Jean-Marc Brais

Jean-Marc Brais

Jean-Marc a été journaliste pour le Haut-Saint-François de 2017 à 2019 et de 2024 à 2025.

100 Citizens Embark on the Train of History

The conference on the history of transportation in the Haut-Saint-François brought together a hundred persons in the Armoury of Bury, at the beginning of the month. The day’s menu was packed full with five presentations and embellished with kiosks and a video.

The organisers said they were delighted by the keen interest the event generated. The conference was a collaborative venture by the Bury Historical and Heritage Society and the Eaton Corner Museum.

Aboriginal Peoples
The day began with a presentation by Éric Graillon, archeologist at the Sherbrooke Museum of Nature and Science. Graillon presented the results of research carried out in the Haut-Saint-François. The research traced certain routes used by the ancesters of First Nations people in their seasonal movements before the arrival of Europeans. Graillon praised the Gaudreau archeological site, situated at the confluence of the Salmon and Saint Francis rivers in Weedon. «So far, it’s the site that has yielded the most artefacts in the Eastern Townships.» At this site, archeologists found more than 1000 tools, pottery objects and projectile points.

Alain Coulombe discussed the covered bridges of the region. He detailed the structures and the methods of construction of those bridges still standing today, such as the John Cook and McDermott bridges in Cookshire-Eaton, not to mention the famous McVetty-McKenzie bridge in Lingwick. “It was as if I had unearthed some corpses,” he exclaimed after having consulted archives dating 30 to 40 years ago, when he was preparing his presentation. Coulombe gained his expertise on the subject when he toured the province for the Ministry of Culture.

The other speakers offered presentations in the two languages. Steve Cameron revisited the history of the Craig and Gosford roads. The retired journalist Jean-Claude Vézina spoke about the challenges faced by the settlers in gaining access to the eastern part of the Townships. Finally, Yves Bibeau traced the evolution of trucking.

A Step Back in Time
Along the walls surrounding the audience in the Armoury were numerous artefacts. Installed in one corner was a horse-drawn carriage. On the other side of the room were geographic maps of yesteryears from the Bury Society’s archives, the Eaton Corner Museum, and the Eastern Townships Resource Centre. They were accompanied by artwork furnished by the Eaton Corner Museum and created by the local artist Denis Palmer.

Several persons were even dressed in period costumes, as were Ed Pedersen and John Mackley of the Bury Historical and Heritage Society. The same was true of Louis Lapierrière who, with his Louis Écolo Antiquité business, highlighted costumes and objects related to trains. «The regions were developed by trains. In this sector here, it was dominant. Each village had its station.» As an example, he mentioned East Angus with its pulp and paper mill.

The organisers from the Bury Society were pleased. «We are very, very happy to see everyone who came out,» said the Society’s president, Ed Pedersen. Archivist and board member John Mackley, also said he was «very satisfied.» In his view, the event had the advantage of «making history better known to the public in general. It’s a very interesting subject. It’s more pertinent than Facebook!»

Pedersen agreed wholeheartedly. «It’s our mandate to promote our heritage. That is becoming more and more difficult in a modern society.» In this sense, he found it important that the day should unfold in both languages, because a good part of the communities of both Bury and Eaton Corner have English as their mother tongue.
The various presentations on the history of transportation were captured on video. «We’re aiming to have something to show to students or in meetings in the future. The goal is not for profit, it’s for an educational aim,» said Mackley. He hopes to organise similar events again in the future.

Cent citoyens embarquent dans le train de l’histoire à Bury

La conférence sur l’histoire du transport dans le Haut-Saint-François a réuni une centaine de personnes au Manège militaire de Bury, au début du mois. Le menu de la journée était chargé de cinq présentations agrémentées de kiosques et de vidéo.

Les organisateurs se disent ravis de l’engouement suscité par l’événement. Celui-ci a été rendu possible grâce à une collaboration entre la Société d’histoire et du patrimoine de Bury et le Musée Eaton Corner.

Des Amérindiens au train
La journée s’ouvrait avec la présentation d’Éric Graillon, archéologue au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke. Ce dernier présentait les résultats de recherches effectuées dans le Haut-Saint-François. Elles ont permis de retracer certaines routes qu’utilisaient les ancêtres des Premières nations dans leurs déplacements saisonniers avant l’arrivée des Européens. M. Graillon vantait les mérites du site Gaudreau, situé au confluent des rivières au Saumon et Saint-François à Weedon. « Jusqu’à maintenant, c’est le site qui a livré le plus de vestiges dans les Cantons-de-l’Est. » Y ont été retrouvés plus de 1000 outils, objets de poterie et pointes de projectile.

Alain Coulombe a traité des ponts couverts de la région. Il a détaillé les structures et méthodes de construction de ceux qui sont encore debout aujourd’hui, comme John-Cook et McDermott de Cookshire-Eaton, sans oublier le fameux McVetty-McKenzie à Lingwick. « C’était comme si j’avais déterré des morts », s’est-il exclamé après avoir consulté des archives datant de 30-40 ans aux fins de sa présentation. M. Coulombe avait bâti une expertise sur le sujet en ayant fait le tour de la province pour le compte du ministère de la Culture.

Les autres conférenciers ont offert des exposés dans les deux langues. Steve Cameron revisitait l’histoire des chemins Craig et Gosford. L’ancien journaliste Jean-Claude Vézina est revenu sur les défis pour les colonisateurs d’accéder à l’est des Cantons. Finalement, Yves Bibeau a tracé l’évolution du camionnage.

Un retour en arrière
Tout autour de l’assistance réunie au Manège militaire se trouvaient nombre d’artefacts. On avait installé à l’intérieur une charrette à cheval, tandis qu’étaient exposées des cartes géographiques d’antan des archives de la Société de Bury, du Musée Eaton Corner et du Centre de ressources pour l’étude des Cantons-de-l’Est. Elles ont été accompagnées de visuels fournis par le Musée Eaton Corner et confectionnées par l’artiste local Denis Palmer.

Certains avaient même revêtu des habits d’époque, comme c’était le cas pour Ed Pedersen et John Mackley de la Société d’histoire et du patrimoine de Bury. Même chose pour Louis Laperrière qui, avec son entreprise Louis Écolo Antiquité, avait mis en valeur costumes et objets reliés du train. « Les régions se sont développées par le train. Dans le secteur ici, c’est dominant. Chaque village avait sa gare. » Il donne l’exemple d’East Angus avec son usine de pâtes et papiers.

Les organisateurs de la Société d’histoire et du patrimoine de Bury étaient réjouis. « On est très, très heureux de voir tout le monde », s’exprimait le président Pedersen. L’archiviste et administrateur, M. Mackley, s’est dit aussi « très satisfait ». À ses yeux, l’événement a l’avantage de « mieux faire connaitre l’histoire au public en général. C’est un sujet très intéressant. C’est plus pertinent que Facebook ! »

M. Pedersen abonde dans le même sens. « C’est notre mandat de promouvoir notre patrimoine. Ça devient de plus en plus difficile dans une société moderne. » En ce sens, il trouvait important que le déroulement de la journée se fasse dans les deux langues, une bonne partie des communautés de Bury et d’Eaton Corner ayant l’anglais comme langue maternelle.

Les diverses conférences sur l’histoire du transport ont été captées sur vidéo. « C’est dans le but d’avoir quelque chose à montrer aux écoliers ou aux réunions dans l’avenir. C’est pas dans un but lucratif, c’est dans un but éducatif », mentionne John Mackley. Il compte récidiver la tenue d’une telle activité dans le futur.

Le CPA East Angus accueille les patineuses

La compétition locale Invitation Suzanne Cathcart s’est tenue à la mi-novembre à l’aréna Robert-Fournier d’East Angus. L’événement annuel a réuni plus d’une centaine de patineuses en provenance de l’Estrie et d’ailleurs. Une quinzaine de représentantes du CPA East Angus ont pris part aux épreuves dans différentes catégories.

Les municipalités représentées à la compétition étaient variées : Sherbrooke, Lac-Mégantic, Windsor, Coaticook, Victoriaville, Asbestos et Thetford Mines.
Petites-cousines dans la vie, Éloïse Perron et Victoria Lamontagne s’affrontaient dans la catégorie Star 4 moins de 13 ans. Elles ont toutes deux commencé le patinage artistique à l’âge de trois ans. Éloïse en était à sa deuxième compétition dans cette catégorie où le système d’évaluation est différent. « Ça ne s’est pas passé comme je voulais. En partant, j’étais vraiment stressée parce que je savais que j’étais dans mon aréna », confiait-elle.

Victoria, de son côté, présentait un numéro solo qu’elle préparait depuis deux ans. Elle effectuait un retour à la compétition après une pause obligée d’une année suite à une blessure. « C’était pas mon plus beau solo à vie, mais j’ai quand même réussi à me qualifier sur le podium. » Elle s’est mérité la médaille de bronze.
D’autres représentantes du Club de patinage artistique d’East Angus se sont illustrées. Mollen Nadeau a raflé la médaille d’argent dans la catégorie Star 4 plus de 13 ans et Maude Robert s’est également emparée de la seconde marche du podium dans les Star 5 13 ans et plus.

Le CPA East Angus, qui regroupe au total 53 patineuses, organise depuis plusieurs années la compétition Invitation Suzanne Cathcart dans le but de mesurer la progression de ses athlètes et de les préparer aux compétitions de plus grande envergure. L’événement est rendu possible grâce au travail de nombreux bénévoles.

Un colloque chamboulé par Dame Nature

La première tempête de neige de la saison est venue contrecarrer les plans du colloque Ruralité et diversité culturelle, qui avait lieu au Centre culturel de Weedon. Moitié moins de monde et les trois quarts des conférences étant annulées, l’organisation a su retomber sur ses pattes et offrir une journée enrichissante à la trentaine de participants.

France Lebrun, présidente de la Corporation de développement communautaire (CDC), a rebaptisé l’événement avec humour : le «chaos-lloque». Le chaos était, pour Jinny Mailhot, la directrice générale de la CDC, qui chapeautait le colloque, la réorganisation découlant des changements de plan qui s’accumulaient plus la journée avançait.

Intelligence collective
Le centre culturel a tout de même accueilli une trentaine de personnes sur les 75 prévues au départ. Outre les intervenantes locales, on retrouvait des gens de la MRC de Coaticook et même des représentants d’Impact Emploi, qui s’étaient déplacés depuis Plessisville. L’occasion était tout de même exceptionnelle : on allait traiter d’enjeux qui ne sont jamais abordés dans le Haut-Saint-François, et ce, avec des gens de l’extérieur.

Mme Mailhot a qualifié l’ambiance de magique. « On a eu une petite bulle d’échanges vraiment intéressante. Les gens ont beaucoup discuté entre eux. Il y a beaucoup de liens qui se sont faits. » La programmation initiale n’étant plus respectée, l’improvisation s’est immiscée et a soudé les gens présents. « On a utilisé nos expertises sur le contenu des autres pour développer puis apprendre ensemble », complète la DG.

Des participants issus de la diversité
S’il en est un qui n’avait pas besoin d’être convaincu de s’ouvrir sur l’autre, c’est bien Boubacar Cissé. Il est le directeur de la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie (FCCE) qui, par le biais du projet Espace de la diversité, initiait l’événement.

« Ce colloque est important dans la mesure où ça permet aux intervenants du milieu de mieux connaitre les enjeux de l’immigration. Ainsi, ils seront mieux outillés pour mobiliser la communauté à l’accueil, à l’ouverture et à l’intégration des immigrants de même qu’à leur rétention dans la collectivité. » Pour M. Cissé, la question ultime demeure : « Que devons-nous faire pour que les immigrants vivent avec nous et non parmi nous ? »

La formation d’un comité à la fin de la journée avait de quoi réjouir M. Cissé. L’initiative pave la voie à un plan d’action comprenant des mesures concrètes en vue d’une meilleure ouverture du milieu. Par le passé, le directeur de la FCCE a contribué à l’adoption par la Ville de Sherbrooke d’une politique d’accueil et d’intégration des immigrants.

Weedon, municipalité multiculturelle
La tenue de l’événement à Weedon n’était pas le fruit du hasard. Le maire Richard Tanguay avait proposé la municipalité lorsqu’il a eu vent qu’un nouveau colloque se préparait. « J’avais le gout qu’on le fasse ici pour sensibiliser notre monde puis préparer le dossier MYM. Si on veut combler les emplois, on risque d’avoir un peu toutes sortes de monde qu’on va aller chercher. On n’aura pas le choix. »

M. Tanguay est d’autant plus sensibilisé à la cause qu’il a déjà été un nouvel arrivant au sein de sa communauté. Il y a une quinzaine d’années, lors de son emménagement à Weedon, il se rappelle s’être fait ouvrir les bras par le comité d’accueil de la municipalité.

Des sapins du Haut au pays de l’oncle Sam

L’automne pluvieux et l’arrivée hâtive de la neige ont des avantages pour certains. Une quarantaine de producteurs d’arbres de Noël du Haut-Saint-François en sont à terminer la récolte et l’expédition de leurs sapins. Si la quantité s’annonçait déjà pour être au rendez-vous, la qualité sera exceptionnelle en 2018.

« Tu peux pas avoir une meilleure année pour les arbres de Noël », se réjouit Éric Mailhot des Plantations Pierre Mailhot et Fils, à Bury. « Quand c’est horrible pour les humains, c’est super pour les arbres ! Cette année, la qualité va être exceptionnelle. »

L’arbre est dans ses feuilles
Le Québec affiche une croissance soutenue de ses exportations depuis les quatre dernières années. La province est passée de 819 000 arbres exportés en 2013 à 1 667 000 en 2017. Du lot, l’Estrie compte 45 % des entreprises productrices, soit 122 sur 270 selon le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Les MRC de Coaticook et du Haut-Saint-François se répartissent à leur tour la plus grande proportion de ces producteurs avec respectivement 52 et 43.

Les sapinières n’étant pas tenues de dévoiler leurs ventes et leurs nombres d’arbres, l’Association des producteurs d’arbres de Noël du Québec n’a pas de données spécifiques par région. L’industrie provinciale se chiffrait toutefois à 50 M$ en 2017 pour un produit dont le cout moyen est autour de 20 $.

Les sapins Mailhot
Éric Mailhot a repris les rênes des Plantations Mailhot et Fils suite au décès de son père Pierre, le 1er décembre 2017. Le site de production de 55 acres contient environ 100 000 arbres, ce qui en fait un joueur de taille intermédiaire. En prenant la tête de l’entreprise, le fils Mailhot s’est mis à l’anglais comme 90 % de sa production se destine aux États-Unis.

À l’image de l’industrie québécoise, la demande est forte du côté de l’entreprise de Bury. M. Mailhot dit même avoir refusé des ventes cette année. Les choses vont bien pour le secteur depuis le retour du balancier en faveur de l’arbre naturel. Dans la première partie des années 2000, l’opinion générale voulait que le sapin artificiel était meilleur au point de vue environnemental.

Au moment de l’entrevue, Éric Mailhot terminait la période intensive de coupe et d’emballage qui s’échelonne sur cinq semaines. Neuf camions contenant chacun environ 900 arbres ont donc quitté ses terres à ce moment pour acheminer la marchandise. Ces 8000 sapins seront remplacés au printemps par autant de plants mis en terre manuellement.

Des classiques de Noël
Plantations Pierre Mailhot et Fils cultivent des sapins Baumier et Fraser. Le premier demeure le plus populaire grâce à ses effluves qui «embaument» l’intérieur. Quelques entreprises cultivent aussi la variété Cook, qui affiche une teinte plus bleutée que ses cousins traditionnels. C’est le cas de Bôsapin, dont les terres sont situées à La Patrie et les bureaux à Coaticook.

Dans tous les cas, la clientèle opte pour un arbre fourni à la forme triangulaire. « Le marché s’en va de plus en plus vers la qualité », dénote Éric Mailhot qui œuvre à la sapinière depuis 1992. « Et je suis pas gêné de notre qualité. » À son avis, le Haut-Saint-François et, plus largement, l’Estrie offre les conditions optimales à la culture du sapin avec son type de sol, le drainage de la terre et le climat.

La micropulperie roule à plein régime

La micropulperie du Parchemin avait des airs d’atelier du père Noël alors que l’entreprise étudiante s’affairait à produire ses 2500 cartes du temps des Fêtes. Lors de notre passage, une vingtaine d’élèves de sixième année de l’école d’East Angus assimilaient les tâches qu’ils allaient ensuite pouvoir enseigner à d’autres groupes.

Il règne dans le petit local de classe une atmosphère de petite usine, alors que le son du mélangeur déchiquetant le papier se mêle aux vibrations d’un tordeur à linge d’antan essorant les cartes fraichement assemblées. Les ouvriers en herbe choisissent les chansons qui jouent en arrière-plan tandis qu’une bonne partie d’entre eux, les papetiers, se mettent littéralement les mains à la pâte.

Comme un vrai travail
Tout le monde a obtenu son «emploi» après être passé par un processus d’embauche traditionnel : envoi d’un CV et d’une lettre de présentation, entrevue et formation. Les élèves occuperont leur poste de directeur adjoint, de tordeur ou encore de contrôleur de la qualité tout au long de l’année, comme la micropulperie fabrique d’autres produits à différents moments de l’année scolaire.
Celui qui chapeaute l’opération, l’enseignant Alexandre Dumas, essaie de laisser toute la place à l’enfant. Le fonctionnement de sa classe est différent, celle-ci se déroulant par plans de travail. Ainsi, en début de semaine, les jeunes reçoivent la liste de leurs travaux scolaires. Ils procèdent alors par ordre de préférence et à leur rythme. Une fois la partie école terminée, ils peuvent passer à la Micropulperie.

Les finissants de l’école du Parchemin côté Collège sont loin de considérer l’expérience comme une corvée. Charlotte Bergeron se rappelle ses années précédentes alors qu’elle venait visiter l’atelier et était apprentie d’un jour. Aujourd’hui, elle est l’une des quatre directrices adjointes. Elle aime l’aspect créatif du processus.

Amilia Poulin, en tant qu’animatrice de groupe, avait hâte que les groupes plus jeunes du côté Couvent viennent rendre visite. Elle redoutait toutefois la fin des journées qui signifie de devoir tout ranger et nettoyer.

« C’est un projet qui est encore rassembleur et qui continue à faire son œuvre », s’enthousiasme Alexandre Dumas. Celui qui était présent lors de la mise sur pied du projet il y a 12 ans n’a que de bons mots pour la méthode d’apprentissage alternative. « La période de Noël, c’est la période la plus intense. Après ça, tout au long de l’année, les élèves vont continuer à faire des productions avec le papier recyclé. » La production de la micropulperie comprend également des accroche-portes et d’autres types de cartes.

L’argent amassé par la vente de ces items est entièrement destinée aux élèves des deux pavillons de l’école du Parchemin. Plusieurs activités et projets sont ainsi financés depuis plus d’une décennie par l’initiative.

Le CJE maintenant accessible au bout des doigts

Le Carrefour jeunesse-emploi (CJE) du Haut-Saint-François dévoilait récemment la nouvelle mouture de son site internet. Le portail, destiné aux jeunes de 16 à 35 ans, s’est mis au gout du jour en étant adaptable à tous les types d’écrans, du cellulaire au poste informatique conventionnel, en passant par la tablette. Le nouveau site du CJE demeure accessible à la même adresse qu’auparavant, le www.cjehsf.qc.ca.

« L’objectif de ce site-là, c’était vraiment de s’adresser aux jeunes pour qu’ils développent le réflexe soit de nous référer et d’utiliser nos services, soit de nous contacter. Pour les 16-35 ans, on est la ressource en employabilité », rappelle Véronick Beaumont, agente de projets et de communication pour l’organisme.

L’expérience utilisateur s’en trouve améliorée comparativement à la précédente version statique qui ne s’affichait pas correctement par exemple sur les petits écrans de téléphone cellulaire. De petits détails qui peuvent faire toute la différence chez les jeunes ont aussi fait leur apparition. On n’a qu’à penser à un bouton cliquable qui permet la prise de rendez-vous avec un membre de l’équipe du CJE.

« Le site internet nous a permis de mettre à la fois beaucoup et peu d’information », poursuit Mme Beaumont. « Ça demeure une courroie de transmission très efficace. » Si la page d’accueil présente d’un coup d’œil les différents volets du Carrefour jeunesse-emploi, l’information demeure concise avant d’avoir à recourir au menu.

Le Babillard emploi a reçu une cure de rajeunissement. L’outil, très consulté autant par les employeurs que par les chercheurs d’emploi, est modifiable par l’équipe du CJE. Les employeurs peuvent eux-mêmes remplir un formulaire électronique qui sera transformé en un affichage de poste en ligne. Pour la main-d’œuvre, le répertoire des entreprises du Haut-Saint-François a été mis à jour afin d’offrir un outil supplémentaire lors d’une recherche d’emploi.

L’année 2018 en était une de changement pour le CJE. Au printemps dernier, l’organisme dévoilait un logo revampé en plus d’aménager dans de nouveaux locaux sur la rue Angus Sud à East Angus.

Cookshire-Eaton conserve son point de service du député provincial

Si ce n’est déjà fait, le député de Mégantic, François Jacques, s’apprête à ouvrir un bureau à Cookshire-Eaton dans les anciens locaux occupés par le député précédent, Ghislain Bolduc.
Le bureau est situé au deuxième étage de l’Hôtel de Ville, situé au 220, rue Principale Est. M. Jacques avait déjà pris possession du bureau principal du député à Lac-Mégantic à la mi-octobre, seulement que pour se retrouver avec des classeurs vides. La situation était la même une fois arrivée à Cookshire-Eaton, une dizaine de jours plus tard.

« Pour l’instant, ce qu’on est en train d’organiser, c’est de faire le tour des municipalités pour revoir les priorités de chacune, rencontrer les maires, connaitre les dossiers en cours », détaille Priscille Gélinas. Mais en l’absence de suivis et de dossiers, « on doit repartir de la base », reconnait la nouvelle attachée politique.

Pour le moment, la petite équipe travaille depuis Lac-Mégantic. François Jacques s’était entouré dans un premier temps de Cyndia Lacasse comme attachée politique. Quelques jours plus tard suivait Mme Gélinas. L’équipe reste à être complétée de même que l’horaire d’ouverture des deux bureaux.

La Nuit du pont couvert – Écolo, pas hippie

La Nuit du pont couvert à Gould, dans le canton de Lingwick, a reçu la mention des jurés en gestion des matières résiduelles, lors des Vivats 2018. L’événement est une réalisation du Conseil québécois des événements écoresponsables et se tenait à la Place des arts de Montréal, à la fin du mois d’octobre.

« Ça confirme que ce qu’on fait porte fruit. Nous, on le fait par conviction », indique Jonatan Audet, cofondateur et organisateur de La Nuit du pont couvert. Depuis ses débuts, le microfestival fait des efforts de conservation de l’environnement. Il est associé depuis 2016 à l’organisme Festivals et Événements Verts de l’Estrie (FEVE) pour réduire ses répercussions. C’est d’ailleurs ce dernier qui a soumis la candidature de La Nuit du pont couvert aux Vivats pour la première fois cette année.

« C’est vraiment grâce à eux si on a pu être participant au concours », poursuit M. Audet. « Juste d’être finaliste, c’était déjà un très, très bon pas en avant. » La Nuit du pont couvert était finaliste dans la catégorie Gestion responsable des matières résiduelles, aux côtés d’événements tels le triathlon Ironman Mont-Tremblant. Si c’est ce dernier qui a remporté le prix, le festival de Gould a remporté le coup de cœur du jury avec des initiatives telles que des cendriers de poche, des verres réutilisables et des stations d’eau potable.

« On a gagné beaucoup de points avec toutes les petites mesures qu’on fait. L’événement comme tel génère pas de déchet », se targue l’organisateur de La Nuit du pont couvert. Selon les statistiques finales, 99 % des matières résiduelles de l’édition 2018 ont été détournées de l’enfouissement en étant recyclées ou compostées. Au final, ce sont 1,9 kg de résidus qui ont été dirigés vers la poubelle. « Pour un festival extérieur comme ça, loin des installations de compostage et de ces choses-là, c’est assez exceptionnel », conclut Jonatan Audet.

Les Vivats 2018 débutaient par une journée de conférences sur divers thèmes reliés au développement durable. Lors de la soirée de remise de prix, la région de l’Estrie s’est démarquée parmi la vingtaine de finalistes. Outre La Nuit du pont couvert, on retrouvait la Coopérative de développement de Saint-Camille, le Festival des traditions du monde de Sherbrooke, le colloque de l’Association de la maîtrise en environnement de l’Université de Sherbrooke (AMEUS) et Festivals et Événements Verts de l’Estrie (FEVE), lauréat dans la catégorie Fournisseur.

Tout le Haut-Saint-François se souvient

Le jour du Souvenir célébré dimanche et samedi derniers marquait le 100e anniversaire de la signature de l’Armistice. Huit cérémonies se sont tenues aux différents cénotaphes du Haut-Saint-François et quelques églises ont fait résonner leurs cloches pour l’occasion.

La première commémoration de la journée dimanche avait lieu dans le secteur Sawyerville et a réuni une foule d’une centaine de personnes. On notait une forte présence de la communauté anglophone. En après-midi, une vingtaine de personnes s’étaient massées autour du cénotaphe situé au parc des Braves de Cookshire-Eaton pour une cérémonie bilingue. Deux représentants de la députée de Compton-Stanstead et ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, étaient présents, de même que le nouveau député de Mégantic, François Jacques.

La mairesse Sylvie Lapointe a pris la parole devant les gens rassemblés : « La Ville de Cookshire-Eaton est fière de s’associer à vous tous pour dire merci à tous ces hommes et à toutes ces femmes qui ont donné leur temps, leur santé et, pour plusieurs, leur vie pour la liberté. »

Ce fut ensuite au tour du conseiller municipal Michel Mercier de s’exprimer en anglais : « Ayons une pensée pour ces hommes et ces femmes qui servent à l’heure actuelle ou qui ont servi dans les missions de paix que ce soit en Somalie, en Afghanistan ou en Bosnie. Souvenons-nous de nos soldats, de chacun d’entre eux. » Cette allocution était lourde de sens pour celui qui fut pendant sept ans militaire dans les Hussards de Sherbrooke et policier pendant 28 ans. Il a confié avoir perdu un ami proche lors d’une mission en Bosnie.

Lorsqu’ils n’étaient pas eux-mêmes des soldats, les citoyens présents lors de la commémoration avaient tous connu de près ou de loin quelqu’un ayant servi dans l’armée. La veille, samedi, les municipalités de Bury, Weedon et Scotstown avaient tenu leur cérémonie souvenir à laquelle participaient plus d’une centaine de personnes, incluant de jeunes élèves à Bury. Dans le cadre du centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale, l’archidiocèse de Sherbrooke avait invité les églises de son territoire à prendre part au mouvement Les Cloches de la paix. Dimanche à la tombée du jour, les lieux de culte allant d’Ascot Corner à La Patrie en passant par Weedon marquaient l’événement de cent coups de cloche. L’initiative était reprise partout au pays, de même que sur la Colline parlementaire à Ottawa.

Le garage et la caserne s’en viennent à Ascot Corner

Le tronçon de la route 112 situé au coeur de la municipalité d’Ascot Corner est désormais plus calme avec le retour du temps froid. Le chantier visant la construction des futurs garage municipal et caserne d’incendie marque une pause avant la reprise des travaux en 2019. La municipalité a effectué trois règlements d’emprunt avoisinant les 6 M$ au total pour le projet sans connaitre, pour le moment, l’impact sur le fardeau fiscal des contribuables.
Le mois d’octobre avait vu l’installation de cônes orange alors que des sections de trottoirs étaient cassées en vue de faire place à la future rue qui accueillera les nouveaux bâtiments. Son asphaltage de même que celui des aires de stationnement se fera au printemps 2019.

Pour ce qui est de la caserne et du garage, des demandes de subventions ont été acheminées au gouvernement. La municipalité a déjà effectué les appels d’offres. « Quand on va avoir toute notre information, le Ministère devrait nous accorder les subventions, puis on devrait partir les bâtiments prochainement », explique Jonathan Piché, directeur général d’Ascot Corner.
La municipalité s’est vue accorder trois règlements d’emprunt : 1 991 000 $ pour le garage municipal, 1 858 000 $ pour la caserne incendie et 1 960 000 $ pour la construction de la rue. Cette partie du projet comprendra l’aménagement de terrains, de stationnements, d’un bassin de rétention et d’aires d’entreposage pour les équipements de la voirie.

On ne connait pas encore l’impact du chantier sur le compte de taxes des citoyens. « Pour l’instant, on n’a pas encore terminé nos budgets, donc je peux pas vous répondre là-dessus », poursuit M. Piché. La présentation et l’adoption du budget seront faites par le conseil municipal au courant du mois de décembre.

L’église hantée attire des centaines de mortels

L’église hantée de East Angus aura distribué quelque 400 sacs de bonbons aux jeunes halloweeneux. La météo fraiche et pluvieuse n’a pas ralenti les Angussiens, ni ceux de l’extérieur dans leur participation à l’événement qui en était à sa cinquième édition.

Les résidents à l’année longue de l’église, Maxime Robert et sa conjointe, avaient préparé 600 sacs de friandises en prévision de la fête. L’ancienne Emmanuel United aura vu défiler, en plus des enfants déguisés, plusieurs parents accompagnateurs de même que quelques curieux. « L’assistance générale de l’événement, il y a peut-être 1000 personnes qui sont passées. Cette année, c’est la meilleure année. »

Une formule qui grossit
La cinquième édition de l’Halloween à l’église hantée en était une de premières alors que des commanditaires s’étaient associés à l’activité et que des personnages bénévoles étaient venus prêter main-forte aux deux instigateurs. De plus, l’événement était retransmis en direct sur les réseaux sociaux, la vidéo ayant depuis été visionnée plus de 1500 fois.

Cet ajout a donné un aperçu aux gens n’ayant pas pu se déplacer. « Ça donne une autre dimension. On fait connaitre l’Halloween à notre sauce », reconnait M. Robert. Une famille en provenance de Saint-Malo se fait un devoir d’effectuer un pèlerinage annuel à l’ancienne église de la rue Angus Sud. Si la majorité des participants provenaient du Haut-Saint-François, Maxime Robert reconnait avoir eu de la visite en provenance de Wotton, Stoke, Lac-Mégantic et Sherbrooke.

C’est sans oublier deux des personnages de la soirée qui arrivaient tout droit de Ste-Julie en Montérégie. Ce couple de membres de la famille était venu compléter la distribution à thématique religieuse. Parmi la bande de revenants, on retrouvait le prêtre Patrem Maximus, les sœurs Gouleh et Martyr de même qu’Horace, le fantôme “harmoniumiste”.

Plus qu’une distribution de bonbons
« On est des tripeux de patrimoine. Pas rien que de patrimoine bâti, mais aussi de patrimoine immatériel », explique Maxime Robert. C’est dans cette optique que cette célébration de l’Halloween vise un public de tous âges, sans élément réellement effrayant ou macabre. « Les jeunes, on les laisse s’approprier l’endroit. Je pense qu’en vieillissant, cette clientèle-là va être sensible, entre autres à cette église-ci », poursuit celui derrière Patrem Maximus. « C’est elle qu’on veut mettre en valeur par nos personnages. »

À ses yeux, l’église convertie en résidence représente une bâtisse idéale pour sensibiliser cette population au patrimoine. Depuis 2012, les Associés du patrimoine de East Angus veillent d’ailleurs à la conservation de l’ancien lieu de culte. L’organisme possède une mission sociale dont le but est de trouver des fonds pour entretenir le bâtiment datant de 1899.
Bien que, à long terme, l’avenir de l’ancienne Église méthodiste demeure incertain, les occupants actuels sont ravis d’en ouvrir les portes. « Pour l’instant, on s’amuse comme des petits fous. On fait découvrir le patrimoine puis on est bien content », conclut M. Robert.

Tardif Diesel agissait à titre de partenaire principal de l’événement, alors que Lachance Communication et O’Bois de Bury en étaient également des commanditaires.

Une activité plus que parfaite

Un Lunch presque parfait revient pour une cinquième édition à la Cité-école Louis-Saint-Laurent. Vingt étudiants formeront cinq équipes dans le cadre de la compétition qui se terminera le 16 novembre prochain avec la finale. Cette année, l’aventure sera retransmise exclusivement via le web, plutôt que par diffusion télé, comme par le passé. Un livre compilant les recettes des cinq éditions sera éventuellement mis en vente.

Parmi le lot d’élèves participants, on retrouvera 14 nouveaux et 6 anciens. Le chef Jean-Patrice Fournier leur a déjà promis de montrer les bases de plusieurs plats : pizza à la croute farcie, cuisson du rosbif, doigts de poulet au popcorn, poké bols et décoration d’assiettes. M. Fournier a même juré d’avoir recours au spinner, jouet par excellence des cours d’école en 2017, pour effectuer la finition d’un plat. Les apprentis cuisiniers auront même droit à une initiation à la cuisine moléculaire avec un caviar de mangue.

Chef Fournier est à la tête du Poivron Rouge, service de traiteur de Sherbrooke, depuis 19 ans. Mylène Bernard, derrière l’entreprise Petits Cupcakes, montrera différentes techniques et desserts aux jeunes. Elle sera également l’une des juges, en compagnie de M. Fournier, lors de la finale en novembre. Finalement, Jean Lavigne, appariteur audiovisuel à la polyvalente, agira à titre de réalisateur des capsules vidéo, avec l’appui de quatre étudiants qui compléteront l’équipe technique.

Tout ce beau monde se réunira lors de journées pédagogiques du calendrier scolaire au cours des prochaines semaines. Quelques jours avant la finale, des bons d’achat seront distribués aux équipes, qui se rendront dans l’un des IGA d’East Angus ou de Cookshire-Eaton pour faire le plein d’ingrédients. Le comité organisateur est composé de Marie-Claude Labbé, technicienne en loisirs à la polyvalente; Véronick Beaumont, agente de projets au Carrefour jeunesse-emploi; et Sébastien Tison, agent de développement à la MRC du Haut-Saint-François.

Aide à domicile HSF époussette ses 20 bougies

Aide à domicile du Haut-Saint-François célèbre cette année ses 20 ans d’existence. L’entreprise d’économie sociale d’East Angus compte aujourd’hui 42 employées et a beaucoup évolué depuis sa mise sur pied le 14 septembre 1998, à Weedon.

Comme son nom l’indique, Aide à domicile du Haut-Saint-François offre des services de soins, d’entretien ménager et de menus travaux dans le but de favoriser le maintien à domicile des gens. Elle fait partie du réseau EÉSAD qui regroupe une centaine d’entreprises du même type partout dans la province. Une aide financière gouvernementale est offerte aux clients de ces entreprises. Pour les plus âgés, cette aide à domicile ajoute généralement trois à cinq ans de maintien à la maison.

« On a la plus belle mission sociale au monde ! », s’exclame la directrice générale d’Aide à domicile, Colette Lamy. Cette mission est également valorisante pour les employées de l’entreprise. « On gère ça comme une petite entreprise familiale, mais ça a grossi énormément au fil des ans. »

Faire bon ménage avec l’âge
Aide à domicile du Haut-Saint-François a débuté ses activités au Centre communautaire de Weedon avec cinq employées, dont Marguerite Miville et Anne Skelling à l’administration. Après avoir occupé deux locaux de la rue Angus Nord à East Angus, la compagnie est désormais installée sur le tronçon sud de la même rue. Les bureaux sont d’ailleurs très calmes, malgré la quarantaine d’employées qu’a aujourd’hui l’Aide à domicile. C’est que ces dernières sont des préposées dispersées sur tout le territoire de la MRC, directement chez les gens.

L’entretien ménager a été le premier service offert par Aide à domicile et demeure aujourd’hui le plus en demande. « Souvent, c’est un prétexte d’avoir de la visite, de voir quelqu’un qu’ils connaissent, de pouvoir jaser avec quelqu’un d’autre que la famille. Les ainés sont de plus en plus seuls », se désole Colette Lamy. Souvent, le personnel d’Aide à domicile constitue le contact le plus régulier dans la vie d’une personne âgée vivant seule.

L’entretien ménager ne représente qu’une des facettes du maintien à domicile. « Travailler avec des personnes âgées, c’est pas aussi simple que ça en a l’air. Il y a beaucoup de problématiques de santé mentale, d’Alzheimer… Donc, il faut prendre le temps d’écouter les préposées et de les former en conséquence », poursuit Mme Lamy. « Au début, on avait beaucoup de personnes qui venaient de l’aide sociale. Aujourd’hui, on n’a plus cette clientèle-là. Les préposées qui restent ici, c’est vraiment pour aider le monde. »

Pénurie de main-d’œuvre ? Connais pas !
L’entreprise d’économie sociale affiche d’ailleurs un taux de roulement du personnel extrêmement bas. Colette Lamy en est la directrice générale depuis 17 ans. « J’ai beaucoup de filles que ça fait plus que 15 ans qu’elles sont avec moi. »

Quel est le secret d’Aide à domicile pour retenir autant la main-d’œuvre alors que les entreprises de la région connaissent une pénurie ? « Ici, on est traité en humain. » Les salaires y sont inférieurs qu’au CLSC, par exemple. « Ce qu’on a réussi, c’est de mettre de bons avantages sociaux, une belle qualité de vie. Puis c’est ce qu’on vend. On s’adapte beaucoup à nos employées. Je trouve que c’est important parce que, si on veut les garder, on n’a pas le choix de toute façon. Il y a trop de compétition dans le marché du travail. »

La formule semble avoir fonctionné pour Aide à domicile qui reçoit quasiment trop de CV. « On voit que la nouvelle génération ne cherche pas que l’argent. Elle cherche un mode de vie intéressant où elle peut faire des changements », poursuit Mme Lamy. Si, auparavant, les employées cherchaient un revenu d’appoint, « maintenant, ceux qui arrivent, c’est la flexibilité des horaires qui les attire. Ils cherchent une job qui va entrer dans leur beat de vie. »

Cette stabilité de l’équipe permet à un personnel de bureau réduit de bien répartir les ressources. Elles ne sont que trois administratrices, dont deux à temps partiel, pour gérer la quarantaine de préposées. Normalement, une entreprise d’une taille similaire aurait six employés de bureau. L’utilisation de la technologie a joué aussi pour beaucoup dans la réduction de la gestion.

Aide à domicile fournit à toutes ses employées une tablette électronique qui agit comme feuille de temps, bon de signature et odomètre lors des déplacements. « Ça a été une super belle évolution », conclut Colette Lamy. « On a été les premiers au Québec à tout former nos préposées pour ce logiciel-là, qui nous libère deux jours de travail. »

Les Dribbleurs soulignent leurs bons coups

Le club de soccer Les Dribbleurs du Haut-St-François a tenu son gala annuel à l’auditorium de la polyvalente Louis-Saint-Laurent d’East Angus, à la fin octobre. Chacune de la quinzaine d’équipes 8 ans et plus du club a récompensé ses joueurs par excellence, au meilleur esprit d’équipe et affichant la meilleure amélioration.

Le gala se déroulait en deux temps; la première partie récompensant les jeunes des catégories U9 et U10 et la seconde, les plus vieux. Les enfants des catégories U4 à U8 avaient eu droit à une cérémonie de remise de médailles lors de la fête de fermeture de la saison s’étant déroulée en aout. Pour le gala annuel, une centaine de parents et d’enfants étaient présents lors de chacun des segments.

L’ambiance était à la fête comme le club des Dribbleurs se porte bien. Parmi la dizaine de clubs membres de l’association régionale Soccer Estrie, celui du Haut-Saint-François est le seul à afficher une progression de 10 % depuis trois ans, les autres perdant généralement des adhérents. Le nombre de joueuses féminines est également en hausse constante. L’organisation des Dribbleurs attribue ces chiffres enviables à l’implication des parents, des entraineurs et des municipalités qui prêtent leurs terrains.

Les exemples de persévérance ont plu au cours de la soirée, comme lors du bilan de l’équipe du U14 Masculin A. L’équipe était dernière de sa catégorie avant les séries, puis a réussi a remporté plusieurs victoires d’affilée et à participer à la finale. L’entraineur Étienne Langlois rappelait aux jeunes footballeurs l’importance de ne jamais abandonner.
Un ancien membre des Dribbleurs est venu livrer un témoignage sur ses plus récents exploits sur le terrain. Gabriel Roy a été le seul représentant du Haut-Saint-François à faire partie de l’équipe estrienne ayant participé aux Jeux du Québec tenus à Thetford Mines l’été dernier. « C’est entre autres grâce aux Dribbleurs que j’ai commencé mon parcours en tant que joueur de soccer. Je suis très fier d’avoir fait partie de cette équipe-là », s’est-il exprimé. Son objectif est de joindre l’équipe U15 AAA dans deux ans, ce qui pourrait le mener aux championnats canadiens.

Plusieurs prix de présence étaient tirés au cours de la soirée. L’un d’eux était un t-shirt autographié par Christine Sinclair, joueuse de soccer originaire de la Colombie-Britannique, qui fut capitaine de l’équipe du Canada et qui a participé à trois Jeux olympiques et quatre Coupes du monde.

Karine Bastonnais a été nommée entraineure de l’année et représentait Les Dribbleurs au gala de Soccer Estrie 2018 le 11 novembre dernier. Il s’agissait de sa première implication en tant que coach. D’autres talents de la région ont aussi vu leur candidature soumise au gala de l’association estrienne. Il s’agit d’Alexis Godbout et Allison Martin, dans la catégorie locale, et de Samuel Dubé et Kamélie Maurice dans la classe A.

The Harvest Festival closes the summer season

The Harvest Festival recently ended the third season of the Village Market at the Sawyerville Community Garden. Besides the usual kiosks of market gardeners, the event was enriched by a musical performance, a dinner and the presence of community organizations.

A pleasant program
Children had a special place during the festival. At 10:30 a.m., storyteller Sylvenne told a tale for the youngest ones. The Relève du Haut-Saint-François had set up their Zone Bout’Choux, and children had the opportunity to have their faces painted.
For the grownups, the herbal therapist Chantal Parent presented a workshop at 11:30 a.m. The Cuisines collectives du Haut-Saint-François (community kitchen) also offered a discovery workshop on gaspacho (cold vegetable soup) with produce from the market. The support worker for the English-speaking community, Gabrielle Joncas, was also present. «I speak with everyone because my mandate is for ages 0 to 100. If you have someone who asks a question about the garden or a producer, I am able to tell them in English what’s going on.»

Satisfactory results
A special dinner was concocted and served by the Garden’s team of volunteers. On the menu were chili, baked beans, and a variety of salads. The group Sweet Poutin livened up the day with traditional music.
The person responsible for the Community Garden, Chantal Bolduc, was satisfied with the 2018 season. «More and more, people are coming.» Besides the public’s interest, the balmy weather of this summer helped a lot. «We had good weather in abundance,» she said in French.

Les Maraichers de l’or vert were also satisfied with their season, especially with the construction of the shelter at the Garden. «We are really happy, this year, with how it went. With the shelter, that really gave something permanent. It’s really a beautiful space.» Like Bolduc, they noted the growing crowds. «This year it was better than last year. We had more people from the village who came.» A number of tourists from Montreal and Magog also visited their kiosk.

The project of building a bicycle path along the road and a footpath alongside the river, when completed, will help energise the area. «We are at the right place at the right time,» Bolduc said with enthusiasm. «The image this gives for Sawyerville is that we want to be in good shape, we want to eat well. And that also makes it inviting for young families and others to come here.» This convergence of initiatives can help make things happen, according to Bolduc. «That’s what can make all the difference in a small village like this.»

La Fête des récoltes vient clore la saison chaude

La troisième saison des marchés villageois du Jardin Communautaire de Sawyerville s’est conclue récemment avec la tenue de la Fête des récoltes. En plus des kiosques habituels des producteurs maraichers, une prestation musicale, un diner et la présence d’organismes communautaires sont venus bonifier l’événement.

Une belle programmation
Les enfants avaient une place de choix lors de la fête. Dès 10 h 30, la conteuse Sylvenne a présenté un récit pour les tout-petits. La Relève du Haut-Saint-François avait installé sa Zone Bout’Choux et il était possible de se faire maquiller.
Pour les plus grands, l’herboriste-thérapeute Chantal Parent présentait un atelier à 11 h 30. Les Cuisines collectives du Haut-Saint-François ont également donné un atelier de découverte du gaspacho (ou potage de légumes froid) avec les produits du marché. L’accompagnatrice de milieu anglophone, Gabrielle Joncas, était également sur place. « Je parlais avec tout le monde parce que mon mandat est pour les 0-100 ans. Si tu as quelqu’un qui se pose une question sur le jardin ou sur un producteur, je suis capable de dire ce qui se passe et en anglais. »

Un bilan satisfaisant
Un diner spécial concocté par l’équipe de bénévoles du Jardin était offert. On retrouvait au menu chili, fèves au lard et une variété de salades. La formation Sweet Poitin venait agrémenter la journée de musique traditionnelle.
La responsable du Jardin Communautaire, Chantal Bolduc, est satisfaite de la saison 2018. « De plus en plus, il y a du monde qui vient. » À part l’intérêt de la population, la météo clémente de l’été a joué pour beaucoup. « Ça a été l’abondance. »
Les Maraichers de l’or vert étaient eux aussi satisfaits de leur saison, surtout avec la construction de l’abri sur le site du Jardin. « On est vraiment contents, cette année, comment ça a été. Avec l’abri, ça donne vraiment quelque chose de permanent. C’est vraiment un bel espace. » Comme Mme Bolduc, ils ont remarqué la hausse d’affluence. « Cette année, ça a été mieux que l’année passée. On a eu plus de monde du village qui sont venus. » Certains touristes en provenance de Montréal et de Magog sont également passés par leur kiosque.

Le projet de piste cyclable sur route et de sentier pédestre le long de la rivière viendra dynamiser le secteur une fois complété. « On est dans la bonne place au bon moment », s’enthousiasme Chantal Bolduc. « L’image que ça dégage de Sawyerville, c’est qu’on veut se mettre en forme, on veut bien manger. Puis ça invite aussi des jeunes familles, des gens à venir ici. » Cette convergence d’initiatives peut mener à faire bouger les choses, de l’avis de Mme Bolduc. « C’est ça qui peut faire la différence dans un petit village comme ici. »

Intro-Travail – Célébrer un doublé pour la fin d’année

Intro-Travail a clôturé l’année 2017-2018 en tenant son assemblée générale annuelle pendant laquelle ont été soulignés les 30 ans de l’organisme. Le centre de services d’East Angus célébrait quant à lui ses 25 années d’existence.

Le bureau doyen est situé à Lac-Mégantic et englobe également le Carrefour jeunesse-emploi, alors qu’à East Angus, le CJE et Intro-Travail sont deux entités séparées. Œuvrant sur deux territoires, la direction d’Intro-Travail était fière de rappeler que ce sont plus de 14 000 personnes qui ont eu recours aux services de l’organisme au fil des ans par le biais de ses programmes, projets et mesures en emploi et en orientation. Dans le même ordre d’idées, 44 membres du conseil d’administration et 106 employés, stagiaires et bénévoles se sont succédé pour mener à bien la mission de développement de l’employabilité.
Dans la région, Intro-Travail collabore avec différents partenaires du milieu. Il participe entre autres aux activités du Continuum de services du Haut-Saint-François ainsi qu’à celles du CAMO éducation/formation.

« L’organisme est fier de pouvoir compter sur une équipe proactive, des partenaires axés sur les solutions, un conseil d’administration soucieux de continuer à travailler dans le respect de la mission et des bailleurs de fonds qui ont confiance en la capacité de l’organisme à répondre aux besoins diversifiés de la clientèle et en sa volonté d’atteindre les objectifs fixés », mentionne Nathalie Gervais, directrice générale.

Protéger la nuit une conférence à la fois

En devenant la première à être certifiée par l’International Dark-Sky Association, la Réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic (RICEMM) a développé une expertise enviable au cours de ses onze années d’existence. C’est ce bagage de connaissances auquel ont fait appel deux conférences internationales portant sur le ciel étoilé et l’éclairage artificiel. La première, au Maroc, vient de se terminer, alors que la seconde débutera dans quelques jours à Salt Lake City aux États-Unis. Deux représentants de notre Réserve locale s’y rendront pour prendre la parole.

Sébastien Giguère, le coordonnateur scientifique de l’ASTROLab du parc national du Mont-Mégantic, reconnait que la Réserve jouit d’une réputation enviable. « D’abord parce que c’est la première, ensuite parce qu’il y a un maillage très grand avec la région et les municipalités. La réputation de la Réserve est aussi à cause du leadership exercé en termes de conversion d’éclairage, de réglementation, de sensibilisation. »

Salt Lake City, É.-U.
Sa présentation lors de la 5e Conférence internationale sur l’éclairage artificiel de nuit portera d’ailleurs sur les liens qu’entretient la Réserve avec la communauté. « Sans l’appui massif de la région, des citoyens, des élus, des professionnels et des commerçants, on n’aurait pas pu la faire [la RICEMM] puis on aurait de la misère à assurer sa pérennité. C’est jamais acquis. On est toujours en train de travailler là-dessus évidemment. »
Deux jours plus tard, le 14 novembre, son collègue Rémi Boucher, coordonnateur scientifique de la RICEMM, présentera l’évolution du ciel étoilé au-dessus de la Réserve. Il s’agira plus précisément d’un bilan des mesures d’évolution de la pollution lumineuse.

Les conclusions sont très satisfaisantes. « La Réserve est en bonne santé », se réjouit M. Boucher. « Ce qui prouve que les mesures mises en place, ça marche. Malgré l’augmentation de la population [environ 9 % sur 10 ans], on réussit à garder un très, très beau ciel au mont Mégantic. »

Pour tous les gouts
Sébastien Giguère trouve intéressant le côté multidisciplinaire de la conférence en sol états-unien. « C’est très intéressant parce qu’il y a des gens de tous les milieux. C’est pas juste des astronomes puis des physiciens qui mesurent le ciel étoilé. Il y a des gens en écologie, des médecins, des urbanistes, des ingénieurs qui vont être là. Ça permet de mettre en lien tous ces gens-là ensemble, puis de mettre en commun les connaissances. »
Cette diversité dans la représentation des disciplines démontre bien l’ampleur qu’a prise la problématique de l’éclairage artificiel extérieur. « Depuis les années 2000, il y a vraiment eu une prise de conscience que les impacts de la pollution lumineuse étaient beaucoup plus larges que la disparition du ciel étoilé. »

« Ça reflète un peu le processus que, nous-mêmes, on a suivi », poursuit M. Giguère. « Au début, l’objectif de la Réserve était de protéger la viabilité scientifique de l’Observatoire. Et ça reste évidemment l’objectif central. Je dis des fois qu’on est passé de protéger l’Observatoire et les étoiles à protéger la nuit de façon plus large. »

Marrakech, Maroc
C’est également le constat que souhaitait partager Rémi Boucher lors des conférences qu’il a prononcées à l’Atelier international sur la pollution lumineuse qui s’est tenu fin octobre à Marrakech. « Des fois, les astronomes ont tendance à penser juste à leur observatoire et à leurs observations. Je voulais agrandir ça comme perspective. »

Le Maroc souhaite instaurer la première réserve de ciel étoilé en Afrique du Nord et celle qui deviendrait la plus grande. À l’heure actuelle, c’est celle du Mont-Mégantic qui est la plus vaste avec un rayon de 50 km.

« Je dirais que la contribution de notre Réserve, c’est de leur donner des outils puis un peu une idée dans quoi ils s’embarquent et de quelle manière ils devraient s’embarquer là-dedans aussi », poursuit M. Boucher. Dans le cadre de ce symposium, la RICEMM était invitée à titre de présentatrice principale et M. Boucher a donné deux conférences.

Autant pour l’événement passé que celui à venir, Sébastien Giguère voit ces occasions d’un bon œil. « Ça va nous permettre d’entretenir notre leadership puis de partager notre expérience autant en termes de mesure qu’en termes sociopolitiques. »

Bien qu’ayant une longueur d’avance dans le domaine, la Réserve ne se contente pas que de livrer son savoir. Elle effectue un échange avec de l’expertise extérieure. « Nous, on va chercher beaucoup de choses quand même », admet M. Giguère. « C’est toujours plaisant de rencontrer des gens sur d’autres projets dans le monde. C’est nourrissant pour nous aussi. »

Deux femmes qui brassent affaires et bières

L’ouverture de la Brasserie rurale 11 comtés et du restaurant Le Cuisinier déchainé sur un même site a créé une petite révolution à Cookshire-Eaton et dans la région, l’été dernier. Derrière les deux établissements se trouvent deux femmes en or qui n’ont pas peur de porter plusieurs chapeaux simultanément.

Copines d’école

Emilie Fontaine et Julie Myre-Bisaillon se sont rencontrées à l’Université de Sherbrooke lorsque la première est venue cogner à la porte de la seconde afin de dénicher une directrice d’essai pour sa maitrise en éducation. « Ça a cliqué. J’ai embarqué dans ses projets de recherche », se remémore Mme Fontaine. Suite à la maitrise, la professeure Myre-Bisaillon encourage l’étudiante à poursuivre au doctorat.

Les deux femmes se lient entretemps d’amitié, autant pendant des congrès outre-mer dans le domaine de l’éducation que lors de festivals de bière. C’est qu’Emilie Fontaine a commencé à s’impliquer dans un nouvel estaminet qui vient de voir le jour à Sherbrooke : le Boquébière. Julie Myre-Bisaillon ne lui en tient pas rigueur : « Ça forme des liens qu’on n’oubliera jamais, les festivals de bière. »

Mme Fontaine ne fait pas officiellement partie de l’équipe du Boq (pour les intimes). C’est plutôt son conjoint Sébastien Authier, l’un des fondateurs, qui l’amène à s’intéresser au domaine. « J’étais la femme derrière l’homme. Un moment donné, je me suis rendu compte que j’avais des conseils puis des prises de décision qu’eux n’avaient pas. L’idée d’avoir ma propre microbrasserie est embarquée là-dedans. »

Originaire de Weedon et ayant grandi sur la ferme laitière familiale, Emilie Fontaine avait le Haut-Saint-François tatoué sur le cœur. Revenir y établir une entreprise était pour elle une priorité. Dès 2013, elle se met à travailler sur le plan d’affaires de la future brasserie rurale. Avec ses quatre jeunes enfants, Mme Fontaine abandonne le doctorat, mais poursuit ses charges de cours à la faculté.

Un foodtruck immobile

« Quand ils ont dit “On installe la micro à Cookshire”, on disait “Ça prend une place pour manger” », se remémore Julie Myre-Bisaillon. Celle-ci a rencontré son conjoint, Yannick Côté, par l’intermédiaire d’une amie d’Emilie… au Boquébière. Vivant au départ à proximité de son travail de professeure titulaire à l’Université de Sherbrooke, Mme Myre-Bisaillon a fait le saut en région en allant s’établir sur la ferme du Jardinier déchainé, près de l’ancien hameau d’Eaton Corner.

« Dans nos projets, c’était vraiment plus tard, moi puis Yannick, l’idée d’un bistro ou d’une cuisine déchainée », voire à la retraite, confie Mme Myre-Bisaillon. Néanmoins, les deux couples Myre-Bisaillon-Côté et Fontaine-Authier affectionnent le même type de microbrasseries de la côte est américaine, souvent flanquées d’un foodtruck. « Ces endroits-là sont fréquentés par une clientèle très hétéroclite. Tout le monde est bienvenu », mentionne l’enseignante.

Après quelques discussions, le projet de double entreprise prend forme. « C’est parce que c’était des amis qu’on a embarqué là-dedans. On n’aurait pas pris de risques avec des gens qu’on ne connaît pas. On n’aurait pas fait ça avec personne d’autre qu’eux », précise Emilie Fontaine.

Si la microbrasserie s’annonce pour être l’aboutissement d’un travail de longue haleine parsemé d’embûches, le restaurant se fera en l’espace de quelques mois. « Ça a été tout un démarchage parce qu’il n’y a personne qui prête de l’argent pour ouvrir un resto », se remémore Julie Myre-Bisaillon. Finalement, la Financière agricole accepte de s’impliquer dans le projet à condition que le restaurant soit mobile, en cas de flop, d’où son allure de camion de rue.

Embarquer sur un train en mouvement

Le 28 juin 2018, l’ouverture de la brasserie rurale et de la table locale se concrétise. « La réponse a été bonne dès la première fin de semaine », relate Emilie Fontaine. « On a affiché complet presque tout l’été, les vendredis et samedis », s’étonne encore Julie Myre-Bisaillon. Celle-ci devait même souvent refuser des gens. « Et on n’a pas fait de publicité ! »

« Je suis pas une femme d’affaires à la base », poursuit Mme Myre-Bisaillon. « Quand on s’est lancé là-dedans, on s’attendait à ce que ce soit un petit projet. C’était supposé être un petit passe-temps tranquille, cette affaire-là ! » Le plan d’affaires de la copropriétaire et de son conjoint prévoyait de 50 à 60 repas par jour et 2 ou 3 employés à gérer. « Du jour au lendemain, on s’est retrouvé avec 12 employés ! Cet été, je suis devenue une femme d’affaires ! »

De son côté, Emilie Fontaine avoue ne pas avoir beaucoup dormi pendant la belle saison. « Mais chaque matin que je me suis levée pour venir ici, c’était du pur bonheur. Même si j’enchainais des 48 heures en quatre jours, c’était le cœur complètement léger versus d’autres emplois que j’ai pu occuper dans ma vie. »

Mme Fontaine savait dans quoi elle s’embarquait. « Mes habiletés de femme d’affaires ; tout vient de mon éducation à la ferme, d’avoir vu mes parents gérer des entreprises. » Ceux-ci ont fait figure de précurseurs dans le domaine laitier en étant parmi les premiers en Estrie à utiliser des robots de traite. « Mes parents ont toujours eu une vision, même s’ils ont fait rire d’eux à une certaine époque. Je leur dois tout. »

D’ici la seconde année d’activités du restaurant Le Cuisinier déchainé, Julie et Emilie avouent qu’elles s’ennuieront l’une de l’autre. La première se tiendra occupée avec son emploi à l’Université de Sherbrooke. Quant à la seconde, elle procédera à la mise en place de l’usine brassicole en vue de la mise en canettes et d’une distribution des produits 11 comtés à travers la province.

Elle est confiante face à l’avenir. « C’est trippant parce que c’est le début de quelque chose. On est à peine dans les premiers balbutiements de quelque chose d’extraordinaire. »

La Patrie s’unit pour combattre la mérule et sauver l’église

Depuis bientôt un an, un véritable chantier sévit autour de l’église St-Pierre de La Patrie. Un second souffle s’apprête à déferler sur l’édifice plus que centenaire avec l’aménagement du sous-sol. Il faut dire que la découverte du champignon de la mérule pleureuse, qui attaquait ce qui était auparavant un vide sanitaire, a précipité les choses.

Un champignon dans la maison du Seigneur
En décembre 2017, le gouvernement fédéral confirme l’octroi d’une subvention de 24 000 $ à la paroisse St-Joseph-des-Monts dans le cadre du programme Nouveaux Horizons pour les ainés (PNHA). À ce moment, l’idée est de commencer l’excavation du sous-sol pour éventuellement en faire une salle. On prévoit trois ou quatre ans pour échelonner les travaux et pour amasser l’argent nécessaire.

Mario Audet, le président du Conseil de gestion de l’église St-Pierre, décide alors de se rendre sur place pour prendre des mesures. « Je me suis dit : “Je vais aller voir où c’est que je commence.” »

L’imposante église n’est pas chauffée l’hiver depuis plusieurs années, sauf lors des occasions spéciales comme Noël et Pâques. Sous la nef de 600 places, on retrouve un vide sanitaire d’environ un mètre auquel on n’accède qu’une ou deux fois par année pour se rendre au réservoir à huile.
À cause de l’humidité, de l’absence de lumière et de la mauvaise circulation d’air, M. Audet y aperçoit des spores de mérule. « On pensait nous autres que c’était une catastrophe. Tout le monde avait le caquet bas. J’ai dit : “Je m’assiérai pas pour la regarder pourrir, ça c’est pas vrai !” »

3, 2, 1, action !
Rapidement, en compagnie de l’abbé Gilles Baril, le Conseil de gestion contacte des firmes spécialisées. Les experts insistent tous sur l’urgence d’agir, mais le cout de leurs services dépasse de beaucoup la capacité de la paroisse.
Mario Audet commence alors un processus qu’il répétera maintes fois au cours des mois suivants : appeler des bénévoles. Une première cohorte délimite la zone infectée et se débarrasser des matériaux touchés. « En deux jours, on a réglé le problème. Ça a couté zéro sou. Eux autres, ça aurait couté 40-45 000 $. »

En quelques mois, 140 voyages de camions 12 roues ont permis d’enlever jusqu’à 8 pieds de terre sous l’église. Trente-cinq piliers ont été renforcés et le système électrique refait. On est à construire une annexe du côté de la rue Chartier qui accueillera la future fournaise à la biomasse. Les tuyaux de celle-ci ont été coulés à même le nouveau plancher de béton qui aura couté 75 000 $, au lieu de 1 M$ prévu si les travaux avaient été exécutés par une compagnie de construction.

« On est loin du compte ! », se réjouit Mario Audet. Pour en arriver là, celui-ci a fait appel à quelque 50 bénévoles des environs qui se sont impliqués à un moment ou à un autre. Ceux-ci ont offert au total 1800 heures de travail non rémunéré. Certains, comme Gilles Langlois, 87 ans, sont présents à temps plein depuis des semaines.

Un legs pour le futur
La municipalité de La Patrie et la paroisse St-Joseph-des-Monts font des pieds et des mains pour amasser les fonds nécessaires à l’achat du prochain système de chauffage. Le Conseil de gestion ne se fera plus prendre et désire désormais chauffer l’église St-Pierre d’octobre à mai.
Une fois les travaux terminés, le nouveau sous-sol accueillera un marché aux puces. De nouvelles toilettes y seront aménagées pour recevoir le public qui viendrait assister à de possibles spectacles donnés à l’étage ou dans le nouvel espace souterrain.
Le président du Conseil ne s’en cache pas : « On veut aller chercher un revenu avec l’église, différent de la pastorale. On veut ramener les gens à l’église, mais pas de la même façon que, nous autres, on a été amené à l’église. »
On projette même de vendre les surfaces des piliers, ou colonnes, nouvellement déterrés à des familles locales qui pourraient y indiquer leur généalogie et leur historique.

La communauté de La Patrie peut se féliciter du travail accompli en près d’un an pour un projet qui était sensé de s’étaler sur plusieurs années. Mario Audet insiste sur la générosité des paroissiens qui se sont impliqués et ont mis les mains à la pâte. « C’est sérieux, mais il faut pas trop se prendre au sérieux. Quand on a fait ça, on a eu du plaisir. C’était pas une corvée. On a le droit de s’amuser ! »
On espère maintenant arriver à installer la nouvelle fournaise juste à temps pour célébrer Noël au chaud à l’église St-Pierre.

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