférence. Mme Desrochers venait également chercher des conseils pour la culture de plantes médicinales, qu’elle souhaite incorporer aux cosmétiques naturels qu’elle conçoit.

Le début de la saison
« Ce dont je suis le plus fière, c’est de voir les producteurs locaux qui, tout en recourant à de belles méthodes bio et écologiques, continuent de grandir. C’est un grand plaisir de voir ça », s’enthousiasme Chantal Bolduc. « Il faut les encourager, nos producteurs. Ils nous servent quelque chose de beau. Si on veut que ça continue, puis qu’il émerge d’autres producteurs avec d’autres variétés de produits, ça dépend de nous. » Pour Mme Bolduc, la suite des choses passe obligatoirement par une plus grande autonomie alimentaire et le respect de l’environnement. « Il faut savoir être reconnaissant envers Dame Nature », conclut-elle.

La Fête des semences annonce à plus long terme le retour du marché public, connu sous le nom de Marché villageois de Sawyerville. La saison débutera dès le 7 juillet pour s’étirer chaque samedi jusqu’au 22 septembre entre 10 h 30 et 12 h 30. À même le site du jardin communautaire, un four à pain ancestral, construit l’an dernier, est mis à la disposition du public. Pour y participer ou pour toute question, il est possible de contacter Chantal Bolduc au 819 889-3196 ou au chantalbolduc99@bell.net.
« C’est le marché pour tout Cookshire-Eaton, pas juste les gens de Sawyerville », termine-t-elle.

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