Jean-Marc Brais

Jean-Marc Brais

Jean-Marc a été journaliste pour le Haut-Saint-François de 2017 à 2019 et de 2024 à 2025.

La polyculture pour des villages vivants

Une centaine de personnes sont attendues au colloque Ruralité et diversité culturelle au Centre culturel de Weedon, le 16 novembre prochain. L’événement, organisé par la Corporation de développement communautaire (CDC) du Haut-Saint-François, réunira une quinzaine de panélistes et de spécialistes.

Pareil, pas pareil
L’organisme avait tenu le colloque sur la diversité sexuelle et de genre en ruralité à l’automne 2016. Bien que le thème soit différent cette fois-ci, la formule demeure semblable. « Dans le fond, on pourrait les appeler la série des colloques ou des initiatives sur la diversité », résume Jinny Mailhot, la directrice générale. « Les deux colloques partent avec l’idée de démystifier. »

La Corporation de développement communautaire lutte contre la pauvreté et la marginalisation des gens. Le Haut-Saint-François étant un milieu rural, « on n’a pas les organismes régionaux qui sont spécifiques à ces enjeux-là » comparativement à une ville comme Sherbrooke, poursuit Mme Mailhot. « Nous, on s’est dit “On va travailler ces enjeux-là sous l’angle rural, mais pour notre monde avec notre monde.” »

Audace, solidarité, égalité
Suite au succès du premier colloque et avec la volonté du Collectif territorial du Haut-Saint-François, le processus d’un second événement s’est mis en branle. On s’est alors associé à la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie (FCCE) pour cibler les intervenants du milieu pour ce qui sera en quelque sorte une première phase.

Les gens présents deviendront des multiplicateurs d’ouverture ou du moins des agents de transformation sociale. Y seront donnés des outils de communication interculturelle et des trucs pour améliorer ses pratiques d’intervention et d’accueil. « Plus on a de connaissances et d’information, plus on est ouvert », résume Jinny Mailhot.

Une journée chargée
La première partie de la journée permettra l’acquisition de connaissances. On y définira les différences entre réfugié, immigrant économique ou encore immigrant de réunification familiale. « Tout le reste du colloque sert à comprendre c’est quoi être un immigrant, c’est quoi être issu de la diversité culturelle. Donc, ça ouvre les esprits, ça rend humaine la personne qui vient s’établir à côté de chez nous. C’est l’idée de démystifier l’autre pour finalement l’appeler “nous” », poursuit la dirigeante de la CDC.

Le maire de Weedon, Richard Tanguay, et le directeur général de la FCCE, Boubacar Cissé, ouvriront la journée avec les mots de bienvenue. Juste avant la pause du diner, trois représentants des communautés culturelles de l’Estrie dresseront un portrait actuel.

« On va mettre du vrai sur une communauté très présente en Estrie », détaille Jinny Mailhot. « Ils vont venir nous présenter leur culture puis comment leur communauté est présente en Estrie. » Seront représentés à ce moment l’Amérique latine, l’Afrique centrale et le Moyen-Orient.
Après le repas, Daniel Audet, de l’auberge La Ruée vers Gould, retracera les vagues historiques d’immigration dans le Haut-Saint-François. La députée de Compton-Stanstead et ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, fera une allocution vidéo en cours de journée. Aussi, une avocate spécialisée en immigration prendra la parole. « On va apprendre les détails de la vie économique et juridique d’un immigrant », détaille Mme Mailhot.

Encore homogène
Bien qu’on ne retrouve encore que très peu de minorités visibles sur le territoire du Haut-Saint-François, le nombre de personnes issues de l’immigration est plus important qu’on ne le croit. On peut inclure dans le lot les Belges et les Français. David Coquart, compositeur établi à Dudswell, fait partie de cette diaspora européenne établie ici. Il viendra agrémenter musicalement le coquetel dinatoire qui clôturera le colloque.

Juste auparavant, un panel de discussion réunira trois résidents locaux issus de la diversité culturelle. L’une d’eux sera Pélagie Kouamé, une entrepreneure de Lingwick. « Le but, c’est de célébrer l’ouverture de la MRC envers la diversité culturelle », conclut Jinny Mailhot.
Outre les intervenants du milieu visés par l’événement, des femmes et des hommes membres de directions, des conseils municipaux et d’organismes de développement ont confirmé leur présence. Même le public général est convié, après avoir confirmé sa présence à l’organisation. Les conférences et ateliers sont gratuits, alors que le repas du diner est offert au cout de 25 $.

Avoir à cœur la culture locale

Le Coeur villageois de Cookshire-Eaton existe depuis maintenant trois ans. L’été 2018 en a été un de tous les records pour le regroupement qui a multiplié les initiatives et les activités. Une forme de culture locale est en train d’y prendre racine. Comme l’indique Jean-Paul Gendron, qui siège sur le comité du Coeur villageois : « Cookshire, ça commence à être vivant ! »

« Il y a une masse critique composée d’éléments diversifiés qui, depuis trois ans, est en train de se constituer au plan culturel », poursuit celui qui est président de l’Agence de mise en valeur de la forêt privée de l’Estrie. « Il y a quatre, cinq ans, c’était peut-être dans le décor, mais moins évident. Là, ça commence à devenir beaucoup plus consistant, beaucoup plus connu. C’est plus lié. »

Des bâtiments intemporels
Le Coeur villageois constitue un segment d’environ 1 ½ km passant par les rues Pope et Principale et qui est situé entre la nouvelle Brasserie 11 comtés et la rue Castonguay, menant à la salle Guy-Veilleux. On y retrouve une concentration d’infrastructures culturelles (trois églises, la Maison de la culture John-Henry-Pope, le Victoria Hall, le parc des Braves) qui commencent toutes à prendre part à l’effervescence. Point non négligeable : « il y a pas de problème de stationnement pour les gens qui viennent voir ! », termine à la blague M. Gendron.

La Maison de la culture John-Henry-Pope, qui abrite la galerie d’art Cookshire-Eaton, a reçu plus de 1000 visiteurs à son comptoir touristique entre la Fête nationale et l’Action de grâce. Manon Elisabeth Carrier est plus que satisfaite de ces chiffres. « On n’a jamais cartonné autant que ça. À toutes les fins de semaine, il y avait du monde. »

Outre les visiteurs, la Maison de la culture a un rôle important à jouer auprès des résidents locaux dans le développement d’un sentiment d’appartenance. En plus des expositions qui s’alternent à la galerie d’art, le bâtiment patrimonial accueille les cours de Pilates de la municipalité, les pratiques de la chorale du Coeur villageois et les Colour Cafe de l’Association Townshippers.

L’église voisine St-Peter’s présente l’exposition John-Henry-Pope tandis que la Trinity United accueille régulièrement des concerts classiques entre ses murs. De l’autre côté de la rue, le Victoria Hall tient également son lot de réunions et de spectacles.

Un seul et même langage
St-Peter’s, Trinity, Victoria Hall ; ce sont là des témoins du passé anglophone de la région. Aujourd’hui, la communauté anglaise représente 15 % de la population du Haut-Saint-François. Si ses relations ont déjà été moins reluisantes avec les citoyens francophones, les choses vont pour le mieux aujourd’hui.

« On veut pas briser les liens de confiance. Ça a pris des années avoir ça », confie Manon Elisabeth Carrier. « Ils nous ont toujours ouvert la porte. Ce qu’ils nous disent, c’est : “Vu que vous êtes là, ça va garder nos affaires vivantes.” »

À ce sujet, l’exemple du Victoria Hall est particulièrement probant, alors que l’édifice n’était plus entretenu par la communauté, faute de moyens. Gilles Denis en a depuis fait l’acquisition. « La collaboration s’établit à un moment où c’est pas trop tard dans la détérioration des bâtiments », dit-il. « Là, on l’a entre nos mains. Je sais pas trop ce qu’on va faire avec ça, mais ça va être un bâtiment culturel, c’est sûr. »

Aller à la rencontre du Cœur
L’action du Coeur villageois continue de grossir et de prendre forme. Le retour de Loisirs Cookshire avec une programmation de spectacles à la salle Guy-Veilleux donnera un coup de pouce supplémentaire aux efforts des bénévoles pour dynamiser le secteur. Céline Blais, la présidente du comité du Coeur villageois, se réjouit du fait que les citoyens pourront de nouveau consommer la culture localement sans avoir besoin de s’exiler.
Mme Blais convie toute la population à la rencontre citoyenne de l’organisme le 13 novembre prochain, à 19 h, à la Maison de la culture John-Henry-Pope de Cookshire-Eaton. Un microdocumentaire sur le Coeur villageois, réalisé par Sébastien Croteau, sera présenté à ce moment.
Céline Blais considère le Coeur villageois comme un comité de réflexion qui a pour mission de développer le pôle attractif qu’est Cookshire-Eaton. Avec la dernière saison plus qu’encourageante, elle souhaite poursuivre les efforts pour embellir le secteur et l’animer. « Le meilleur s’en vient ! », conclut-elle.

Salon des ainés

Le Salon des ainés de la Table de concertation des personnes ainées du Haut-Saint-François a attiré une centaine de visiteurs au Centre communautaire de Dudswell, jeudi dernier. Vingt-quatre exposants présentaient leurs services visant le mieux-être des gens du bel âge.

L’année 2018 marquait le retour du Salon des ainés de la Table de concertation, après une première édition tenue à Scotstown, à l’automne 2015. Les membres de l’organisme étant des bénévoles, la mise sur pied d’un tel événement requiert alors plus de ressources. « Le travail que ça demande d’organiser ça, puis de trouver les exposants, tu peux pas faire ça tous les ans », concède Suzanne Duranleau, vice-présidente de la Table. « Puis aussi, les gens, comme ça fait un bout de temps qu’ils nous ont pas vus, ils sont intéressés à venir ! »

C’était le cas de Cécile et de Jocelyn Ducharme qui étaient venus au Salon à pied depuis leur résidence située à Dudswell. Ceux-ci avouent s’être déplacés par curiosité et parce qu’ils avancent en âge, a tenu à préciser Mme Ducharme. Ils avaient entendu parler de l’événement par le biais de la FADOQ et du réseau Facebook. Ils n’avaient encore jamais participé à un salon ayant pour thème la vieillesse.
Ce deuxième Salon des ainés a quelque peu modifié sa formule depuis sa première édition. Celle de 2015 présentait des conférences et affichait un prix d’entrée plus élevé. « Cette année, on a décidé de faire ça plus aéré », stipule Suzanne Paradis, trésorière de la Table de concertation. Les visiteurs jouissaient d’une plus grande liberté pour ceux qui souhaitaient s’absenter temporairement et réintégrer la salle plus tard. En n’ayant pas d’activités à heure fixe, les gens allaient ainsi chercher l’information au moment qui leur convenait.

Si, parmi l’offre des kiosques, on retrouvait des services prévisibles comme les arrangements funéraires ou les soins auditifs, certaines formes d’aide sortaient de l’ordinaire. C’est le cas du groupe de soutien des entendeurs de voix offert par Virage Santé mentale. L’organisme est d’ailleurs le seul formé en Estrie du Réseau d’entendeurs de voix québécois afin d’épauler les jeunes et moins jeunes aux prises avec cette présence qui est entendue que par eux. « On aide les personnes à se réapproprier leur vie puis que ce soit pas leur voix qui les dirigent », explique Pauline Beaudry, directrice générale de Virage Santé mentale.

La Table de concertation des personnes ainées du Haut-Saint-François se distingue des autres tables de la région de l’Estrie en ayant plusieurs ainés en tant que membres. Ceux-ci sont des représentants de chacune des 14 municipalités qui composent la MRC. Les autres tables sont généralement composées d’intervenants du milieu et d’employés d’organismes. Celle du Haut-Saint-François est particulièrement active avec une série d’activités qui vont des déjeuners-conférences aux formations et ateliers. Des projections du documentaire québécois L’érotisme et le vieil âge ont même été tenues à Cookshire-Eaton et à Lingwick et ont attiré des dizaines de curieux chaque fois.

« Les personnes âgées, elles sont diminuées physiquement, mais ce qu’elles ont dans leur tête, ce qu’elles ont appris, c’est toujours là », tient à rappeler Suzanne Paradis. Des journées comme celle du Salon des ainés leur permet « de se voir autrement qu’en allant manger puis qu’en étant des petits vieux qui se demandent “T’as mal où ?” Nous à la Table, on s’occupe des ainés. On essaie de leur faire des activités puis même d’aller rejoindre ceux qui peuvent pas se déplacer. »

Steve Côté abandonne la bataille

La Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) a récemment accueilli un nouveau membre dans ses rangs. Il s’agit de Steve Côté, producteur de sirop d’érable, de Newport, avec qui la Fédération a connu de nombreux démêlés au cours des dernières années. Cela ne laisse plus à l’organisation syndicale qu’un dossier de récalcitrants dans la région : celui de l’érablière Gaudreau, à Scotstown.

« C’était pas le gun sur la tempe, mais bien proche. Le couteau sur la gorge, mettons ! » C’est en ces mots que M. Côté décrit la seule avenue qui s’offrait à lui. La Fédération s’apprêtait à légiférer après que la Cour suprême du Canada n’ait pas voulu entendre la cause du producteur acéricole. « Ils saisissaient tout puis ils vendaient. C’était assez déclencheur ! Ils ont des hypothèques légales sur tout ce que j’ai », se désole M. Côté.

Celui-ci a été condamné par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec à payer une amende de 421 000 $ pour avoir lui-même vendu en vrac son sirop d’érable sans passer par la FPAQ. L’entente qu’il a prise avec cette même fédération demeure confidentielle. « Tout ce que je peux dire, c’est que c’est pas mal plus que 400 000 $ », souffle-t-il. « S’ils m’avaient pogné à faire pousser du pot, ça m’aurait couté bien moins cher que ce que ça me coute là. On se fait assommer avec des amendes astronomiques. C’est assez spécial. »

L’acériculteur de Newport n’est pas pour autant sorti de l’auberge tant qu’il n’a pas remboursé la totalité des centaines de milliers de dollars qu’il doit à la Fédération. C’est pour cette raison qu’il cherche à vendre son entreprise. « Tant que c’est pas fini de payer, ils ont encore un droit dessus. Le seul moyen de venir à bout de tout payer ça, bien il faut que je vende. C’est ça ou la faillite. »

Advenant cette possibilité, M. Côté quitterait la province, mais pas la profession d’acériculteur. « Si je peux vendre, je vais peut-être pouvoir aller m’installer ailleurs, puis là, je vais pouvoir vendre mon sirop ici légalement. C’est ça la beauté du système. Si je produisais en Ontario, je pourrais venir vendre mon sirop ici sans aucun problème. J’aurais rien à payer à personne, puis tout serait légal. Mais moi ici, je le produis au Québec, mais j’ai pas le droit de le vendre. C’est un système assez totalitaire. On est aussi bien d’aller s’installer ailleurs. »

FPAQ
Jonathan Blais est le représentant régional pour le Haut-Saint-François de la FPAQ et se dit satisfait de l’issue du conflit. « Notre mission, c’est pas d’en faire disparaitre [des producteurs]. On s’est voté des lois au Québec pour améliorer notre situation collectivement dans le sirop d’érable, puis ça a porté fruit. On est 15 000 à adhérer. C’est sûr que, comme dans la société, il y aura toujours des récalcitrants puis des gens réfractaires. »

En tant que nouveau membre, Steve Côté a assisté à la rencontre régionale de la Fédération qui a réuni 200 producteurs et productrices à la salle Guy-Veilleux de Cookshire-Eaton, au début octobre. « C’était une bonne nouvelle », exprime M. Blais. « J’ai vu Steve dans la salle qui participait, donc on était bien content de le voir parmi nous. J’étais content de voir que finalement, il avait joint les rangs. On vient de consolider quand même, contre son gré peut-être, une entreprise à St-Mathias. Pour l’avenir, c’est une bonne nouvelle pour St-Mathias. Il crée de l’emploi. Puis pour notre région aussi. »

Érablière Gaudreau
À quelques kilomètres de là, Daniel Gaudreau et Nathalie Bombardier, de l’érablière Gaudreau de Scotstown, ne jettent pas l’éponge face à la FPAQ et continuent de livrer bataille. Le couple a deux procès à venir devant la Cour supérieure l’année prochaine. Les sommes des amendes en jeu dépassent le million de dollars. « C’est de l’usure à long terme qu’ils nous font subir [la FPAQ] », affirme M. Gaudreau. « Il faut être convaincu quand tu t’embarques dans une guerre comme ça parce que ça coute de l’argent, ça coute du temps… Ça coute cher dans tout. »

Celui qui a subi 35 saisies de sirop d’érable la saison dernière dit comprendre le geste de Steve Côté. « Il avait comme pas le choix. Ils l’ont mis à bout, puis il a réglé de force. » Sa conjointe et partenaire d’affaires, Nathalie Bombardier, subit également de la pression de la part de son employeur, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), pour ses positions anti-fédération.

Celle-ci a été condamnée à cinq jours de suspension pour ses apparitions médiatiques et ses activités sur les réseaux sociaux en tant qu’acéricultrice ayant des démêlés avec la FPAQ. Elle attend ces jours-ci sa seconde sentence pour, entre autres, ne pas avoir obtempéré à retirer des mentions J’aime sur Facebook, faites à partir de son compte personnel.

Bière et saucisses pour rendre service

L’Oktoberfest de la Fondation Louis-St-Laurent a rassemblé près de 300 personnes à la polyvalente d’East Angus. La soirée débutait par un coquetel avant de se poursuivre avec le traditionnel souper-bénéfice, qui était suivi de nombreux tirages et d’une soirée dansante.

Renée-Claude Leroux, présidente de la Fondation, se montre satisfaite du nombre d’invités qui s’élevait à 290. « Ça faisait déjà quelques années que nous n’avions pas eu autant de personnes. » En tout, une trentaine de tables ont réuni les convives dans la cafétéria de l’établissement scolaire. Treize municipalités sur les 14 de la MRC étaient représentées par leurs élus.

L’Oktoberfest constitue la principale activité de financement de la Fondation Louis-St-Laurent annuellement. Les sommes amassées lors de cette soirée servent à donner fournitures scolaires, repas de cafétéria, bourses d’études et le remboursement de quelques frais pour certains élèves.
Alexis Dalpé, enseignant à la polyvalente, a agi à titre d’animateur de soirée en compagnie d’Émilie Trudel, étudiante. « La Fondation Louis-St-Laurent, c’est une courroie de transmission de la communauté vers les familles qui sont dans le besoin dans le Haut-Saint-François. Cette année, on est choyé parce que nous avons une présidente d’honneur qui est très investie dans sa communauté. »

Présidente d’honneur
La présidence d’honneur était assurée par Lyne Boulanger, mairesse de East Angus. « Cette cause-là m’a toujours touchée. » Mme Boulanger faisait d’ailleurs partie de la première cohorte d’élèves à fréquenter la polyvalente lors de sa construction au début des années 1970.

Renée-Claude Leroux n’avait que de bons mots à son propos. « Lyne a été une présidente d’honneur engagée qui a une grande part dans le succès de cette édition. Elle a été chercher des prix, mais elle a aussi mis beaucoup d’énergie à vendre des billets. Elle a aussi donné le ton à la soirée avec son dynamisme. Vraiment, elle a été exceptionnelle ! »

Les exemples de prix offerts lors de la soirée allaient de paires de billets pour les Canadiens de Montréal à des chèques-cadeaux chez Scies à chaîne Claude Carrier. Les centres culturels d’East Angus, Weedon et Cookshire-Eaton ont également offert des billets pour des spectacles à venir.

La présidente d’honneur, qui avait un objectif initial de 2000 $, a su récolter une somme de 3025 $ lors des différents tirages. « Tous les prix amassés, c’est moi qui ai eu l’idée et c’est moi qui ai trouvé les prix après plusieurs heures de travail. J’ai amené cette ambiance de défi et de plaisir en amenant les maires à participer fortement », se félicitait-elle.

La Brasserie rurale 11 comtés offrait quelques-uns de ses produits en fut dans le cadre de la traditionnelle fête de la bière.

Les Hussards sortent l’artillerie lourde

Les Hussards de Sherbrooke tenaient à la fin septembre leur première fin de semaine d’exercices militaires d’une série de trois. Pour l’occasion, trois sites du Haut-Saint-François avaient été sélectionnés pour accueillir en tout une cinquantaine de réservistes venus mettre en application leurs aptitudes.

Les soldats avaient été déployés en sous-groupes d’une quinzaine d’individus sur le chemin Paul à Ascot Corner, près du Parc écoforestier de Johnville et à proximité de l’aéroport de Sherbrooke. Cette activité marquait pour eux la fin de l’entrainement estival et le début de celui annuel sur véhicules blindés.
Une simulation de protection de points vitaux se déroulait sur le chemin de l’Aéroport. À cet endroit, les réservistes devaient protéger un bâtiment des forces ennemies en l’ayant au préalable pris de force et défendu d’éventuelles contre-attaques. Au moment du passage du journal, les soldats se nourrissaient de leur ration et allaient, plus tard, monter leurs installations pour passer la nuit dans leur cache extérieure. On retrouvait sur le sol des douilles de munition qui avaient été tirées à blanc un peu plus tôt. Celles-ci allaient être ramassées en fin de journée pour minimiser les impacts sur l’environnement.

L’armée sans engagement
« De faire ça ici, ça augmente le nombre de personnes qu’on a dans nos exercices. Ça diminue aussi le temps de déplacement. Faire ça en région ici, ça nous permet de maximiser l’entrainement », explique le major Samuel Beaudette. Étant situés à Sherbrooke, les Hussards s’évitent ainsi les kilomètres, plutôt que de se rendre par exemple jusqu’à la base des Forces canadiennes de Valcartier.

Les participants étaient soit des étudiants ou des travailleurs qui s’impliquent dans les Hussards à temps partiel. « Ils viennent au régiment les mardis soirs et une fin de semaine sur deux pour avoir de l’entrainement militaire. C’est vraiment pour venir chercher un challenge de plus », poursuit major Beaudette. « On a tous une job en dehors de l’armée. On amène tous une plus-value au régiment. C’est ça qui est le fun. » Il ajoute qu’un véritable esprit de famille règne entre les réservistes.

Se faire voir en région
Outre le site du chemin de l’Aéroport, on retrouvait un poste de contrôle de la circulation à la croisée des chemins Robinson et North au sud de Sand Hill à Cookshire-Eaton. Un troisième site d’activités se trouvait au crochet du chemin Paul à Ascot Corner. Y était établi un point de contrôle de véhicules qui servait à fouiller les voitures. Finalement, au régiment des Hussards de la rue William au centre-ville de Sherbrooke, on simulait une évacuation de blessés en plus de montrer les nouveaux véhicules blindés tactiques de patrouille (VBTP).

Cet exercice mensuel de septembre était de niveau débutant. Celui venant de se tenir à la fin octobre proposait de la reconnaissance de routes et de zones de niveau aguerri. Finalement, le dernier exercice niveau endurci qui se tiendra la fin de semaine du 23-25 novembre verra des escortes de convoi et de VIP. Le but d’ici la fin de l’année étant d’avoir « deux troupes qui sont à l’aise dans leur métier puis qui sont prêtes à faire de plus gros scénarios », termine major Beaudette.

François Jacques débute son mandat

Alors que vient de se faire mardi la cérémonie d’assermentation des députés de la Coalition Avenir Québec, le nouveau député de Mégantic, François Jacques, entame le travail dans la circonscription.

Un des objectifs de ce dernier est d’avoir fait le tour de toutes les municipalités contenues dans le territoire de Mégantic d’ici la rentrée parlementaire prévue le 13 novembre. « Même si j’ai fait pas mal le tour lors de la campagne, je souhaite aller plus spécifiquement voir ce qu’il en est. »
Dans ce vaste périmètre qui recoupe quatre MRC (HSF, Granit, Appalaches et Val-Saint-François), M. Jacques prévoit déjà avoir plus d’un bureau de circonscription. « C’est sûr qu’il va y avoir des bureaux satellites », confirme-t-il. Quant à savoir où, les décisions n’ont pas encore été prises.
Haut-Saint-François

Dans la région, François Jacques compte tendre la main à la MRC afin d’être guidé dans ses priorités. « Je vais aller m’assoir avec Robert, le préfet. Je pense que c’est quelque chose qui se doit d’être fait le plus tôt possible pour revoir les enjeux de toute la MRC. »
Le nouveau député a déjà quelques rencontres prévues ailleurs dans le Haut. « Ça commence vite, mais il y a des choses qui pressent. Il va falloir prendre nos priorités, puis travailler sur la plus belle façon possible de faire les choses efficacement et peut-être un petit peu plus facilement pour tout le monde. »

Comme il l’avait déjà mentionné en campagne électorale, il a à coeur les dossiers de la route 257 et des serres de cannabis à Weedon. À propos de ces dernières, il dit que « c’est un dossier qui progresse rapidement. Les serres sont en construction, donc il va falloir s’attarder à ce projet-là très rapidement. » Pour la route 257, il se réjouit de l’implication des municipalités qui proposent de prendre à leur charge 10 % de la facture. « C’est un projet qui est important. Il va falloir s’assoir et voir où en est le projet. Il faut que je me familiarise avec les dossiers en partant pour pouvoir, après ça, les travailler. »

Du rouge au bleu pâle
Il semble pour François Jacques que d’aller s’enquérir des dossiers en cours soit la meilleure chose à faire, étant donné que lui et le précédent député, Ghislain Bolduc, ne sont toujours pas entrés en contact. « Présentement, on n’a pas eu de discussion avec M. Bolduc. On n’a pas eu d’appel de sa part. J’espère qu’il va communiquer avec nous, qu’il va y avoir une transition. Que les gens, les citoyens auront pas besoin de représenter leurs dossiers pour qu’on puisse continuer ce qui a été commencé. » M. Jacques dit pourtant qu’une passation des dossiers entre députés entrant et sortant est une pratique qui se fait, pour avoir des collègues qui en ont bénéficié.

L’arrivée de M. Jacques met fin à des décennies de règne libéral dans la région. « Je pense que la population a parlé à la grandeur du Québec. Je pense que le Québec avait besoin de changement. On incarne le changement, puis il s’agit maintenant de répondre à ce qu’on a dit et de bien le faire. Faire mieux et faire plus. Pour le Québec, je pense qu’on est capable. Je pense qu’on a une équipe qui est capable de répondre. »

Le député caquiste s’est dit très satisfait des résultats qui lui ont donné 7000 voix d’avance sur son plus proche rival. Il attend maintenant de voir les résultats secteur par secteur. « J’ai hâte de voir comment ça a sorti. Est-ce que ça a été égal partout ? J’ai hâte de voir l’ensemble de l’oeuvre. »
Son message en est maintenant un de ralliement. « Il faut travailler tout le monde ensemble. » Des MRC voisines le font déjà pour certains dossiers. Certaines s’unissent même avec des MRC éloignées, comme celle de Coaticook. « Je pense qu’il y a des dossiers qui sont communs et qu’il serait facile d’arrimer. Quand toutes les MRC se mettent ensemble, il y a de belles sommes d’argent à aller chercher pour faire des projets. Donc, je pense qu’il faut unifier nos forces. »

Nancy Reid ressort le tartan pour son deuxième roman

La collection L’île Mackensie de l’auteure Nancy Reid vient récemment d’être complétée avec la publication du second et dernier tome : Le magasin général. Cette fois-ci, un projet touristique menace la quiétude du village de Ruby-des-Ruisseaux. Comme dans le premier tome, l’histoire tourne autour des personnages évoluant dans le petit patelin d’un Québec des années 70, le tout avec une saveur écossaise.

Nancy Reid avoue d’emblée que la nostalgie a joué un grand rôle dans la genèse de son univers littéraire. « Internet, je suis la première à dire que c’est très utile. Mais avant internet, les médias sociaux et le cellulaire, la vie était très différente dans les petits villages. » Ajoutons à cela les relents d’un fort passé écossais dans le Haut-Saint-François et le fait que l’écrivaine en soit elle-même descendante et on a là l’ébauche d’une grande histoire.

Mme Reid parle d’un roman d’époque. « C’est un genre de vie qui est disparu à jamais, c’est certain. Aujourd’hui, le monde vit autrement. On a des outils inimaginables pour s’informer et communiquer. » Les lieux centraux de L’île Mackensie : Le magasin général sont justement le magasin et un salon de thé où les habitants du village se réunissent. Pour ce magasin, l’auteure s’est inspirée d’un commerce d’East Angus qui vendait des jeans à l’époque. « Il y avait une grosse caisse enregistreuse toute chromée puis dorée. Il y avait des planchers de bois qui craquaient puis un beau comptoir de bois. »

Bien que le village de Ruby-des-Ruisseaux soit fictif, « pour moi, l’action se passe dans les Cantons-de-l’Est, mon coin de patelin », mentionne Mme Reid, angussienne de naissance et vivant maintenant à Bury. « Il y en a beaucoup qui m’ont fait le commentaire : « Il est où ce village-là ? J’aimerais ça y aller. » Moi aussi ! Mais c’est juste dans ma tête. C’est tellement triste », évoque en riant l’auteure. Le «ruby» du nom fait d’ailleurs référence au teint rouquin des Écossais.
Depuis la parution du premier tome en mai 2017, Nancy Reid a fait la tournée des salons du livre : Nouveau-Brunswick, Gatineau, Rimouski, Rouyn-Noranda. Plusieurs lecteurs en ont alors profité pour lui faire part de leurs commentaires. Certains disent avoir dévoré l’ouvrage sans pouvoir le déposer, alors que d’autres l’ont savouré lentement pour ne pas quitter son univers.

L’écrivaine s’étonne aussi de la réaction des gens face à ses personnages. « C’est pas tout le monde qui préfère les mêmes. » Souvent, le lecteur s’identifie au héros ou au personnage principal. « Mais c’est pas le cas ici. » Mme Reid explique cette réaction par la diversité des personnages du roman qui sont autant enfants, adultes que plus âgés. La famille, les relations intergénérationnelles et les traditions forment les thèmes centraux de la saga L’île Mackensie.

La grappe industrielle de Weedon voit grand

Une trentaine de personnes ont assisté à la première journée de réflexion et de discussion de la grappe industrielle sur le cannabis médical et le chanvre au Centre culturel de Weedon. Les gens présents ont bénéficié d’une visite des installations du site des serres de MYM Nutraceuticals avant d’assister à des conférences et d’échanger lors d’ateliers de travail.

Les participants étaient principalement issus des milieux institutionnels et gouvernementaux. Étaient représentés les chambres de commerce, les établissements d’enseignement, l’UPA, le MAPAQ et les entités locales de la SADC et du CLD. L’attachée politique et directrice du bureau de circonscription de Marie-Claude Bibeau, Jacqueline Belleau, représentait la députée de Compton-Stanstead.

Richard Tanguay, en tant que maire de Weedon, mais aussi comme préfet suppléant (à cause des élections), président de la SADC et administrateur du CLD, a prononcé le mot d’ouverture. À la lumière de toutes ces implications, « vous allez bien comprendre que le développement économique me préoccupe légèrement ! », a-t-il blagué avant de poursuivre. « Il y a de la place pour tout le monde. Je crois que la seule façon qu’on va réussir à faire de ce marché de quoi d’intéressant pour tout le monde, c’est si on est solidaire et qu’on est prêt à travailler ensemble. Tous ensemble pour le bien de notre communauté ! »

Un démarrage inédit
La conseillère en développement économique de la municipalité de Weedon, Lise Pratte, a présenté le concept de grappe industrielle à l’audience. Elle a donné quelques exemples de grappes existantes dans la province, comme celles de l’aéronautique ou de l’aluminium à Montréal. « Nos premières recherches n’ont pas identifié de grappes formelles en dehors des grands centres. Par contre, nous avons trouvé quelques pôles d’innovation, créneaux d’excellence, etc. Une grappe industrielle majeure en région ? Pourquoi pas ! »

De son côté, le directeur adjoint du Centre local de développement (CLD) du Haut-Saint-François, Bernard Ricard, a dévoilé à l’assemblée le plan d’action préliminaire du projet, qui se détaille en quatre grands axes : le cannabis médical, le chanvre industriel, la filière récréotouristique et les infrastructures et services.

L’un des objectifs de développement de la filière du cannabis médical demeure l’acceptabilité sociale. De grands pas ont été faits depuis l’annonce du Projet Weedon, mais la finalité demeure la démonstration des bénéfices de la consommation du produit. Pour le développement d’une main-d’œuvre compétente dans le domaine du chanvre industriel, « la présence d’une grappe, c’est une des choses qui contribue à faire des emplois particulièrement intéressants », martèle M. Ricard.

Il est déjà prévu, dans l’axe du développement récréotouristique du projet que le Centre Canna comprendra un centre d’interprétation du chanvre. Or, le porte-parole de MYM Projet Weedon, Daniel Nadeau, confie que des discussions sont en cours pour relocaliser le centre culturel de la municipalité à même le bâtiment multifonctionnel attenant aux futures serres. « Nous, c’est une autre façon de venir contribuer à l’essor d’une communauté. »

Le maire Richard Tanguay a pu profiter de l’occasion pour rappeler l’importance, pour la municipalité, d’avoir des infrastructures et services prêts à supporter une soudaine arrivée de main-d’œuvre et un développement immobilier. L’attachée politique Jacqueline Belleau abondait dans le sens de M. Tanguay lorsque celui-ci détaillait le piètre état des routes et des réseaux cellulaires et internet dans la région.

Inclure les entreprises
Pour la suite des choses, la grappe entend constituer un comité de travail et voir ce qui se fait ailleurs en termes de regroupements autour du chanvre et du cannabis médical. Bernard Ricard entend aussi impliquer plus d’entreprises au sein du groupe. L’aspect industriel est à renforcer, comme les entreprises évoluant dans le domaine sont plutôt rares localement. « C’est vraiment un marché qui est un peu plus vierge. Donc, on peut voir ça dans le sens que le potentiel est énorme vu qu’il y a personne. »
L’entreprise Léo Désilets Maitre herboriste de Scotstown avait été invitée à la rencontre, mais n’avait pu être présente. Seule Nature Fibres d’Asbestos avait répondu à l’appel. La compagnie est un manufacturier de biomatériaux à base de chanvre, comme de la laine isolante. Félix Boulanger en est le représentant au développement des affaires et en vient aux mêmes conclusions que M. Ricard. « Le marché du chanvre autant que du cannabis est très peu développé, surtout dans l’est du Canada. D’avoir plusieurs points de contact avec différentes personnes de différents milieux, ça fait que les idées brassent. Un coup que les idées brassent puis qu’on a une certaine visibilité, on peut développer de nouveaux marchés et des nouveaux partenariats d’affaires. » M. Boulanger n’a donc pas hésité un instant lorsqu’il a reçu l’invitation de la grappe.
Cela rejoint l’idée première du regroupement, qui en est un d’échange, comme l’explique Bernard Ricard. « L’objectif en est un de développement économique local. C’est que, à Weedon, autour de Weedon et partout en Estrie, se développent des compétences pour être capable de saisir à la fois les opportunités du cannabis médical et celles de la partie du chanvre industriel. Une grappe industrielle, c’est une structure de consultation. »

Un souper au bénéfice des jeunes

La Fondation Louis-St-Laurent de la polyvalente d’East Angus tiendra son traditionnel souper de l’Oktoberfest, le vendredi 19 octobre. Cette année, la présidence d’honneur est assurée par la mairesse Lyne Boulanger, tandis que quelques nouveautés s’ajouteront à la formule.
Le souper-bénéfice constituera la seule et principale activité de financement de la Fondation Louis-St-Laurent cette année. C’est pourquoi le comité organisateur souhaite maximiser les efforts et attirer le plus grand nombre de gens possible. Faire salle comble serait même un beau problème. « Manquer de place, ce serait le fun ! », de s’exprimer Lyne Boulanger.

La présidente d’honneur a d’ailleurs lancé l’invitation à tous ses collègues des 14 municipalités de la MRC. « J’aimerais ça que chaque municipalité ait une table. C’est bien beau de dire « la polyvalente de East Angus », mais c’est tous les jeunes du Haut-Saint-François qui viennent ici. »

Une formule remaniée
Le Resto 108, situé à Cookshire-Eaton, élaborera le menu de la soirée, tandis que le service aux tables sera assuré par les élèves de cinquième secondaire. Le groupe du voyage humanitaire s’occupera, quant à lui, du vestiaire. En agissant de la sorte, les jeunes s’impliquent dans le déroulement de la soirée tout en amassant des fonds qui serviront à financer leurs activités, soit le bal de finissants et un séjour à l’étranger.
Quelques nouveautés viendront égayer la soirée. Tout d’abord, la Brasserie 11 comtés viendra offrir ses produits sur place. Émilie Fontaine, l’une des propriétaires, est une ancienne élève de l’établissement scolaire. Pendant le repas, quatre élèves se feront accompagner de professeurs et offriront des prestations de chant et d’instrument. Après coup, la soirée se poursuivra avec de l’animation et la présence d’un DJ.

Des besoins criants
Renée-Claude Leroux assure la présidence de la Fondation Louis-St-Laurent pour une deuxième année. Les demandes d’aide vont en grandissant. « On voit que le besoin est encore présent. C’est très pertinent encore, le travail de la Fondation. »

André Lachapelle, directeur de la polyvalente, a été à même de le constater lors de l’accueil administratif en début d’année scolaire. Les parents d’élèves ont la possibilité d’apporter leur avis de cotisation pour effectuer une demande d’aide financière. « Par exemple, un parent me donne son revenu familial total à 22 000 $. Je peux leur dire immédiatement : « Vous pouvez quitter. La Fondation va payer à 100 % votre facture. » Donc ils sortent de là, ils sont soulagés. Si les parents sont soulagés, les enfants le sont aussi, donc ça les rend plus disponibles à leur apprentissage. Ils se sentent pas mis à l’écart. »

L’aide financière de la Fondation Louis-St-Laurent peut prendre la forme de cartes repas à la cafétéria ou de paiement des frais de participation à une activité parascolaire. C’est elle également qui récolte les sommes distribuées en bourses d’études et lors des galas étudiants. On parle ici de 10 000 à 12 000 $ par année.

Les gens qui ne pourraient être présents à l’Oktoberfest, mais qui aimeraient contribuer peuvent faire parvenir leurs dons à la Fondation. L’événement se passe à la cafétéria de la polyvalente. Ses partenaires sont l’IGA et le Dépanneur East Angus.

Un Big Bang qui essaime sur tout le territoire

Le Big Bang de La Contrée du Massif Mégantic a réuni une centaine de personnes au Centre communautaire de Val-Racine à la mi-septembre. Les citoyens, élus et acteurs communautaires des sept municipalités membres du groupe ont ainsi pu échanger autour de leurs traits communs afin d’être plus attractifs aux yeux des gens de l’extérieur. Le projet, à cheval sur les territoires des MRC du Haut-Saint-François et du Granit, a initié une collaboration qui aura une suite.

Dominic Provost, directeur général de la MRC et du CLD du Haut-Saint-François, était le premier enthousiasmé par la démarche. « Dans le fond, on fait abstraction complètement des entités administratives. Je trouve ça intéressant. » Le but de la journée était de rassembler les acteurs locaux pour discuter des bases d’une identité commune et d’une clientèle cible pour La Contrée.

La région entourant le mont Mégantic et regroupant les municipalités de Hampden, Scotstown, La Patrie, Chartierville, Notre-Dame-des-Bois, Val-Racine et Milan, est aux prises avec des problèmes de dévitalisation, de vieillissement de la population et de baisse démographique depuis plusieurs années. Le thème retenu pour la journée du Big Bang fut donc celui de l’attraction et de la rétention territoriales puisqu’il reflète une nécessité pour ces municipalités.

Une journée dense
Pierre Brosseau, maire de Val-Racine et président de La Contrée du massif Mégantic, a ouvert la rencontre avec le mot de bienvenue. « C’est une première grande étape extrêmement importante pour nous aider à trouver un positionnement et faire en sorte que les sept municipalités développent cette identité du territoire du massif Mégantic pour se donner les meilleures chances possible de développement, d’attirer des gens, de retenir ceux qui sont déjà là. C’est vraiment avec une vision des prochaines années qu’on travaille. »

La rencontre était encadrée par Marie-Eve Arbour de la firme Visages régionaux. À part guider les participants lors des ateliers et des prises de parole, celle-ci a dévoilé les résultats des questionnaires acheminés aux citoyens, entrepreneurs et élus du territoire de La Contrée. Sur les 179 formulaires retournés, 95 étaient de la part de citoyens.
Tous s’entendaient pour dire qu’ils devaient travailler ensemble pour le développement et la promotion de la région. Les élus avaient un sentiment d’appartenance au territoire plus élevé que celui des citoyens (91 % contre 75 %). La nature et les paysages étaient ce qui rendait les habitants le plus fiers de leur coin de pays et représentaient la principale raison de leur établissement en région, avec la famille en deuxième.

Miser sur la nature
Johanne Delage, mairesse de La Patrie, est l’une de celles pour qui la nature et les paysages représentent un incontournable. « Le parc national, le mont Mégantic et l’Observatoire, c’est unique ! Il n’y en a pas ailleurs. C’est un atout majeur pour attirer des gens pour venir peut-être s’installer ici. Je pense que c’est un beau succès aujourd’hui. »

Lorsqu’on se compare à une ville comme Sherbrooke, « on n’a pas tous les avantages », admet Dominic Provost. « Donc, il faut se donner notre propre personnalité. À partir du moment où tu as un regroupement très fort, c’est l’avenir des régions que de se positionner. »

La journée de remue-méninges et de discussions était suivie d’un buffet préparé par Méchoui authentique. Après le repas, l’animation musicale était assurée par le duo Kriss & Pat qui a interprété des succès francophones et anglophones.

L’écrivaine déchainée

Le premier roman de Julie Myre-Bisaillon, Des réguines et des hommes, vient de paraitre ce printemps aux Éditions Hurtubise. L’auteure établie à Cookshire-Eaton depuis maintenant trois ans relate, à travers de courtes histoires, son quotidien en compagnie de son conjoint, Yannick Côté, alias le Jardinier et, désormais, Cuisinier déchaîné.

Écrire sans que ce soit prévu

Celle qui est professeure à l’Université de Sherbrooke se considérait encore récemment comme une fille de la ville, avant de « prendre pays » à la campagne. C’est à ce moment qu’elle a sorti la plume. Son conjoint travaillant jusqu’à 14 heures par jour au moment du lancement de son entreprise, Mme Myre-Bisaillon devait se trouver un passe-temps. « J’ai jamais eu le rêve de publier un livre. Ça s’est fait tout naturellement. » C’est ainsi que, à force de raconter ses péripéties rurales à ses proches et au fil de leurs encouragements, l’idée de publier s’est concrétisée.

Entre les charges de cours en adaptation scolaire et sociale et les travaux de recherche sur la petite enfance, l’écrivaine n’est elle-même pas une grande lectrice. Elle le fait déjà amplement dans le cadre du travail. « Il y a déjà beaucoup de livres dans ma vie. Je suis plus musique que lecture. » Elle dit être grandement inspirée par les raconteux que sont Fred Pellerin, Dany Placard et Bernard Adamus. Une des histoires du livre porte d’ailleurs le titre Brun (ou la couleur de l’amour), comme l’une des chansons d’Adamus. Dans ce cas-ci, la couleur brune provient de la terre des champs qui trouve son chemin jusque dans la maison. « Ces gars-là, je trouve qu’il chante un univers qui est assez authentique. Puis ça, ça m’a toujours plu. Je me suis plus nourrie de ça que des livres. »

Déguédine !

« La vie va vite : on est efficace, on est fatigué. Je voulais écrire quelque chose qui allait pouvoir bien se lire, sans s’embarquer dans une grosse affaire », explique Julie Myre-Bisaillon. Des réguines et des hommes se veut justement une succession de courtes histoires portant sur l’agriculture et l’amour, le tout empreint d’humour. Par exemple, le récit du climatiseur relate la fois où M. Côté a envoyé sa « chérie » chercher ledit appareil auprès d’un rabbin à Montréal.

« Si tu demandes à mon chum ce qui est vrai et si tu me demandes ce qui l’est, ce sera pas la même réponse probablement. C’est ça qui est intéressant dans ce livre-là parce que c’était aussi ça l’idée », résume l’auteure. La vision des choses et le mode d’organisation parfois diamétralement opposés des hommes et des femmes demeure le sujet de prédilection du roman. « Mais à 90 %, tout est vrai. Lui, il dirait peut-être 75-80 ! »

Outre les relations de couple, le lecteur retrouvera des personnalités et des endroits du Haut-Saint-François au fil des pages. « Je parle aussi beaucoup des personnages ruraux. Les personnages principaux n’ont pas de nom, mais ceux secondaires en ont. » C’est le cas de Bidou. « Des Bidou, il y en a un dans chaque village. Moi, je parle de celui de Cookshire. Il y a des personnages qui font partie de la région. » L’œuvre traite même du mythique magasin Clarke et Fils, dans le secteur Lennoxville, dont le nom a été changé dans l’ouvrage.

En somme, Julie Myre-Bisaillon nous offre ici sa vision de son quotidien avec un homme qui vient accompagné de ses « réguines », de visites à la quincaillerie et d’achats sur Kijiji. « Même les gens de la ville vont se reconnaitre parce qu’il y a beaucoup du couple dans ça, mais de façon humoristique toujours. »

Manon Massé s’arrête à Cookshire-Eaton

La co-porte-parole de Québec Solidaire, Manon Massé, était de passage à la Brasserie 11 comtés de Cookshire-Eaton, ce dimanche. Elle rencontrait les citoyens de la circonscription de Mégantic en compagnie de la candidate locale, Andrée Larrivée. Mme Massé a, entre autres, parlé d’agriculture locale et biologique et de souveraineté alimentaire au cœur de « cette campagne foisonnante » qu’est le Haut-Saint-François.

Parmi la soixantaine de partisans présents, on retrouvait les sœurs Alexandra et Amélie Poulin, âgées respectivement de 20 et 22 ans. Il s’agira des premières élections provinciales auxquelles les deux jeunes femmes auront le droit de participer. Amélie dit avoir été interpellée par le plan économique proposé par le parti de même que par sa position sur les enjeux environnementaux. « Manon, elle ne parle pas pour rien dire. Elle est vraiment là pour le monde. »

Gloriane Blais (PQ) – Aller plus loin

Gloriane Blais, qui représente le Parti Québécois aux prochaines élections provinciales, s’est donné la mission de défendre trois engagements locaux pour la circonscription de Mégantic. Deux d’entre eux portent spécifiquement sur le Haut-Saint-François, soit la reprise de la route 257 par le gouvernement et l’offre de vols commerciaux à l’aéroport de Sherbrooke, située sur le territoire de Cookshire-Eaton.

« J’ai pas voulu en avoir de nombreux, mais plutôt d’avoir de gros et grands dossiers qui sont extrêmement porteurs », explique Mme Blais. « Quand on porte de tels dossiers, il faut idéalement avoir une expertise en représentation, être suffisamment solide pour aller représenter ça à l’Assemblée nationale parce que là on est dans des négociations de haut niveau. Mon expertise, c’est ma forte expérience d’avocate, donc de représentation, depuis près de 20 ans. Je suis en mesure de porter ces dossiers pour notre circonscription. »

Réseaux internet et cellulaire
Avant de détailler ses engagements locaux, Gloriane Blais souhaite revenir sur un engagement régional du Parti Québécois : l’état lamentable du réseau cellulaire et l’offre de l’internet haute vitesse en Estrie. « Cet engagement-là, je tenais à le préciser parce que, vraiment, ça a plus de sens. On veut faire de la couverture cellulaire une priorité partout dans la région et rendre internet haute vitesse accessible partout très rapidement dans le mandat. »

Route 257
Dans le Haut-Saint-François, « actuellement, il y a une section qui ne communique pas par voie terrestre. » Mme Blais fait référence à la route 257 qui relie Chartierville à Weedon. « Ça fait des années qu’il y a des promesses ou des annonces qui sont faites à la veille des élections. Ça revient sans cesse. Maintenant, après toutes ces années, où en sommes-nous en 2018 ? Encore à l’étape des promesses. »

La route provinciale figure déjà parmi la liste des engagements régionaux du Parti Québécois, mais la candidate en fait une de ses priorités. « Je tiens à aller encore plus loin. La route 257, mon objectif, c’est que le gouvernement du Québec reprenne la responsabilité complète de la route et pour toujours. Si mon objectif est atteint, on ne parle pas de projet-pilote. »

Aéroport de Sherbrooke
« Imaginons le potentiel à court, moyen et long termes en termes de développement économique si l’aéroport offrait entre autres des vols commerciaux internationaux avec les services de douanes », propose Gloriane Blais. « Ce sera pas juste des gens du Haut-Saint-François qui vont aller à l’aéroport. Ce sera des gens de Sherbrooke, de toute l’Estrie et même au-delà. »
À ceux qui la décriraient comme une rêveuse, elle répond « qu’il faut être porté par des rêves si on veut avancer grand. Donc oui, je désire rêver, mais avec une action cohérente et pragmatique. » Elle termine avec une phrase qu’elle répète depuis la première fois qu’elle s’est présentée en politique : « C’est tous ensemble qu’on va développer chacune des parties de cette circonscription, dont le Haut-Saint-François. »

François Jacques (CAQ)- Initier le mouvement

Au moment de l’entrevue, François Jacques revenait d’une rencontre avec la mairesse de Cookshire-Eaton, Sylvie Lapointe. Le candidat de la CAQ était au milieu de sa tournée qui l’a déjà mené aux quatre coins de la circonscription de Mégantic. « J’ai commencé à avoir du fun. J’ai rencontré le maire de Weedon, la mairesse de Cookshire. J’ai vu le maire de Disraeli, qui ont d’autres enjeux. »

Économie
« La CAQ, on est un parti pour les régions. On est là pour développer l’économie des régions, trouver des emplois mieux payés, puis faciliter l’intégration des immigrants pour combler les postes qui sont disponibles dans nos régions », scande M. Jacques. « Les régions, on a été oublié par les libéraux depuis plusieurs années. Il faut recentrer l’économie dans les régions. C’était les PME qui faisaient vivre le Québec, il y a quelques années. »

À ce sujet, le candidat caquiste considère Cookshire-Eaton comme un bon exemple de vitalité régionale, avec ses entreprises qui exportent à l’étranger, telles qu’Armoires NAC. Il était également impressionné par le travail de la corporation de développement Cookshire-Eaton Innovation. « Ils ont engagé quelqu’un pour aller faire du développement économique ailleurs pour intéresser les gens à s’en venir à Cookshire. »

Projet Weedon
C’est une réalité que connait trop bien la municipalité de Weedon qui aura 400 postes à pourvoir à moyen terme avec la construction des serres de cannabis médicinal. Même constat de ce côté, la région devra attirer de nouveaux habitants. « Ça va prendre des immigrants, pas juste des personnes qui vivent dans le coin parce qu’on est presque en plein emploi. Il faut pas vider les autres commerces de Weedon non plus. Tu déshabilles pas Jacques pour habiller Paul », commente François Jacques.

Outre le besoin de main-d’œuvre, ce sont les infrastructures locales qui devront être revues. « Il y a du développement économique à faire à Weedon, autant au niveau résidentiel que de l’infrastructure du 2e rang. Le 2e rang est pas fait pour que les camions passent là. La route 257, c’est une priorité. Elle est épouvantable d’un bout à l’autre. Puis ce bout là, avec les camions qui vont passer là, ça fonctionnera plus. Juste tourner du 2e rang à la 257, ça va être une histoire épouvantable. C’est un enjeu hyper important qu’il y ait un soutien inconditionnel du gouvernement. »

Ainés
De l’avis de M. Jacques, l’offre de services en santé en région est mal en point, particulièrement pour les personnes agées. « C’est important de garder les gens le plus longtemps possible chez eux. Les ainés peuvent pas toujours se déplacer. Ça prend des services constants à domicile. » L’attraction de médecins dans le Haut-Saint-François reste primordiale pour le politicien. Le groupe de médecine familiale (GMF), « il faut que ce soit développé encore plus parce qu’il manque de médecins. Tout le monde est en recherche de médecins. C’est une priorité de régler ces enjeux-là. C’est une priorité de redonner aux régions la force du Québec. »

Andrée Larrivée (QS); assure une qualité de vie

Andrée Larrivée et le parti Québec solidaire ont à cœur la suppression des inégalités. « Pour moi, un gouvernement responsable a l’obligation de s’occuper des personnes les plus vulnérables. C’est non seulement une obligation, mais aussi un devoir », exprime la candidate dans la circonscription de Mégantic. « Comme députée à l’Assemblée nationale, je vais m’assurer que la voix des personnes les plus vulnérables soit entendue. »

Santé et services sociaux
« La réforme de M. Barrette a eu des effets négatifs dans le milieu. Nous, on souhaite vraiment investir mieux », déclare Andrée Larrivée. Les investissements serviraient à ramener des services de proximité en région, comme étendre les heures d’ouverture des CLSC à 24 h par jour, sept jours sur sept. « Les installations sont déjà tout partout sur le territoire, mais de leur donner les moyens de pouvoir offrir des services de proximité, ça va faire en sorte qu’il va y avoir une population qui va pouvoir avoir accès à ces services-là. »

De l’avis de Mme Larrivée, la réforme Barrette a aussi fait en sorte que ces mêmes CLSC sont débordés à l’heure actuelle, poussant ainsi une partie de la clientèle à se tourner vers les organismes communautaires qui, à leur tour, sont sous-financés. « Les organismes sont directement déployés sur le terrain, sauf qu’ils ont un financement insuffisant pour vraiment répondre à leur mission. Le personnel devient épuisé, à bout de souffle. Ça crée une pression. »

Éducation
Une des mesures phares de Québec solidaire demeure la gratuité scolaire à tous les cycles d’études. « Plus près de nous, on veut encourager les projets éducatifs, comme ceux de la Cité-école », déclare Andrée Larrivée. « C’est un beau projet collectif. Il y a les élus qui sont impliqués, les entreprises, les groupes communautaires, le personnel scolaire. Ça vaut la peine de valoriser ces réussites-là. »

Un constat qui est ressorti d’une rencontre entre la candidate et la Commission scolaire des Hauts-Cantons est que la formation professionnelle mérite d’être valorisée. « C’est pas tout le monde qui souhaite aller faire des études collégiales ou universitaires. Donc de valoriser tous les types de formations, ça a sa place dans le milieu. »

Pauvreté et emploi
Étant directement en contact avec la communauté par le biais de son emploi au Centre des femmes du Haut-Saint-François La Passerelle, Andrée Larrivée est à même de constater les conséquences de la pauvreté. « J’ai juste en tête le nombre de personnes qui ont à faire des demandes aux banques alimentaires. Les demandes sont en hausse. Les revenus ne sont pas suffisants pour les besoins de base. Je dirais que c’est particulièrement troublant. »

C’est dans cette optique que Québec solidaire souhaite hausser le salaire minimum à 15 $ de l’heure d’ici le 1er mai 2019. Le parti souhaite aussi une assurance dentaire universelle. « Depuis l’annonce de la mesure, chaque fois que je me promène dans la circonscription et dans le cadre de mon travail, je remarque davantage les gens qui sont édentés. Je me dis que ça fait longtemps que ça aurait dû être mis en place », termine Mme Larrivée.

Scotstown roule vert le temps d’un plein

Quelques résidents de Scotstown ont eu l’opportunité de faire l’essai d’une voiture électrique dans le cadre d’un programme du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie. Une Nissan Leaf 2013 avait été prêtée à la Ville pendant une semaine, qui en a fait bénéficier les conseillers et les citoyens.

Les réactions des utilisateurs furent toutes positives, plusieurs étant agréablement surpris, aux dires du maire Dominique Boisvert. « Les gens pensaient pas que c’était si facile d’usage et si silencieux. » Certains avaient au préalable exprimé leur crainte concernant l’autonomie des voitures électriques. Le modèle essayé en avait une de 125 km. Personne n’est toutefois tombé en panne, le véhicule offrant plusieurs outils et indicateurs pour prévenir une telle situation. L’évolution rapide de la technologie a fait doubler l’autonomie des bolides les plus récents, les derniers modèles pouvant parcourir 240 km entre les charges.

« On s’est servi de cet essai pour le faire essayer à des conseillers et à des citoyens pour connaitre leur intérêt à passer à l’auto électrique et l’intérêt qu’il y aurait pour la municipalité d’installer une borne électrique », explique le maire Boisvert. Par exemple, dans une même journée, deux familles de Scotstown ont pu utiliser la Nissan Leaf pour faire leurs courses. Si la Ville décidait de faire le saut au vert, l’emplacement du bistro Le Petit Écossais et du parc municipal serait envisagé pour l’installation d’une borne.

Le modèle prêté provenait du concessionnaire Sherbrooke Nissan. Le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE) propose à 40 entreprises ou organismes de la région de tenter l’expérience de la voiture électrique pendant une semaine via le programme ICI propulsé à l’électricité. La Ville de Scotstown n’a eu qu’à débourser 125 $ pour l’essai routier, le reste étant couvert par le projet.

Une grappe économique sur le cannabis est lancée

Dans la foulée du projet de serres de cannabis médical et de chanvre industriel à Weedon, une grappe économique sur leur développement a été mise sur pied. Le comité de travail de cette grappe s’apprête à tenir sa première activité de rencontre le 27 septembre prochain, au Centre culturel de la municipalité.

La Grappe économique sur le développement du cannabis médical et du chanvre à des fins industrielles du Haut-Saint-François (GECHSF) a été mise en place en 2017 par le Centre local de développement (CLD) du Haut-Saint-François. Le maire de Weedon et porte-parole du comité de travail, Richard Tanguay, en explique la genèse. « Nous avons eu plusieurs réunions depuis l’automne dernier et, avec l’appui financier de MYM Nutraceuticals et du CLD, nous avons élaboré un plan de travail ainsi qu’une vision d’une grappe qui favoriseront la création de valeur économique autour du projet moteur et central de MYM Nutraceuticals. Par cette grappe, nous voulons d’abord et avant tout favoriser le développement économique de la municipalité de Weedon et de la MRC du Haut-Saint-François et aussi de toute la région de l’Estrie. »

Le groupe est d’avis que des occasions d’affaires se présentent aux entreprises et aux commerces présents sur le territoire. « L’idée de la grappe, c’est de harnacher ensemble nos efforts pour maximiser les retombées économiques pour les acteurs économiques de la municipalité de Weedon et de l’ensemble du territoire de la MRC », complète M. Tanguay.
La grappe économique tiendra sa première rencontre le 27 septembre au Centre culturel de Weedon. On retrouve parmi les hôtes de l’événement la Corporation économique de Weedon, la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) du Haut-Saint-François et MYM Nutraceuticals.

Le comité de travail présentera le résultat de ses réflexions en plus de s’interroger sur les meilleures pratiques à mettre en place pour favoriser le développement économique de produits et de services liés au cannabis médical et au chanvre industriel. La firme Deloitte présentera une conférence sur les perspectives du marché canadien et québécois pour le cannabis médical et le chanvre. MYM Nutraceuticals fera une présentation du projet de serres, suivie d’une visite du site de production sur le 2e rang.

On attend parmi l’assistance des représentants de l’Université de Sherbrooke, du Collège de Sherbrooke et des Chambres de commerce de Sherbrooke et du Haut-Saint-François. « Nous osons pour une fois être le lieu d’un projet structurant pour toute l’Estrie et nous en sommes particulièrement fiers », s’enthousiasme Richard Tanguay.
La rencontre débutera à 9 h et se terminera vers 16 h. Un goûter sera offert sur l’heure du midi. Pour plus de renseignements sur l’activité, on contacte Bernard Ricard, CLD du Haut-Saint-François, au bricard.cld@hsfqc.ca ou au 819 560-8500 poste 2204.

La centenaire jardinière

Mme Bernadette Carrier-Brault, qui célébrera ses 100 ans le 11 novembre prochain, a réalisé un vieux rêve : celui de vendre des fleurs qu’elle a elle-même cultivées.
Le Jardin Communautaire de Sawyerville n’avait pas vu une tenancière de kiosque d’un âge aussi avancé depuis belle lurette. C’est l’organisation, chapeautée par Chantal Bolduc, qui a approché Mme Carrier-Brault afin de lui proposer l’opportunité d’avoir sa propre rangée de terre pour l’été. Celle qui a grandi dans le secteur Island Brook du canton de Newport a toujours voulu être fleuriste. Sur le coup, les circonstances de la vie en ont décidé autrement, mais voilà que, aujourd’hui, les astres s’alignent.

« J’aime les fleurs, puis j’ai toujours cultivé des fleurs. C’est dans moi », témoigne avec aplomb la nonagénaire. Il faut dire que, bien qu’elle n’ait pas gagné sa vie grâce à l’horticulture, la dame au pouce vert s’est toujours entourée de fleurs à la maison. Elle a d’ailleurs remporté la troisième place du concours Maison et balcon fleuris, organisé par le Cœur Villageois de Cookshire-Eaton, depuis le balcon de sa chambre de la Résidence Camélia. Maintenant déménagée au Manoir de l’EAU VIVE, Mme Carrier-Brault a de nouveau soumis sa candidature cette année et attend les résultats du concours qui seront dévoilés d’ici quelques jours.

L’apprentie fleuriste a reçu l’aide de son entourage pour entamer la saison du bon pied. Des membres de sa famille directe ont ensemencé sa rangée de terre au retour du beau temps. Ils ont toutefois laissé le soin à leur aïeule d’effecteur l’entretien et les soins hebdomadaires des plants. Le jour du marché public, elle avait elle-même empoté les fleurs qui étaient en vente à son kiosque dans des contenants qui lui avaient été prêtés par le Jardin.

Après ce premier essai, Mme Carrier-Brault ne sait pas si elle répétera l’expérience l’année prochaine. Elle confie ne pas faire de plans trop à l’avance. Elle s’étonne même de l’arrivée de son centenaire dans quelques semaines. « J’y pense pas ! Je sais pas comment ça se fait que j’ai vécu longtemps de même. » Elle avoue, après coup, consommer beaucoup de légumes et manger peu de viande. Ce qui la préoccupe ces temps-ci est plutôt la préservation de sa mémoire. « J’ai peur de la perdre », dira-t-elle, avant de partager quelques souvenirs.

Sylvie Dodier, filleule et petite-fille de Mme Carrier-Brault, sait déjà qu’elle conservera de bons souvenirs en compagnie de sa mamie. Plus jeune, Mme Dodier lui rendait visite les jours d’école alors qu’elle fréquentait l’établissement Saint-Camille. Déjà, les végétaux faisaient partie du paysage. « Elle a toujours adoré les fleurs », se rappelle la petite-fille. « Dans sa maison, elle a des plantes, des plantes, des plantes ! »

Bernadette Carrier-Brault n’était pas la seule à franchir la barre du siècle. Elle a, à vrai dire, été devancée par le Dr Curtis Lowry, lui qui avait fait don des terrains où est actuellement implanté le Jardin Communautaire de Sawyerville. Au moment du legs, il avait mentionné sa volonté que « le terrain serve un bien communautaire. » On peut dire que c’est mission doublement accomplie avec le rayonnement du Jardin qui grandit d’année en année et la concrétisation du rêve de Mme Carrier-Brault.

Rétablir la confiance

Près d’un an après avoir annulé quatre spectacles de sa programmation automnale, Loisirs Cookshire reprend ses activités. L’organisme s’est doté d’un nouveau conseil d’administration lors de son assemblée générale annuelle et annonce une course de balles le 6 octobre prochain.

La nouvelle présidente de l’organisme, Manon Élisabeth Carrier, se dit très fière de la nouvelle équipe. « On s’est dit une gang : « On y va, on fonce, puis on va ramener ça à l’ordre. » » Le groupe de neuf personnes a été formé le 31 juillet dernier lors de l’assemblée générale annuelle.

Leur première activité sera une course de balles sur le terrain de baseball aux abords de la rivière Eaton le 6 octobre, dès 11 h. Il s’agira d’une fête familiale qui réunira jeux gonflables, animation pour les enfants offerte par La Relève du Haut-Saint-François, cantine, musique et jeux pour tous. « On espère cartonner puis que le monde ait du fun », mentionne Mme Carrier. « Si on ramène des activités, on va être capable de se refinancer. »

Revenir à l’essentiel
Le but ultime de l’organisme demeure le retour d’une programmation variée de spectacles. La présidente assure que la nouvelle équipe « travaille fort » dans cette optique. « On va commencer avec des spectacles qui sont pas nécessairement du gros monde connu. On veut ramener ça puis avoir des prix abordables. »

Cela permettra de remettre la roue en mouvement. « Si dans notre milieu, on a des activités, puis que nos gens sont heureux, ils consomment sur place. C’est bon pour toute notre économie », poursuit Manon Élisabeth Carrier. « On veut que les gens découvrent que dans notre milieu, on est dynamique, puis qu’on veut avoir du plaisir et que ce soit agréable à vivre. »
Le conseil d’administration souhaite tirer un trait sur le passé de Loisirs Cookshire. « Le chialage puis le négativisme, on n’en veut plus. C’est fini. On est tanné du vieux stock. On s’en va par en avant. Il y a des affaires à régler, ça se fait tranquillement. C’est de la petite paperasse plate, mais ça va se faire. »

Le comité travaille déjà en collaboration avec la Maison de la culture John-Henry-Pope et le Coeur villageois de Cookshire-Eaton. La présidente Carrier termine en disant qu’« on va faire une belle équipe avec ça, puis ça va bien aller. Je suis bien confiante. »

Une pièce de théâtre qui déride et dérange

Dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes ainées, la Table de concertation des personnes ainées du Haut-Saint-François présentait la pièce de théâtre Réveille-toi Arthur au centre communautaire du secteur de Johnville, à Cookshire-Eaton. Bien qu’étant une comédie, la pièce a tout de même bouleversé plusieurs des gens présents lors de la représentation.

Plus de 125 personnes ont assisté à l’événement. Pour l’occasion, un partenariat avec Transport HSF a été conclu afin de réserver trois autobus. Toutes les municipalités de la MRC étaient représentées dans la salle. « On n’attendait pas autant de monde », admet Carole Fredette Plante, présidente de la Table de concertation locale. « C’est un enjeu important et c’est important que les gens soient sensibilisés », complète Marilyne Martel, organisatrice communautaire au CIUSSS de l’Estrie – CHUS.

Dans la pièce, Arthur est un ainé vivant seul qui reçoit tour à tour la visite de plusieurs personnages. Certains cherchent à lui soutirer de l’argent, alors que d’autres cherchent à lui ouvrir les yeux. Denis Blondin est l’interprète d’Arthur et membre de la troupe de théâtre Poivre et sel de Gatineau. Il a adapté la pièce écrite par deux policiers il y a une vingtaine d’années. Ces derniers avaient eu l’idée de la pièce après des efforts de sensibilisation et de prévention auprès des ainés, qui étaient vains. Josée Lacroix, directrice de la troupe artistique, mentionne bien que l’œuvre soit fictive, « il y a des ainés qui le vivent dans la réalité. Il ne faut pas fermer les yeux sur cette problématique. » Selon la Table de concertation, 245 personnes ainées du Haut-Saint-François vivent de la maltraitance.

Micheline Fontaine, une des spectatrices, a vu sa voisine de chaise quitter la salle en pleurant suite à la représentation. « Moi, j’ai bien aimé ça. Ça ouvre les yeux de bien du monde. Il faudrait qu’il y en ait d’autres qui assistent à ça, pas juste les ainés. » Pauline Hivert, de Cookshire-Eaton, avait été remuée par la pièce. « Je peux pas croire que ça existe. Ça me fait de la peine. »
Après coup, des représentants de DIRA-Estrie, le centre d’aide aux ainés victimes de maltraitance, étaient présents pour écouter et outiller les membres de l’assistance. L’agent communautaire de la Sûreté du Québec, Jean-François Laliberté, répondait également aux questions du public, après s’être prêté au jeu de la scène en personnifiant un policier qui rend visite au personnage d’Arthur pour le prévenir des types de fraude et d’abus possibles.

Quelques représentants politiques étaient également sur place, dont Jacqueline Belleau, attachée politique de la députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau; Sarah Lévesque, attachée du député de Mégantic, Ghislain Bolduc; Céline Gagné, mairesse de Lingwick; et Dominique Boisvert, maire de Scotstown. Mme Belleau a exprimé qu’il s’agissait « d’une réalité douloureuse pour nous tous dont il faut parler. Donc, ne fermons pas les yeux et n’agissons pas comme si ça n’existait pas. »

La troupe Poivre et sel donnait une dizaine de représentations dans toute l’Estrie. Son arrêt à Johnville constituait le seul passage dans le Haut-Saint-François.

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